ACTE I, SCÈNE IV
G1AN1KA, effrayée.
Ah ! mon Dieu !... est-ce que ça commence ?
PEPITO.
C'est moi..', qui étais là à vous regarder, que j'en oubliais... mes clés et mes prisonniers. FEDERIC, à Pepito.
Rassure -toi... je rentre.
REBECCA, vivement.
Déjà... (Elle s'arrête et baisse les yeux.)
FÉDÉRIC
Adieu, mademoiselle ! Croyez, quel que soit mon sort, que votre père et vous avez en moi un véritable ami.
REBECCA, troublée, et le suivant des yeux. Oui... oui, monseigneur...
PEPITO, refermant la porte de la chambre n° 1 , où vient d'entrer Fédéric.
Ah ! et le permis de mademoiselle ?
(Il laisse à la serrure son trousseau de clés et va à Rebecca, qui tire de sa poche un papier et le présente à Pepito, sans cesser de regarder la porte n° 1.)
Je vais le faire viser... je le rapporte et vous
conduis près de votre père. (Il fait quelques pas pour
sortir.) Et mon trousseau que j'oubliais !
(Il va reprendre son trousseau de clés à la porte de
la prison de Fédéric.)
GIANINA.
Qu'est-ce qu'il fait? qu'est-ce qu'il fait?...
PEPITO.
Tenez, Gianina, vous ne devriez jamais vous présenter à moi quand je suis dans l'exercice de mes fondions... [aujourd'hui surtout que je commande en chef... Ça me trouble... je ne sais plus ce que je fais!
AIR : Je voulais bien. (Fra-Diavolo.)
Je suis plus malheureux que ceux Que je tiens ici sous ma chaîne I Leur peine est moindre que la mienne Je suis pris et pincé mieux qu'eux !
J'suis amoureux I j'suis amoureux !
Oui, je le suis de telle sorte, Que quelquefois j'ouvre la porte Au lieu de ta fermer sur eux !
Qu' les prisonniers sont donc heureux ! Quand les geôliers sont amoureux.
Que les prisonniers sont heureux Quand les geôliers sont amoureux...
(On entend du bruit du côté du corridor à gauche.— Pepito, crie:) J'y vais !
(Se retournant vers Gianina.) J'suis amoureux!
(Il s'élance par le corridor à gauche et disparaît.)