II
Morgagni dit seulement que la dure-mère qui recouvrait l'os carié paraissait rongée , ce qui ferait croire que la chose n'était pas bien évidente. Il parle de pus trouvé entre l'os et la dure-mère 5 mais il ne dit pas qu'on en ait trouvé à la surface de l'arachnoïde. Enfin , il prétend que la mauvaise odeur qu'exhalait cette tète n'a pas permis de chercher quel trajet avait suivi le pus depuis la fente de l'os jusqu'au ventricule droit ; mais , malgré la mauvaise odeur du cerveau , s'il eût été désorganisé dans la direction du ventricule droit, n'eût-il pas é\è facile de s'en assurer lorsqu'on examina ce ventricule?
Concluons que, dans l'explication de ces deux observations , Morgagni s'est laissé entraîner aux idées mécaniques qui régnaient de son temps.
§ II. Il cite ensuite deux observations, l'une de Moeglin et l'autre de Laubius, comme analogues à celles qu'il vient de rapporter, c'est-à-dire qu'il pense que le pus trouvé dans la cavité du crâne était venu de l'oreille et avait été cause de la mort.
§ III. Dans l'observation de Moeglin ( Ephemer. nat. cur. cent. 6, observ. 21 ), il s'agit d'un homme de 70 ans, qui, à la suite d'une forte percussion de la tête , eut une céphalalgie qui augmenta de jour en jour. Trois mois après , issue d'une matière sanieuse et fétide par l'oreille gauche, augmentation de la douleur, tremblement de la joue , distorsion de la bouche } issue par le conduit auditif d'une tu-
( "7 ) meur fongueuse , indolente , laissant écouler par le moindre contact une matière sanieuse et sanguinolente : on y appliqua du digestif, du précipité, de la poudre de sabine, le fer rouge, cic. Le fongus repullula toujours , il se forma derrière l'oreille une tumeur grosse comme le poing , bosselée , squirrbeuse, qui, s'élant ouverte, fournit une sanie abondante. Augmentation de la distorsion de la bouche , déglutition très-difficile, diminution des forces et de la mémoire , perte de la parole, mort.
Dure-mère couverte d'une quantité considérable d'humeur gélatineuse $ injection vascuîaire, inflamviation de la substance corticale du cerveau , mais non de la médullaire. Carie du rocher, érosion inégale capable de recevoir le pouce. Destruction des osselets de l'ouïe ; conduit auditif bouché -, polype du volume d'un œuf de poule , blanchâtre , spongieux , sans cavité, enveloppé d'une membrane mince. Sur les cotés de la suture sagittale et en dedans, exostose éburnée. Ossification de plusieurs points de la dure-mère.
§ IV. Rien dans cette observation ne prouve que le pus ait pénétré de l'oreille dans le crâne 5 il suffit même , pour prouver le contraire , de remarquer que la matière gélatineuse qui recouvrait la duremère ne peut avoir aucun rapport avec la sanie fétide qui sortait par l'oreille : aussi ne parlerai-je pas des autres circonstances.
( n8 ) L'observation de Laubius , plus remarquable , mérite d'être rapportée avec tous ses détails.
Fièvre grave , obscurcissement de la vue, alternant avec un écoulement de l'oreille gauche , abcès derrière la conque 7 paralysie, foudroyante à gauche, convulsion à droite, carie du rocher à gauche , abcès dans le cerveau entre le rocher et les couches des nerfs optiques.
Jean André , robuste, dans la vigueur de l'âge, éprouva , vers la fin d'avril 18 13 , une lièvre continue , accompagnée des symptômes les plus graves \ il en guérit par les prompts secours de la médecine , mais il resta triste et mélancolique } sa vue s'obscurcit et finit par s'éteindre entièrement après avoir été plusieurs fois améliorée lorsqu'il survenait un écoulement de pus par l'oreille , et perdue de nouveau lorsque cet écoulement cessait. Vers la fin de l'été , il survint une tumeur considérable derrière l'oreille gauche; elle diminuait un peu lorsqu'il survenait un écoulement abondant de pus par le conduit auditif, et revenait quelques jours après 5 ces alternatives se reproduisirent trois ou quatre fois : de là des douleurs intermittentes qui allèrent en augmentant. Enfin , le ier. novembre de la même année , le malade eut une attaque d'apoplexie avec perte du sentiment et du mouvement. Pendant trois jours , il resta dans son lit 9 imnio-
( H9) bile comme un marbre. Le quatrième jour, il recouvra la parole et demanda à manger, mais à peine on pouvait le comprendre. Il n'avalait que très-difficilement. Le colé gauclie était paralysé, le côté droit fut agité de convulsions jusqu'au moment de la mort, qui arriva le t i novembre.
