HÉMOPTYSIE. ST
: Poitrine. 11 y avait quelques adhérénces au sommet des poumons. Le droit était crépitant, un peu engoué-dans quelques points , et offrait dans toute son: étendue un grand nombre de granulations grises demi-transparentes de lagrosseur d’un grain de millet. Du côté gauche; le lobe supérieur était complètement transformé en excavations tuberculeuses, qui contenaient une matière trouble > grisâtre , fétide , étaient séparées les unes des autres par des sec de matière grise demi-transparente d’une demi-ligne ou un peu plus d'épaisseur. Le lobe inférieur présentait la Même lésion, maïs à un degré beaucoup moins avancé. Les cloisons intermédiaires aux excavations y étaient plus épaisses, et le parenchyme pulmonaire encore perméable à l'air dans quelques points. — Le cœur avait un volume convenable : les parois du ventricule gauche étaient un peu moins épaisses LS dans l'état x FN — Aorte saine.
Abdomen. La membrane muqueuse de l'estomac était pâle dans toute son étendue, et enduite de mucosités épaisses ; celle de l'intestin grêle parfaitement saine, à l'exception de quelques plaques rouges ovalaires dans'le voisinage du cœcum. Les matières fécales étaient épaisses. La rate plus volumineuse et plus ferme que dans l’état naturel. Le foie et les autres viscères de l’abdomen parfaitement sains.
239. Cette observation est, comme on voit, trèsremarquable sous plusieurs rapports ,et'en particulier sous celui de l'hémoptysie. On'serait peut-être tenté
209 SNMÉTOMES d'attribuer la persévérance indomptable de cette héimorrhagie à la marche rapide de l affection ; mais cette ns PA ne saurait être admise, vu que da phthisie a marché beaucoup plus rapidement encore:dans quelques cas, (Obs, 55) sans la plus légère hémoptysie, et-que, ‘dans l’ensemble de ceux que noustavons observés, la répétition. du crachement de sang a étéen raison directe de la duréé de l'affection. Les saignées furent aussi répétées que les forces du sujet le permettaient, et,comme on l’avu, sans le moindre succès. L'hémopiysie reparaissait fréquemment le lendemain de l'évacuation sanguine, comme si, au licu®d’avoir ÉRLORYE une perte de sang, le malade eût fait un ex-
cès de table ou de toute istto espécest 2/00 AIR 240. Sous le rapport des causes, il. convient de remarquer que cette hémoptysie a débuté tout-àcoup, sans cause connue, sans symptômes précutseurs , sans toux préalable, au milieu.des apparences d'une santé parfaite ; qu'on ne sayrait la considérer comme l'effet d’un catarrhe pulmonaire qui n'existait pas, et qu'il faut nécessairement l’attribuer à des tubercules déjà -existans et dont elle aura été le premier signe, Cette conclusion admise , il en résulte encore que les tubercules étaient indépendans de toute inflammation des bronches, qu'ils étaient lacause et non l'effet du catarrhe pulmonaire. Nousreviendrons dans la suite sur ce point important, mais nous remarquerons encore que, dans ee cas particulier, notre manière de voir est confirmée par les résultats de l’auscultation.et de la percussion. Nous avons vu en effet, qu'à l'époque de l'entrée du malade à Fhôpital, sa poitrine résonnait moins au-dessous de la
HÉMOPTISIE. 205 clavicule gauche que du côté opposé ; et ce fait annonçait un désordre déjà trop considérable pour qu'on pût l'attribuer à l'inflammation de la membrane muqueuse des bronches, qui , dans toute ae: j était nécessairement récente. | |
