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PREUVE

DE l'effic.vck des cau.ses secondes

Si les causes secondes i ne faisaient rien, disent Suarez, Fonseca et quelques autres, on ne pourrait pas distinguer les choses vivantes de celles qui ne vivent point, car ni les unes ni les autres n'auraient point de principe intérieur de leurs actions.

Réponse.

Je réponds que les hommes auraient toujours les mêmes preuves sensibles qui les ont convaincus de la distinction qu'ils mettent entre les choses vivantes et celles qui ne vivent point. Ils verraient toujours les animaux faire certaines actions, comme manger, croître, crier, courir, sauter, etc., ils ne remarq;ieraient rien de semblable dans les pierres. Et c'est cela seul qui fait croire aux philosophes ordinaires que les bêtes vivent, et que les pierres ne vivent pas. Car il ne faut pas s'imaginer qu'ils sachent par une vue claire et distincte de l'esprit, ce qun c'est que la vie d'un chien; ce sont leurs sens qui règlent leur.» décisions sur cette question.

S'il était nécessaire, je prouverais ici que le principe de la vie d'un chien n'est pas fort différent de celui du mouvement d'une montre. Car la vie des corps, quels qu'ils soient, ne peut consister que dans le mouvement de leurs parties; et il n'est pas difficile de juger que la même matière subtile qui fait dans un chien la fermentation du sang et des esprits animaux, et qui est le principe de sa vie, n'est pas plus parfaite que celle qui donne le mouvement au ressort des monti'es, ou qui cause la pesanteur dans les poids des horloges, laquelle est le principe

* DaiK sa iiiétiiph. Disp. 18. Sect. i. Assert, i. In iiu'iapli. .\iisi. ijuost. ttcl. '2. (Note de Malcbranche.)

de leur vie, ou pour parler comme les autres, de leur mouvement.

C'est aux peripatéticiens à donner à ceux qu'ils nomment cartésiens, une idée claire de ce qu'ils appellent vie des bétes, âme corporelle, corps qui aperçoit et qui désire, qui voit, qui sent, qui veut, et ensuite on résoudra clairement leurs dif- Hcultés, si après cela ils continuent de les faire.

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