Le crâne était fort mince, comparé à la stature de l'individu, et la suture sagittale s'étendait jusqu'au nez. Les vaisseaux de la dure-mère étaient distendus par du sang vers les sinus. Il sortit environ cinq onces de pus de la substance cérébrale vers l'oreille gauche, dans l'espace compris entre l'os pétreux et la partie antérieure des couches des nerfs optiques. Tout 4e reste du cerveau était sain, seulement les vaisseaux étaient fort dilatés. Le rocher était carié à sa surface par l'acrimonie du pus retenu là depuis long-temps j la dure-mère était fortement adhérente : c était par là que le pus s'était écoulé par le tympan, et avait tout détruit.
§ I. Vous voyez, par les expressions de Laubius, qu'il pensait que c'était l'acrimonie du pus formé dans le cerveau , qui avait carié le rocher et détruit tout dans la cavité du tympan. Morgagni pensait , au contraire, que c'était le pus formé dans l'oreille qui avait détruit l'os et la dure-mère. Ces deux opinions si opposées ont cependant cela de commun, qu'elles attribuent au pus des qualités corrosivcs qu'il n'a pas. Morgagni et Laubius prennent ici l'effet pour la cause , Ce n'est pas le pus qui , venu du dedans
ou du dehors, a détruit le rocher et la dure-mère T c'est l'inflammation qui a détruit ces parties et produit en même temps la suppuration.
Mais cette inflammation a-t-elle commencé par le dedans ou par le dehors ? On conçoit difficilement qu'une inflammation du cerveau s'étende au rocher de manière à frayer au pus une voie par l'oreille , au lieu que les observations précédentes nous ont appris avec quelle facilité les inflammations de la cavité du tympan produisent la carie du rocher, etc., etc. D'ailleurs rien n'est plus commun que les suppurations de l'oreille à la suite des maladies graves -, les symptômes cérébraux ont été en s'aggravant de plus en plus. Si la maladie avait commencé par le cerveau, ils auraient , au contraire, du diminuer après l'ouverture de l'abcès dans l'oreille.
Morgagni ( Epist. XIV, n°. 6 ) attribue l'obscurcissement de la vue , qui survenait lorsque l'écoulement de l'oreille cessait , à ce que cette matière putride s'épanchait dans le crâne. Et il faut avouer que, dans ce cas-ci, l'explication est plausible, puisque la cavité du tympan communiquait avec l'abcès du cerveau. Cependant rappelez-vous que, dans l'observation dix-huitième, les symptômes d'affection cérébrale commencèrent immédiatement après la cicatrisation d'une fistule située derrière l'oreille gauche , et que ce fut dans l'hémisphère droit du cerveau qu'on trouva un abcès. Vous avez vu que, dans l'observation vingtième , de violentes douleurs de tète
se manifestèrent en même temps que l'écoulement de l'oreille diminua-, on trouva un abcès dans le cerveau -, le rocher était carié, mais la. dure -mère était intacte. Dans ces deux cas , le pus n'avait pas pu venir du dehors, comme les symptômes auraient pu le faire croire. Je pourrais vous rapporter beaucoup d'autres observations de même nature, je me contenterai de vous citer les deux suivantes. Vous trouverez la première dans l'ancien Journal de Médecine, T. XXX -, elle est du docteur Martin.