4x. Nous n’insisterons pas sur les symptômes de fièvre grave qui se sont manifestés dans les derniers jours de | existence à la suite des pertes de sang les plus copieuses , bien que les cas de cette espèce soient si rares que nous n'en connaissions pas d'autre exemple ; nousferonsmème remarquerque, FRE CreppaRts notre observation manque de l'exactitude nécessaire pour tirer des conclusions légitimes des faits. Nous n'avons pas examiné convenablement les membranes muqueuses ; nous ayons, il est vrai, noté la blancheur universelle de celle de l'estomac , mais nous n’avons parlé ni de sa consistänce ni de son épaisseur ; et encore qu'il soit rare de la trouver rämollie , altérée d’une manière quelconque, quand sa blancheur est générale , la chose n’est pas impossible, et le contraire n'a pas été dit. Les plaques rouges de l'intestin grèle étaient peut-être les mêmes que celles qui s’épaississent et s’ulcèrent dans le cours des fièvres graves, mais leur description est trop succincte pour soutenir l'identité. Nous ne pouvons aflirmer dès-lors que les symptômes indiqués aient ou n'aient pas répondu à telle ou'telle espèce de lésion, ni demander, pour une observation aussi incomplète sous ce rapport, la confiance qu'elle ne mérite pas. On ne saurait trop le redire, la science pèche par les bases: les faits, c'est-à-dire les, faits bien et complètement observés, lu manquent sur le plus grand nombre ide points,
204 | SYMPTÔMES. ni +242. Dans a y cas rares, l’hémoptysie sem
blait avoir été causée par un redoublement de toux. Presque toujours elle survenait sans cause appréciable, À était rarement accompagnée d’ardeur, de douleurs de poitrine , ou d'un mouvement fébrile plus marqué que dans les jours qui l'avaient précédée. " "
243. Dyspnée. Elle était généralement peu considérable, et les malades n’en étaient incommodés, ne s'en apercevaient même dans la plupart des cas, que
quand ils se livraient à quelque mouvement. Elle suivait dans ses progrès ceux de l'affection principale, était rarement excessive, en sorte que nous n'avons
vu que trois malades obligés, pour la rendre plus supportable, d’avoir la tête très-élevée dans Île lit,
ou de se mettre à leur séant. À l'ouverture de leur
corps, nous n'avons rien trouvé qui pût nous rendre compte de cette anomalie : le cœur était sain , ses. orifices dans l’état naturel; il n’y avait pas d'épanchement de sérosité dans la cavité des plèvres.
24. Dans un certain nombre de cas, la APRES ne se manifestait qu'un ou plusieurs mois après le début dela toux. Dans la plupart, elle commençait avec elle : quelquefois même (chez la dixième partie des sujets environ) elle la DANS et remontait fréquemment alors à la même époque qu’une hémoptysie plus) ou moins forte qui, comme elle, avait devancé les autres symptômes. Dans cette circonstance, l'oppression et l’hémoptysie étaient probablément,
non un phénomène avant-coureur, mais le premier. effet de la présence des tubercules dans les poumons.
Peut-être en était-il encore de même dans les cas
où il n’y avait pas eu d’hémoptysie.; mais la chôse est
DYSPNÉE. : 205 loin: d'être démontrée , vu qu’un assez grand nombre lemalades avait la D EE plus ou moins gènée dès l'enfance ; qi il n’était pas possible de faire remonter à une époque si éloignée le développement de leur maladie , et que parmi ces sujets, qui for: maient la neuvième partie de la masse, on en comp: tait proportionnément autant qui avaient atteint l’âge de cinquante ans, que parmi ceux dont la dyspnée avait paru avec les premiers symptômes de la phthisie. 245. L’oppression étaitrapportée à la partiemoyenne de la poitrine, quelle que fût d’ailleurs la différence qui “existât entre les lésions de l’un et l’autre des poumons.
Iln'yaeu d'exception à cette règle que dans trois cas. Les malades qui en étaient l’objet éprouvaientplus de gêne et de mal-aise du côté de la ie png qui était le plus affecté, que dans la partie Kris Ils y MER taient le siège de leur maladie.
