‹ Recherches anatomiques, cliniques et expérimentales sur la nature et les causes de l'emphysème pulmonaire (asthme continu des anciens). 1re partie. Anatomie pathologiqueChapitre 2 sur 9 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Structure initisme «les poumons.

isge-s*—

Les poumons, au nombre de deux, séparés l’un de l’autre par le médiastin et la colonne vertébrale, contenus chacun dans une cavité spéciale du thorax, ne forment cependant, sous le point de vue physiologique, que deux parties séparées d’un môme organe. Recevant l’air par un conduit commun, et le sang par un seul tronc artériel, ils sont unis, en outre, par un plexus nerveux considérable. La solidarité fonctionnelle, qui en résulte, permet de se rendre compte de plusieurs desphénomènes morbides qu’ils présentent.

La plèvre fournit à chaque poumon une enveloppe générale à laquelle est dû le poli de sa surface. Cette enveloppe tapisse également les profondes scissures qui divisent cet organe en lobes. Libre, mobile, extensible et remplissant exactement la cavité qui le renferme, le poumon suit toutes les variations que cette cavité subit dans l’état normal.

La mobilité du poumon n’est pas égale dans toutes ses parties ; sa

racine, formée par les gros canaux aériens et sanguins qui le pénètrent, repose sur un plan immobile, la colonne vertébrale ; en sorte que, fixe dans ce point, il se meut dans tous les autres, et que l’on peut considérer ses mouvements comme ayant principalement lieu suivant les diamètres divergents qui, de la racine, vont aboutir à tous les points de sa surface.

Chaque poumon est formé par l’agglomération d’un grand nombre de lobules qui ont tous la même structure, quoique possédant des formes et des dimensions extrêmement variées. Superposés les uns aux autres et sur les principaux canaux aériens et sanguins qui leur servent de support, les lobules doivent terminer à l’extérieur des surfaces unies, convexes et concaves, des sommets aigus, des bords tranchants, etc.; aussi leur forme et leurs dimensions ne paraissentelles déterminées que par l’espace qu’ils doivent occuper. Les lobules sont unis entre eux par du tissu cellulaire lâcbe chez l’enfant, dense chez l’adulte. Dans ce tissu rampent des vaisseaux très-fins appartenant, aux artères et aux veines bronchiques. On y rencontre parfois aussi des veinules pulmonaires du plan superficiel.

Les canaux aériens et sanguins, situés en dehors des lobules, constituent la charpente du poumon. Leur disposition générale est assez connue pour que nous n’ayons pas besoin de nous en occuper ici. Nous ferons cependant remarquer que le tissu cellulaire qui unit les lobules à ces canaux est moins dense que celui qui unit les lobules entre eux, et qu’il le devient d’autant moins qu’il enveloppe un tube d’un plus grand diamètre.

Chaque lobule reçoit, comme le poumon, une bronche, une artère, et émet une ou plusieurs veines. II peut être considéré comme l’épanouissement terminal de ces divers canaux, ou comme la répétition en petit de ce que le poumon est en grand. Pour mettre de l’ordre dans l’exposé de sa structure, nous examinerons successivement 1° les canaux conducteurs de l’air; 2° la surface spécialement destinée à la fonction de l’hématose ; 5° l’appareil vasculaire sanguin ; et. 4° la nature des tissus qui forment le parenchyme du lobule.

1° Bronches lobulaires. — Chaque lobule, quel que soit son volume, né reçoit qu'un seul tube bronchique qui en gagne le centre en ligne plus ou moins droite. Lorsque le lobule est volumineux, l’origine du tube bronchique est marquée d’un dernier croissant, cartilagineux, très-mince, placé dans l’angle de bifurcation et qui maintient béant l’orifice de co tube. Arrivé au centre du lobule, le tronc de la bronche

lobulaire ne disparaît pas après avoir formé une ampoule, ainsi qu on l'a cru d’après l'examen du poumon simplement insufflé et desséché , mais il continue sa direction primitive, jusqu à sa terminaison au sommet du lobule, si celui-ci a une forme régulièrement conique; ou bien, il se divise en deux ou trois rameaux, si c’est un bord tranchant ou plusieurs sommets qui sont opposés au point d’origine de la bronche.

