Hémoptyste. Elle existait, forte où faible, chez
les deux tiers des sujets; rx ape ir sur | quatre-vingt-sept cas.
Par hémoptysie forte, nous entendons celle qui, dans un espace de temps peu considérable , quelques minutes, un quart-d'heure, une demi-heure ou une heure, donne lieu à l'évacuation de plusieurs onces d’un sang plus ou moins liquide et spumeux, quelquefois noirâtre et en caillots, et s'accompagne, dans certains cas, de contractions du diaphragme qui portent les malades à croire qu'ils ont vomi du sang. L'hémoptysie est faible quand ils ne rendent que quelques gorgées d’un sang spumeux, pur ou mêlé avec des crachats. Celle-ci dure quelquefois plusieurs mois de suite. Le nombre des malades qui avaient éprouvé l'une ou l’autre, était à-peu-près. le même. Des cinquante-sept sujets dont il a été parlé, vingt . cinq avaient eu des hémoptysies fortes. ,
252. Forte ou faible, l’hémoptysie devançait gi quefois la toux et les crachats d’un espace de temps plus ou moins considérable. Douze de nos malades étaient dans ce cas, et huit d’entre eux avaient éprouvé une hémoptysie forte. Celle-ci débutait encore plus souvent que l’hémoptysie faible dans le cours où au commencement de la première période de la malädie, dans la proportion de neuf à sept. — Le crachement de sang était rare au plus haut degré de faiblesse, dans, les derniers jours de la vie. Nous ne l'avons gl servé à cette époque que sur quatre sujets, uñ 1 égal nombre de fois considérable ou faible. Fa 233. Mais l'hémoptysie qui devance la toux et les
104 | SYMPTÔMES. FA crachats, surtout celle qui est: forte, doit-elle être | considérée comme un avant-coureur a tubercules, ou comme un symptôme. qui décèle leur présence ? Depuis près de trois ans, nous avons demandé à tous les sujets soumis à notre observation et atteints d’une maladie autre que la phthisie, s'ils avaient eu quelque crachement de sang, et nous en avons toujours reçu des réponses négatives, excepté de quelques-uns de ceux qui avaient éprouvé de fortés secousses de poitrine par suite d’une violence extérieure: , Ou des femmes dont les règles avaient été subitement suppriimées. Les malades sujets au catarrhe pulmonaire depuis nombre d'années, et dont la respiration était habituellement libre , n'avaient jamais eu d'hémoptysie. D'un autre côté, nous avons observé quelques individus qui, ayant un certain nombre de tubercules dans les poumons, n’éprouvaient aucun symptôme qui annoncât leur présence , Où n'en éprouvaient que de généraux; en sorte que rien ne doit paraître moins étonnant que de voir des tubercules pulmopaires donner lieu, à une certaine époque de leur existence, à un. seul symptôme , et en particulier au cra- ‘chement de sang; et par toutes ces raisons, nous pénsons que l’hémoptysie, à part les cas dontila été question, indique d’une manière infiniment probable, quelle que soit l'époque de son apparition} la présence, de quelqués tubercules dans les poumons. Nous ne disons pas d’une manière certaine, plusieurs faits. bien constatés paraissant faire une heureuse exception à cette règle. | D'ailleurs , l’analogie dépose en faveur de cette pee: position. Cu quand une hémorrhagie a son siége
HÉMOPTYSIE. 24) AR 0 | dans un organe plus ou moins profondément situé, elle est presque toujours le signal d’une altération plus ou moins grave de sa structure. Ajoutons que
quand lhémoptysie devançait les autres symptômes ffection tuberculeuse, elle était quelquefois suivie de dypsnée, débuütait tout-à-coup (Obs. 32; etc.}, ordinairement au milieu d’une santé parfaite, sans phé: nomènesprécurseurs, sans cause appréciable; ét qu'il est naturel de penser que cette cause, pour rester cachée, était néañmoins la mêmé que celle qui devait rappeler plus ou moins fréquemment le même symp= tôme dans la suite. Maisbornons-noü$àce petitnombre de réflexions bién moins destinées à suppléer les faits qu’à en provoquer la recherche et l’examen.