§ II. Le nommé Cartigan , d'une mauvaise constitution, sujet à une suppuration de l'oreille droite, (jui diminua, éprouva de la fièvre et une pesanteur de tête portée au point de l'empêcher de marcher et souvent de reposer -, la mort fut attribuée à la suppression de l'écoulement purulent. A l'ouverture du crâne , on trouva le cerveau et ses enveloppes clans un état parfaitement sain , seulement la duremère parut bosselée et peu adhérente à la face postérieure du rocher , qui était cariée et présentait un grand nombre de trous, par lesquels on pouvait introduire un stylet dans le tympan , mais la dure-mère était entière.
§ III. L'autre est celle de l'enfant dont parle Poupart (Histoire de TAcad. des Sciences, année 1700, Ob*. ig) ; elle est encore bien plus frappante. A la suite d'une chute sur la tète, il conserva vers la suture sagittale un petit trou, par où se faisait une abondante suppuration qui tenait lieu de trépan. Do
temps en temps, la suppuration s arrêtait pendant quelques jours , puis recommençait. Quand elle était arrêtée, le malade avait quatre ou cinq fois le jour, pendant un quart d'heure, de grandes convulsions au bras droit et à la mâchoire du même côté 5 elles cessaient absolument quand la suppuration revenait. Après la cicatrisation, les convulsions revinrent toujours de la même manière. La fièvre se déclara , et le malade mourut.
La dure-mère n'était ni enflammée ni altérée, tout le lobe gauche du cerveau était ahcédé.
Il est clair que , dans tous ces cas , c'est l'inflammation cérébrale qui a déplacé celle qui était établie à la périphérie du crâne : c'était parce que la fluxion s'opérait sur le cerveau , qu'elle n'avait plus lieu vers l'oreille ; que , par conséquent , la suppuration cessait. La céphalalgie et les autres accidens étaient dus à cette fluxion, et non pas à ce que le pus se serait porté dans l'intérieur du crâne, au lieu de sortir par la fistule , puisqu'il n'existait aucune voie de communication de cette fistule avec la cavité du crâne. Pourquoi la chose n'aurait-elle pas eu lieu de la même manière dans le cas rapporté par Laubius, quoiqu'il y ait eu communication de la cavité de l'oreille avec celle du crâne ? Quelle au- (re cause pourrait avoir supprimé cet écoulement de 1 oreille ?
§ IV. Le même Laubius a rapporté , dans la huitième centurie du même ouvrage, obs. 21, l'his-
( 123 ) toire d'une femme pauvre, qui, à la suite d'un traitement antivénérien , eut une tumeur dans la région temporale avec écoulement d'une matière purulente par l'oreille du même côté; lorsqu'il cessait, il était remplacé par un autre écoulement de matière à peu près semblable... Après la mort, on trouva tout le temporal détruit, ainsi qu'une partie du cerveau, etc.
Vous voyez que cet écoulement purulent de l'oreille alternait avec un autre d'une nature à peu près semblable, sans qu'on puisse supposer que le pus se transportât d'un endroit à l'autre. Au reste, rien n'est plus commun que les faits de cette nature, j'ai seulement choisi quelques-uns de ceux qui avaient plus de rapport avec notre sujet.
Ecoulement par l'oreille gauche supprime , augmentation de la céphalalgie , délire , injection de la face , contraction de la pupille , pouls irrégulier , convulsions , coma profond , strabisme , insensibilité. — Injection de V arachnoïde extérieure et intérieure, vaste abcès contigu a la carie et communiquant a l'extérieur. (Medico-chirurg. Journ., octobre 1819, p. 235. )
Une jeune fille, âgée de i4 ans, fut admise dans l'établissement de Meath-Strect dans le mois de juin 1812.
Le docteur O'Brien la trouva dans un violent
paroxysme de délire : face rouge, yeux animés et rouges, iris contractée , pupille rétrécie ; pouls, cent vingt pulsations , fort et irrégulier. On apprit qu'elle avait été long -temps sujette à un écoulement par l'oreille gauche, accompagné pendant longtemps de céphalalgie ; que la suppuration ' avait été supprimée pendant les trois dernières semaines, et que dès-lors la céphalalgie était devenue plus violente. (Saignée de 14 onces, applic. d'eau froide sur la télé , un large vésic. au cou, fomentât, dans l'oreille avec du lait chaud et de l'eau , applic. de catap.émol., forts purgatifs, saignée de l'art, tempor. de 6 onces. )
Deuxième jour. Légère diminution dans les symptômes , quelques accès de convulsions pendant la nuit. (Nouvelle saignée.)
