T. II
on l'ouvre, et l'on y découvre plusieurs foyers purulens communiquant entre eux dans la substance du lobe, sans s'ouvrir entre les circonvolutions. Ces foyers ont des parois grisâtres , inégales, enduites d'une bouillie purulente ; mais ils sont plutôt affaissés que distendus, comme si le pus eût été en partie résorbé. Au total , l'hémisphère est considérablement diminué de volume -, l'ouverture des autres cavités n'offrait rien de malade, si ce n'est une petito tache jaune ecchymosée vers le bas-fond de l' estomac. )>
§ I. Vous avez déjà vu un grand nombre d'exemples de l'influence des affections tristes sur le développement des inflammations du cerveau (L. Pe., n°. 8-, L. II, nos. 9, 10, 17 et ig-^voy. aussi page 225)-, mais aucun n'est aussi frappant que celui que vous venez de lire, tant l'effet a été , chaque fois , prompt et violent. Dans les cas analogues, lorsqu'on n'a pas constaté, par l'examen cadavérique, l'état du cerveau, on a regardé ces paralysies comme purementnerveuses , c'est-à-dire comme indépendantes de toute altération locale -, car on n'a pas moins abusé des affections nerveuses que des fièvres essentielles , des sympathies , etc. Je ne vois cependant pas où est la difficulté de concevoir l'influence des impressions qu'on appelle morales sur le cerveau; elles ne sont autre chose que des perceptions cérébrales , elles agissent sur le cerveau comme les aliments sur l'estomac : leur action, moins violente que celle des
( 3t ) commotions physiques, n'est pas pour cela moins directe.
§ II. D'après les accidens éprouvés par M. Thavernier à la lecture delà première lettre, on doit croire qu'il s'opéra vers le cerveau une congestion, cérébrale brusque, qui fut suivie , je ne dirai pas d'une hémorragie , puisqu'on ne trouva pas de caillot, mais d'un de ces ramoliissemens avec infiltration sanguine, d'une de ces espèces d'ecchymoses dont vous avez vu de nombreux exemples dans la Lettre Ire. L'inflammation chronique qui a produit les abcès n'a, pour ainsi dire, été qu'une continuation de cette première impulsion. Cette opinion est aussi celle de M. Broussais ; je vous l'aurais rapportée textuellement si lui-même ne m'avait fait l'honneur de me citer d'une manière trop flatteuse.
§ III. Le malade eut une rechute qui amena la mort trois jours après, et la substance cérébrale qui environnait les abcès était ramollie.
À l'époque où cette rechute est arrivée, tout semblait présager une prochaine guérison, et les abcès étaient plutôt affaissés que distendus , comme si le pus eût été en partie résorbé. Si l'on ne peut tirer de conséquences rigoureuses de ce rapprochement, du moins il permet de concevoir la possibilité de l'absorption complète du pus, lors même qu'il est environné d'un kyste , et nous devons saisir avec avidité tout ce qui peut donner aux praticiens quelque lueur d'espérance dans le traitement d'une maladie
( fo )
qu'ils n'ont que trop raison de regarder comme audessus des ressources de Fart et de la nature.
§ IV. Je vous ai déjà rapporté plusieurs exemples des fâcheux effets de la noix vomique dans le traitement des hémorragies et des inflammations cérébrales. M. Broussais a eu soin de faire remarquer que chez son malade elle a porté , dans V encéphale et dans les voies gastriques , une irritation dont les suites auraient, été funestes si T usage rien avait été interrompu. Il est probable que , malgré cette sage précaution, son action n'a pas peu contribué à la terminaison de cette inflammation par suppuration.
Taciturnité , stupeur , insensibilité ge'ne'rale , symptômes de gastro-ente'rite. — Abcès enkysté dans chaque hémisphère dut cerveau , plusieurs collections de pus dans le Joie , injection plus ou moins considérable de l'estomac et des intestins. (Broussais Phlegmasies chron., T. II, p. 4i6.)
a Un militaire âgé de 24 ans •> hrun , charnu , robuste et sanguin, à son arrivée à l'hôpital de Pau, annonça quinze jours de maladie; mais on remarquait un embarras dans ses idées , qui ne permettait pas de s'en rapporter à sa déclaration , car il ne pouvait rendre un compte exact des phénomènes de l'invasion. Il avait été évacué d'hôpital en hôpital pendant plusieurs jours, depuis la ligne
( 53 ) militaire placée à la hauteur de Saint- Jean-Pied-de- Port jusqu'à Pau. On le voyait taciturne, répondant à peine, les yeux bien ouverts, mais avec un air stupide, et ne se plaignant presque de rien : il pouvait néanmoins se lever pour satisfaire ses besoins. La face était très-colorée , surtout aux pommettes -, la langue rouge, le ventre un peu douloureux à la pression ; la peau d'un coloris très-pur, mais d'une chaleur acre au toucher-, le pouls un peu plus fréquent que dans l'état de santé. Il fut traité par les adoucissans , et Ton prescrivit une diète assez sévère.
« Après dix à douze jours de l'emploi de ces moyens , cet homme me parut entrer en convalescence; on ne sentait plus ni chaleur ni fréquence, et il accusait de l'appétit ; mais la taciturnité et ia stupidité continuaient. Il répondait rarement et d'une manière très-laconique; mais souvent il s'asseyait dans son lit, et regardait d'un air stupide ce qui se passait autour de lui. Il ne parlait que pour demander à manger ou pour satisfaire à quelque autre besoin. On fut très-circonspect sur le régime, à cause d'une certaine rougeur persévérante de la langue. Le malade se procura des alimens.
« Cette amélioration ne dura guère que cinq à six jours-, bientôt on vit reparaître la chaleur acre et la fréquence du pouls, ensuite la diarrhée se déclara, et la réaction fébrile tomba entièrement. La peau devint alors un peu obscure et comme terreuse ; la
sfupekir fit des progrès ; les besoins ne furent plus sentis, et le malade expira sans avoir éprouvé de phénomènes convulsifs et sans agonie, le vingt deuxième jour, à compter de son arrivée, trenteseptième de l'invasion , selon la déclaration du malade.
<c Autopsie. Les muscles étaient volumineux et d'une belle couleur. Tête, On y trouva deux vastes loyers remplis d'un pus verdâtre, gluant et inodore , occupant, chacun , le centre d'un hémisphère cérébral, ne communiquant point avec les ventricules latéraux, mais circonscrits par un kyste blanc, sorte de pus concret assez facile à déchirer 5 du reste, une injection considérable de tout l'encéphale. Poitrine. Semi-hépatisation du lobe gauche , qui était partout fort engorgé de sang. Abdomen. Foie énorme, trèssanguin , occupant les deux hypocondres , adhérant avec la rate, de consistance très-forte , et contenant dans le centre de son grand lobe plusieurs collection» d'un pus très-blanc , très-lié, et ayant la consistance du pus phlegmoneux ordinaire -, la membrane muqueuse de l'estomac , rouge à différens degrés \ celle de tous les intestins , et surtout du colon , rouge ou noire et très-épaissie. »
Il existait en même temps chez cet individu trois inflammations dont la moindre eut suffi pour causer la mort : c'est probablement cette coïncidence qui a entravé leur développement, car leur marche a été lente et leurs svmptômes peu prononcés. Ceux
( «5 ) de la gastro-enteVite ont été les moins équivoques; elle paraît avoir été la plus intense, et, par cette raison, avoir en quelque sorte obscurci les deux autres, pour me servir des expressions d'Hippocrate. L'inflammation du cerveau s'est terminée par suppuration , sans produire de paralysie ni de convulsion, par la même raison que des abcès se sont formés dans le foie sans ictère, sans douleur à lhypocondre droit, etc. Pourquoi le cerveau ne serait-il pas soumis aux mêmes lois que les autres organes ? Dans tous, n'a-t-on pas trouvé des traces d'inflammation chronique et même aiguë, dont rien n'avait fait supçonner l'existence pendant la vie , parce qu'elle avait coïncidé avec une autre plus intense ? L'absence de paralysie et de convulsion n'a donc rien ici qui doive vous étonner. Cependant les fonctions intellectuelles ont été altérées dès le début, parce que les deux hémisphères étaient affectés (i).
(i) M. Bouillaud, qui cite cette observation et ces réflexions , clans son Traité clinique et physiologique de l'Encéphalite, p. 128 et suiv., n'est pas content de cette explication , parce qu'i'Z faudrait admettre qu'un organe peut être détruit sans que ses fonctions le soient; comme si la sécrétion de la bile avait cessé chez notre malade , parce que plusieurs abcès s'étaient développés dans le foie. Tartant de ce principe , que « le cerveau est un composé de parties qui remplissent un rôle différent , et que, par consé- <! uenl , les symptômes de ses maladies varient suivant qu'elles ué^ent sur telle ou telle de ces parties, » voici comment il rai- M>:mr ; a II n'y avait ni convulsions ni paralysie chez notre dernier malade : c'est que la partie du caveau qui est destinée a régir
Coup à la tête, dérangement dans les fonctions intellectuelles vingt mois après , hémicrûnie à gauche , embarras delà parole , aphonie , hémiplégie à droite, amélioration , rechute. — Abcès enkysté considérable a la partie postérieure de l'hémisphère gauche, ramollissement de la substance cérébrale environnante, sérosité dans les 'ventricules.
Goutain ( Gabriel ) , âgé de '5$ ans , orfèvre , d'une forte constitution , d'un tempérament sanguin , était sujet, depuis sa plus tendre enfance, à des
les mouvemens musculaires était sans altération; mais il y avait lésion des fonctions intellectuelles et la portion du cerveau nécessaire a l'exercice de ces fonctions était malade. » En écrivant ces mots, M. Bouillaud a-t-il compté sur la paresse du lecteur? ou bien a-t-il oublié ses propres opinions ? ou bien a-t-il si tôt perdu la mémoire du siège de l'altération dont il parle ? C'est ce que je ne prétends pas décider. Mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'il admet, avec MM.Foville et Pinel-Grandchamps , que la substance grise préside aux phénomènes intellectuels , et la substance blanche aux mouvemens ( v. p. 95 ). Or, M. Broussais dit positivement que les abcès « occupaient chacun le centre d'un hémisphère cérébral; » c'est-à-dire justement le milieu de la substance blanche , ou de la partie du cerveau destinée h régir les mouvemens musculaires Si M. Bouillaud l'eût fait exprès pour
arrêter l'attention sur un fait diamétralement opposé à ses opinions , il n'eût pu mieux choisir.
Au reste , je suis loin de prétendre qu'il faut renoncer à l'espoir de connaître les fonctions des diverses parties du cerveau , et l'on aurait tort de juger de l'ouvrage de M. Bouillaud par le passage que j'en ai extrait. Il contient, au contraire , beaucoup défaits importans , d'idées ingénieuses et;, de critiques exactes, dont j'espère profiter à mesure que l'occasion s'en présentera.
épistaxis fréquens et à un écoulement pur if or me par les oreilles, supprimés depuis deux ans, à la suite d'un coup violent qu'il se donna à la tète. Depuis cette époque, il avait souvent des absences, et quelquefois devenait comme fou. Trois mois avant son entrée à l'hôpital , il éprouva du côté gauche de la tète une violente douleur qui ne l'a jamais quitté depuis. Deux mois après, la douleur augmenta encore, il éprouva de la difficulté à parler, et en conçut beaucoup de chagrin. Huit jours après, il commença à montrer du désordre dans ses idées. Cet état dura environ cinq jours; alors il perdit presque entièrement l'usage de la parole. On lui appliqua un large vésicatoire au dos. Enfin l'aphonie devint complète; et peu à peu il se manifesta une paralysie de tout le côté droit : il entra à l'Hôtel-Dieu, (salle Sainte-Madeleine, n°. 3i), le 5 février, dans l'état suivant.
