‹ Rébellion du Nord-OuestChapitre 12 sur 21 · En 1876, M. Mills télégraphia à M · texte numérisé non relu

En 1876, M. Mills télégraphia à M

Ryan de s’enquérir des réclamations des métis, mais il lui refusa péremptoirement de prendre les moyens de donner aucune valeur à cette enquête.

3. En 1878, rien n’ayant été fait dans' l’intervalle, M. Mills refivsa d’étendre la commission de M. Ryan, disant que la

chose était sous sa considération et que probablement il chargerait l’agent local pour le district de la Saskatchewan, de faire l’enquête.

4. Pendant le terme d’office de M. Mills, des requêtes furent envoyées par Monseigneur Grandin et d’autres, demandant de l’aide sous différentes formes pour les colons métis; elles furent toutes rejetées.

5. Après que le gouvernement actuel fut venu au pouvoir, des requêtes furent envoyées demandant pour les colons, établis avant les arpentages, (a) qu’ils pussent obtenir leurs terres aux prix qui étaient fixés lorsqu’ils s’y établirent ; (6) que Ton tint compte de leur labeur et des améliorations exécutées avant l’arpentage, lorsqu’on étudierait leurs droits à une patente ; (c) que l’on confirmât leur occupation même si l’on découvrait, après l’arpentage, qu’ils se fussent fixés sur des sections impaires ou sur des terres des écoles, ou sur des terrains de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Chacune de ces demandes fut promptement accordée en 1881 et

6. Quand les colons qui s’étaient établis avant l’arpentage des terres, ont demandé que leurs terres fussent arpentées de manière à leur donner la rivière comme

front, ces demandes furent accordées et les arpenteurs reçurent leurs instructions en conséquence. Quand les personnes qui s’étaient établies après le tracé, demandèrent un nouvel arpentage, cela fut avec justice refusé, mais dans ce cas on offrit aux colons de leur accorder leurs terres par sub-divisions reconnues en loi, ce qui, en pratique, leur accordait la rivière comme front, et l’agent des termes fut envoyé pour les en informer et les presser de faire faire leur entrées.

7. Quant à la question des billets de location (scrips ) toutes les principales autorités du Nord-Ouest: — l’archevêque Taché, les évêques de la terre de Rupert et de la (Saskatchewan, et le conseil du Nord- Ouest, ont été d’avis que les scrips ne fussent pas accordés. Mais finalement, le 28 janvier, deux mois avant que n’éclatât le soulèvement, le gouvernement céda aux prières des métis eux-mêmes et, par ordre en conseil, autorisa la nomination d'une commission chargée de faire l’énumération demandée, afin de faire émaner les scrips.

8. Aucun métis ne fut jamais, par l’action, ni par l’inaction du gou vernement, privé d’un acre de terre sur lequel il fût établi, ou auquel il eût un titre même présumable en vertu de son établissement.

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ALLEGUES DE M. LAUEIEK DAKS ONTARIO,

Depuis que les pages précédentes ont été écrites, l’nonorable M. Laurier a visité Ontario et a porté la parole dans un certain nombre d’assemblées. Au défi de nommer un seul métis qui ait jamais été dépouillé d’un acre de terre sur lequel il se fut établi ou qu’il pût réclamer en vertu de son établissement, l’honorable M. a répondu en citant deux cas: le premier étant une difficulté entre le Père André et un M. Kelly, et le second, le cas d’un M. Salter qui a fait une entrée pour un quart de section de terre dans la paroisse de Saint- Louis de Langevin. A l’appui du premier, il a dit qu’il y avait une lettre du Père André se plaignant qu’un nommé Kelly s’était emparé de son lot et y avait érigé une bâtisse. Il se trouve que M. Kelly réside, dans le moment, dans Ontario, et en voyant l’énoncé de M, Laurier, il a adressé une lettre au Free Press de London, à propos delà véracité de cet énoncé, et il donne un affidavit donnant, comme suit, les détails de cette difficulté : —

“M. Laurier, paraît-il, ne peut trouver qu'un outrage pour justifier la rébellion, et il parait aussi que c’est un cas si grave ‘ qu’aucune population au monde ne l’aurait toléré1.” Maintenant, M. le Rédacteur, il se trouve que je suis le “J. Kelly ” qui est mentionné, et je me propose, avec ‘votre permission, de faire voir au pays combien “M. Laurier est loin de justifier la rébellion en citant mon cas comme un exemple d’injustice. En 187!*, je suis parti de Sarnia pour aller au Lac aux Canards, T. N. O., où mon frère Henry Kelly s’était établi depuis quelques années. Le Père André, de la Mission du Lac aux Canards, possédait 200 acres de terre sur lesquels la Mission était bâtie. A côté des terres de la Mission étaient 320 acres qui. depuis deux ans, étaient possédés par un canadien-français nommé Thibault, un membre du troupeau du Père André, qui réclamait 160 acres comme liomestead et 160 acres par préemption. Le Père André réclamait aussi le terrain de préemption, vû que cela appartenait à la propriété de la Mission, malgré que l’arpentage ne justifiât pas cette prétention. Thibault ne voulait pas admettre la réclamation du Père André et il laboura quatre acres de la terre afin de valider son titre à la préemption. Je cherchais une terre, et en mars 1881, Thibault vint à moi et me dit que comm e il était membre de la congrégation du Père André, il ne voulait pas avoir de difficulté avec le prêtre et il m’offrit de me vendre ses droits à la préemption, moyennant une piastre par acre, pour les améliorations. Je lui payai l’argent, et commençai à travailler et louai une paire de boeufs, et me mis à labourer, à commencer et à élever le cadre d’une

maison. Le Père André vint et me menaça: “il fallait que j’abandonne la terre, ou bien il m’arrangerait.” Mais je ne pouvais pas voir que son titre fût aussi bon que celui de Thibault, et je refusai de partir. Le Père André alla trouver l’agent, à Prince- Albert, puis le Lieutenant-Gouverneur Laird, à Battleford ; mais tous deux lui dirent qu’il n’avait pas de cause. Alors il fit faire une requête par ses paroissiens et l’envoya au Département à Ottawa, mais sa réclamation ne fut pas admise là non plus. Dans l’intervalle je continuai mes améliorations jusqu’au commencement de mai ; alors M. Owen E. Hughes, le gérant de la maison Stobart, Eden & Cie., au Lac aux Canards, vint à moi et me dit, que le Père André lui avait offert $100 pour moi, pour ma réclamation. Je refusai de les prendre. M. Hughes causa de la chose avec mon frère qui me conseilla d accepter, parce qu’il pourrait être désagréable pour moi de continuer une querelle avec le Père Andié, et qu’il y avait, tout près de là, d’aussi bonne terre à prendre et qui n’était réclamée par personne. J’ai dit à M. Hughes que je vendrais. Un jour fut fixé, et le Père André vint au bureau, paya les cent piastres à M. Hughes qui me les donna, et il accepta un reçu rédigé par M. Hugheset signé par moi, transportant au Père André mes droits et mon titre à la propriété. Voilà, franc et vrai, l’exposé de toute l’affaire et vos lecteurs peuvent juger jusqu’à quel point cet ‘outrage’ peut justifier le meurtre des hommes de la police, l’assassinat du pauvre 8kefï Elliott, les massacres du Lac à la Grenouille et les autres horribles incidents de la rébellion. M. Laurier fait bon marché de la vie des canadiens loyaux, s’il pense que deux cents personnes ont été justement tués parceque ma terre a coûté cent piastres au Père André.”

En second lieu vient

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