CHLOROFORME
' Nous en dirons autant du chloroforme. Ce réactif, d’une sensibilité excessive, car il forme des précipités albumineux là où ni l’acide azotique, ni la chaleur ne donnent plus rien d’apparent, précipite incomplètement l’albumine.
On ajoute à une solution d’albumine environ le cinquième de son volume de chloroforme ; on agite vivement le mélange, et on laisse déposer. Le chloroforme coagule l’albiimine, et l’entraîne avec lui au fond du tube. On décante le liquide qui surnage le chloroforme, et on traite le résidu albumino-chloroformé par de l’alcool. Ce liquide dissout le chloroforme et laisse l’albumine insoluble.
Le liquide provenant de la décantation, traité par
une nouvelle dose de chloroforme, ne donne plus de précipité, bien qu’il contienne encore de l’albu- .mine, car ce corps est décélé par la chaleur et l’acide azotique. Il existe donc une partie d’albumine que le chloroforme ne peut précipiter.
On a remarqué, de plus, que ce réactif précipite ..toutes les urines indistinctement. Nous avons eu .l’occasion d’étudier plusieurs fois ce précipité, et .il nous a paru un mélange, ou mieux, une combinaison en proportions définies de matières minérales et de matières albuminoïdes. Car l’analyse de 100 parties de ce précipité nous a toujours donné environ 50 parties de matières organiques azotées et 50 parties de substances minérales fixes, phosphate de chaux et phosphate de magnésie. La matière organique possède tous les caractères de l’albuminose : elle est en partie soluble dans l’alcool; elle est entièrement soluble dans l’eau. Cette solution est précipitée par le tannin.
De même que l’alcool, le chloroforme ne peut servir, malgré sa grande sensibilité, ni à la recherche, ni au dosage de l’albumine.