Paralysie complète du sentiment et du mouvement dans tout le côté droit du corps ; perte de l'ouïe et de la parole ; pouls très fréquent et très faible; langue blanche ; respiration assez facile. ( Sinapismes aux pieds, infusion d'arnica miellée. )
Le lendemain, peu de changement (arnica, café concentré, avec acét. d'ammon. gj, et sirop de kk.gij; quatre sinap., deux aux mollets et deux aux cuisses, à trois heures d'intervalle). Le soir, le malade parle un peu. Du reste, mêmes symptômes.
Le 7, peu de changement ( même prescription, moins les sinapismes).
Le 8, la parole est plus Libre", les mouvemens du bras sont en partie revenus-, le pouls est moins héquent; l'assoupissement a diminué; cependant la figure conserve une empreinte d'élonnement et de stupeur; le malade ne sort sa langue que difficilement, ne répond pas à la plupart des questions, et paraît indifférent à tout ce qui le concerne. On s aperçoit, pour la première fois, quil exhale une odeur de souris assez prononcée. (Mêmes prescriptions ; de plus , un vé.sieatoire derrière l'oreille gauche où le malade a de la tendance à porter la main.)
Le p, odeur de souris plus prononcée ; pouls moins fréquent et plus développé; mouvement du bras et des doigts; du reste, même état. (Même prescription, plus, un bain sulfureux.)
Le 10 et le 1 1 , point de changement.
Le T2 et le i3, amélioration dans les mouvemens et \e faciès. (Squine miellée, moutarde pure, g j, en deux fois. )
Les 14, i5 et 16, le malade retombe peu à peu dans le même état que le jour de son entrée , et de plus , urine dans son lit. (Bains sulfureux, arnica miellée , vin de kk. 5 iv, jul. béch. avec l'huile animale de Dippel, goût. 8.)
Le 17, augmentation de la paralysie et des symptômes de compression; perle totale de connaissance, et cependant la respiration est parfaitement libre; la figure est à peine changée. (Sinap., vésic.) Mort dans la matinée.
uduiopsie cadavériijue. Le crâne et les membranes du cerveau étant enlevés, on remarqua que les circonvolutions étaient aplaties, les anfractuosités effacées comme dans les cas d'hydrocéphale. Les ventricules contenaient environ deux onces et demie de sérosité limpide. Il se fit une déchirure à la partie postérieure de l'hémisphère gauche, par laquelle sortit une grande quantité de pus ; on fendit longitudinalement la substance cérébrale, et on tomba sur un fover purulent extrêmement considérable, situé dans le lobe postérieur, assez près de la surface, contenant environ quatre onces d'un pus grisâtre, plus lié, plus filant que le pus ordinaire, se rapprochant du mucus nasal. Ce pus était renfermé dans un kyste fort épais, composé de deux membranes qu'on put isoler dans une grande étendue. L'inlerne était d'un blanc rougeâtre, offrait à l'intérieur l'aspect d'une membrane muqueuse légèrement enflammée; l'externe avait une apparence fibreuse assez prononcée. La substance cérébrale qui environnait le kyste était 1res molle, d'un jaune vcrdâtrc dans quelques points; le coté droit du cerveau et le cervelet étaient sains. On ne trouva rien de remarquable dans les autres cavités splanchniques.
§ I. Au premier coup-d'œil , on pourrait croire que l'inflammation n'a commencé que trois mois avant l'entrée du malade à l'hôpital, puisque c'est seulement à dater de celte époque qu'il a ressenti
( 6° ) cette violente douleur dans le coté gauche de la tète, qui a été le premier phénomène capable de faire soupçonner une phlegmasie cérébrale. Cependant, si vous remarquez qu'à la suite d'un coup violent qu'il reçut à la tête , les épistaxis fréquens et l'écoulement purulent des oreilles, auxquels il était sujet, disparurent 5 qu'il éprouva un dérangement notable dans son intelligence , enfin que les parois du kyste avaient une grande épaisseur, étaient composées de membranes distinctes et bien organisées, et si vous ajoutez que dans les affections chroniques en général, et dans celles du cerveau en particulier, rien n'est plus commun que de voir les altérations profondes exister pendant un temps fort long, sans que rien puisse en faire soupçonner l'existence , vous serez convaincu que l'inflammation qui a produit cet abcès a commencé à une époque peu éloignée du coup. Nous voilà donc arrivés aux inilanimations tout à fait chroniques dès leur origine.
§ IL Le siège de la céphalalgie à gauche et de l'hémiplégie à droite , la lenteur extrême avec laquelle la paralysie se développa, avaient fait présumer qu'il existait une altération organique dans l'hémisphère gauche au cerveau (i).
(i) Mais si l'on eût voulu en préciser le siège d'après les idées récemment émises, il faut convenir qu'on se serait grandement trompé. Le malade ayant commencé par perdre la parole , on eût dû trouver l'abcès dans le lobe antérieur (Bouillaud); tout le côté droit ayant élé complètement paralysé , l'altération
( ftl )
§ III. A la suite d'un traitement incendiaire , amélioration marquée ; mais au bout de quelques jours , augmentation rapide des premiers symptômes, mort prompte. Autour du kyste, substance cérébrale très-molle et d'un jaune verdâtre dans quelques points. Que faut-il en conclure ? Que le café, l'ammoniaque, le quinquina, la moutarde, etc., en excitant vivement le cerveau par leur influence directe sur cet organe, ou par leur action sur les conducteurs de la sensibilité, ont réveillé momentanément ses fonctions comme engourdies, mais que l'abcès enkysté étant , pour la substance cérébrale environnante , une cause prédisposante continuelle d'inflammation, cette excitation exagérée a facilement passé à l'état inflammatoire : de là la rechute et le ramollissement verdâtre.
Les circonvolutions cérébrales étaient plus aplaties que dans les observations précédentes, parce que la tumeur enkystée était plus considérable.
§ IV. Il est évident que l'odeur de souris était due à l'espèce de rétention d'urine dont j'ai parlé, T. Ier., p. 236, puisque le malade urinait dans son lit. Il paraît qu'on n'en a pas connu la véritable cause, car je ne me souviens pas qu'on ait fait usage de la sonde. On a sans doute regardé cet écoulement continuel et involontaire comme une incontinence d'urine, dépendant d'un relâchement du col de la
aurait dû s étendre aussi au corps strie ou à ses dépendances. (Fo- Aiilc, Serres , etc. )
( 62 ) vessie. C'est une erreur sur laquelle je ne crains pas de revenir, parce qu'elle peut avoir des conséquences graves et qu'elle est très-commune.
§ V. Lieutaud rapporte une observation tout-àfait analogue ( liv. 3, obs. 1 15. )
Un homme âgé de 5o ans, sujet à des vertiges et à des pesanteurs de léte , avait perdu la mémoire : il éprouvait parfois des douleurs atroces et des absences d'esprit momentanées. Enfin, ses sens s'affaiblirent; il survint de la somnolence, et un accès d'épilepsie termina sa vie.
On trouva dans l'hémisphère droit un vaste abcès qui s'étendait jusqu'à la moelle allongée , et contenait une matière crue , ou, comme on dit , froide.
H est aisé de voir qu'il s'agit ici d'un abcès enkysté, quoiqu'il ne soit pas question de kyste.
Coup à la tête , six mois après , vertiges , douleur dans l'œil droit, paralysie du coté droit , accompagnée de mouvemens convulsifs. — Abcès enkysté dans l'hémisphère gauche du cerveau. ( Scultet, Obs, de chirurgie , 19e. )
Un militaire, âgé de 27 ans, reçut un coup de sabre sur la partie postérieure de la tète , avec lésion de l'occipital. Cette maladie fut traitée dans le principe comme une plaie simple. Six mois après, il entra à l'hôpital. Le chirurgien introduisit un stylet mousse par la plaie, bouchée en partie par une excroissance charnue, et l'enfonça du tiers de sa longueur entre les membranes et même dans la
( 63 ) substance du cerveau, il en sortit ensuite beaucoup de pus. Le lendemain et le surlendemain , le malade se plaignit de pesanteur dans les yeux. Scultet, instruit de tout , et d'après l'inspection de la plaie , jugea qu'il y avait un serpent caché sous F herbe, fit une incision au péricrâne, et découvrit une fente à l'os. Le sixième jour, vertiges, douleur de l'œil droit , même état jusqu'au quinzième jour. Les fongosités augmentent. Le dix-neuvième , issue d'une grande quantité de pus par la plaie. Le vingtième, le côté droit est tout-à-fait paralysé, le malade perd la parole, tombe dans un état carotique, a le bras droit agité de mouvemens convulsifs , meurt vingt-trois jours après son entrée à l'hôpital, sept mois après l'accident.
Le crâne était altéré , aminci , etc. On trouva un abcès dans le lobe gauche du cerveau , enveloppé d'une membrane propre fort épaisse, contenant une grande quantité de pus fétide. Le ventricule gauche était comprimé ; le droit avait plus de capacité et était plein de sérosité.
§ I. Cette observation nous offre un nouvel exemple des désordres considérables que peut produire une inflammation chronique du cerveau, sans se manifester par aucun symptôme extérieur. Celle qui causa cet abcès enkysté a sans doute commencé à une époque peu éloignée du coup reçu à la tête , car on ne peut pas supposer qu'une membrane fort. épaisse ait eu le temps de s'organiser autour du
pus, dans lé peu de jours pendant lesquels le malade présenta des symptômes d'affection cérébrale.
Ces symptômes ont commencé à se manifester le lendemain de l'introduction d'un stylet jusque dans la substance cérébrale. Ils ont présenté tous les caractères des inflammations aiguës \ la paralysie du côté droit a été précédée de pesanteur de tète, de douleur dans l'œil droit , et accompagnée de mouvemens convulsifs. On ne peut, attribuer tous ces symptômes qu'à une inflammation récente, produite par des recherches imprudentes. Il est vrai qu'il n'est question ni de ramollissement , ni de suppuration de la substance cérébrale en contact avec le kyste, ou placée entre lui et la fistule. Cependant, « le quinzième jour, les fongosités augmentent, » c'est-à-dire que des portions de substance cérébrale, boursouflées par l'inflammation , ont été poussées hors de la cavité crânienne, à travers la fistule. « Le dix-neuvième jour, une grande quantité de pus sort par la plaie ; » ce pus ne pouvait venir de la cavité du kyste. Si Ton n'a pas tenu compte de l'altération des parties qui environnaient l'abcès, c'est qu'il suffisait pour expliquer la mort, et qu'à l'époque où l'observation a été recueillie on attachait peu d'intérêt à des désordres dont on ne connaissait pas la cause. Le malade a perdu la parole, et le pus venait de la partie postérieure de la cavité du crâne ; il sortait par une fistule qui résultait d'une perte de substance de l'occipital.
N . II
Hémicrânie , contusion à la tête , retour de Themicrânie par accès de plus en x>lus intenses et rapproches , mouvemens oonvulsifs des yeux et de la jambe droite. Mort subite dans un état apoplectique. — Foyer purulent considérable dans l'hémisphère gauche , ramollissement de la substance cérébrale environnante , tubercules granuleux .
M. D., d'un tempérament lymphatico-nerveux, né d'une mère morte hémiplégique, et d'un père souvent affecté de vives céphalalgies, et mort avant 5o ans, avec des symptômes d'affection céréhrale, éprouva , dès l'âge de 10 ans , les premières atteintes d'une hémicrânie dont les retours, plus ou moins fréquens, eurent lieu jusqu'en 1816. En 1808, âgé de 37 ans , il reçut une forte contusion à la tête , dont il s'inquiéta fort peu. Quelque temps après, il eut, pour la seconde fois, une affection vénérienne qui guérit par le suhlimé , et, en 18 14, un catarrhe pulmonaire très-intense. Jusqu'en septembre 18 16, santé satisfaisante ; alors douleurs de tète plus fréquentes , revenant toutes les nuits et augmentant de jour en jour. On administra contre ces accès périodiques le quinquina , mais sans succès. L'emploi des pédiiuves , des sangsues à l'anus et des boissons délayantes produisit une guérison apparente.