25/4. Le sexe avait une influence marquée: sur l'hémoptysie. On l'observait plus souvent chez les femmes que chez les hommes, dans la proportion de trois à deux. Ainsi, de quarante-deux femmes soigneusemeñt interrogées sous ce rapport, trente-six avaient eu des crachemens de sang ; et sur trente-huit homines, vingt-un seulement éd dans cé cas. : 235. Le rapport de hémoptysie à l’âge n'était pas le même dans l’un et l’autre sexe. La troisième partie. des femmes âgées de dix-neuf à quarante ans n'avait point eu de crachement de sang ; tandis que', de quarante à soixante-cinq, il n'a manqué: que chez la septième partie des sujets ; proportion inverse de celle: qui devrait exister si, suivant l'opinion de quelques: médecins, l'hémoptysie pouvait être considérée , dans certains cas, comme un supplément à la diminution ou à la suppression des règles. Chez l’homme, au contraire, la proportion était exactement la même 19"
au-dessus et au-dessous de quarante ans ; de sorte que ,. sur douze sujets au-dessus de .cet âge , ‘six ont été hémoptoïques, et sur vingt- six cuite quatorze. Si le petit nombre de faits Là nous venons de rappeler est insuffisant pour établir d’une. manière l sûre le rapport de l’âge avec la fréquence del’hémoptysie dans l’un ou l’autre sexe, il pourra du moins fixer l'attention des observateurs sur ce ps et les M kr | à des recherches utiles. ti
236. L'âge n'avait point d'influénce marquée sur la force où la faiblesse de l’hémoptysie;et quant à la fréquence de: son retour chez le même sujet, elle était en raison de la durée de la maladie.
237. Nous avons encore cherché s’il y avait quelque rapport entre le symptôme qui nous occupe, la force et la faiblesse de la constitution : et sur quarantehuit sujets, nous avons trouvé un égal nombre de constitutions fortes ou faibles. Toutefois, le partage
était pas le même entre les hommes et les femmes ; les constitutions fortes dominaient chez ces dernières.
138. Dans quelques cas, l’'hémoptysie forte n’avait lieu qu'une fois dans le cours de la phthisie : rarement elle se répétait trois, quatre, ou un plus grand nombre de fois. L'observation suivante, en nous mettant sous les yeux un cas de cette espèce ; NOUS offrira l'exemple bien plus rare des symptômes d’une fièvre grave développés dans le dernier degré de marasme, et à la suite d’évacuations sanguines très-copieuses.
HÉMOPTYSIE. qi 197
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X°. OBsERvATION.
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Un jeune homme de dix-huit ans ; très-bien conformé, d’une grande taille, cheveux noirs, caractère vif, embonpoint modéré, fut admis à l'hôpital de la Charité le 26 novembre 1821. Né de parens sains, ayant la respiration gênée depuis l'enfance , il avait été pris, dans les derniers jours d'octobre , au milieu d’une santé parfaite et sans cause appréciable, d’une hémoptysie abondante. Depuis, le crachement de sang avait continué, mais peu considérale, si ce n’est dans les derniers jours. La toux avait paru avec l’hémoptysie , accompagnée de quelques crachats, peu incommode, sans douleur de poitrine, sans cha-. leur ni frissons. Îl n'y avait eu qu'un peu de sensibilité au froid. Le malade s'était refusé à toute espèce de traitement , n’avait rien retranché de sa nourriture ordinaire ni de'ses occupations, et ne s'était décidé qu'avec peine à venir à l'hôpital.
