‹ Recherches anatomico-pathologiques sur la phthisieChapitre 17 sur 141 · DE L’AORTE · texte numérisé non relu

DE L’AORTE

69. Elle était parfaitement saine dans la majorité des. cas, et d’un rouge plus ou moins vif dans une portion ou dans la totalité de son étendue, chez la quatrième partie des sujets. Cctte rougeur pénétrait plus ou moins profondément dans l'épaisseur de la tunique moyenne , S'étendait à toute la circonférence de l'artère, qu'elle contint peu ou point de sang; de inanière qu'on ne pouvait pas la considérer comme l'effet de l'imbibition. Quelquefois elle se continuait au loin dans les gros troncs qui naissent de l'aorte, et en particulier dans les carotides. Un seul cas excepté, elle n'existait que chez des individus âgés de vingt à trente-deux ans. (Obs. 1, 19, 30, 4o , etc.)

70. Les altérations organiques de l'aorte , les plaques jaunes et mollasses ou blanches et cartilagineuses, les ulcérations qui en sont la suite dans beaucoup de cas, enfin les plaques osseuses étaient un peu moins fréquentes que la rougeur, existaient dans la sixième partie des cas seulement, sur des individus de trente. cinq à soixante-quinze ans, simples ou compliquées. En général, elles étaient plus avancées dans leur développement, et on en rencontrait plus souvent près de la bifurcation de l’aorte que dans le reste de son étendue.

71. À raison de la diminution de la masse des liquides , il est naturel de penser que les artères et en.

56 ANATOMIE . PATHOLOGIQUE. k

particulier l'aorte , doivent avoir un volume moins

considérable chezles phthisiques que chez les sujets | qui succombent à des maladies aiguës. Cette diffé-: rence existait effectivement, mais moins considérable

peut-être qu’on ne l'aurait d’abord présumée. Ainsi,

sur douze sujets de vingt à trente ans, morts de fièvre ; grave, laorté avait, terme moyen , au niveau du bord … libre dés'valvules dédiés: un pouce au-dessous de Ja naissance de la sous-clavière gauche , un pouce au-.

déssus du’ tronc cœliaque et de sa division en iliaques , 281ig. o/i10*,20lig. 410%, 19lig. o/10°,15lig. 6/10°; tandis que Sur un pareil TA bYE de LH deu

même âge, elle ‘avait, mesurée aux mêmes points , !

29 lig, 4/10%,19 lig. 3/10°, 16 lig- 7/10", et 12 lig.

6/10; différence peu considérable, comme on voit ;

mais réelle cependant ‘et proportionnée dans toute : l'étendue de l'artère à son calibre ; de manière qu'au

niveau de’sa plus petite dimension, la différence était |

moindre Faiié partout - ailleurs , précisément d'une

ligne (1). | | | 'ipbtfe où

Nous avons fait cette comparaison sur des mice bi À même âge, parce que les dimensions de l'aorte va- :

rient beaucoup aux différentes époques de l'existence. C'ést ainsi que de quarante à cinquanterans , :elle: a

de trente-qutre à trente-cinq lignes de largeau bord .

Hbre des valvules sygmoïdes ; chez les individus

HA

Ca ) L inégalité de largeur de Paorte dans l’espacé compris entre Ja sous:

clavière gauche’ et le trone cæliaque , montre que cette artère n’est pas composée d’une suite de cylindres ; qu’elle est véritablement conoïde. Nous nous sommes assuré qu’il en était encore de même pour l'artère fémorale , la catotidé primitive et d’autres vaisseaux! d’ün moindre vos lime, , | x

CRE NN" PR, EE dé.

AORTE. &7 qui meurent de maladies aiguës ; trente-deux lignes chez les phthisiques, et trente seulement chez des sujets dumême âge morts de cancers; etces différences existent dans toute lalongueur de l'artère ,proportionnément à son calibre. ‘La dernière mérite surtout d’être remarquée , en ce qu’elle s'accorde parfaitement avec ce qui à été dit plus haut de la petitesse du cœur à la suite bn" affections cancéreuses.

qe Lo, |

72. Les lésions de l'aorte qui viennent d’être exposées , existaient aussi à la suite des autrés maladies chroniques, mais dans une proportion différente : la rougeur avait lieu dans la huitième partie des cas, et les Tin organiques chez la moitié des slt.

Cette différence pourrait faire croire?à une dépen- | dance quelconque entre les divers états de l'aorte et la nature de l'affection à laquelle les malades avaient succombé ; mais tout s'explique par la considération de l’âge. Et en effet, qu'on observât la rougeur de l'aorte à la suite de la phthisie ou de quelque autre affection chronique , c'était toujours chez des individus de vingt à trente-cinq ans, et la plupart: des DRIUES" meurent dans la jeunesse , tandis que c’est ordinairement à un âge plus avancé qu’on succombe aux autres AT chroniques.

73. La fréquence des lésions organiques de l'aorte, comparée à l'extrême rareté de celles du cœur (1),

fois (4 était une reuse. af

confirme ce que nous avons dit précédemment (67), savoir : que cette espèce d’altération n’est pas toujours en rapport avec l’activité des fonctions, puisque l'aorte n’en remplit pour ainsi dire que de mécaniques. 74. Dans les cas où la membrane interne de l'aorte était rouge , on ne la trouvait point épaissie ; quelquefois seulement, dans les points où la rougeur était très-foncée , nous l’avons vue moins consistante et plus facile à séparer de la tunique moyenne que dans l’état naturel. Celle-ci, lors même qu'elle était colorée, n'offrait aucune altération de consistance ou d’épaisseur; et comme la rougeur (ordinairement la seule lésion de la membrane interne) ne suffit pas pour caractériser l’inflammation , il nous semble convenable, avant de prononcer sur la cause de la lésion qui nous occupe , d'attendre de nouveaux faits. A la vérité, M. Bertin, dans son ouvrage sur les maladies du cœur, rapporte une observation dans laquelle il a trouvé, la membrane interne de l'aorte d’un rouge vif, et couverte d’une exudation couenneuse membraniforme, c’est-à-dire manifestement enflammée. Mais l’auteur s’est borné à décrire cette rougeur;il n'a parlé ni de la consistance, ni de l'épaisseur des tuniques de, l’artère : en sorte que son observation , d’ailleurs, si intéressante , ne peut servir à déterminer d'une manière générale quand la rougeur dont il. s'agit devra être considérée comme inflammatoire. Do aux plaques Jaunes, oublanches et cartila-. gineuses, etc., dont nous, avons, p: lé, leur cause. Au 4 encore plus obscure. Onne les rencontre, comme nous l'avons dit, qu à une certaine époque

hi IDEUP: Ur

de la vie, après trente-six ou q L rante ans , et alors

br RÔORTE» 99

elles existent plus ou.moiINns RE" sur presque tous les sujets.’ Elles semblent, par cela même , assujéties à des lois primordiales, ‘uniformes pour tous, et être la suite naturelle de l’âge : aucun symptôme ne les indique, et nous ne voyons pas sur quel fondement on pourrait les considérer comme un des produits de l’inflammation. Pour en venir là, il faudrait, ce nous semble, avoir démontré qu'il n'y a et ne peut y avoir de lésion organique que par suite de l'inflammation.

Page 1