En janvier 18 17, augmentation de la fréquence T. II. 5
( 66 ) et de l'intensité des accès do céphalalgie. Ils commençaient vers une heure après minuit , réveillaient brusquement le malade, et revenaient d'heure en heure jusqu'à l'aube du jour-, il jouissait alors d'une heure de sommeil tranquille. Vers sept heures et demie, il se levait comme s'il n'eut pas souffert, et prenait une soupe. Une demi-heure après, les accès revenaient et se prolongeaient jusque vers onze heures du matin en s'affaiblissant. Chaque accès durait de dix à vingt-cinq minutes. Le malade, forcé de pencher la tète en avant, tombait dans un demiassoupissement , sans perte de connaissance , ne pouvait parler , mais exprimait ses désirs par des gestes de la main droite. Les douleurs avaient leur siège profondément sous l'arcade surcilière du côté droit, et quelquefois dans toute cette moitié de la tète. Il y avait des mouvemens convulsifs dans les yeux, ainsi qu'un mouvement involontaire de la cuisse et de la jambe droite, qui continuaient même après la crise. Quand les douleurs étaient violentes, les mêmes mouvemens avaient lieu dans le membre supérieur; la face était assez colorée — Pendant le sommeil , il y avait émission involontaire de l'urine-, la vue, l'odorat et le goût n'avaient rien perdu de leur intégrité, l'ouïe était même moins dure qu'avant la maladie. Dans l'intervalle des accès, le malade reprenait sa gaîté habituelle; mais quand il voulait marcher, ses pas étaient mal assurés. Le traitement qui fut adopté à la suite d'une consul-
(67 ) tation consista en dérivatifs internes et externes, et en sangsues à l'anus. Ces moyens semblaient avoir produit une amélioration marquée, lorsque tout- àcoup le malade mourut dans un état apoplectique.
À l'ouverture du corps , on trouva un foyer purulent considérable dans le lobe antérieur de l'hémisphère gauche du cerveau , à la partie qui correspond à la voûte orbi taire et à la faux. Les parties environnantes étaient réduites en une matière putrilagineuse, au milieu de laquelle on reconnaissait des granulations tuberculeuses de la. grosseur d'un grain d'orge. La portion de faux , en contact avec ce foyer purulent, était elle-même altérée. Les vaisseaux artériels et veineux étaient un peu gorgés de sang 5 le reste du cerveau était sain et d'une consistance plus grande qu'à l'ordinaire.
§ I. L'auteur de cette observation (le docteur Desgaultières ) attribue cette affection cérébrale à une disposition héréditaire. Le docteur Polinières , dans un rapport fait à l'Athénée de médecine, le 9 août 1817, pense qu'elle a été produite par la contusion violente que le malade reçut en 1808. Sans entrer dans les détails d'une question plus délicate qu'importante , je vous ferai seulement remarquer que la maladie a duré neuf ans au moins avant de causer la mort , et que les symptômes n'ont plus présenté la moindre ressemblance avec ceux des inflammations aiguës } toute leur histoire se réduit à l'hémicranie , à quelques symptômes
spasmodiques , et offre ce caractère remarquable d'intermittence et de périodicité , qui distingue les affections chroniques en général , et surtout celles du système nerveux. Les douleurs ont présenté celte circonstance singulière , qu'elles se faisaient sentir profondément sous l'arcade surcilière du côté droit, et que cependant l'abcès existait dans la partie antérieure de l'hémisphère gauche sur la voûte orbitaire.
§ II. Malgré le volume de l'abcès , il n'y a pas eu de paralysie, le malade a conservé jusqu'à la fin l'usage de ses sens , toute son intelligence et même sa gaîté; mais la désorganisation s'est opérée avec une excessive lenteur, et n'occupait pas, comme dans l'observation n°. 8, les deux hémisphères.
§ III. Les symptômes spasmodiques se sont toujours manifestés en même temps que les accès d'hémicrânie , c'est-à-dire pendant la congestion cérébrale , comme vous avez pu le remarquer dans tous les cas analogues.
§ IV '. Le malade est mort tout-à-coup dans un état apoplectique, et l'on a trouvé la substance cérébrale qui environnait le foyer purulent réduite eu une matière putrilagineuse, résultat évident d'une inflammation récente et aiguë. C'est à elle seule qu'il faut attribuer l'espèce d'apoplexie qui a terminé la vie.
Il n'est pas dit que cet abcès fût enkysté, mais tout porte à croire que c'est par omission.
Vous trouverez dans la Collection académique, t. ; , p. 367, une observation d'Olaùs Borrichius extraite des Actes de Copenhague, qui a beaucoup d'analogie avec celle-ci.
©dontalgie opiniâtre, syncopes, convulsions par excès. -*- Abcès dans l'hémisphère droit , épanche ment de sérosité.
« Un jeune gentilhomme, qui était venu faire son académie à Copenhague, se plaignait fort souvent d'un grand mal aux dents, accompagné d'une petite toux sèche : on regarda cela comme une fluxion , d'autant plus que le jeune homme avait les yeux un peu rouges et gonflés , et qu'il avait naturellement le cou petit. Mais, comme la douleur revenait plus souvent , et était de plus en plus violente , il prit le parti de se faire arracher la dent qui lui faisait le plus de mal : il ne s'en trouva pas plus soulagé , au contraire la douleur s'étendit aux parties voisines,. et pénétra dans la mâchoire même. Un jour que ses camarades lui reprochaient sa délicatesse pour un petit mal de dents, il tomba à la renverse sans connaissance : on le jeta sur un lit, et à force d'eaux de senteur spiritueuses , on le fit revenir à lui au bout d'une demi -heure, et on le reporta chez lui. Il voulut se lever le lendemain -, mais il se sentit faible, abattu, la tête pesante avec un as-
( -o ) soupissement insurmontable. Les médecins lui donnèrent pendant long -temps 1er- antispasmodiques et les céphaliques *, mais nonobstant l'usage de ces remèdes, il eut , à diverses reprises, tantôt des syncopes, tantôt des convulsions épileptiques , et il mourut à la fin épuisé de langueur , ayant conservé toute sa raison jusqu'au dernier moment. On lit l'ouverture de son cadavre; on ne trouva rien de particulier dans la poitrine ni dans l'abdomen , si ce n'est que la surface de la partie supérieure du poumon droit était d'une couleur plus noire que dans l'état naturel , et que le testicule droit était encore caché dans le ventre, mais petit et flétri contre l'ordinaire. Lorsqu'on vint à examiner le cerveau, on trouva dans la partie droite supérieure, près du centre , un abcès de la grosseur d'un œuf de poule , rempli d'un pus blanc très fétide ; il y avait aussi un épanchement de sérosité , mais en moindre quantité, qui semblait avoir pénétré jusqu'à la moelle épinière et avoir donné lieu aux fréquentes convulsions du malade.
» Ce qu'il y a de singulier , c'est que ce jeune homme, qui s'était plaint souvent d'une douleur au iront et quelquefois à l'occiput, n'avait jamais paru sentir de mal à l'endroit où était formé l'abcès, ce qui prouve que le cerveau est insensible par lui-même, et qu'il n'y a que les membranes qui soient susceptibles de douleur. »
§ I. Il paraît que l'odontalgie tenait à l'affection
(71 ) cérébrale, puisque les douleurs, au lieu d'être diminuées par l'extraction de la dent qu'on croyait cariée, augmentèrent. Ainsi, par la durée non moins que par la nature et la marche des symptômes, la maladie présente tous les caractères des encéphalites chroniques, et c'est bien à tort qu'on a si souvent cité celte observation pour donner une idée des symptômes d'inflammation aiguë du cerveau. Comme dans le cas précédent, la céphalalgie n'a jamais été rapportée vers le siège du mal, elle revenait par accès 5 le malade a éprouvé des convulsions épileptiques , mais point de paralysie , il a conservé sa raison, etc. Mais au lieu de mourir subitement , comme frappé d'apoplexie, il a succombé a la fin épuisé de langueur: aussi, au lieu d'une altération putrilagineuse de la substance cérébrale qui environnait l'abcès, il n'est question que d'un épanchement de sérosité, qui, malgré l'obscurité du reste de la description , semble attester une inflammation chronique de l'arachnoïde, complication très-commune dans tous les cas analogues. Ainsi les différences que présentent ces deux maladies dans leur terminaison s'expliquent par la différence des complications qui ont succédé à l'affection principale.
Baader rapporte une observation analogue. (Observationes mediese, incisionibus cadaverum inservientes. Fribourg, 1762.)
Mélancolie, accès d'épilepsie, he'micrânie à droite, coma. — slbcès enkysté à droite.
Un homme, âgé de 4o ans, mélancolique, tourmenté par des chagrins cuisans, fut pris d'épilepsie, dont les accès se reproduisirent très souvent pendant quatre ans. Il se plaignait d'une douleur obtuse avec sentiment de pression dans le côté droit de la tête -, la surface du bras et de la main gauche jouissait d'une sensibilité si exaltée, que le plus léger courant d'air froid sur celle partie produisait des tiraillemens convulsifs; enfin iitombadansunétatsoporeuxmort el.
La substance cérébrale de l'hémisphère droit du cerveau était dure, comme squirrheuse, et renfermait un abcès de la capacité d'un œuf de poule.
§ I. Comme dans les observations précédentes, marche chronique de la maladie , durée très longue, hémicrânie, symptômes spasmodiques revenant par accès, point de paralysie, conservation de l'intelligence malgré l'étendue des altérations pathologiques.
Je reviendrai plus tard sur l'endurcissement du cerveau qui environnait l'abcès-, pour le moment, je mécontenterai de vous faire remarquer que la terminaison de cette maladie n'a présenté aucun des symptômes d'inflammation aiguë que je vous ai signalés dans tous les cas où la substance cérébrale qui environnait l'abcès était ramollie.
( /3) Baader semble attribuer l'affection cérébrale aux chagrins du malade, à sa disposition mélancolique ; mais il est plus naturel de penser que cet état moral était déjà un effet de la maladie. Quelquefois même les inflammations cérébrales chroniques marchent d'une manière tellement latente qu'elles ont produit de la suppuration , qu'un kyste s'est organisé autour du pus sans que le malade se soit plaint de rien ; et quand il s'y joint une inflammation aiguë , on la regarde comme la cause des altérations produites par l'inflammation chronique. On ne se trompe pas moins quand on attribue à l'abcès enkysté les symptômes observés pendant la vie. C'est probablement ce qui est arrivé dans le cas suivant communiqué à Bonet par Bailly, chirurgien distingué de Genève. (Voyez Sepulcrelum , 1. i , sect. Ire. , Obs. LIV.)
Insolation , symptômes d'inflammation aiguë du cerveau et de J'arachnoïde. Mort le neuvième jour. — Abcès enkysté, désorganisation de la dure -mère, de V arachnoïde et du cerveau sousjacent.
««A cette époque (octobre i663 ), j'eus occasion de voir un riche cultivateur de cette ville (Toulouse), nommé Claude Bertrand, âgé de 42 ans, qui se plaignait d'une violente douleur de tète fixée au côté droit de la suture sagittale 5 il l'attribuait à
( rt )
l'insolation , parce quêtant resté long-temps exposé aux rayons du soleil , la tète couverte d'un simple bonnet , et ayant passé la nuit suivante en plein air , il était tombé malade le lendemain. A la céphalalgie gravative se joignirent bientôt une fièvre ardente , des frissons, des nausées, une grande anxiété et de l'insomnie ; les yeux étaient brillans et injectés. Le cinquième jour, survint la frénésie , et malgré tous les remèdes qu'on put employer , le malade mourut le neuvième.
