I. — L’HYSTÉRECTOMIE VAGINALE AVANT RÉCAMIER
A. — La première hystérectomie vaginale date de 1812. Elle fut pratiquée par PALETTrA et ne relève que de la surprise du chirurgien devant une erreur de technique. En effet, PALETrA voulait exécuter l’ablation du col pour une tumeur végétante, selon la méthode d’OssiANpER. Quel ne fut pas son étonnement en enlevant l’utérus en entier quand il croyait seulement réséquer un museau de tanche ulcéré ! C'était donc un coup nul. D’ailleurs, sa fragilité d'examen clinique et son erreur de technique seront fatales à sa malade, qui mourut au bout de 48 heures, de péritonite.
B. — La seconde tentative eut lieu un an plus tard en janvier 1813. Elle fut exécutée par LANGENBECK l’ancien, un des plus grands chirurgiens de l’Allemagne. Son observation fut publiée dans la Neue Bibliothek für chirurgie (1818) et recueillie par RÉCAMIER qui montre, une fois de plus, le grand souci qu’il avait
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de tout ce qui touchait la pathologie du cancer et les tentatives de ses contemporains.
La malade de LANGENBECK était atteinte d’un carcinome .de l’utérus, en prolapsus complet. Voici quels sont ses principaux temps opératoires :
Incision du vagin poussé en avant et séparation d’avec l'utérus ;
Décollement du péritoine pré-utérin « évitant d’entamer ce dernier, pour ne point courir la chance de voir les intestins passer par une ouverture faite à cette membrane ».
Puis il pratiqua une résection des trois quarts de l'utérus, laissant en place le fond utérin, « ce qui faisait ressembler cette portion, restée attachée au péritoine avec le vagin auquel il tenait, à une bourse vide ».
Evidemment, il en résulta une hémorragie considérable. À ce propos, le compte rendu de LANGENBECK ne manque pas de saveur, quant à la condition physique de ses aides et aux moyens de préhension dont il saura tirer parti !
« M. KIRCHMAYER, atteint de la goutte, ne pouvant m'aider efficacement, je serrai avec la main gauche la surface d’où s’écoulait le sang, je la traversai d’aiguilles garnies de fils, je formai les nœuds de la main droite, et tirai l’un des bouts de chaque fil avec la méme main, tandis que je tenais l’autre avec les dents. C’est ainsi que je plaçai quatre ligatures qui furent suffisantes ».
Puis la cavité fut remplie de charpie et d’après Lan- GENBECK, la guérison marcha avec rapidité.
On voit tout de suite les critiques qu’on peut faire à ce procédé :
1° l’ablation utérine n’est pas complète ;
2° le péritoine n’est pas ouvert ;
9° risques d’hémorragie considérable, dont on pré-