Le 27, figure médiocrement animée , air de satisfaction , légère diminution des forces; respiration peu accélérée, toux rare, excitée par le décubitus dorsal ; crachats un peu. visqueux et jaunâtres, aérés; quelques-uns très-rouges. Décubitus incommode à gauche, poitrine un peu moins sonore sous la clavicule de ce” . côté qu’à droite danslapartie correspondante. Le bruit respiratoire était nul par intervalles dans quelques points , et sur les parties latérales du côté gauche on
198 , SYMPTÔMES. | l
entendait, au moyen du stéthoscope, un bruit comparable à celui d’une bulle d’air qui roulerait dans un canal de moyenne dimension. Le pouls était calme, un peu plein, la chaleur naturelle; la langue dans l’état ncrmal, l'appétit bon, la soif nulle, le ventre souple et indolent. Il y avait un peu de hurhée depuis.deux jours. (Saignée de huit onces;:tis. d'orge avec le sirop. de gom. ; pot. som; une chopine de lait; un quart de pain.) 4: je OMCECRE | Ïl n’y eut pas de changement appréciable le iende: main. Le 29, peu après l'heure de la visite ; hémopiysie abondante, évaluée à six onces; sang noir; où spumeux et d’un beau rouge. Mème état de la respiration, mêmes résultats de l’auscultation que l’avantveille. (Saignée de huit onces ; vésic. au bras gauche ; ; orge édulc. ; lock ; trois soupes.) tofs. e6d 01 Le 39, nouvelle hémoptysie accompagnée de Re lemens à l’épigastre, sans augmentation de la toux, sans chaleurs de poitrine, sans frissons préalables. | Jusqu'au 8 novembre, à peine quelques crachats un peu tachés de sang ; mais, dans la matinée du même jour, au milieu du plus parfait repos y hémoptysie beaucoup plus forte que les premières; respiration plus faible en arrière du côté gauche ae du côté droit. (Saignée de douze onces). ny Le lendemain, un peu. de douleur de gorge et de difficulté dans 14 déglutition , soif, modérée , selles régulières, chaleur générale, accélération du poids; j crachats blancs, figure amaigrie et d'un blanc terne. Du ç au 15, iLy eut trois hémiopiysies abondantes Mau ce on opposa deux saignées et un large wésicatoire «entre les épaules. Le 16 , les crachats étaient
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. Dans les quinze Jours qui suivirent , Hate aspect fut le même à très-peu de chose près, la respiration plus gènée , la toux plus forte qu’à l'ordinaire , la chaleur peu considérable : il y eut dés sueurs res L’appétit devintplus vif, et on éléva par degrés la dose des alimens:,; de manière que, le 28 décembre, le malade prenait, en vingt-quatre heures, une pinte de dait-avec «un quart de portion de pain, Lacie même un peu plus.
Le 2 janvier, la dypsnée était cab, la toux pet forte dans le décubitus à gauche que quand il avait lieu à droîte. L’auscultation pratiquée à la partie antérieure de la poitrine ne faisait entendre aucune espèce de râle. Le pouls était vif et assez fréquent La gaîté avait fait place à l'ennui. Le malade ne quittait pas le lit depuis plusieurs jours : il maigrissait beaucoup. (Deux crèmes de riz.) site
Du 2 au 8, point de changement appréciable, sinon dans le caractère du bruit respiratoire , Lu devint très-fort sous la clavicule gauche.
Leo, lalangue qui, jusqu'alors, avait conservé sa couleur naturelle, était d’un rouge vif, Le 10, l'oreille était dure, la surdité presque complète. Le 11, elle semblait plus considérable encore , le malade poussait des gémissemens presque continuels, le pouls était un‘peurplein et tumultueux. (Saignée de huit onces ; tis. d'orge émul.) |
Le 12, langue sèche et noirâtre , soif intense, chaleur un peu âcre, pouls moins plein et moins tumul-
tueux que la veille; gargouillement sous la dwibèle à gauche, râle siflant à droite. { (Saignée de huit onces.)
Le sang se couvrit d'une couenne-assez épaisse. ll y eut trois selles dans la journée du lendemain. 164 D
Dans da nuit du 13 au 14, délire presque continu: Le 14 AU latin, visage pâle, air d’abattément , surdité comme les autres jours , chaleur .sèche.et fortes respiration bruyante accompagnée de râle crépitant du côté gauche ; toux fréquente, crachats,.peu abondans ; langue : sèche etencroûtée. (Tis. de viol. édule, ; pot. om.) bee 4 NE . Le 15, à l'heure de la visite, œil un penemoins terne , pouls comme à l'ordinaire, un peu.plein..Le | reste comme la veille. Délire la nuit suivante, Dans. la matinée du 16, figure plaquée de rouge ; intelligence en bon état, langue sèche, chaleur élevée, toux un peu: moins FA ntee on ER du gargouillement sous:la clavicule gauche. Le malade se e découvrait souvent la poitrine.
.Lesmêmes symptômes persistèrent jusqu” à la niôrt, qui eut lieu le 18, deux heures après midi.
Ouverture du cadavre , quarante-deux hate «poil Fe + Mort.
"at extérieur. Troisième degré de marasme com mençant.
Tête. Cerveau ferme, sans injections. deux petites cuillerées de sérosité po les ventricules latéraux et dans les fosses occipitales inférieures.
(Le larynx ne fut pas examiné.)