Troisième jour. Coma profond , insensibilité , pupilles dilatées, déviation de l'œil gauche, convulsions , pouls excessivement fréquent. Mort le lendemain.
Ouverture du cadavre. La peau et les parties molles qui environnaient l'oreille malade étaient d'une couleur ncire ou plutôt d'un vert noirâtre s'étendant de la base du crâne à la moitié du cou. La dure-mère adhérait fortement au crâne, la piemère était enflammée , ses vaisseaux étaient trèsinjectés. Les ventricules contenaient très peu de liquide, mais le plexus choroïde et la membrane .séreuse étaient très-injectés : la substance du cerveau.
( ^5 ) plus molle que dans l'état naturel , contenait un vaste abcès situé sur la portion pierreuse du temporal , s'étendant jusqu'au cervelet, rempli d'une matière verdàtre et très-fétide; la dure-mère était détruite vis-à-vis de cet abcès , l'os lui-même était carié de manière que l'abcès communiquait à l'extérieur.
§ I. Le docteur O'Brien pense que la membrane interne de l'oreille fut le siège primitif de l'inflammation , qui par la suite a produit la destruction de l'os, etc.
Cette opinion me paraît trop évidente pour avoir besoin d'être développée. Mais il est une circonstance de cette observation, qui mérite d'être examinée avec quelque attention. Trois semaines avant l'entrée de la malade à l'hôpital , l'écoulement de l'oreille s'était supprimé ; et cette suppression avait été accompagnée d'une augmentation dans la céphalalgie -, ensuite survint du délire, etc. L'abcès du cerveau communiquait avec la cavité du tympan. Si Morgagni avait pu avoir connaissance de celte observation, il n'aurait pas manqué de la citer en faveur de son opinion; et en effet elle parait plus propre qu'aucune des précédentes à faire croire que le pus formé dans l'oreille s'est porté dans le cerveau.
Mais d'abord vous remarquerez que cette suppuration s'est tarie spontanément ; qu'aucun obstacle ne s'est opposé à la sortie du pus et ne l'a forcé
à refluer dans le cerveau. Ensuite, en supposant que le pus eût été forcé d'une manière mécanique à se porter dans la cavité du crâne, il se serait épanché à la surface de l'arachnoïde ; mais on ne voit pas comment il se serait creusé une cavité dans la substance du cerveau, plutôt que de se répandre à sa surface.
La suppuration de l'oreille a cessé , parce que le cerveau, enflammé par suite de l'extension de la maladie à la dure-mère , est devenu le centre de la fluxion, qui se faisait auparavant vers l'oreille. Dans l'espace de ces trois semaines , un abcès s'y est formé. A cette époque, l'inflammation s'est exaspérée : de là les symptômes observés depuis l'entrée de la malade à l'hôpital , et le ramollissement qui environnait ce vaste abcès.
Migraine, suppuration de l'oreille gauche, surdité', fongosite, suppression de l'e'coulement , céphalalgie , etc. , tout-à-coup symptômes ce'rcbraux aigus. — Sérosité dans les ventricules , abcès enkysté communiquant avec la cavité du tympan, ramollissement de la substance cérébrale environnante, carie du rocher. ( Journal de Sedillot, t.XLV, p. 453 , Obs. du docteur Brodie.)