» Comme, peu de temps avant la mort, il était sorti par la bouche, par la narine et par l'oreille droite un pus excessivement fétide, je demandai à faire l'ouverture de la tète , ce qui me fut accordé. Ayant enlevé le crâne, je trouvai une tumeur du volume d'une aveline qui , incisée, laissa écouler un pus excessivement fétide et verdâtre : la. dure-mère et l'arachnoïde étaient en putréfaction. La substance cérébrale sous-jacente était elle-même altérée et trèsfétide. Cette dernière altération excédait à peine l'épaisseur d'un sou de France, et répondait au siège de la douleur. »
§ I. Cet abcès enkysté ne s'est certainement pas formé dans l'espace de neuf jours , par conséquent il existait avant l'insolation et les symptômes qui se sont manifestés ensuite; il s'est donc développé sans donner lieu à aucune incommodité grave. Il a pu contribuer autant que l'insolation à faire naître l'inflammation des méninges et de la substance cérc-
(75 ) brale sous-jacente } mais il n'est pour rien dans la production des symptômes de la maladie à laquelle ce cultivateur a succombé. Ils ont tous les caractères des inflammations aiguës de l'arachnoïde, elles deux méninges étaient en putréfaction. Quant à l'affection du cerveau sous-jacent , elle paraît avoir été consécutive, puisque l'altération excédait à peine l'épaisseur d'un sou de France.
\ Délire, agitation, insomnie, ce'phalalgie violente et continue. Mort subite au bout de dix. mois. — Abcès dans le lobe moyen droit , communiquant avec le ventricule, méningite cSironique. (Bleynie, Dissert, sur l'infl. du cerveau, etc., 1809. )
Monin, âgée de '55 ans, d'un tempérament bilieux, livrée aux travaux pénibles de la campagne , éprouva sans cause connue , au commencement de janvier 1808, un délire bruyant. Le a5, à son entrée à l'hospice ( de Charenton ) , même délire , grande agitation, loquacité, vociférations par intervalles , surtout pendant la nuit, insomnie, appétit dévorant, pouls serré , concentré, céphalalgie peu violente , mais continue (antispasmodiques, bains et douches); persistance des mêmes symptômes jusqu'au commencement d'août. A cette époque, fièvre tierce qui dure environ quinze jours, paraît diminuer la manie, et se dissipe spontanément; peu après,
( 7^ ) retour des premiers accidens. Le 17 octobre, après avoir mangé, mort inopinée sans aucun symptôme précurseur ( dix mois après l'apparition des premiers symptômes ).
A l'ouverture du cadavre , on trouva « une augmentation de densité de l'arachnoïde qui répond à la cavité moyenne de la base du crâne. Des deux ventricules latéraux , le droit contenait seul environ une once d'eau blanchâtre qui communiquait en dehors à un foyer de suppuration , qui avait détruit une grande partie du lobe moyen du cerveau de ce même côté. Le reste de la substance de cet organe était compacte et très-coloré. »
§1. Si vous comparez cette observation avec celle de Morgagni, ou plutôt de Valsai va, que je vous ai rapportée dans la dernière Lettre , n°. 19, vous verrez qu'un abcès , formé dans l'épaisseur du cerveau, s'est également ouvert dans le ventricule latéral correspondant; que l'arachnoïde des ventricules et de la base du crâne offrait aussi des traces d'inflammation; mais la mort est survenue le quatorzième jour , aussi a-t-elle été précédée d'aphonie , de paralysie et d'autres symptômes d'encéphalite aiguë , au lieu que , dans le cas rapporté par le docteur Bleynie, la maladie a duré dix mois, et n'a présenté aucun de ces phénomènes. Le rapprochement de ces deux faits, dans lesquels les altérations pathologiques ont eu entre elles autant de ressemblance qu'on peut espérer d'en rencontrer dans la pratique ?
(77 ) vous donnera une idée de la différence que la marche aiguë ou chronique de l'inflammation peut apporter dans le développement des symptômes.
Manie promptement guérie. Trois mois après , agitation , coma yigil , céphalalgie, symptômes de gastro-entérite augmentés par un traitement incendiaire. — Espèce de foyer purulent entouré de duretés , inflammation du reste du cerveau. ( Blejnie , ouv. cité. )
Une fille âgée de 26 ans, traitée et promptement guérie à l'hospice de Charenton d'une manie ou de délire hystérique, éprouva trois mois après, à la suite de violens chagrins, des maux de tête , et entra de nouveau, dans la même maison, le 4 janvier 1807. Tantôt agitation ou coma vigil, état hystérique, air hébété, langue rougeâtre , pouls vif et concentré, grande soif, insomnie, douleur de tête. ( Lav. d'assafœtida, tisane etpotion antispas., sirop diacode. ) Jusqu'au 9, même état, même traitement.
Le io,ipécacuanha le matin 5 opium le soir. Le i3, augmentation peu sensible des symptômes. (Pilules d'assa-fœtida. ) Ventre tendu, sensible au toucher, langue saburrale.
Le 17, langue brunâtre-, haleine fétide, peau sèche , aride. (Vés. à la nuque, antispasmodiques. )
Le 18, ventre douloureux. (Lavement camphré. )
Le 20 , difficulté de parler, perte de l'ouïe, mais point de la vue, quoique la pupille soit dilatée.
Le 21 , toujours embarras vers la tête , constipation opiniâtre. (Lav. purgatif, frictions le long de la colonne vertébrale avec linim. vol. camphré.)
Le 24, vomissement chaque fois qu'elle boit.
Le 26, aphonie complète, diminution des forces. ( Pot. cordiale , ext. de kina. ) Déjections involontaires extrêmement fétides.
Le ier. février, yeux légèrement injectés par intervalles, agitation de quelque membre. (Vés. volans, lin. camphré ) ; pouls insensible , carphologie -, mort le 8 (un mois passé après son entrée , quatre mois après l'attaque de manie... )
Autopsie. Légère dépression à la partie postérieure du lobe droit. «Une incision pratiquée d'avant en arrière , dans la direction du centre ovale de Vieussens , fit apercevoir un foyer de suppuration, rempli d'une matière blanchâtre, et dont la capacité aurait renfermé un gros œuf de pigeon -, en pressant autour de ce foyer, on y sentait des duretés, la partie antérieure de ce même lobe , ainsi que le gauche, offraient aussi des traces {{"inflammation. Viscères thoraciques et abdominaux parfaitement sains. »
§ I. On ne peut attribuer qu'à l'inflammation du cerveau les symptômes observés dans la maladie à laquelle cette jeune fille a succombé. Ceux qu'elle éprouvait la première fois qu'elle est entrée à dut-
( 79) renton paraissent avoir été semblables , à en juger par les expressions de manie hystérique et d'état hystérique, employées par M. Bleynie. Il est donc probable que la première affection était de même nature que la dernière, c'est-à-dire une inflammation cérébrale. C'est elle sans doute qui a donné lieu à la formation du petit foyer purulent et au développement des duretés qui l'environnaient, et puisque « la partie antérieure de ce lobe, ainsi que le gauche, offraient aussi des traces d'inflammation, » il est clair que c'est à cette inflammation récente , entée sur la première , qu'il faut attribuer la rechute et la mort.
§ II. Il est une complication à laquelle on ne paraît pas même avoir songé. Elle a été produite par le traitement. Il est curieux d'en suivre les effets jour par jour.
Le 10, on donne un émétique et de Y opium; les symptômes cérébraux augmentent. Le i3, pilules d'assa-fœtida , ventre tendu, sensible au toucher, c'est-à-dire gastrite commençante. On continue ; langue brunâtre , peau sèche et aride, haleine fétide. Le 17, on donne des antispasmodiques, c'està-dire des stimulans diffusibles. Le 18 , ventre douloureux. On ajoute à tous ces moyens des lavemens camphrés , qui sont suivis d'une constipation opiniâtre. ( Entérite commençante.) Pour combattre ce symptôme , on ne voit rien de mieux que des lavrmens purgatifs. La malade vomit tout ce qu'elle
( 8o ) prend, et rend involontairement des selles extrêmement fétides. ( Gastro-entérite complète. ) Enfin les forces diminuant, on combat Xadynamie par des potions cordiales et Y extrait de quinquina : alors le pouls devient insensible, et la malade ne tarde pas à succomber.
Ainsi chaque symptôme que le traitement faisait naître a été combattu comme un être nouveau , et l'ouverture du cadavre n'a pas même ouvert les yeux prévenus du praticien, puisqu'on prétend que les viscères abdominaux étaient parfaitement sains. Vous savez qu'on n'examinait alors l'estomac et les intestins qu'à l'extérieur.
Abcès enkystés. — Suite d'affection de l'oreille.
§ I. Je vous ai dit que les inflammations chroniques du cerveau étaient souvent produites par une carie des os du crâne. Celle du temporal est la plus commune , la plus constante dans sa marche et dans ses effets , celle qui donne lieu aux accidens les plus graves. On n'a pas encore étudié d'une manière convenable les maladies de l'oreille dans leurs rapports avec les affections cérébrales. Morgagni et M. Itard sont les seuls , à ma connaissance , qui s'en soient occupés avec quelques détails , et tous deux ont admis sur plusieurs points des opi-
nions qui me paraissent peu fondées : ce sujet est donc presque encore neuf. Son importance demande cependant qu'il soit approfondi. Je me propose de vous inonder les liaisons qui existent entré les deux maladies, de vous en faire parcourir toutes les nuances depuis les degrés les plus simples jusqu'aux désorganisations les plus étendues et les plus compliquées. Pour cela , il faudra que je vous rapporte quelques exemples d'otite aiguë accompagnée d'inflammation récente du cerveau. A la rigueur , ces observations auraient dû trouver leur place dans l'une des Lettres précédentes } mais je n'ai pas voulu, quelque répugnance que j'éprouve à revenir sur mes pas, les séparer de leurs analogues. D'ailleurs, pour éviter les répétitions, je n'arrêterai spécialement votre attention que sur la liaison des maladies de l'oreille avec celles du cerveau.
§ III. Vous trouverez dans les recueils d'observations et les journaux de médecine des exemples d'otites aiguës ou chroniques qui se sont terminées promptement par la mort, après avoir offert des symptômes d'affection cérébrale. A l'ouverture du crâne , on a quelquefois trouvé la cavité du tympan pleine de pus, le rocher carié, la dure-mère enflammée, épaissie, injectée, ramollie, détachée de la surface de l'os, etc., et l'on n'a observé dans le cerveau aucune altération capable de rendre compte des symptômes cérébraux. Il est possible qu'on T. IL 6
(8a ) n'ait pas attaché assez d'importance à des changemens de couleur et de densité , qui , aujourd'hui , auraient un peu plus fixé l'attention des observateurs ; mais, en supposant qu'il n'ait existé dans le cerveau aucune altération appréciable , je n'en serais pas moins convaincu, d'après les observations que vous allez lire, que cet organe a participé à l'inflammation de la dure-mère , et qu'elle a été trop promptement suivie de la mort , pour avoir pu laisser des traces de son existence.
Vous trouverez dans le Journal de médecine de Corvisart , etc. , an 1810, T. XIX, un exemple de cette nature rapporté par le docteur Lévéque- Lasource , et un autre dans l'ouvrage d'Àbercromhie, Obs. 17. Mais je passe aux cas où l'on a trouvé la substance cérébrale altérée.
