ACIDE AZOTIQUE
Ce réactif présente à peu près les même causes d’erreur que la chaleur : il peut empêcher la coagulation de l’albumine, il peut produire des précipités qui simulent ce corps.
Que l’on ajoute deux ou trois gouttes au plus d’acide azotique dans un tube à expérience contenant environ 20 c.c. d’urine albumineuse ; que l’on porte ce mélange à une température de 100“. Aucun précipité ne se formera, et cependant avant cette faible addition d’acide la chaleur coagulait l’albumine.
Bence Jones pense que dans ce cas la solubilité de l’albumine est due à un nitrate d’albumine soluble dans l’acide nitrique très-étendu, alors même qu’il est porté à l’ébullition, mais insoluble dans un acide de moyenne concentration.
Beale dit que l’acide azotique empêche la coagulation par la chaleur d’une solution d’albumine, parce que ces traces d’acide suffisent pour décomposer les phosphates et mettre en liberté l’acide phosphorique qui maintient l’albumine en dissolution; mais en ajoutant un excès d’acide, il déplace l’acide phosphorique et l’albumine se coagule.
On peut objecter à la dernière hypothèse que l’acide acétique à faibles doses produit le même phénomène, et cependant cet acide n’est pas capable de déplacer un acide tel que l’acide phosphorique.
La remarque suivante, semble donner appui à la première : si l’on vient à neutraliser graduellement l’acide azotique au moyen d’une solution de potasse, il se forme un précipité tant que la liqueur présente encore une réaction acide. Lorsque la réaction est devenue alcalin tout le précipité se redissout.
Nous avons observé dans cette circonstance, ainsi que nous le signalons dans notre thèse pour le doctorat en médecine, que les urines ou les solutions albumineuses quelconques, ainsi modifiées par la chaleur et l’acide azotique, présentaient un pouvoir moléculaire rotatoire beaucoup plus grand après qu’avant l’opération.
Ce fait doit engager le médecin à ajouter toujours un excès d’acide azotique lorsqu’il recherche l’albumine dans les humeurs.
Une urine additionnée d’acide azotique peut donner un précipité dû à la décomposition des urates et à la séparation de l’acide urique à l’état granuleux. Si dans ce cas on porte l’urine à une température de 100°, elle redevient limpide en prenant une coloration rosée.
Quelquefois, quoique bien rarement, les urines contenant une grande proportion d’urée laissent
se produire un abonàant précipité çristotfin d^zotate, d^urée aprèp Tadditipn d’acide azotiq^ue.^^Ce précipité, par, sa. forme cristalline^ par sa solubilité dans l’eau” èt surtout par sa complète dissolution lorsque Furine, est portée à une teippérature'lin peu èleyée, sera facilement distingué q’un précipité d’albumine.
On ne doit pas craindre la dissolution de Falbumine dans un excès d’acide azotique lorsque la température ne dépasse pas 100". Cette dissoMioiï dont parlent beaucoup d’auteurs est loin d’être prouyée. Le plus souvent on aura pris des phpsphates accompagnant le précipité albumineux pour Falbumine elle-niême. Voici un fait entre mille ^üi' vient à l’appui de ce que nous avançons : linè urine à réaction alcaline est chauffée à 100" ; il se. forme un abondant précipité ; on ajouté quelques gouttes d’acide acétique, acide incapable de précipiter l’albumine, immédiatement le précip|té se redissout. L’acide azotiq^ue en fait naître un second exclusivement composé d’albumine.
Il arrive d’autres fois que la chaleur précipite en même temps les phosphates et l’albumine si l’on ajoute alors quelques gouttes d’acide azotiqüp on voit le précipité disparaître en partie. On serait tenté d’attribuer cette diminution à une dissolution partielle de l’albumine dans l’acide azotique, si l’on n’éjtait prévenu que des phosphates accompagnaient l’albumine.
Pour nous assurer que Pacide azotique en excès
ne dissout Bullement l’albumine ürppus avons fait expériences nombreuses, ünoï,solution d’albu*mine d’oauf .nu d’albumine de; sérum, l, gramme environîpour iOOP grammes d?eau distillée, mise dans uniiitube! 4 expérience, était additionnée graduellement, de Sbn 1 wlumè d’acide. azotique. La solution se troublait de plus en plus et le précipité ne se dissolvait pas sensiblement. On ayait^ beau porter le mélange au bain-marie à une température voisine de 100‘';/jla dissolution ne s’e&qtuait, point davantage. . Cependant .si l’on chauffait directement le mélange à la lampe, la température s’élevant à pius 'de; 100®. ôti. verrait la solutioin se,colorer de pks.en plus, produire un dégagement de gaz abondant,; et ralbpraine disparaître non par dissolution, mak/parde&tnuctiott.;;' Vi-i •uq:<i)o.'Çi5 H;'* -- . ,.î
Dans d’autres expériences nous prenions, du ser rum sanguin !qq6.moUS(]diYisionsi^n deux parties. L’une était évapprée à sktcitédans une étuve cbauffééiià dO^iCnviront; l’autre, additionnée d’eau distillée et d’un jgrand excès id’acide azotique, était portée au bain-marié à, une température voisine de 100° ; le précipité recueilli sur un filtre était lavé avec de l’eau fortement acidulée. Ce précipité, séché et pesé,,j^e,donnai^ les. calculs étant effectués, 74 grammes d’albumine pour 1000 grammes de sérum.
' La première fartie,Mentièremênt évaporée, était pesée; Ce ^po^ Æsspüésantait, là ■somime des matières mmératesr,rjièesriaatiènea.t éxtoctived, des flaatières
grasses et de l’albumine contenues dans le sérum. Après calcination il était facile de calculer approximativement le poids de l’albumine. Ge poids était de 73 grammes 9. On voit ainsi que ce grand excès d’acide azotique n’a pas dissous trace d’albumine, car la différence qui existe entre 74 grammes ët 73 grammes 9 peut être attribuée aux manipulations analytiques.
On peut donc conclure de ees faits que l’acide azotique en léger excès produit toujours un précipité dans les liquides albumineux, précipité insoluble dans un excès de réactif.
Quelquefois la chaleur d’un côté, l’acide azotique dé l’autre, produisent, dans la même urine, deux précipités différents. La chaleur précipite les phosphates, l’acide azotique précipite l’urée ou l’acide urique.^
De là la nécessité ^de ne point séparer l’action de ces deux réactifs ; car dans le cas précédent ils induisent tous deux en erreur d’une manière différente, tandis que réunis, ils montrent que cette urine ne contient pas trace d’albumine.