C. MÉTHODE BIOCHIMIQUE DE Gosio
Gosio a démontré que certaines moisissures qu'il a dénommées arsénio-moisissures, parmilesquelles il faut ranger le Mucor mucedo, les Aspergillus glaucus et virens et le Penicillium breyicaule, vivent parfaitement dans des milieux renfermant quelques millièmes d’arsenic. Sile milieu ne contient que des matières albuminoïdes, le développement de ces moisissures n'offre rien de particuliér, mais, en présence des hydrates de carbone et, notamment, de l’amidon et du sucre, la vie de la moisissure s'accompagne de la production d'un gaz à odeur d’ail caractéristique
(1) Gosio. Archives Ttaliennes de Biologie, 18, p. 252 et 208 (1892), et Rivista d'Igiene et Sanita publica, p. 661 et 693 (1900)."Revue d'Hygiène, 23, p.14 (1901).
JL — et qui doit être considéré comme de la diéthylarsine, ainsi que l’a démontré Biginelli (2).
En outre, il faut une température favorable au développement normal de la moisissure employée, de 25 à 309 en moyenne, et la quantité d’arsenic doit être en proportions favorables pour ne pas nuire au développement des moisissures.
Pour rechercher l’arsenic, on fait des cultures sur des tranches de pommes de terre, on introduit la matière arsénicale à examiner, on cultive à 370. Après 24 hcures, l'odeur d'arsenic se manifeste nettement.
On a ainsi quelques indices sur la quantité probable d’arsenic. La réaction est extrêmement sensible. Selon Gosio, 10 c.c. de lait contenant 0 gr. 00002 d'arsénite de sodium et ensemencés à la surface avec le Penicillium brevicaule, fournirent une odeur d'ail caractéristique ; avec o gr. 00003, l'odeur était encore perceptible après 2 mois.
Mais la réaction biochimique devra toujours être contrôlée par la méthode de Marsh, bien que cette dernière ne soit pas spéciale à l’arsenic et ne puisse être appliquée indifféremment à toute substance arsénicale, sans aucune manipulation préalable, et nécessite la destruction des matières organiques, divers avantages de la méthode de Gosio.
(2) Biginelli. Gazetta Chimica Italiana, 34, p. 58 (1901).
CHAPIPRE- 21
Recherche de l'arsenic en temps que produit médicamenteux et comme impureté dans les médicaments.
Nous venons d'exposer une série de méthodes pour reconnaître l’arsenic qui, toutes, peuvent être employées et offrent des avantages particuliers. Mais toutes sont, sinon longues, plus ou moins délicates dans leur manipulation et trouvent mieux leur application dans un laboratoire de chimie que dans une officine de pharmacien.
M. E. Camet (1), dans sa thèse de pharmacie, sur la recherche de l’arsenic, dans les médicaments, indique un procédé de recherche pour chaque produit, mais non uniforme et souvent compliqué.
(1) Eug. Camer. Recherche de l’arsenic dans quelques médicaments et dans les substances qui servent à le préparer. (Thèse présentée à la Faculté de Montpellier, 31 juillet 1884).
C’est pourquoi, sur les conseils de M. le Professeur agrégé Moreau, nous avons recherché un procédé simple, pratique, autant qu'exact et sensible. Et, nous inspirant d’une remarque de M. J. Bougault, nous avons fait choix de son réactif à l’hypophosphite de soude pour la recherche de l’arsenic, eten avons généralisé l'application, comme nous allons le montrer.
Quant au procédé, c'est Engel le premier, comme nous l’avons vu dans les méthodes de recherche de l’arsenic, qui a indiqué la méthode à l'acide hypophosphoreux, qu'il employait directement.
Bougault,en employant son réactif,fait naître l’acide hypophosphoreux, mais la réaction est identique.
Les raisons qui ont motivé notre choix sont :
La simplicité des appareils, la facilité du mode opératoire, l'exactitude des résultats.
A. Appareils. — Üne lampe à alcool ordinaire,des tubes à essai, un bain-marie au besoin, voilà en quoi consistent les appareils que tout pharmacien possède et sait manipuler.
B. Mode opératoire. — Il s’agit tout d'abord de préparer le réactif de Bougauit (r) :
Réactif. — Voici la formule de l’auteur :
Hypophosphite de soude pur... 20 gr.
ATHMISIOPARR Le 2 OLCE Ce
Acide chlorhydrique pur D = r,17 200 c. c.
(r). J. Bougault. J. de Pharmacie et Chimie, 6° série. 15. p.627 (1002).
me —
On dissout à chaud l’hypophosphite dans l’eau distillée, après quoi, l'on ajoute HCT.On laisse reposer et l’on filtre sur du coton pour enlever le chlorure de sodium formé. On conserve dans un flacon bouché à l’émeri.
Les produits ont été préalablement essayés à l’appareil de Marsh, pour s'assurer de leur exemption d’arsenic.
Une fois en possession du réactif, voici comment on procède :
Dans un tube à essai ordinaire, analogue à ceux employés pour la recherche du glucose ou de lalbumine dans l'urine, on met quelques centimètres cubes du liquide à essayer, ou si c'est un sel, un peu de la solution de ce sel dans un dissolvant approprié, puis on ajoute 5 à 10 centimètres cubes de réactif, en même temps qu'une ou deux gouttes de solution décinormale d'iode (formule : Io 1 gr.27 — K[2.50 — HO dist. 100), Cette modification indiquée par Bougault (1) rendrait le réactif plus sensible, sans rien changer à la composition du précipité qu'on obtient.
La solution obtenue, on chauffe au bain-marie bouillant pendant quelques minutes, suivant la teneur présumée en arsenic. Avec une forte dose, la réaction s'opère même à froid ; on peut également opérer à feu nu en tenant le tube avec une pince en bois et l'orifice opposé à soi, en cas de projection du liquide en ébullition.
(1). J. Bougauit. J. Pharmacie et Chimie. 1.26, page 13-14 (1902).