AVANT-PROPOS. XI
tension par unité de sur&ce en un point quelconque appartenant à la pièce. Le constructeur pourra donc vérifier si les dimensions qu'il a provisoirement fixées sont suffisantes pour résister convenablement aux charges : pour cela, il n'aura qu'à chercher la tension ou pression en un certain nombre de points, et à s'assurer qu'elle ne dépasse pas la limite indiquée par l'expérience pour chaque espèce de matière. Toutefois, si Ton voulait examiner en détail ce qui est produit par les charges accidentelles, et si l'on tenait compte des inégalités de répartition dans la charge permanente, on se trouverait ainsi conduit à des calculs parfois assez longs, quoique ne présentant aucune difficulté. Nous avons cherché à les éviter pour un cas qui se présente fi:^quemment : c'est celui où l'arc, dont la section est toujours supposée constante, ne supporte, y compris son poids propre, qu'une charge uniformément répartie suivant l'horizontale. On détermine alors par un calcul direct, qui fait l'objet du chapitre cinquième, la plus grande pression par unité de surface, à laquelle la matière doit résister. On trouvera même, à la fin de l'ouvrage, des Tables qui simplifient considérablement la recherche dont il s'agit et la rendent tout à fait élémentaire. Cette manière de procéder, en ne tenant compte que d'une charge uniformément répartie, ressemble à celle qui est en usage dans les calculs de stabilité des ponts suspendus : elle permet au moins de comparer entre eux, sous le point de vue de la résistance à l'action de la charge permanente et de la charge d'épreuve, la très-grande majorité des ponts existants. On peut aussi en faire très-convenablement usage soit dans les avant-projets de grands ouvrages d'art, soit dans les projets définitifs, en ayant soin, lorsque l'on fixera le coefficient de résistance, de ne pas l'évaluer trop haut, afin de réserver quelque chose pour les charges accidentelles.
L'examen des formules et des Tables de résistance fait reconnaître quelques conséquences curieuses, dont la vérification expérimentale offi*irait sans doute le plus vif intérêt : voici les principales. Lorsque sans changer la sec-, tion d'un arc, ni la charge totale (qui reste toujours uniformément répartie suivant l'horizontale) , on fait varier seulement le rapport de la flèche à l'ouverture, la pression maximum varie et passe par un minimum. Ce minimtun
répond lui-même à un rapport de la flèche à l'ouverture, variable entre j-»