4 246. La douleur n’est pas, comme on sait, le symp- 4ôme qui fatigue le plus les phthisiques; beaucoup en étaient exempts,, ou n’en parlaient que quand on fixait leur attention sur ce point. Le petit nombre s’en plaignait spontanément ; et c'est sans doute cette absence de douleur , et, dans beaucoup de cas, leur faiblesse et leur rareté jointes à une progression‘insensible des symptômes, qui abusaient si complètement les malades sur leur situation. Néanmoins, sans parler des symptômes pleurétiques, qui forçaient quelques-uris d’entre eux à venir réclamer les secours de la médecine , le très-grand nombre avait éprouvé des douleurs soit entre les épaules , soit sur les côtés de la : poitrine, Ges dernières avaient existé dans la troisième
partie des cas, quelquefois assez considérables, et pen- ‘dant un espace de temps plus ou moins long. Ellesse imanifestaient à des époques très-variées; chezles uns, deux ou trois mois avant la mort, quand la touxét l’expectoration duraient déjà depuis un an, 0 ans ét plus; chez d’autres (quand la maladie parcourait toutes ses périodes dans/ espace de cinqousixmois), peu après le début des premiers symptômes ; quelquefois pour un petit nombre de jours, dans d’autres cas, pour'un ou plusieurs mois; souvent assez fortes pour incommoder les malades, sans les obliger néanmoins à sé mettre au lit, | PE
247. Dans la plupart des cas , ces douleurs étaienten rapport avec l'étendue des sdhihénathi (ordinairement celluleuses) des poumons aux plèvres, et assez souvent avec le nombre et la grandeur des excavations. Et comme ces deux espèces de désordres étaient presque toujours réunies et proportionnéesentreelles, on ne saurait à quoi s’en tenir sur la cause dés soutffrances, si l'on ne savait que les tubercules se développent dans d’autres organes sans douleurs, et que celles dont ils’agit ressemblent beaucoup aux douleurs pleurétiques , augmentant comme elles dans l’inspiration, la toux; sont piquantes, lancinantes; en sorte que, comme les adhérences, elles sont sans doute le résultat d’une inflammation chronique: Nous avons pu, dans un petit nombre de cas, nous convaincre d’une manière plus positive et plus directe , due telle était en ei Ja source des douleurs chez les phthisiques, C'était chez des malades dont les poumons offraient, d'un côté, de vastes excavations presque:
| DOULEUR, PE 205% sans adhérences ; de l’autre, dés adhérences celluleuses universelles sans. ae et sa n ‘avaient eu de douleurs que de ce dernier. côtés 4 lu
e Cependant, comme on voit el cfois les dlindés du cou et des aisselles (Obs. 9), devenues tuberculeuses, causer des douleurs, on doit penser qu'il peut en. être de même dans certaines circonstances; relativement aux tubercules pulmonaires. C’est, en effet, ,ce, que nous avons observé dans le seul cas de tubercules enkystés que nous ayonsrecueilli. (Obs. 31.) La femme qui nous l’a offert, avait éprouvé, pendant les quinze derniers jours de son existence , des douleurs. entre les épaules, et il n’y avait aucune adhérence entre les poumons et les plèvres. Ilen a encore été de même dans quelques cas de phthisie aiguë, où il y a eu des douleurs de côté plus ou moins vives, bien qu’on n'ait pas trouvé après la mort de traces de pleurésie. (Obs..35, 56.) Il se pourrait donc que, dans quelques cas, les douleurs de poitrine des phthisiques fussent à-la-fois le résultat du développement des tubercules et des adhérences qui en sont la suite. 248. Vingt-deux malades assuraient n'avoir éprouvé de douleur dans aucun point de la poitrine. Chez la plupart d’entre eux, il n'y avait d’adhérences qu’au sommet des poumons, tandis que les excavations étaient aussi considérables et aussi nombreuses que dans les cas où des douleurs plus :ou moins vives avaient existé. Cetté série de malades confirmait ce qui vient. d’être dit sur la cause la plus ordinaire des douleurs. de poitrine chezles phthisiques. On conçoit en effet:sans peine que la pleurésie bornée à la partie supérieure des plèvres, soit indolente ; la portion cors
208 SYMPTÔMES. | qe respondante du thorax étant la moins mobile , et'les douleurs pleurétiques paraissant devoir toute leur sus au mouvement plus où moins marqué des côtes | à l'expansion du parenchyme pulmonaire.
bei: D'ailleurs, si, comme nous l'avons remarqué dans la première partie de cet ouvrage (42), l'inflammation des plèvres et les adhérences qui en sont la suite dépendent, dans beaucoup de cas, de l’action des tubercules, on conçoit comment les douleurs dont il s’agit se manifestent à des époques varices , puisque [é tubercules se développent pren SQUT d'une manière successive. : | ù bérut Es.