Depuis son origine jusqu’à sa terminaison, la bronche lobulaire fournit dans toutes les directions des rameaux qui l’épuisent peu à peu. Le nombre de ces rameaux, leur point d’origine, leur direction et leur calibre, sont très-variés et dépendent du volume et de la forme du lobule. Plus un lobule est volumineux et offre des bords tranchants et des sommets, plus le nombre des rameaux de premier ordre de la bronche lobulaire est considérable. Lorsque le lobule a une forme conique régulière, ces rameaux partent de l’arbre central en succession régulière et décroissante, alternant et rayonnant dans toutes les directions.

Les rameaux de premier ordre se dégagent du tronc sous des angles aigus et suivent encore, comme celui-ci, une direction plus ou moins droite jusqu’à leur terminaison. Dans leur trajet, ils fournissent des ramuscules latéraux qui en partent à angle droit, en sorte que l’ouverture de communication parait faite sur leurs parois comme par un emporte-pièce. Chacun d’eux se termine ensuite, soit en continuant la direction primitive et en fournissant des ramuscules irrégulièrement alternes jusqu'au bord du lobule, ou au sommet pour lequel il est destiné, soit en se partageant en deux ou trois ramuscules qui partent du même point dans une direction perpendiculaire ou légèrement oblique l’un à l’autre et à la division bronchique qui les fournit. Ces ramuscules, qui forment le second ordre de division de la bronche lobulaire, parcourent un trajet beaucoup plus court que les précédents et plus sinueux. Ils fournissent, d’une manière analogue et sous des angles très-ouverts et quelquefois obtus, les divisions de troisième ordre. Celles-ci, par suite de leur mode d’origine, gagnent la plupart le centre du lobule, où elles se terminent après avoir successivement produit, et d’une manière irrégulière, des divisions de quatrième, de cinquième et quelquefois de sixième ordre; les autres sont destinées à la surface du lobule et aux couches sous-jacentes, où elles se terminent d’une manière analogue.

Le nombre des divisions et subdivisions de la bronche lobulaire

varie dans le môme lobule ; quelquefois les derniers rameaux ne sont que le cinquième ordre de division de celle bronche, d’aul res fois ils appartiennent au septième, huitième cl môme au neuvième ordre. L’angle que forme la dernière division bronchique est le plus souvent très-aigu à l’opposé de celles qui précèdent.

Les ramifications aériennes du lobule, en se divisant ainsi, se multiplient et deviennent innombrables. Leur longueur diminue en raison de leur nombre ; mais cette progression décroissante n’est nullement indéfinie, car la plus petite longueur des derifières divisions bronchiques est toujours le double, triple ou le quadruple de son diamètre transverse.

Le calibre des divisions aériennes diminue du tronc de la bronche lobulaire à ses rameaux de troisième ordre ; à partir de ceux-ci, il reste à peu près le même jusqu’aux dernières ramifications, où il augmente brusquement.

L’épaisseur de leurs parois diminue d’une manière régulière jusqu’aux deux ou trois dernières divisions aériennes, où leur amincissement devient tel qu’à la loupe ordinaire ces parois ne semblent pas beaucoup plus épaisses que les cloisons qui séparent les cellules pulmonaires.

