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Légalement donc, rien ne s'oppose à ce que les Dispensaires soient utilisés et outillés pour l'entretien des pneumothorax artificiels des malades, dépourvus de ressources suffisantes pour satisfaire eux-mêmes aux frais de-cet entretien.
En raison même du grand intérêt qui s'attache à cette question, étant donné le nombre considérable et sans cesse croissant de malades pour lesquels ce mode d’assistance doit être envisagé, nous croyons pouvoir nous y arrêter et en parler plus longuement en reproduisant quelques-uns des arguments soutenus par les partisans et les adversaires de ce moyen de venir en aide, par le Dispensaire, aux tuberculeux porteurs d’un pneumothorax artificiel.
La première discussion, un peu importante, a été soulevée en juin 1925, à la Société des Médecins de Sanatoriumset de Dispensaires d'Hygiène sociale, à la suite d’une communication de M. Epcar Eger sur le rôle du dispensaire antituberculeux dans la cure par le pneumothorax artificiel. Une des conclusions formulées par
M. Epcar EBer disait ceci :
III. — Le Dispensaire doit être un centre de réinsufflation, en même temps que le guide médical et moral du porteur de pneumothorax en convalescence.
MM. Triozcer, LABesse et HENRI ROURE, ont combattu cette conclusion et ce dernier, notamment, a insisté sur ce point que le Dispensaire est et doit rester un organisme uniquement de diagnostic et de prophylaxie anti-
tuberculeux et ne pas devenir un organisme de traitement, quel qu'il soit.
Par contre, M. Louis GuiNARD a fait valoir les raisons qui plaident en faveur de la possibilité de pratiquer des réinsafflations de pneumothorax dans les Dispensaires.
S'il est évident, a-t-il dit, que le Dispensaire d'Hygiène sociale est, avant tout, un organisme de diagnostic, de prophylaxie et de préservation antituberculeuse, il est non moins certain que, pour la poursuite de ce but essentiel, le principe d'assistance est également inscrit dans sa formule initiale.
D'ailleurs, cette formule n'est pas tellement rigide qu'elle puisse être condamnée à rester immuable. Le Dispensaire doit se mettre à l'unisson des perfectionnements pour lesquels il peut être nécessaire de faire appel à son concours.
… Or, il est dans ses attributions de reprendre en charge et de suivre les malades qui sortent des sanaloriums et des hôpilaux pour rentrer dans leur famille.
Pourquoi les tuberculeux porteurs de paeumothorax artificiels qui, comme les autres, ont repris leur place au foyer, et dans l'existence commune, lui échapperaient-ils ?
Pourquoi, en vue de les maintenir inoffensifs pour l'entourage, le Dispensaire ne s'intéresserait-il pas, directement, à la pratique des réinsufflalions qui leur sont indispensables ?
L'introduction du Forlanini, dans la pratique antituberculeuse, représente un fait avec lequel on doit sérieusement compter dans l'organisation des services antituberculeux, quels qu'ils soient. C'est un facteur qui prend une place de plus en plus grande, en raison même du nombre de plus en plus considérable d'individus porteurs d'une collapsothérapie, qui doit être régulièrement suivie et entretenue. Pour cela, il n'apparaît pas que, pour les tuberculeux dénués de ressources et relevant de l'assistance médicale, on soit avant
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longtemps en mesure de satisfaire aux exigences des soins spéciaux qu'ils sont en droit de réclamer.
(CI faut donc, de toute urgence, faire quelque chose et, sans trop se préoccuper de ce que l’on peut penser ou dire, chez les voisins, songer, d’abord, à l'intérêt supérieur des malades qui, eux aussi, méritent bien quelques égards.
Revenant sur la question de droit, résumée dans cette affirmation que « le pneumothorax au dispensaire est impralicable actuellement, parce que toute thérapeutique y est interdite ». M. URBAIN GUINARD, à son tour, a fait la réponse suivante:
(IT est des interdictions qui n’ont, heureusement, rien de définitif. Autrement, ce serait la négation de toute évolution et de tout progrès. A l'origine du premier dispensaire, il y a 25 ans, ef lorsqu'a été élaborée et promulguée la loi du 15 avril 1916, comment les organisateurs et le législateur auraient-ils pu prévoir ce que deviendrait la méthode de Forlanini ? D'ailleurs, il n'est pas de traitement, en tuberculose, qui puisse se comparer à celui que constitue l'entretien des pneumothorax.