Suppuration par l'oreille droite , céphalalgie violente , fièvre ardente, simulant une double tierce. Au quatrième accès, convulsions , paralysie du côte gauche. Mort dans l'accès suivant . Inflammation considérable et ramollissement du cerveau corret pondant au rocher, méningite. ( Coindet , Mémoire sur l'hydrencephale, p. 97. )
« Un fils unique, âgé de 17 ans, à la suite d'une suppuration purulente de l'oreille droite, prit de vioiens maux de tète, une fièvre ardente, un transport au cerveau, des redoublemens de fièvre, qui simulèrent une double tierce , à la surprise aussi
( 83 ) grande que pénible de son médecin. Il survint, dans le courant du quatrième accès, des symptômes hydreneépbaliques , tels que des attaques de convulsions , de la lenteur dans le pouls, une paralysie dans le côté gauche, la dilatation des pupilles, un profond coma 3 il mourut comme apoplectique dans le courant de l'accès suivant.
w A l'ouverture , on trouva une inflammation considérable et un ramollissement de la partie du cerveau qui répond au rocher , et elle avait pénétré jusque dans les ventricules qui contenaient un épancbement de sérosité. »
§ I. Les symptômes d'affection cérébrale ne se manifestèrent qu'à la suite d'un écoulement purulent par l'oreille droite , c'était la portion du cerveau qui correspondait au rocher que l'inflammation avait désorganisée-, il est donc très probable que l'inflammation de l'oreille, par son voisinage, avait déterminé celle du cerveau. Il est fâcheux qu'on n'ait pas fait mention de l'état des os , mais il paraît que la maladie n'avait pas encore étendu ses ravages jusqu'à la dure- mère; si cette membrane eût été altérée, on en aurait sans doute parlé. Ainsi la maladie de l'oreille et celle du cerveau étaient encore peu avancées. Je n'ai pas besoin de vous faire remarquer que l'altération du cerveau est en rapport avec la durée de la maladie ; le malade est mort au cinquième accès : aussi n'existait-il qu'un ramollissement , très étendu , à la vérité , mai;?
point tic suppuration. La marche de la maladie 3 été lrè*-aiguëj aussi les symptômes ont-ils représente irès exactement , à l'extérieur, F état des organes affectés. Ainsi le malade a éprouvé des symptômes
dliydrencéphale, des attaques de convulsions, etc ,
et les ventricules contenaient un épanchement de sérosité. A ces convulsions a succédé une paralysie du côté gauche du corps, et le côté droit du cerveau était enflammé. Je dis le côté droit, quoique M. Coindet ne s'explique pas à cet égard; mais c'était l'oreille droite qui suppurait , et la portion susjacente du cerveau qui était ramollie.
§ IL La maladie a marché par accès qu'on a pris pour ceux d'une fièvre double tierce -, vous nen serez, pas surpris si vous vous rappelez les nombreux exemples analogues que je vous ai rapportés, et dans lesquels il existait aussi une inflammation simultanée de l'arachnoïde et du cerveau.
Écoulement purulent par les oreilles, abcès communiquant avec les cellules mastoïdiennes du côte gauche , etc. — Abcès considérable dans l'hémisphère droit du cerveau, avec ramollissement et épanchement de sang , sérosité sanguinolente dans les ventricules. ( Abercombie, the Edinburg. mcd. and surg. Jour nul,july. 1818. Obs. 8.)
C, â^é de 18 ans, sujet depuis plusieurs années à un écoulement d'oreilles, accompagné de surdité, eut, en 1810, derrière l'oreille gauche, un abcès
( *5 ) Froid par lequel on pouvait faire passer une sonde jusque dans les eellulcs mastoïdiennes ; tfet abcès se ferma au bout d'un an , laissant une cicatrice profonde. Depuis cette époque , C. éprouva des douleurs de tête qui augmentèrent en i8i3 ; le i4 mai, elles s'aggravèrent encore : vomissemens fréquens , oppression ; somnolence -, pouls, soixante pulsations ( saignées générales et locales , purgatifs , vésicatoires et mercuriaux ) -, le i5 et le it>, cessation des vomissemens et du mal de tète , augmentation de l'oppression -, bientôt stupeur légère , loquacité sans trouble dans les idées, pouls très- variable d'un instant à l'autre ; mort presque subite. Il n'y eut ni paralysie ni convulsions.
L'hémisphère droit était converti , dans la moitié de son épaisseur, en un pus fétide tout-à-fait fluide au centre et pulpeux à la circonférence. Au milieu de cette masse se trouvaient quelques caillots de sang, et tous les ventricules contenaient une grande quantité de sérosité sanguinolente.
§ I. On a encore omis dans cette observation de faire mention de l'état des cavités tympaniques ; mais il est probable que si le désordre s'était étendu jusqu'à l'intérieur du crâne , on en aurait parlé. Au reste, c'est derrière l'oreille gauche que s'est manifesté l'abcès résultant de la carie de l'apophyse mastoïde, et c'est dans l'hémisphère droit du cerveau qu'existait l'abcès. Cette circonstance est importante à noter, parce que les douleurs de tète s' étant
( 86 ) manifestées en même temps que la fistule établie derrière l'oreille s'est fermée , on aurait pu croire qu'elles étaient dues à la suppression de cet écoulement. Mais puisque les symptômes cérébraux ont commencé en même temps que la fistule se cicatrisait , et qu'il ne pouvait exister aucune communication entre elle et l'abcès du cerveau , il est évident que c'est l'inflammation cérébrale qui a fait tarir la suppuration de l'oreille, de la même manière qu'une pleurésie, une pneumonie , etc. , produisent le dessèchement d'un ulcère , d'un vésicatoire ou d'un cautère.
Vous voyez encore, par cette observation, que les maladies de l'oreille disposent à celles du cerveau , non-seulement en se propageant à l'os , à la duremère et à l'arachnoïde , mais encore en entretenant près de la cavité du crâne une congestion habituelle.
Il est probable que l'abcès trouvé dans l'hémisphère droit a été produit par l'inflammation ancienne qui a causé la disparition de la fistule et les symptômes observés depuis, et que le ramollissement de la substance cérébrale environnante a été le résultat d'une inflammation aiguë toute récente , à laquelle il faut attribuer la mort presque subite du malade. Le sang épanché au milieu de cette altération , et la sérosité sanguinolente trouvée dans les ventricule^, y ont sans doute contribué pour beaucoup. La réunion de ces altérations vous montre
(87 ) îiiffmité qui existe entre les fluxions qui produisent l'inflammation , et celles qui se terminent par hétuorrhagle.
Le malade n'a éprouve ni paralysie ni convulsions -, mais la marche de la première inflammation a été essentiellement chronique.
Douleurs périodiques à la tête et dans l'oreille droite , rixe suivie de symptômes de fièvre ataxique. Mort le vingtième jour. — Suppuration dans l'oreille droite , abcès enkysté dans le côté droit du cervelet, inflammation de l'arachnoïde.
Conrard (J. ), âgé de 20 ans, pâle, maigre et dune constitution faible, tomba malade à la suite d'une rixe dans laquelle il avait reçu quelques coups, éprouva tous les symptômes d'une fièvre ataxique , et succomba le vingtième jour.
Le magistrat, supposant que la mort pouvait être la suite des coups que le malade avait reçus, ordonna l'ouverture du corps : les médecins qui en turent chargés trouvèrent i°. le cerveau un peu plus injecté qu'à l'ordinaire \ i°. entre sa face inférieure et la base du crâne, une petite quantité de pus épanché en couche mince ; 3°. dans la partie antérieure du lobe droit au. cervelet, une poche pleine de pus *, 4". l'arachnoïde, en contact avec le rocher droit, adhérente à la dure-mère et plus rouge qu'à l'ordinaire.
( ss-o
Il n'en eut pas fallu davantage à des observateurs superficiels, pour attribuer la mort aux coups reçusvingt jours auparavant; heureusement les médecins <;ui devaient éclairer la conscience des juges ne se hâtèrent pas de prononcer ; considérant qu'il n'existait à la surface du crâne aucune trace de contusion grave, et que l'abcès était contenu dans un kyste bien organisé, ils adressèrent des questions aux parens, et par bonheur encore ceux-ci eurent assez de probité pour déclarer que leur fds souffrait depuis long-temps de la tète, et qu'il éprouvait de fréquentes douleurs dans l'oreille droite. Les médecins poursuivirent alors leurs recherches, et trouvèrent des cellules mastoïdiennes pleines de pus, ainsi qu'une partie de l'oreille interne-, et ils déclarèrent que la désorganisation était antérieure à la rixe, qu'elle en était indépendante, que seulement l'accident avait pu accélérer la marche de la maladie.
§ I. Cette observation m'a été communiquée par mon ancien condisciple et mon ami le docteur Chaumas, médecin à Metz. Je ne m'arrêterai pas aux conséquences qu'on peut en tirer sous le rapport légal , elles se présentent d'elles-mêmes; mais il est plusieurs circonstances sur lesquelles je dois arrêter votre attention.
Quoique les os lussent à peine affectés, ce n'est pas moins à l'inflammation chronique de l'oreille qu'il faut attribuer celle qui a produit î abcès enkysté de la portion correspondante du cervelet, Elle ne
s'est point étendue de proche en proche, comme cela arrive le plus souvent; mais la fluxion habituelle, qui se faisait vers l'oreille, a fini par se propager aux organes voisins les plus susceptibles de la partager.
Cet abcès s'est formé sans produire d'autre symptôme qu'une céphalalgie habituelle, parce que l'inflammation a marché d'une manière lente; ce n'est pas à elle , mais bien à l'inflammation de l'arachnoïde, qu'il faut attribuer la fièvre ataxique.
§ II. Ce jeune homme paraît n'avoir pas éprouvé d'écoulement purulent par l'oreille, quoique la cavité (tu tympan fût pleine de pus; il est probable qu'il sortait par la trompe d'Eustache.
M. Itard, dans son excellente Monographie sur les maladies de l'oreille, paraît regarder l'écoulement par le conduit auditif externe comme un symptôme constant de l'otite chronique; car il ne rapporte, à ce que je crois, aucun fait dans lequel il ait manqué. J'ai vu cependant deux malades qui étaient dans ce cas : tous les deux éprouvaient une douleur sourde dans l'intérieur de l'oreille, qui s aggravait sous l'influence du froid et de l'humidité; ils éprouvaient habituellement dans l'arrièrebouche une saveur désagréable et une odeur insupportable, qui augmentaient avec la douleur et surtout dans certaines positions de la tète, dans certains rnouvemens de déglutition : il en résultait du dégoût pour les alimens, qui leur semblaient amers et puans;
des nausées et quelquefois des vomissemens , dans lesquels il leur est arrivé de rendre des matières purulentes très-fétides. A ces symptômes, qu'on attribuait à un embarras gastrique, je reconnus une maladie organique de l'oreille, et l'événement n'a que trop justifié mon pronostic.
Dans des cas analogues, lorsque la carie a fait des progrès, et qu'il survient une inflammation dé ia dure- mère et du cerveau susjacent , il peut s'établir facilement une communication de l'abcès développé dans la cavité du crâne , avec le tympan , et l'écoulement par le conduit auditif externe ne ^établissant que plus tard, on peut s'en laisser imposer au point de croire que l'inflammation du cerveau a précédé celle de l'oreille; que le pus, qui en a été le résultat, a détruit la dure-mère et le rocher} qu'en un mot, ïotorrhée purulente ? est consécutive ou symptomatique. En voici un exemple puisé dans Lieuîaud (Hist. anat. pr. , t. II, 1. 3, Obs. 108 et 128.)
§ III. Un homme sexagénaire dont la mémoire «'tait affaiblie devint peu à peu sourd et imbécille : on trouva à la base du cerveau un kyste du volume d'un œuf environ, plein de pus, adhérent à l'os pierreux droit, qui, affecté de carie, laissait passer le pus jusque dans l'oreille-, la cavité du tympan en était pleine, la membrane était intacte, mais les osselets étaient entièrement détruits j l'oreille gauche renfermait aussi du pus, les osselets étaient intacts;
(9' ) il n'y avait aucune communication entre ces deux abcès.