D’après ce qui précède, on voit que les canaux aériens du lobule forment une sorte de bois inextricable, ou mieux, un arbre dont les ramifications successives et innombrables affectent toutes les directions aussi bien centripètes que centrifuges, s’entrecroisent dans tous les sens, sans jamais s’anastomoser, et se terminent aux principaux points de l’espace occupé par le lobule. Malgré leur nombre et leur direction, ces ramifications laisseraient dans le lobule pulmonaire des espaces vides, si les dernières bronches ne se terminaient par des dilatations remarquables qui viennent successivement combler ces espaces depuis le centre jusqu’à la périphérie du lobule. Ces dilatations, qui constituent le mode de terminaison des ramifications aériennes du poumon des mammifères, ont généralement la forme d'entonnoirs dont la grosse extrémité est, du côté opposé à l’ouverture bronchique. Ordinairement au nombre de deux ou trois à l’extrémité d’un tube aérien, elles doivent être considérées comme les dernières ramifications bronchiques; car, à leur niveau, l’artère pulmonaire se termine en autant de ramuscules dont chacune s’applique sur Yinfundibulum correspondant, en suit la direction de l’axe, et s’infléchit en demi-cercle sur le fond de la dilatation, où il se perd en formant le réseau capillaire qui

en couvre l’extérieur. Avant (le se terminer, les deux ou les trois derniers ordres de division bronchique produisent assez souvent, dans leurs trajets et sur leurs parties latérales, quelques ivfundubilums isolés- les uns des autres par des espaces plus ou moins considérables.

Ces dilatations terminales des bronches ont une forme assez régulière à la surface des lobules, où, rangées les unes à côté des autres et ayant leurs grosses extrémités dirigées au dehors , elles forment la couche périphérique; mais à l’intérieur, reposant les unes sur les autres çt sur les canaux aériens et sanguins qui leur servent de support, elles se moulent sur l’espace qu’elles doivent occuper, et leur forme est aussi variée que celle des lobules dans les lobes pulmonaires.

2° Surface destinée à la fonction de l'hématose. — Elle se présente dans le poumon de l’homme avec des caractères analogues à ceux que l’on observe dans l’appareil respiratoire des autres vertèbres pulraonés, c’est-à-dire, sous forme de membranes minces ou de cloisons situées à l’intérieur des dernières divisions bronchiques et de leurs dilatations terminales, et circonscrivant des espaces très-petits de forme le plus souvent prismatique. Ces petites cavités, que nous avons désignées sous le nom d 'alvéoles, tapissent l’intérieur des rameaux bronchiques des deux et quelquefois des trois derniers ordres de division. Disséminées à leur origine, elles se rapprochent bientôt de manière à n’êlre plus séparées que par des cloisons minces et à s’étendre, sans interruption, d’une division bronchique à la suivante.

Les renflements terminaux des bronches en sont couverts sur toute leur surface interne. Leur fond en contient b, 6, ou 8 ; les autres parois en offrent un plus grand nombre.

La forme des alvéoles pulmonaires est loin d’être partout un prisme hexagone ou pentagone régulier. Cette régularité ne s’observe que dans les alvéoles qui tapissent le fond des infundibulums qui reposent sur une surface plane ou dans celles qui couvrent, des portions de tubes rectilignes.

Les autres ont la forme, tantôt de simples godets arrondis ou élyptiques, tantôt de polyèdres sphériques, de coins formés par deux surfaces convexes, ou enfin de nids de pigeons.

Ces formes variées semblent en rapport avec l’espace que les alvéoles occupent et la direction de l’axe bronchique, de manière à offrir le plus de surface possible et le plus directement, à la fonction de l’héreatose. Leurs bords libres sont très-minces et font saillie à l’intérieur

(les tubes bronchiques, leurs fonds reposent sur la paroi interne de ees tubes qu’ils dépriment légèrement.

Les cloisons inter-alvéolaires paraissent, à la loupe simple, avoir la même hauteur, mais à un grossissement plus considérable , on remarque parfois des cloisons (jui dépassent les autres et circonscrivent un certain groupe d’alvéoles, disposition dont on trouve une image des plus caractéristiques dans le sac pulmonaire des reptiles. La direction des cloisons est le plus souvent perpendiculaire A la surface bronchique qui les supporte; dans les autres cas, elles forment, avec celte surface, des angles plus ou moins aigus. Ces cloisons, rectilignes jusqu’aux bords libres des alvéoles, se prolongent quelquefois d’un côté pour se jelter, en forme de demi opercule, sur l’orifice de ces cavités qu’elles rétrécissent plus ou moins.