Le jeune S., sujet à la migraine depuis son enfance, apprenait difficilement, mais retenait à merveille , et paraissait doué d'un jugement sain ; sa santé ni son intelligence n'offraient d'ailleurs rien
( "7 ) de particulier. A l'âge de deux ans , il devint sourd de l'oreille gauche, qui commença à suppurer, cl l'écoulement n'eut presque point d'interruption. An mois de mars 1809, il continuait toujours, quoique l'enfant eût 14 ans*, on aperçut une petite excroissance fongueuse à l'intérieur du conduit auditif externe : on appliqua d'abord de la pommade citrine, qui ne produisit aucun effet ; puis de l'onguent citrin, qui , au bout d'environ i5 jours, fit cesser la suppuration. Elle fut remplacée par une vive douleur de tète et de l'oreille du coté malade ; on renonça à la pommade ; l'écoulement reparut et les douleurs cessèrent. Quelque temps après , on employa de nouveau la pommade, qui fit cesser l'écoulement , et il ne revint depuis que par intervalles et en petite quantité. Huit jours après, céphalalgie assez violente pour arracher des cris au malade; il assurait qu'il devenait fou. Cependant il continua de jouer avec ses camarades ; ses études seules furent interrompues; tout-à-coup le mal fut insupportable; l'enfant perdit connaissance. Le lendemain , assoupissement, dilatation des pupilles ; pouls de trente à quarante pulsations; constipation (vésic. sur la tète, purg.); un peu de mieux suivi bientôt de propension au sommeil; contraction des pupilles sans perte cle connaissance; enfin l'enfant mourut dans un état comateux.
Autopsie. Vaisseaux de la dure-mèregorgésdesan(7, ainsi que ceux de la pie-mère et de l'arachnoïde :
( i»8 ) la surface de cette dernière était aussi sèche que si ou l'eût essuyée avec un linge.
Dans les ventricules du cerveau, environ deux onces de sérosité.
Bans L'hémisphère gauche, on trouva un kyste d'environ trois pouces de diamètre, de consistance pulpeuse, épais et vasculaire, contenant une matière purulente, épaisse et de couleur foncée. L'extrémité inférieure du kyste reposait sur la partie pierreuse du temporal ; une très-petite ouverture, traversant le kyste, la dure-mère et l'os, établissait une communication entre la cavité de ce kyste et le conduit auditif externe. La substance cérébrale enveloppant le kyste était jaune ? beaucoup plus molle que dans l'état ordinaire.
Le Dr. Duncan, médical Commentâmes , rapporle un fait analogue.
§ I. Cette observation est peut-être la plus favorable qu'on puisse citer en faveur de l'opinion de Morgagni } car deux fois la suppression de l'écoulement purulent de l'oreille fut suivie d'accidens qui cessèrent lorsque l'écoulement se rétablit : il existait une communication de la cavité du tympan avec l'abcès enkysté. Voilà bien des raisons de croire que le pus formé dans l'oreille a reflué vers le cerveau -, que c'est lui qui a été cause de la formation du kyste-, que celui qu'on y a trouvé venait du tympan. Mais remarquez que la maladie de l'oreille était déjà fort avancée à l'âge de
( **9 ) deux ans^ puisque l'ouïe était perdue. Une excroissance fongueuse parut douze ans après dans le fond du conduit auditif. Ces fongos.ités, lorsqu'elles surviennent à la suite d'otorrhées purulentes aussi anciennes , annoncent en général une altération profonde du rocher, de la dure-mère, etc. •> elles sont de même nature que la membrane muqueuse qui tapisse le kyste, et produites par la même cause. Il est donc très probable que l'abcès enkysté existait déjà à l'époque où l'on eut l'imprudence d'introduire dans le fond du conduit auditif un onguent qui s'y dessécha, et y forma une espèce de croûte $ et que celle-ci, unie à la fongosité en question , boucha le canal comme un tampon , et empêcha la sortie du pus formé dans le kyste : il serait au contraire difficile de concevoir que le pus retenu dans la cavité du tympan ait formé un abcès enkysté dans le cerveau , plutôt que de se répandre dans l'intérieur du crâne.
§ II. Sur la fin de la maladie , quoique l'écoulement fût rétabli, il survint des symptômes plus graves qui ressemblaient entièrement à ceux d'inflam» mation aiguë du cerveau et de l'arachnoïde , succédant à une affection chronique de ces mêmes organes. En effet, la substance cérébrale qui environnait le kyste était jaune et beaucoup plus molle qu'à l'ordinaire , et les membranes offraient des traces non équivoques d'inflammation.
§ III. Il se développe quelquefois dans le conduit