Ici il n'est pas question d'écoulement purulent par l'oreille droite, et même la membrane du tympan était intacte : les symptômes observés sont ceux d1 affection cérébrale chronique. Voilà bien des raisons pour croire que la maladie a commencé par le cerveau, et que le pus s'est fait jour à travers le rocher. Remarquez cependant que le malade devint sourd en même temps qu'imbécille; que l'oreille gauche renfermait aussi du pus , et que ce pus s'était formé dans la caisse du tympan, puisqu'elle ne communiquait pas avec l'abcès du cerveau : n'esl-il pas évident, d'après cela, que cette maladie de Foreille gauche était le premier degré de celle qui avait détruit le rocher du côté droit, et par suite enflammé le cerveau et la dure -mère ?
Vous trouverez dans Bonet (1. ier. , section ire. , Obs. j'5 ) une observation intéressante qui lui a été communiquée par son ami Charles Spon. J'en extrairai les principales circonstances.
Ecoulement purulent par l'oreille gauche, suite de variole , céphalalgie habituelle, augmentant en même temps cpje refoulement diminuait , convulsions. — Inflammation des méninges, abcès dans l'hémisphère gauche du ceiveau, carie du rocher sans a Itération de la dure- mère.
« Elisabeth Érot , âgée de 23 ans, fraîche, belle,
bien faite, cheveux blonds et abondans, caractère doux, etc., à la suite d'une variole contractée a Fàçe de 7 ou 8 ans, conserva un écoulement purulent par l'oreille gauche, accompagné de douleur* de léte qui ne firent que croître et se développer avec sa constitution ( ffvvrpotpov ko) evvav'ïeç ). Dans les derniers jours de novembre , étant sur la fin de sa grossesse, elle éprouva, vers le sommet de la tête, des douleurs assez violentes pour lui arracher des cris perçans; elles s'affaiblissaient cependant pur la compression ; V écoulement de ï oreille avait diminué j le ventre était resserré ( lav. , saignée, fomentations sur la tète et dansl'oreilie ). Les douleurs augmentèrent, il survint un tremblement des bras qui avait quelque chose de spasmodique ( nouvelle saignée, même prescription ). La malade étant accouchée, on crut que sa situation serait améliorée par l'écoulement des lochies-, mais bientôt les symptômes augmentèrent, et la plus intéressante des femmes, dit Spon, mourut le 19 septembre.
«Après avoir enlevé la voûte du crâne, nous trouvâmes les deux enveloppes du cerveau enflammées -, et , quand elles furent enlevées , nous découvrîmes aussitôt un abcès dans l'hémisphère gauche , enveloppé d'une membrane propre, mais qui , s'étant probablement rompue spontanément quelque temps avant , avait été cause de la mort. Le rocher était encore recouvert pur la dure;- mère 5 mais, lorsqu'elle lui détachée, nous trouvâmes l'os livide et
(9;5 ) carié} dételle sorte que, parle seul contact delà pointe d'un stylet, il se réduisait en poussière.
» Foie volumineux ; cœur énorme -, utérus épais de trois travers de doigt , etc. »
§ I. Le tempérament lymphatique est une des causes prédisposantes les plus puissantes des affections chroniques de l'oreille , et la variole une de celles qui laissent le plus souvent à leur suite des surdités, des otorrhées purulentes incurables.
§ II. L'écoulement purulent a diminué en même temps que la céphalalgie a augmenté , ce qui aurait pu faire croire que ie pus s'était porté de l'oreille dans la cavité du crâne , s'il eût existé une voie de communication entre l'abcès intérieur et la caisse du tympan, comme cela arrive souvent. Mais il est dit positivement que la dure-mère était intacte. Je vous rappellerai cette circonstance quand nous examinerons l'opinion de Morgagni à ce sujet.
Mais, direz-vous, est-ce par un simple effet du hasard que l'écoulement purulent a diminué à mesure que la céphalalgie a augmenté ? N'existe- t-il aucune liaison naturelle entre ces deux phénomènes? Je suis bien loin de le penser ] mais si j'en juge d'après les faits que vous allez lire , voici comme les choses se sont passées : l'otite chronique a produit , par son voisinage du cerveau , une inflammation lente de cet organe. Il en est résulté un abcès enkysté qui nu probablement eu aucune influence sur les symptômes décrits dans l'observation j mais la carie s'est étendue
( 94 ) jusqu'il la dure-mère ; les deux enveloppes ducerveau se sont enflammées ; de là, céphalalgie, convulsions, etc. En même temps, cette inflammation aiguë a fait cesser l'écoulement de F oreille : d'après cette loi constante de l'économie , duobus laboribus simul oboriis , etc.
Il est assez singulier qu'on ait cru devoir, pour expliquer la mort, supposer que le kyste s'était rompu .
Douleurs clans l'oreille gauche. Sept jours après, céphalalgie; onzième jour, suppuration par l'oreille , sans soulagement. Mort le dix-huitième. — Epanchement dans les ventricules , abcès dans le lobe gauche du cervelet , avec commencement de kyste , altération de la dure-mère. ( Abercrombie. Ouv. cité. Obs. ii.)
Mademoiselle G. , âgée de 18 ans, présenta, le 4 mars 1812, des symptômes d'entérite, que deux fortes saignées firent disparaître. Dès le commencement, elle avait éprouvé de la douleur dans l'oreille gauche, et vers le septième jour elle se plaignit d'un mal de tête qui ne fit qu'augmenter jusqu'au onzième : ce jour-là , il sortit une grande quantité de pus par l'oreille gauche. Persistance delà céphalalgie , variation extrême du pouls, coma léger, dilatation des pupilles (saignées, vésicatoire) : point de soulagement, déglutition parfois impossible , augmentation de l'oppression , mort le 11.
Vaisseaux de la substance cérébrale dilatés-, ven-
( 95 ) tricules remplis d'an liquide incolore; lobe gauche du cervelet converti en une poche remplie d un pus verdâtre et infect. Les parois de la poche, molles et organisées, paraissaient de formation récente. Au côté externe de l'abcès, la dure-mère était épaissie et spongieuse.
§ I. Il est évident ici que c'est l'inflammation de l'oreille qui a précédé et déterminé celle du cervelet, puisque la céphalalgie n'a commencé que le septième jour, puisque la dure -mère correspondante à l'abcès et à l'oreille malade était épaissie et spongieuse. Il n'est pas question de l'os-, il est probable qu'il n'était pas encore carié , car l'otite était toute récente.
§ II. Vous avez dû remarquer que les accidens n'avaient pas cessé d'augmenter , malgré la sortie d'une très grande quantité de pus par le conduit auditif externe. L'inflammation de la cavité du tympan, quand elle est très aiguë, s'accompagne souvent de délire , de convulsions , ce qui pourrait faire croire à la coexistence d'une méningite ou d'une encéphalite; mais quand l'otite est simple, quelle que soit la violence des symptômes , ils cessent comme par enchantement aussitôt que le pus s'en fait jour au dehors.
§ III. Abercrombie, dans le même ouvrage, observation 18, rapporte encore l'histoire d'une femme qui, onze mois après une chute sur la tète , eut de la fièvre, du délire, de la douleur dans F oreille
(96) droite, laquelle rendait une mat i ère purulente ^ ensuite de la somnolence , une paralysie du côté gauche et des convulsions fréquentes du bras droit. Après la mort , qui survint au bout de trois semaines, on trouva , outre une altération considérable du crâne et de la dure-mère, un vaste abcès sur le rocher droit, la dure-mère d'une couleur obscure et déiachée de Tos, mais le rocher sain.
Ainsi la dure-mère et le cerveau susjacent avaient participé à l'inflammation de l'intérieur de l'oreille , sans que le rocher fut affecté. Les symptômes sont trop clairs pour que j'en parle.
Le même auteur rapporte encore un exemple analogue dans le même ouvrage (obs. Î2).
§ IV. Une jeune fille de 9 ans, sujette à des écoulemens purulens par l'oreille gauche , précédés ordinairement de douleurs et de fièvre , éprouva, le 10 juillet 1810, les mêmes accidens-, mais les douleurs, loin de cesser par l'effet de l'écoulement, s'étendirent jusqu'au front. Bientôt vomissemens , sensibilité de la rétine, oppression considérable. (Saignées, vésicatoires , mercure doux.)
Troisième jour. Délire passager, un peu de stupeur, légères convulsions, douleurs plus violentes vers le front ; point de strabisme, ni de cécité, ni de coma. Continuation de l'écoulement purulent par F oreille gauche, il en sort même du pus par une ouverture formée derrière la conque. Mort le cinquième jour.
(97 ) On trouva beaucoup de sérosité incolore dans les ventricules , l'hémisphère gauche contenait un abcès considérable rempli d'un pus très fétide. La duremère correspondante était épaissie et spongieuse, et F os lui-même ramolli et un peu carié à sa surface; il n'existait cependant aucune communication avec la cavité de l'oreille, l'ouverture qui s'était formée derrière la conque ne communiquait qu'avec le nerf auditif externe.
Surdité , double otite chronique , céphalalgie , douleur au col , strabisme, diplopie , le'ger délire. — Suppuration de la partie postérieure de l'hémisphère droit , ramollissement de la 'voûte , abcès enkysté , carie du rocher, altération de la dure-mère. (Abercrombie , Ouv. cité. Obs. g. )
D., âgé de 18 ans, sourd depuis long-temps et sujet à un écoulement purulent par les oreilles, éprouva un violent mal de tète qui s'étendait du sinciput à la partie postérieure du cou , et augmentait par le mouvement 5 chaque saignée qu'on lui pratiqua produisit un soulagement marqué , mais de peu de durée. Trois jours après, strabisme, diplopie, qui cessent le lendemain; la douleur de tète continue en variant d'intensité ; parfois un peu de délire , beaucoup d'oppression , mais point de coma. Le septième jour , mort après s'être levé sur son séant et avoir parlé au médecin.
Toute la partie postérieure de l'hémisphère droit était convertie en pus; la voûte était réduite en T. IL 7
(98) une masse ramollie et pulpeuse. La surface du cerveau était couverte de lymphe coagulable. On trouva dans sa substance, près de sa base, une tumeur de couleur cendrée contenant une matière caséiforme approchant de la nature du pus. La partie postérieure du rocher offrait quelques traces de carie, la dure-mère correspondante était spongieuse et épaissie.
§ I. Une partie du cerveau était ramollie et pulpeuse , une autre était toute convertie en pus ; enfin une autre contenait une tumeur pleine d'une matière caséiforme approchant de la nature du pus, c'est-à-dire un véritable abcès enkysté. Voilà donc trois altérations bien distinctes : elles ont dû être produites par autant d'inflammations successives survenues à des époques plus ou moins éloignées. La plus récente est celle qui a produit le ramollissement, c'est à elle qu'il faut attribuer les symptômes observés dans la dernière maladie qui fait le sujet de cette observation, car elle s'est terminée le septième jour, et il n'est pas probable qu'en si peu de temps toute la partie postérieure de l'hémisphère droit ait pu être convertie en pus. Enfin la description seule de l'abcès enkysté annonce une maladie encore plus ancienne.
§ II. Quoique l'inflammation qui a causé la mort ait été aiguë, puisqu'elle n'a duré que sept jours, elle n'a présenté aucun des symptômes qui la caractérisent. Ainsi il n'a existé ni convulsions .
- ( 99 ) ni paralysie, ni coma, et le malade est mort au moment où Ton s'y attendait le moins. Cela tient , comme vous avez déjà pu le remarquer, et comme vous aurez souvent occasion de vous en assurer par la suite, à ce qu'elle était compliquée de méningite, et surtout à ce qu'il existait déjà d'autres altérations profondes du cerveau. Plus ces altérations sont anciennes et nombreuses, plus les caractères des inflammations aiguës qui leur succèdent sont obscurs et variables.
Vous avez vu l'influence que les inflammations de l'oreille exercent par leur voisinage sur les organes contenus dans la cavité du crâne 5 vous avez vu l'inflammation s'étendre de la membrane qui tapisse le tympan au roclier , la carie s'étendre jusque sous la dure-mère et celle-ci s'enflammer. Vous allez la voir se détruire aussi et laisser une voie de communication entre la cavité du crâne et celle du tympan : en voici un exemple remarquable, rapporté par Sabatier dans sa Médecine opératoire, T. III, page 10.