Le développement du poumon, qui s’effectue après la naissance, porte sur toutes les parties qui le constituent ; de là une augmentation dans les dimensions des alvéoles pulmonaires, qui est proportionnelle à l’ûge. A la naissance, elles n’ont généralement que de 0mm,05; vers l’Age de 10 ans, elles atteignent 0mm,l 5 ; à 20 ans, elles ont 0ni,n,20; à 40, 0mm,25 ; enfin à 60 ans et au-delà, elles varient en moyenne de 0mm,50 à 0nim,55. Les rnfundibulums offrent , dans leur plus grand diamètre, chez l’enfant au-dessous de 10 ans, 0mn,,25 à 0mm,4o ; dans l’âge adulte, de 0mm,60 à 0mm,7o ; dans la vieillesse, de 0mm,G0 à 0mm,80 et au-delà. Les dernières bronches varient, aux mêmes époques, entre 0mm,10 etOmm, ! 5; entre 0mu,,40 et 0mm,50, et entre 0mm,50 et 0mm,60 (I).

La surface destinée à l’hématose est donc beaucoup plus grande qu’on ne l’a cru jusqu’ici, puisqu’elle n’occupe pas seulement l’extrémité terminale des tubes aériens, mais aussi toute l’étendue des trois dernières divisions bronchiques. Elle n’est pas non plus formée par des ramifications bronchiques très-courtes ou prolongements terminaux et aveugles de ces bronches, puisque les cavités qui les constituent en sont aussi distinctes par Informe et la situation que par la fonction dont elles sont chargées.

f>° Appareil vasculaire sanguin. — La seule partie de cet appareil, qu'il intéresse de rappeler ici, est la distribution de l’artère pulmonaire.

Les rameaux de cette artère sont constamment satellites des divisions

(1) Ces mesures oui été prises sur des poumons préparés d'après le procédé que j’ai indiqué dans le Mémoire déjà cité.

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bronchiques. Celte loi ne subit d’exception que dans les derniers tubes aériens où la présence des alvéoles pariétales détermine une disposition particulière de l’appareil sanguin. Chaque lobule reçoit un rameau de l’artère pulmonaire, mais n’en reçoit qu’un seul qui s’accole immédiatement à la bronche lobulaire dont, il égale ou même surpasse le calibre. Le mode de ramification de l’artère du lobule est une répétition en petit de ce que l’artère pulmonaire présente en grand dans le poumon.

A mesure que la bronche lobulaire fournit ses rameaux de premier, de deuxième, de troisième ordre, etc., l’artériole pulmonaire qui l’accompagne produit au même niveau des divisions dont chacune gagne immédiatement le tube aérien qui lui correspond. Dans le poumon, l’artère est unie à la bronche par un tissu cellulaire lâche ; mais dans le lobule, la division artérielle est intimement accollée à la bronche et le devient de plus en plus à mesure qu’elle se ramifié.

L’artère lobulaire, en se divisant ainsi dans l’ordre de succession des ramifications aériennes, décroît en calibre d’une manière progressive et régulière. 11 n’en est pas de même des divisions aériennes qui conservent à peu près le même diamètre à partir des rameaux de second ordre; aussi observe-l-on que l’artère, dont le calibre égalait celui du tube bronchique au moment de l’entrée dans le lbhule, n’est plus que le cinquième environ du tube qu’elle accompagne dans les derniers ordres des divisions aériennes.

