‹ Récamier: Précurseur de la chirurgie moderneChapitre 15 sur 25 · ABLATION DE L'UTÉRUS CANCÉREUX · texte numérisé non relu

ABLATION DE L'UTÉRUS CANCÉREUX

Voici, détaillée, l'observation de la première hystérectomie vaginale de RÉCAMIER, pratiquée avec une méthode sûre et une technique sans aléas.

Il s’agissait d’une brodeuse en éventails, âgée de 50 ans et présentant un « ulcère sordide et fongueux » du museau de tanche avec extension vers la paroi recto-vaginale. L’utérus était mobile, la liberté du rectum et de la vessie était complète.

Aucune des contre-indications opératoires posées par RÉCAMIER ne se présentant, l’opération fut décidée avec l’avis de BRESCHET, chirurgien de l’Hôtel- Dieu. L'opération eut lieu le 26 juillet 1829, devant une assistance aussi nombreuse qu’empressée, ainsi composée :

le Professeur MargJoiN, chirurgien-chef de l’Hôtel- Dieu,

le Docteur BRESCHET,

le Docteur BLANDIN, chirurgien de Beaujon,

le Docteur PATRICE, des médecins français et étrangers et les élèves du service.

Technique opératoire

1° La malade fut mise sur un lit un peu incliné, comme pour l’opération de la taille;

2° Une forte pince-érigne est posée sur la lèvre antérieure du col, — pour mieux pratiquer l’abaissement, une autre pince est placée sur la tumeur ; celleci est aussitôt amenée jusqu’à la vulve;

3° Du fait du développement de la tumeur, RÉca- MIER reconnaît l’impossibilité de lier l’artère utérine avec sûreté sans passer le doigt derrière le ligament large ;

4° Après avoir reconnu que la vessie n’était pas

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prise dans la pince, il pratique incision semi-circulaire du vagin ;

5° Décollement de l’espace celluleux rétro-vésical ;

« J’évitai de me servir du bistouri, afin de ne risquer d’entamer ni ce dernier organe (la vessie), ni la tumeur, ni les uretères ».

6° Incision du repli péritonéal vésico-utérin ; agrandissement de la brèche péritonéale ; abaissement de l'utérus par bascule ;

7° Section de haut en bas des 2/3 supérieurs des ligaments larges. « La section des ligaments étant faite pendant leur tension, je regardais comme im: possible que la section de la petite artère ovulaire pût donner lieu à une hémorragie importante, contre laquelle j’avais d’ailleurs en réserve divers moyens répressifs :

D'abord, j'aurais serré et tordu l’extrémité du vaisseau avec les ongles de l’index gauche et du pouce ; si l’hémorragie avait continué, j'aurais passé une aiguille très courbe avec un fil et j’aurais posé un serrenœud ; ou bien, j'aurais embrassé le ligament large coupé à l’endroit de l’hémorragie, avec une lame de plomb, recourbée comme une pince, que j'aurais serrée et laissée en place, après lui avoir adapté un fil pour la retirer plus tard.

Afin de rendre ces différentes manœuvres faciles en cas de nécessité, j’eus soin de ne couper que lentement les ligaments larges, — de cette manière, je me ménageais la facilité de retenir près de la vulve le point d’où partirait le sang. Au reste, on sentira à la réflexion, qu’une artère aussi petite que lartère ovulaire, coupée d’une manière quelconque dans le moment d’une tension aussi grande que celle qui est nécessaire pour abaisser l’utérus, éprouve immédiatement une rétraction si forte qu’il est impossible qu’elle donne une hémorragie sérieuse »,

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