Boule de papier enfoncée dans la caisse du tympan , céphalalgie violente , fièvre putride maligne. Mort le dix-huitième jour — Adhérence du cerveau au rocher, abcès communiquant, avec la caisse.
(( J'ai vu une boule de papier attirer des maux plus graves et causer ta perte du malade. Il était
( ioo ) incertain qu'elle Fût entrée dans l'oreille , et les recherches qui furent faites à cette occasion furent si peu méthodiques , que la boule fut enfoncée très avant , et qu'on crut qu'elle avait seulement frappé l'oreille sans y entrer. Le malade continua à jouir d'une bonne santé pendant quelques mois. Au bout de ce temps, il fut attaqué d'une fièvre putride maligne accompagnée de douleurs de tète violentes , de laquelle il périt le dix-septième ou le dix-huitième jour. Je fus prié de faire l'ouverture de son corps. La tète me parut mériter une attention particulière. Il ne paraissait y avoir aucune altération au cerveau, lorsque l'ayant soulevé de dessus la base du crâne , j'aperçus que la partie de ce viscère qui repose sur la face supérieure du rocher du côté gauche avait contracté une adhérence extraordinaire avec la dure-mère. Il y avait à l'endroit de cette adhérence un abcès de peu d'étendue , dont le pus tombait dans la caisse du tambour par une ouverture qui sélait faite à l'os des tempes. La boule de papier était dans cette cavité, dans laquelle elle avait pénétré après avoir détruit le tympan : elle était couverte de pus. Lesassistans furent convaincus , ainsi que moi , que la présence de ce corps avait produit le désordre que nous avions sous les yeux. »
§ I. Cette observation est remarquable par la promptitude avec laquelle le rocher s'est détruit à ia suite d'une cause en apparence aussi légère ; elle
( io. ) nous donne aussi une idée de la facilité avec laquelle l'inflammation de l'oreille peut déterminer celle du cerveau.
Je ne vous parlerai des symptômes que pour vous faire remarquer jusqu'à quel point on a abusé des mots commodes de fièvre putri de, fièvre maligne, etc., puisqu'on les employait même dans les cas où la maladie était produite par la présence d'un corps étranger.
Otorrhée purulente supprime'e . ce'phalalgie , fièvre. — ■ Abcès considérable dans le cerveau. (Baillou, Épid. et Ephem.,t. II, p. 270. )
« La fille de M. de Masseparault était sujette à un écoulement de matière ichoreuse par l'oreille , il se supprima : de là , douleur et pesanteur de tète ( il semblait à la malade qu'elle ne pouvait pas la supporter) -, fièvre. Malgré tous les remèdes, persistance de céphalalgie, mort.
» On trouva dans le cerveau un abcès considé rable. »
§ I. Cette observation est très incomplète, je dirai presque insignifiante ; cependant Bonet l'a encore mutilée pour la faire entrer dans la première section du premier livre , où il traite des douleurs de tête. C'est l'observation 53; elle est intitulée: Capitis dolor à gravi in cerebro abcessu. Il l'a reproduite ensuite avec plus de détails au commence-
ment de la dix-neuvième section, qui a pour sujet les maladies de l'oreille, et lui a donné cet autre titre : Aures purulentœ ab abcès su in cerebro. Morgagni , s' occupant aussi, dans la quatorzième Lettre, des maladies de l'oreille, commence, suivant son usage, par citer les observations contenues dans la section correspondante du Sepulcretum. Voici ce qu'il dit de celle-ci (V. n°. i ) : « Vous verrez facilement que le titre de la première observation de la section dix-neuvième , suppuration des oreilles produite par un abcès dans le ceiveau , n'est pas exact 5 car, au contraire, l'abcès du cerveau, dont on ne rapporte aucun signe antérieur, fut la conséquence de la suppression de l'écoulement ichoreux qui se faisait par l'oreille. Il en est de même d'une autre observation qui se trouve dans la scholie suivante > et qu'on n'aurait évidemment pas dû expliquer d'une autre manière , quand bien même (1) après la mort on aurait trouvé dans l'intérieur du crâne une sanie semblable à celle qui s'écoulait autrefois. »
Dans la traduction de Morgagni, de MM. Désormeaux et Destouet, ce passage est ainsi rendu : « Quoique après la mort , en ouvrant le crâne , on eût trouvé dans son intérieur, etc. ... » Personne plus que moi ne rend justice à l'exactitude rigoureuse des deux traducteurs 5 cependant ils s'en sont
fi) Etiamsi post mortem reclusa ôàlvariù, sanies quœ solebat olnn .» aure egredi, inlra illam leperla esset.
( >°3 ) un peu éloignés en traduisant etiamsi par quoique^ et cette petite négligence change tout-à-fait le sens , puisque dans le cas dont il est question le crâne ne fut point ouvert. Voici cette observation , elle est d' Avicenne :
§ II. « Un Vénitien portait derrière l'oreille gauche un ulcère fistuleux duquel s'écoulait beaucoup de sanie. Les médecins voulurent arrêter cet écoulement; ce fut contre mon avis, car j'avais dit à l'un des chirurgiens , qui me demandait d'où s'écoulait une si grande quantité de sanie, qu'elle venait du cerveau, parce qu'elle n'était pas proportionnée à la capacité du sinus. Le malade mourut presque subitement, tant la mort fut prompte. Après la mort, une grande quantité de sanie s'écoula par les oreilles et les narines , ce qui prouva que je ne m'étais pas trompé , et que cette matière avait été retenue dans le cerveau. Si on l'avait laissée sortir, cet événement ne serait pas arrivé. )>
§111. Je n'ai pas besoin de vous faire remarquer qu'aucune de ces observations ne peut servir à décider la question : aussi Morgagni ajoute-t-il à la fin de ce paragraphe : « Voyez combien nous différons d'opinion-, car il est certain que quand bien même, comme je lai dit (i), j'aurais vu dans l'intérieur du
(i) Ceci a rapporta la phrase qui fait le sujet Je la note pre çedente ; dans la traduction, il n'y a plus de concordance entre l« deux passages.
crâne non-seulement une sanie de la même nature que celle qui sortait habituellement par l'oreille, mais encore une voie formée par la carie et communiquant de cette cavité dans l'oreille, je n'aurais cependant pas prononcé sans hésiter que la matière s'était écoulée du cerveau dans l'oreille : j'aurais plutôt pensé au contraire qu'elle était passée de l'oreille dans le cerveau. Je vous dirai pourquoi quand vous aurez lu les observations suivantes. »
Nous allons examiner ces observations, et l'opinion deMorgagni, nous reviendrons ensuite à celle d'Avicenne , Bonet, etc. , adoptée par M. Itard.
Variole , suppuration de l'oreille droite, surdité, tumeur incisée ; convulsions, cris, délire 7 faiblesse. Mort. — Injection de la dure-mère et de lapie-mère, rupture du seplum lucidum, suppuration entre le cerveau et la selle tnrcique , et a la surface droite du cervelet, verte et purulente a l'extérieur, brune a l'intérieur, carie du rocher droit. (Morg., Epist. XIV, n. 3.)
« Un enfant eut autrefois l'oreille droite maltraitée par les restes d'une petite-vérole. A l'âge de 12 ans, il lui survint une tumeur derrière cette oreille , qui était sourde et rendait du pus. Les tégumens de cette tumeur ayant été incisés par un chirurgien , suivant la longueur de la tête , il s'écoula une assez grande quantité de pus semblable à celui qui
( io5) sortait par l'oreille. Quelques heures après cette incision, l'enfant fut pris de convulsions, en sorte que tout son corps était agité , et il rendait malgré lui des sons qui tenaient le milieu entre le cri et le gémissement. Ces symptômes, d'abord très-rapprochés , ensuite plus rares, durèrent jusqu'à la mort. Le jour même où les convulsions se manifestèrent pour la première fois , une douleur se fit sentira l'endroit où les tégumens avaient été incisés ; une certaine partie des lèvres de cette incision jouissait d'une sensibilité si exquise, qu'elle ne pouvait supporter le plus léger contact. Le jour suivant , quoique le pus continuât à s'écouler, le malade commença à délirer , et le pouls , ainsi que les forces , tombèrent entièrement. Ensuite le délire s'apaisa, et l'enfant parut recouvrer un peu ses forces et son pouls; ses yeux étaient vifs; il parlait; mais, quoiqu'il eût conservé la parole jusque dans les derniers jours de la vie , et que sa respiration eût toujours été facile , cependant son état ayant empiré de nouveau, il mourut au commencement de février 1740. Lorsque j'appris ces détails de ceux qui avaient traité cet enfant dans sa dernière maladie, je jugeai que ce n'était pas l'incision de la tumeur qui avait donné lieu aux accidens extrêmement graves qu'il éprouva et qui l'emportèrent, mais bien la carie du temporal, qui, en même temps qu'elle aurait produit la tumeur, serait parvenue dans la cavité du crâne et y aurait enfin fait pénétrer la matière
( «Bfi ) purulente. Comme j avais fait cette réponse dans le Gymnase, où Ton avait transporté la tête de l'enfant, je voulus voir aussitôt si je m'étais trompé dans ma conjecture.
« La face était encore d'une belle couleur rosée (c'était le quatrième jour après la mort) et sans aucune cicatrice , de sorte que l'on pouvait croire que la variole n'avait pas porté toute sa violence sur la peau. A l'ouverture du crâne , on trouva les sinus latéraux remplis de sang, ainsi que les vaisseaux qui rampent dans l'épaisseur de la pie-mère. D'abord on ouvrit les deux ventricules. Il y avait peu d'eau dans le droit, tandis que le gauche en contenait une assez grande quantité , par la raison , je crois, que le malade, à cause de la douleur qu'il éprouvait à l'oreille droite, se couchait de préférence sur le côté gauche. En effet , lorsqu'on souleva doucement le corps calleux, il se manifesta une rupture dans un point du septum lucidam: au reste ces parties du cerveau étaient extrêmement molles. Ce qu'il y a de certain, c'est que ce décubitus avait rendu plus facile l'introduction du pus que je trouvai dans la cavité de la selle turcique , en soulevant le cerveau, et bientôt après à la droite du cervelet en écartant ce viscère , de sorte qu'il semblait qu'il en était descendu quelque peu vers l'origine de la moelle épinière. L'entrée du pus dans la cavité du crâne , comme je le lis voir trèsclairement aux assistans , avait eu lieu par cette
( ">7 ) face de l'apophyse pierreuse de l'os temporal, que les uns appellent postérieure et les autres inférieure. En effet, si je m'en souviens bien, sur cette face et à l'angle même des sinus latéral et supérieur qui avoisinent la selle turcique , la carie avait fait un trou d'une forme presque circulaire, et de la dimension d'une lentille : de là le pus, qui s'était répandu entre cette face et la dure-mère, avait corrodé cette dernière et la pie-mère à l'endroit où elle couvre le côté droit du cervelet. Il avait en outre tellement altéré ce viscère, qu'une partie de sa surface était verte et purulente , et que la partie intérieure, qui était la plus voisine de cette dernière et qui lui répondait, était teinte d'une couleur brune dans l'épaisseur d'un pouce. Tout le pus qu'on voyait dans l'intérieur du crâne était vert , sans cependant exhaler une odeur fétide, pas plus que la cavité de la tumeur qui avait été incisée derrière l'oreille ; ses parois étaient propres ; elle communiquait avec la cavité du tympan. Après avoir examiné les limites intérieures et extérieures de la carie , je n'eus pas le temps de poursuivre les petits canaux situés dans l'épaisseur de l'os , parce que je faisais mon cours d'anatomie. Quant au sentiment exquis qui existait dans une certaine partie des lèvres de l'incision , je remarquai un petit nerf délié, qui, né, je crois, des nerfs cervicaux , montait sous la peau , au-delà de cette section , dans le sens de la longueur de la tète ; de
( ïo8 ) sorte qu'on pouvait conjecturer que cet état devait être rapporté à ce que quelque partie de ce rameau avait été piquée ou légèrement intéressée dans l'incision. »
§ I. Morgagni a tiré parti de toutes les circonstances de cette observation avec tant d'habileté , son opinion paraît si claire et si naturelle, que vous serez sans doute tenté de l'adopter. Voyons cependant si elle est bien fondée.