Au moment où apparaissent les alvéoles pariétales, le rameau artériel fournit des ramuscules latéraux en nombre indéterminé, et continue son trajet le long du tube aérien juqu’aux infunclibulums. Ces ramuscules latéraux se ramifient dès leur origine, se répandent sur la face externe du conduit bronchique, s’anastomosent entr’eux et forment un réseau dont chaque maille répond au fond d’une alvéole qu’il entoure en manière de ceinture. Le diamètre des vaisseaux qui constituent ce premier réseau est de 0ram, 02 à 0mm, 05 ; c’est, de lui seulement que partent les capillaires destinés à mettre le sang en contact avec l’air. 11 fournit une foule de ramuscules très-grèles qui se répandent dans les parois des alvéoles pulmonaires, s’anastomosent entr’eux' et forment jusqu’aux bords libres des alvéoles un second réseau vasculaire dont les mailles ont de 0mm, 02 à 0mm, 05 de largeur. Les capillaires qui constituent les mailles de ce réseau ont généralement 0mm 01 en diamètre. Enfin, dans l’intérieur de chacun de ces derniers polygones vasculaires, il existe un troisième réseau sanguin, beaucoup plus

lin que les précédents, car la largeur des mailles égale à peine l’épaisseur des vaisseaux qui les forment et ces derniers n’ont plus en diamètre que la moitié, le quart, le huitième et moins encore des capillaires du second réseau. Les radicules des veines pulmonaires communiquent avec ces réseaux sur les cloisons inter-alvéolaires et près du bord libre des alvéoles.

Nous avons déjà dit que l’artériole qui accompagne le dernier tube bronchique se partage en autant de ramuscules qu’il y a d’infundibulums terminaux. Chacun de ces ramuscules se comporte à l’égard de l’infundibulum de la manière que nous venons d’indiquer pour les tubes aériens munis d’alvéoles sur leurs parois.

On ne trouve dans les dernières bronches que des capillaires sanguins appartenant à l’artère pulmonaire ; ceux des artères bronchiques finissent au moment où les alvéoles pariétales se montrent en certain nombre, et il n’existe aueune espèce d’anostomose ou de continuité entre ces deux ordres de capillaires. D’où il résulte que l’artère pulmonaire est chargée à la fois de la fonction de l’héinalose et de la nutrition des parties du poumon destinées à celte fonction.

Les veines pulmonaires forment deux plans; l’un profond qui accompagne les divisions artérielles dans l’épaisseur du lobule ; l’autre, superficiel, qui rampe à la surface et se jette dans le précédent, soit isolément en traversant le lobule en diagonale ou en gagnant l'espace interlobulaire, soit après s’être réuni au plan veineux superficiel des lobules voisins, et avoir couvert de ramifications la surface d’un nombre de lobules plus ou moins grand.

4° Tissus qui entrent, dans la composition du lobule pulmonaire. — A part les vaisseaux sanguins dont nous avons parlé, les lymphatiques et les nerfs dont la disposition est peu connue, le lobule offre à l’examen une membrane propre ou d’enveloppe, des parois bronchiques, des parois alvéolaires et enfin le tissu cellulaire ambiant.

a. — Membrane d' enveloppe du lobule. — Admise à priori par Willis et Haller, son existence a été niée par Reisseisen. Dans ces derniers temps, M. Bazin l’a observée à l’état morbide sur le poumon d’une panthère, et M. Deschamps l’a signalée comme formant une capsule ou une enveloppe générale pour chaque poumon.

La ténuité de celle membrane, son adhérence intime avec les parois des alvéoles pulmonaires qui en couvrent la face interne, expliquent pourquoi elle n’est pas généralement reconnue. Elle est cependant fa-

cile à constater sur les poumons en voie de putréfaction ou qui ont subi la dessication dans l’état d'insufflation.

