‹ Recherches anatomico-pathologiques sur la phthisieChapitre 106 sur 141 · Le fille , âgée ie ar un ans , d’une santé · texte numérisé non relu

Le fille , âgée ie ar un ans , d’une santé

délicate, d'une AT très-vive , avait quitté de- . puis deux mois l’état de mercière, pour entrer dans

| une communauté religieuse : elle était parfaitement

bien conformée , avait un médiocre embonpoint ,

| be disait malade eu six semaines quand elle fut ad-

mise à l’hôpital dé la Charité le 24 septembre 1822; elle

attribuait sa maladie à une nourriture grossière, L'’é-

vacuation menstruelle, établie à FPâge de quinze ans, avait eu lieu tous les quinze jours dans les trois premiè-

| rés années , puis un peu moins fréquemment , mais

toujours d’une manière inégale , et accompagnée de vives douleurs, dansles lombessurtout. Dèssa première apparition il y avait eu des fleurs blanches, et assez sou-

vent des douleurs à l’épigastre ; ces dernières étaient

beaucoup plus considérables depuis six semaines,

au point que la malade ne pouvait PRE rien Suppor-

ter sur le ventre : elles étaient exaspérées par les légumes grossiers , Coinme les haricots ; étaient trèsyivés la nuit, et cédaient en partie, pendant une. heure environ, à un élixir qui déterminait beaucoup. d’ardeur à l'épigastre. Des nausées s’y étaient jointes,

l’anorexie était devenue presque complète, la malade.

avait de fréquentes coliques, quelquefois un peu de, dévoiement, et depuis trois semaines des frissons qui revenaient tous les jours, suivis de chaleur et d'un peu

596 SYMPTÔMES. ae de sueur : 1/ n'y avait point eu de toux, et la dyspnée,, qui existait depuis l'enfance, ne semblait pas avoir, sensiblement augmenté. | |

Le 25 septembre, figure pâle, chairs médiocrement fermes, embonpoint peu diminué, sommeil, par intervalles ; PE balai rare , sentiment de faiblesse assez considérable ; respiration un peu gènée, oppression rapportée CAR épigastre, ni toux, ni crachats ; eu pouls à peine accéléré, chaleur naturelles ; langue humide , un peu Plibchaires bouche mauvaise et pâteuse, anorexie sans soif ; trie au-dessous de l’ap- He xyphoïde, sans élévation de la chaleur locale ; autre douleur à l’'ombilic , légère augmentation du SOIR de l’abdomen ; constipation depuis quelques jours. (Sol. d’ OXY. 5. Dis lav. émol. ; deux demi. cr. de riz.) 7

L'oxymel paraissant exciter du dégoût, on “uit pire stitua une légère infusion de chicorée ; la malade s’en plaignit encore, et on ordonna , pour boisson, du thé faible coupé avec une petite quantité de lait.

Le 4 octobre, il y eut quelques douleurs de gorge, Ja respiration était très-gênée , parfois haletante, très. variable. La pectoriloquie imparfaite existait du côté. droit de la poitrine en arrière et en haut, et quelque- | fois vis-à-vis de l'angle de l’omoplate ; ts voix semblait saccadée : Mets la respiration paraissait se faire. comme dans l’état AUS : il ny avait ni {oux, ni douleur de poitrine. La chaleur était un peu Éve le pouls fréquent dans la soirée, la douleur épigas- | trique au même degré que les autres jours. ù

Le 9, il y eut un peu de toux, la respiration était trachéale, Ja pectoriloquie LEE entre les song

plus étendue à droite qu'à gauche. Nous insistâmes auprès de la malade (sur lé état de la FCPPARUR avant son arrivée à à l'hôpital , et pour toute réponse elle nous dit qu’elle était enrhumée chaque hiver pendant un mois ou deux, qu ‘elle n'avait pas toussé une seule 4 depuis un an.

* À compter de ce ur jusqu’à la mort qui arriva À 17 novembre, l'état de latpoitrine fut à-peu-près stationnaire , les crachats peu abondans, tantôt légers et muqueux , tantôt entièrement opaques et comme déchiquetés ; la toux généralement forte la muit. Il y eut par intervalles des accès de dyspnée , la nuit principalement. La fréquence du pouls n'augmenta que dans les trois dernières semaines. Le soir, da chaleur était élevée ; il n'y avait ni sueurs, ni “frissons. |

On ordonna quelques bains quine soulagèrent que ‘momentanément les douleurs épigastriques ; elles fu- ‘rent bientôt très-vives, étaient ordinairement accompagnées de chaleur locale, et cessèrent deux jours avant Ja mort. Il yeut des vomissemens de bile dès le 20 octobre, et ils persistèrent jusqu'au terme fatal, répétés ‘une ou RAPSTERNS fois dans la journée, d'autant plus fréquens qu'on s ’éloignait davantage de leur début : la malade ne pouvait supporter trois jours de suite es mêmes boissons , tout lui répugnait. La langue finit par se sécher, 3 y eut des coliques et de la diarrhée. La dernière nuit fut fort agitée mais la Ina- Jade conserva sa connaissance jusqu’à la fin,

ju 41140

Ouverture du cadavre, vingl- sept bd ms la i mort. #10 0rONERRNS #54

État extérieur. Deuxième degré de marasme; couleur livide de la joue droite sur PARTS la tête était inclinée. 1 NT US UNE