Il explique l'épanchement trouvé dans le ventricule gauche par la situation du malade : il suppose qu'il se couchait de préférence sur ce côté , à cause de la douleur qiïil éprouvait dans V oreille droite. Mais ceci n'est qu'une hypothèse, encore est-elle en opposition avec ce qu'on observe tous les jours. Ceux qui ont un écoulement purulent par une oreille ont bien soin de se coucher de ce côté pour faciliter la sortie du pus , parce que cette évacuation leur procure toujours un peu de soulagement. Morgagni prétend que dans cette position le liquide a pu passer du ventricule droit dans le gauche, parce qu'en soulevant le corps calleux il se manifesta une rupture dans un point du septum lucidum. Mais en même temps il ajoute que ces parties étaient extrêmement molles. Ce ramollissement nous explique assez clairement pourquoi cette espèce de membrane nerveuse, déjà si fragile, s'est déchirée par la plus légère traction. Nous en tirerons encore une autre conséquence, c'est que
( io9 ) ces parties avaient été le siège d'une inflammation. Cette première explication le conduit à une seconde, et voilà pourquoi il y attache tant d'importance.
Ce qiiily a de certain , dit-il , c'est que ce décubitus a rendu plus facile l'introduction du pus, etc. Ainsi il regarde maintenant comme démontré ce qu'il vient de donner comme une simple supposition. Toutefois, en admettant avec lui que le malade se soit couché de préférence sur le côté sain, ce qui, je le répète , n'est pas probable, en résulte-t-il que le pus trouvé dans la cavité du crâne soit venu de celle de l'oreille? C'est tout au plus ce qu'on pourrait supposer si l'écoulement de l'oreille avait été supprimé , et il ne l'a pas été un seul instant. Il est vrai que le rocher et la dure-mère étaient détruits, mais dans les observations précédentes il n'existait aucune communication entre la cavité du crâne et celle de l'oreille : cependant on a trouvé du pus soit dans la substance cérébrale, soit à la surface de l'arachnoïde, et presque toujours près de l'oreille malade. Dans tous ces cas, l' inflammation de l'encéphale et de ses membranes a bien été déterminée par le voisinage de l'oreille malade , mais le pus ne pouvait venir de la cavité du tvmpan. La communication dont parle Morgagni prouve donc seulement que la désorganisation s'est étendue de proche en proche Jusqu'au cerveau, mais non pas que ce soit le pus de l'oreille qui ait pénétré dans la cavité du crâne.
Morgagni décrit avec la plus grande assurance les désordres causés par le pus, et la marche qu'il a suivie, parce que de son temps on ne mettait pas en doute sa propriété corrosive. Cette explication ne mérite pas aujourd'hui la peine d'être réfutée.
Le pus avait, dit-il, tellement altéré le cervelet, que sa surface était verte et purulente -, et il a soin de faire remarquer que tout le pus contenu dans le crâne était vert , pour en tirer cette conséquence , que c'était ce même pus qui avait imprégné la substance cérébrale. Nous avons eu souvent à nous expliquer au sujet de cette coloration du cerveau dans les ramollissemens purulens, et nous avons vu que c'était en effet le pus qui lui donnait cette couleur ; mais que ce pus était produit par l'inflammation de la portion du cerveau dans laquelle il était infiltré, et qu'on ne pouvait pas supposer qu'elle s'en imbibait d'une manière passive comme ferait une éponge. Morgagni ajoute qu'un peu plus profondément , la substance du cervelet était brune dans l'épaisseur d'un pouce; il ne cherche pas à expliquer celte coloration particulière, parce qu'elle n'a pas de rapport avec le pus, qui était vert. Rien n'est cependant plus simple : vous savez que sur le trajet des fibres blanches qui vont du cervelet au mésocéphale, et qu'on appelle pédoncules du cervelet , se trouve un ganglion de substance grise, analogue à la couche des nerfs optiques et, au corps strié , mais plus ferme et d'une couleur beaucoup plus brune. Ce ganglion, connu sous le nom de
corps rhomboïde ou dentelé du cervelet, a le volume d'une fève de marais , et se trouve placé précisément vers le point où était ia tache brune indiquée parMorgagni : c'était donc lui qui était le siège de celte altération , qu'on ne rencontre , comme vous le savez • que dans la substance grise et à la suite d'une inflammation.
Mais le corps calleux et le septum lucidum avaient également été enflammés : pourquoi donc supposer que le pus trouvé dans le crâne venait de la cavité du tympan ? Si vous admettiez l'opinion de Morgagni, je ne sais pas comment vous expliqueriez les symptômes d'inflammation du cerveau et de l'arachnoïde \ il dit lui-même que ce n'est pas l'incision de la peau qui a donné lieu aux accidens qui ont suivi l'ouverture de la tumeur (i). A quelle cause attri-
(i) Il n'est cependant pas rare de voir, après l'ouverture de ces tumeurs , les symptômes s'aggraver, soit par suite] de la marche naturelle de la maladie , soit parce que l'air pe'nètre plus facilement dans toutes les anfractuosités de l'oreille. Vous en trouverez, entre autres, un exemple dans Baugrand ( Zodiac, med. gall. a. ?.. Obs. 16 Jul. ) , remarquable par l'étendue des désordres trouvés après la mort.
Il s'agit d'un enfant de dix ans , qui avait depuis un mois une tumeur sur l'apophyse mastoïde; elle se termina par suppuration. Fièvre lente, toux, voix rauque, respiration difficile, faiblesse générale. A l'ouverture de la tumeur, issue d'une grande quantité de matière fétide j peu de temps après , perte
bueriez-vous donc les convulsions, le délire, etc., à moins que vous ne supposiez avec lui que c'est le pus qui , par sa présence , a irrité l'arachnoïde et le cerveau; ce qui serait prendre l'effet pour la cause? Si je me suis arrêté trop long- temps à discuter les opinions de ce profond observateur, c'est que, pour oser ne pas être de son avis, il faut prouver qu'on a dix fois raison .
Mais revenons à la seconde observation , qui lui a été communiquée par son élève et son ami Médiavia.
Fistule derrière l'oreille (Imite, fièvre, délire , assoupissement. — Eau verddtre dans les ventricules latéraux, pus dans le droit, carie du rocher, suppuration entre lui et la dure-mère , érosion de cette dernière. ( Morg., Epist. XIV, n°. 5.)
a Un jeune homme portait au-dessus de l'apophyse mastoïde droite une fistule qui paraissait ancienne. Les liquides qu'on y injectait revenaient en partie
de la voix et de l'ouïe 5 mort quatre mois plus tard ; poumon ulce'rë et plein d'une matière semblable à celle qui e'tait sortie de la plaie; ventricules du cerveau également pleins de pus ; apophyses mastoïdes, coronoïdes et slyloïdes , presque détruites par la carie, ainsi que les cavite's glénoïdes de la première vertèbre , l'apophyse odontoïde de la seconde et la partie inférieure de l'occipital.
J'aurai occasion de revenir sur cette observation.
( "3 ) par l'oreille voisine, par laquelle cependant il entendait. Il fut reçu à l'hôpital moins pour sa fistule que pour une fièvre qui s'y était jointe-, celte dernière faisant des progrès en peu de jours, le malade fut pris de délire avec propension à l'assoupissement, et mourut.
« A l'ouverture du crâne, on trouva les vaisseaux, du cerveau gorgés de sang, et beaucoup d'eau veidâlre dans les ventricules latéraux. Au-dessous de cette eau, on voyait, dans le ventricule droit, du pus de la même couleur. Une quantité beaucoup plus considérable était épanchée entre la dure-mère et la face de l'apophyse pierreuse du temporal qui a été indiquée dans l'observation précédente, et s'était ainsi frayé un chemin entre elles jusqu'au canal vertébral. La cavité du tympan était également remplie de pus de la même qualité. La carie s'était avancée jusque derrière l'aquéduc de Fallopia et les canaux demi-circulaires, et avait corrodé la face de l'apophyse pierreuse dont j'ai parlé , de manière à laisser une fente assez large à la partie postérieure du trou qui reçoit les deux portions du nerf auditif. La dure-mère qui couvrait cette fente paraissait rongée dans cet endroit, mais dans une étendue moindre que celle de la fente elle-même. Au reste, quoique le cerveau eût sa consistance naturelle, et qu'il fût disséqué le lendemain de la mort, la mauvaise odeur qu'exhalait cette tète était telle, qu'il ne fut pas possible de chercher quel trajet avait suivi T. II. 8
le pus , depuis la fente jusqu'au ventricule droit, ni de s'assurer si, outre la membrane du tympan , il y avait d'autres parties de l'oreille affectées; et quelle:; étaient ces parties.
)> Vous attribuerez cette différence si remarquable qui existe pour la mauvaise odeur entre ces deux histoires, à la différence de la saison, de l'âge et de l'état des humeurs chez les deux individus , tandis que vous rapporterez les autres différences à d'autres causes : celle de l'assoupissement, par exemple, à une plus grande quantité d'eau renfermée dans les deux ventricules du jeune homme, qui de plus était mêlée, du côté droit, avec du pus; celle de la surdité, à la carie qui avait produit chez l'enfant une lésion plus considérable dans les organes internes de l'ouïe ; celle des convulsions, à la lésion d'un nerf chez ce dernier (i) ; celle de la chute du pouls et des forces , à l'altération du cervelet sur le même. Vous attribuerez, au contraire, les symptômes qui sont communs à l'un et à l'autre, aux circonstances qui furent analogues sur tous les deux, comme l'invasion inattendue d'accidens aussi graves, à l'irritation subite des méninges par ï épanchement du pus ; ,1e délire, à celte même irri-
(i) Morgagni dit cependant clans l'observation préce'clcntc : « Je » jugeai que ce n'était pas l'incision de la tumeur qui avait doniu; » lieu aux accidens extrêmement graves, etc. »
( "5 ) talion qui arrêtait le sang dans les vaisseaux qui s'étaient engorgés par cette raison même-, enfin la mort, à l'altération de ces mêmes méninges , du cervelet et du cerveau.
» Mais une circonstance commune à ces deux sujets, et pour laquelle je vous ai rapporté ces deux histoires, c'est la voie ouverte par la carie entre les oreilles d'où s'écoulait le pus , et la cavité du crâne. Et personne cependant, en voyant dans cette dernière une sanie semblable, ne pouvait soupçonner que cette voie eût livré passage au pus, pour aller de la cavité du crâne dans l'oreille , tandis que tout le monde , en réfléchissant à ce qui s'était passé, avouait qu'il était venu de l'oreille dans la cavité du crâne. Or , comme il est évident que l'oreille peut produire du pus et le supporter sans préjudice pour la vie beaucoup plus long-temps que le cerveau ,, on voit clairement aussi quel jugement on doit porter sur les cas analogues que j'ai cités au commencement. )>
§ I. Ainsi, suivant Morgagni, dans les deux cas c'est le pus qui a produit l'irritation subite de3 méninges , et l'engorgement des vaisseaux qui a été cause du délire, etc. Je ne m'arrêterai pas à vous démontrer qu'il a pris l'effet pour la cause , et je vous laisse le soin de démêler, parmi ses autres explications , celles qui sont fondées et celles qui ne le sont pas. Quant à4'observation de Mediavia , elle est encore moins concluante que la précédente.