250. En résumé, ces douleurs étaient en rapport avec les adhérences des poumons aux plèvres, et non avec la grandeur et le nombre des excavations. Elles paraissent résulter de l'inflammation €chronique des plèvres qui détermine les adhérences : ét quand celles-ci n'existaient qu’au sommet des poumons, les malades n'éprouvaient pas de douleurs, bien que les excavations fussent considérables. Ajoutons que l’âge, qui semblait sans influence sur la marche de la phthisie, paraissait en avoir une trèssensible sur la durée de la douleur. th à
251. Fièvre. La plupart des malades ayant la fièvre au moment où ils étaient admis à l'hôpital, nous avons cherché à en connaître le début avec précision ; et nous l'avons cru bien déterminé toutes les fois que nous avons pu fixer avec exactitude l’é époque à laquelle lesfrissons, les alternatives de froid et de chaud avaient commencé , surtout quand les uns et les autres avaient été accompagnés, à leur naissance, de soif ou de palpitations. En calculant d’après cette basé, la fièvre
- FIÈVRE. . 209 avait débuté. avec les premiers symptômes de la |phthisie. et les avait accompagnés dans tout leur cours, chez un peu plus de la cinquième partie des sujets, ou vingtun des quatre-vingt-quinze malades dont lnistaise était complète sous le rapport qui nous occupe. Cinq d’entre eux étaient. des exemples de phthisie aiguë, (Obs.: 33, etc, À Chez les autres , l'affection avait. ce de cinq: mois à trois ans, et parmi eux on comptait plusieurs exemples de tions simple, entre autres deux, fort remarquables, dont il sera parlé au chapitre de la phthisie latente. (Obs. 27, 29.) Dans dix-neufautres cas , la fièvre avait commencé dans la première moitié de l'affection, à une époque plus ou moins rapprochée du début, chez des sujets dont la maladie, plus ou moins compliquée, avait parcouru ses périodes dans l’espace de trois mois à cinq ans. Chez le reste, c'est-à-dire les trois cinquièmes des individus environ, le mouvement fébrile avait débuté dans la seconde période de la maladie, quelquefois àuneépoque assez voisine du terme fatal ; et chez tous, à la lésion des poumons se trouvait réunie celle Ra plus ou moins grand nombre d'organes.
252. Puisque la fièvre débutait fréquemment dans la première moitié de la maladie, ou même dès l'apparition des premiers symptômes, c'est-à-dire quand les poumons étaient encore les seuls organes lésés , 3 faut en conclure que sa principale et souvent sh | “unique cause était l’altération pis ou moins profonde des poumons. LS |
253. À part les cas de phthisie très-aiguë ou trèschronique, il était impossible de se os 1 compte des circonstances qui accéléraient ou retardaient ainsi
ques À
Je début de la fièvre ; et s'appliquer à cetté recherche, comme à celle des variations d’une multitude d’aütres symptômés, ce serait, selon nous, réchercher la cause de la diversité des goûts, des physionomies , de la maïgreur où de l’embonpoint des individus qui jouissent d’ailleurs d’une santé parfaite, Il faut savoir se contenter de la connaissance des faits principaux
sans chercher à se rendre compte de toutes les variae tions qu'ils présentent. Ms PALETTE
ka 254. Heu que les Hot est, un des symptômes fébriles les plus ordinaires, ils n ‘étaient pas constans, et manquaient dans la sixième partie des cas, seize fois sur quatre-vingt-quinze. Les malades, st de cette exception , se plaignaient Re d’ une grande sensibilité au froid, assuraient n avoir jamais eu de frissons avant de venir à l'hôpital , et pendant le séjour plus ou moins prolongé qu'ils y firent, ils en
furent encore exempts; ce qui, d’ailleurs, n est pas.
plus étonnant que l’absence du même symptôme dans
le cas d’abcès phlegmoneux, fait qui se présente assez
fréquemment. * Dans la majorité des cas, les frissons révenäient
tous les jours dans la soirée; rarement à une autré :
époque. Ordinairement uniques, ils se produisaïent; ; chez ceriains sujets, plusieurs fois dans la journée ;
‘ d’une manière irrégulière; mais dans aucun cas nous
n'avons observé ces deux frissons qui, d’après quel-
ques auteurs, reviennent tous les Ms à heure à pets près fixe. sé