Cette membrane est formée par une couche très-mince de fibres élastiques entremêlées de fibres appartenant au tissu cellulaire à noyaux décrit par Henle. Dans l’état morbide, elle acquiert une épaisseur notable, ainsi que nous l’avons observé plusieurs fois sur des poumons de vieillards. Imperméable à l’air, résistante à la distension, on peut la suivre sur chacune des faces du lobule auquel elle constitue une enveloppe complète parfaitement distincte de celle des autres lobules. C’est à cette membrane propre que l’on doit attribuer la résistance considérable que le lobule présente à la distension, car la structure des parois alvéolaires ne peut nullement en rendre compte.

b. — Les parois de labronche lobulaire et de ses principales divisions offrent en procédant de dedans en dehors : 1° une couche d’épithélium vibratile dont les cellules ont la forme de cônes aplatis; 2° la membrane muqueuse qui est réduite dans le lobule à l’état d’une couche transparente, mince, sans traces de fibres; 3° un plan de fibres longitudinales de nature élastique, qui est formé par l’épanouissement des cordons longitudinaux, si apparents sous la muqueuse des grosses bronches ; 4° un autre plan de fibres irrégulièrement circulaires, qui offrent les mêmes caractères que les fibres musculaires de la portion membraneuse de la trachée-artère. Dans les divisions aériennes des derniers ordres, cette couche musculaire disparaît. Les tubes bronchiques sont, en outre., enveloppés à l’extérieur par du tissu cellulaire à fibres longitudinales et obliques.

Ainsi, à l’exception de l’élément cartilagineux, on retrouve dans les bronches du lobule les mêmes parties que dans le trachée-artère et dans les grosses bronches. Les cartilages, qui diminuent de nombre et d’étendue à mesure que les bronches se multiplient, atteignent rarement le lobule pulmonaire. Dans celui-ci disparaît à son lour l’élément musculaire; en sorte que les dernières divisions aériennes n’offrent plus à l’examen que les deux couches membraneuses les plus internes des bronches, formées par l’élément muqueux et l’élément élastique.

c. — Paroisd.es alvéoles pulmonaires. — Elles sont formées : d° par une charpenlede fibres longues, élastiques, recourbées, qui partant de la base des cloisons inter-alvéolaires où elles s’entrecroisent sous divers plans, se dirigent obliquement, et par faisceaux très-minces qui laissent

enlr’cux des espaces vides, vers les bords libres des alvéoles quelles soutiennent. A la reneoutre des cloisons, ces fibres sentrecroissent avec celles des alvéoles voisines ;

2° Par une membrane transparente et sans traces de fibres, qui recouvre la charpente précédente et en remplit les espaces vides;

5° par une couche de cellules épithéliales arrondies ou oldongues dont la largeur varie de 0mm 003 à 0m,n 01, et qui n’offrent pas les cils vibratiles do l’épithélium des canaux bronchiques.

Lorsqu’on brise une cloison inter-alvéolaire, les fragments présentent une cassure nette sans traces de filaments et leurs bords s’enroulent sur eux-mêmes.

On peut se former une idée assez juste des alvéoles pulmonaires pariétales et terminales, en supposant que leurs cloisons sont produites par le soulèvement successif de petits faisceaux de fibres élastiques, appartenant au plan interne des parois bronchiques, que ces faisceaux, entraînant avec eux la membrane transparente bronchique, se divisent en fascicules qui s’entrecroisent pour intercepter les espaces alvéolaires (1).

L’observation microscopique ne démontre, dans les parois alvéolaires, rien d’analogue aux fibres musculaires admises par plusieurs auteurs. L’expérimentation confirme ce fait. Le tissu cellulaire ne s’y montre pour ainsi dire qu’à l’état de vestiges. On n’en trouve que quelques fibres très-fines, à peine distinctes à un grossissement de 530 diamètres du microscope de G. Oberhauser.

La ténuité de ces fibres, leur peu d’abondance, et l’union intime des parties qui constituent les cloisons alvéolaires ne permettent pas de croire que l'air puisse s’infiltrer entre ces cloisons, pour constituer l'emphysème inter-vésiculaire, admise, par beaucoup de médecins.