T'êle. Légère inBltrtion sousrachnoïdienne : 44 cerveau et ses dépendances parfaitement sains: 1"

Poitrine. Un peu de sérosité claire dans Eu des plèvres ; poumons libres , mous , crépitans, sains à leur base, durs à leur sommet où nous trouvâmes

-un assez grand nombre de tubercules'enkystés. Les uns étaient vidés ou seulement ramollis ; la plupart encore à l'état de ‘crudité; on séparait aisément les kystes du tissu pulmonaire au milieu desquels ils étaient développés : dans leur intervalle et au-des- -SOUS , On voyait beaucoup de granulations grises et ‘Jaunâtres au centre. Les bronches étaient minces et d'un rouge foncé. — Le cœur petit, be couleur amaranthe. # ere 614 '"Abdoinen. Un peu de sérosité A dine es ‘flancs ; un verre de pus bien lié, jaune verdâtre, dans le petit bassin. —Adhérences assez intimes de l'épiploon avec l'intestin grêle, et de quelques-unes des circonvolutions de celtes entre elles, au niveau des ulcérations. = Beaucoup de g'anutaténs atueeus à la surface de l'intestin grêle, presque toutes demi-trans— parentes ; quelques-unes seulement un peu opaques’ au centre , toutes développées à la face adhérente dur périféiné. Mt Nue muqueuse de l'estomac, rouge au niveau du grand cul-de-sac, dans la largéur dé

PHTHISIE LATENTE. 3509 deux pouces, parfaitement saine dans les environs du. pylore et à sa fate antérieure, molle comme du mucus dans le reste de son étendue. — Grand nombre d’ ulcérations dans toute la longueur de l'intestin grêle, transversales, distantes les unes des autres de deux à six pouces : plusieurs d'entre elles formaient l'anneau complet. Dans leur intervalle, la membrane muqueuse était saine ; à leur niveau Ste était entièrement détruite, et le tissu cellulaire sous-muqueux assez mince et grisâtre; dans quelques points la membrane musculaire était mise à nu, épaissie, et parfois ses. faisceaux séparés par des granulations tuberculeuses. Les colons transverse et lombaire ‘droit offraient deux ulcérations étoilées en quelque “orte, de la largeur d’un écu de six francs et au-delà, ayant la même structure que celles de l'intestin grêle : entre elles s’en trouvait uné plus petite qui reposait immédiatement sur le péritoine. La membrane muqueuse était pâle et très-ramolilie dans le colon transverse. — Les glandes mésentériques étaient plus ou moins complètement tuberculeuses , et la partie de la glande qui n’avait pas subi cette HA À d’un rouge plus ou moins vif. — Le foic était volumijpeux, pâle, fauve, piqué de rouge, facile à déchirer, gras : la vésicule un peu petite, remplie d'une bile noirâtre, visqueuse, semblable à de la mélasse.! — Les autres viscères de l'abdomen sains. | Lang is pi dis APR US is rioa + PPT ME TE TRS " ; .. 388. Que dans ce cas la phthisie ait été latente, c'est une chose hors de doute, par le seul fait de la

pépibrilnquie, constatée avant la toux. Mais à quelle époque doit-on faire remonter le début des tuber= cules ? C'est ce qu ‘il nous semble impossible. de déterminer. Car si nous allons au-delà des six semaines qui ont précédé l’admission de la malade à l'hôpital , c'est-à-dire , au-delà de L'époque assignée par elle au début de la re il n'y a pas plus de raison de s’arrêter au dernier qu’à l’avant-dernier rhume, puisque la santé était bonne dans leur intervalle. Toutefois la grandeur, le nombre et la structure des lors tions de l'intestin grêle, nous semblent indiquer que les tubercules pulmonaires dont ils dépendaient « existaient antérieurement à l’é époque dont il s agit

5809. Quand nous recueillimes Bkraflarerake qui nous occupe, nous n ‘avions pas encore fixé notre attention sur le ramollissement avec amincissement de la membrane muqueuse de |’ estomac , et nous n’avons noté que son ramollissement -extrême. Il est néanmoins probable GRe les deux lésions existaient, la malade ayant éprouvé pendant un intervalle Va temps considérable, et à un degré très-prononcé, les symptômes qui leur sont Prop l'anorexie, les douleurs à l’épigastre , les nausées , le dégoût- pour toute espèce de use et enfin les vomissemens de. bile. i

Le pus épanché dans le petit bassin était le nédait: d'une péritonite aiguë récente , ‘qui n'aura sans. doute existé que dans les détnie vingt-quatre heures de la vie; du moins sommes-nous porté à le croire , soit parce que les SAMDIOOS de péritonite n'existaient pas quand nous vimes la malade pour la dernière fois. soit parce qu'elle éprouva dans la nuit |

PHTHISIÉ : EATENTE. | 4o wüelle mourut une agitation extraordinaire sans perte ‘deconnaissance , et qu'à la suite ‘d’autres maladies chroniques nous avons observé la même agitation , à Ja même ‘époque ct: dans les mêmes FE ee à séulement. Toutefois, cette manière de voir n’est “qu'une conjecture à laquelle-nous ne nous sommes divrés que pour faire voir que les derniers momens des malades ne sont pas sans intérêt pour l'observateur.

Led à ‘ ; LRSAIST LS SL ALES RAALE

Page 1