En dehors de la cure hygiéno-diététique qui échappe évidemment aux établissements de prévention, quel est, à l'heure actuelle, le traitement de nécessité qui vaille la peine d’être assuré par les Dispensaires ? Il n'y en a pas.
Mais, il existe un besoin pour les bénéficiaires des lois et services d’assistances et pour les sans ressources, porteurs de pneumothorax et esclaves de la piqûre d'entretien : celui de recevoir, de loin en loin, une certaine quantité de gaz, en toute facilité, dans les meilleures conditions et en n'importe quelle région.
Le Dispensaire ne doit pas faire de thérapeutique, mais il doit faire celle-là. Ce serait enlever toute souplesse aux for-
or
mules que de ne pas accepter cette exception, qui réalise véritablement wn cas de force majeure.
Il n'y a rien de redoutable dans cette entreprise En quoi lèserait-elle plus particulièrement les intérêts des groupements médicaux Jocaux ? De longue date, le Dispensaire (côté social) ne s'occupe-t-il pas de rechercher ce qu'est la situation pécuniaire des consultants pris en charge ?»
Pour faire suite à ces discussions, et afin d’arriver à des conclusions pratiques, la Société des Médecins de Sanatoriums et de Dispensaires d'Hygiène sociale, avait chargé les D' Janicor, Luizy et ANDRE MARTIN, de procéder à une enquêle parmi les médecins de dispensaires appartenant à l’Association, et c’est le résultat de celte enquête qui fat présenté par le D' ANDRE MARTIN, à la séance du 18 janvier 1926. :
Nous ne pouvons pas, ici, faire l’analyse de cet inté-. ressant rapport qui, d’ailleurs, fut suivi d’une discussion à laquelle prirent part MM. Le PAGE, Bouin, URBAIN GUINARD, EBErR, LuIZY, DAVRINGHE, GuizzuY, A. MARTIN, Janicor, LièvrEe-BrizaRD et RENAUD.
Nous retiendrons seulement qu’en apportant d'excellents arguments à l’appui, M. URBAIN GuiInaRp soulint la pratique de réinsufflations de pneumothorax dans les Dispensaires, qu'après lui, M. EbGar Eser défendit aussi, comme il Pavait fait précédemment en soulevant cette importante question devant la Société.
La discussion étant close, l'assemblée a simplement enregistré les diverses opinions qui lui ont été soumises, mais D’a pas Cru pouvoir formuler un avis, ni
émettre un vœu,
Cependant, comme l’a fait remarquer M. L, Guinarn, un certain nombre de points importants, relatifs à la seule question qui était posée, c’est-à-dire l'entretien des Preumothorax dans les Dispensaires, ressortaient des faits et avis exprimés, au cours de ce débat, et devaient être classés comme admis et bien acquis. Nous les résumerons plus loin, car nous tenons, auparavant, àrappeler lopinion autorisée du P' Léon Bernard sur le même sujet.
Après avoir posé et résolu par l’affirmative la question du traitement ambulatoire, par pneumothorax artificiel, le Pr LÉON BERNARD pose la question : où s'effectuera le traitement ambulatoire ? Et voici en quels termes précis il y répond: .
Sous l'influence des idées régnantes qui ne veulent regarder le Dispensaire que comme un instrument de prophylaxie, beaucoup de médecins repoussent l'idée de confier le pneumothorax, méthode de traitement, au Dispensaire. Cette prétention m'apparaît aujourd'hui périmée. Même dans une agglomération aussi considérable que la ville de Paris, avec tout son armement hospitalier, les hôpitaux ne suffisent pas à accomplir toute la besogne nécessaire ; mais que dire de la province, où pour tant de départements, on ne trouverait dans les hôpitaux, ni l'outillage, ni le personnel qualifié pour appliquer le pneumothorax artificiel.
Le résultat est flagrant, il faut avoir le courage de le confesser, c'est qu'en dehors d’un certain nombre de centres urbains, le pneumothorax artificiel n'est pas employé, et c'est autant de tuberculeux qui pourraient être guéris etqui ne sont pas soignés utilement. 1! nous paraît logique et nécessaire que le Dispensaire, dirigé par des médecins compétents, soit chargé du traitement ambulatoire, chaque fois qu'il est possible