‹ Recherches anatomico-pathologiques sur la phthisieChapitre 130 sur 141 · DES CAUSES DE LA PHTHISIE · texte numérisé non relu

DES CAUSES DE LA PHTHISIE

' ; À Ÿ … 464. is connaissance des causes est, sans contredit, une des plus importantes qu’on puisse se proposer en médecine ; car, si elle n’est pas toujours d’une grande

utilité dans le traitement des maladies, elle permet

528 | CAUSES du moins assez souvent de les éviter, et sous ce St on conçoit tout l'intérêt que peut exciter l'étude des causes de la phthisie et comment leur recherche aexercé la sagacité des observateurs. Malheu: reusement, ici comme en beaucoup d’autres circonstances, il est plus facile d'affirmer que de prouver, de cotnbattre l'erreur que de découvrir la vétité, en sorte que jusqu’à présent on n’a rien dit de pion satisfaisant à ce sujet. Nos observations ne nous ont pas appris la cause des tubercules pulmonaires, mais elles nous ont amené à des conclusions opposées à la doctrine de l'irritation , et nous croyons utile par cela même d'exposer le roll des recherchés auxquelles nous nous sommes livré à cet égard. | 465. Nous examinerons successivement l'influence du sexe, de la péripneumonie , de la pleurésie, du ab iNbe pulmonaire, etc. , sur la phthisie.

Influence du sexe.

466. Les cent vingt-trois observations dont nous avons donné l’analyse ont été recueillies, comme il a été dit, dans l'intervalle de plus de trois années, dans un service de quarante-huit lits également partagés entre l’un et l’autre sexe. Des cent vingt-trois cas dont il s'agit, soixante-dix appartiennent aux femmes, et cinquante-sept aux hommes, de manière qu'il setibIbea résulter de ce premier fait que les femmes sont un peu plus exposées à la phthisie que les hommes: Cet apercu se trouve encore fortifié Par un autre fait que voici : sur un égal nonibre ; d'hommes et de femmes qui avaiént succombé à dès

| DE LA PATUISIE. | 523 affections chroniques différentes de da phthisie , nous avons trouvé un certain nombre de tuberculés dans les poumons, vingt-cinq fois chez les femmes, et

"+ PO si" ; , 4 \ o.

quinze fois seulement chez les hommes; c’est-à-dire,

en réunissant les deux ordres de faits dont il s’agit, qüe le nombre des phthisiques chez les hommes et chéz les femmes était comme 50 est à 92 ; différence assez considérable, comme on voit, en faveur du sexe le pe faible.

Influence de la péripneumonie et de la pleurésie.

* 467. De quatre-vingts phthisiques dont nous avons recherché avec soin les maladies antérieures au dé-

but de l'affection tuberculeuse, trois avaienteu, quatre

années avant dé mourir , une péripneumonie , et dès lors la toux ét les crachats n’avaient pas discontinué ; quatre avaient eu la même maladie, trois, six ,et quinze années avant l'apparition des premiers sÿmptomes delaphthisie, sans avoir été plus sujets au rhume dans celapsdetemps qu'àuneépoqueantérieure, etsans avoir eu de dyspnée : tous étaient d’une constitution faible et d'un tempérament lymphatique, c’est-àdire, qu'ils réunissaient deux des principales circonstances que les médecins regardent comme des prédispositions à la phthisie. Ces observations se détruisent en quelque sorte mutuellemént sous le point de vue qui nous occupe, et si l’on pouvait en déduire une conséquence, ce serait que la péripneumonie est sans influence sur le développement de la phthisie. 468. Sans doute on dira que cette conclusion est démentie par une foule de faits, et en particulier

524 s! CAUSES Le

par les observations , de M. Broussais: Sars nvitéstle l'exactitude de ces observations, ilnous semble. qu’ elles ne disent pas tout ce qu’on leur fait dire. La pleurésie et la péripneumonie aiguë ou chronique sont trèsfréquentes aux armées: M. Broussais, qui a ouvert un

grand nombre de sujets morts de l’une ou de l’autre

maladie, a trouvé chez plusieurs d’entre eux des tu-

bercules dans les poumons, et il a cru en découvrir

la cause dans la péripneumonie et dans la pleurésie. Pour que cette conclusion fût rigoureuse , il aurait fallu dresser des tableaux de mortalité, et voir si, parmi les individus morts dans les hôpitaux militaires, la proportion de ceux chez lesquels on trouvait. des tubercules dans les poumons était plus grande que parmi les sujets qui meurent à {4 même epoque dela vie dans les hôpitaux civils, au sein de la paix. Jusque là il est bien clair que la proposition qui nous occupe est conjecturale, puisqu’au lieu FX avoir dépendance, il pourrait bien n’exister qu'une simple coïncidence entre deux maladies d’ailleurs très-différentes ; et cela est d’autant plus vraisemblable, que la période de la vie dans laquelle la phthisie est la plus commune, est celle de vingt à trente ans (482), précisément célle dans laquelle M. Broussais a si souvent observé la péripneumonie et la pleurésie. Non-seulement les observations que nous venons de rappeler ne prouvent pas que la péripneumonie soit une cause de tubercules,, mais l’histoire de cette phlegmasie nous semble prouver tout le contraire. En effet (Bayle), elle se développe le plus ordinaire

Le.

ment de la base ausommet des poumons, etles tubercu-

les pulmonaires se développent presque constamment

Page 1