Toutes les parties que nous venons d’examiner et qui constituent le lobule pulmonaire sont intimement unies les unes aux autres par des fibres cellulaires. Entre les lobules, on peut faire pénétrer l’air par insufflation ; dans le lobule, au contraire, on produit plutôt la déchi-

(1) On verra, dans la suite de ce travail, que l’emphysème, en dilatant les derniers canaux aériens et les infundibulums, produit l'effacement des cloisons inter-alvéolaires par une sorte de déplisscment des extrémités bronchiques ; ce qui confirme notre opinion sur la structure de ces extrémités.

rure des cloisons et la désorganisation complète de la structure du lobule, que l’infiltration aérienne dans le tissu cellulaire interstitiel (1).

(1) Depuis la publication de ce travail, il a paru en Hollande une dissertation sur le même objet, d’aulanl plus intéressante qu’ello est basée sur les dernières recherches du professeur Schrœdcr Yan der Ivolk. Ce célèbre anatomiste continue, par ses observations, tous les faits que nous avons avancés. Il en est un seulement qu’il interprète d’une manière différente. Nous avons dit dans notre Mémoire que l’on rencontre parfois, dans des poumons qui ont les caractères apparents d’organes sains, de petites ouvertures ou pertuis sur les cloisons qui séparent les alvéoles et sur les parois des iufundibulums ; et nous considérions cette disposition comme un état anormal, comme une sorte d’emphysème. Mais il paraît que M. Schrœdcr Van der Kolk la prend, au contraire, pour un caractère de l’état physiologique de l’organe. Voici comment l’auteur de la thèse expose celte opinion et combat celle que nous avons émise : « Vesicularum vicinarum parietes vulgo arcle sibi agglutinativi xidentur, ut « tantum vasa sanguifera intersint, quibusdam autem locis, neque raro fibra- « rum elaslicarum fasciæ, per vesicularum margines ductæ, ab harum parie- « tibusrecedunt, alque tubercularum sub forma ab uno pariete ad alium tran- « seunl, iliaque ratione plures vesieulas muluoquasi convineiunl et sustinent. »

« Rossignol taies luberculas non admitlere videturin pulmone sano, alque <■ ex emphysematis specie explical, quo septa vesicularum absorpla essent aut « dilacerata; ast vero constanter illas luberculas invenimus in pluribus pulmo- « nibussanis non tantum hominum, verumeliam vaccarum, porci etovis,cervi « Elaplii, aliorum, ut nobis portuis videanlur pertinere ad sanum statum (*). »

De l’opinion de M. Schrœder Van der Kolk, il résulterait cette conséquence importante que les cavités du poumon, destinées à la fonction de l'hématose, auraient enlreelles des communications directes. En effet, l’auteur ajoute plus loin : « Jam quœstio est gravissima, num aiveoli vicini uti Rossignol voluit, « inter sese commuoiunt tantum ope rami, cui adhèrent, num etiam aliis < ostiis lateralibus; illam autem Rossignoiii senlentiam sinedubio faisant esse 4 invenimus, quum et in aliis pulmonibus, et luculenlissime in iis cervis 4 Elaphi aperluras minutissimas, rotundas et imprimis ellepticas viderimus, « quaram ope communicatio inter infundibula vicina patebat (**). »

Malgré toute l’estime que nous professons pour ce savant et quoique nous le considérions comme une des principales autorités dans les sciences anatomiques, nous ne pouvons néanmoins nous refuser à l’évidence des faits. Nous avons de nouveau examiné la disposition dout il s’agit, et ne l’ayant rencontrée que rarement dans les poumons sains de l’adulte, plus rarement encore dans ceux de 1 enfant, dans les poumons du chien, du chat et d’autres animaux domesliques, sacrifiés en pleine santé, nous ne pouvons que persister dans l’opinion déjà émise, c’est-à-dire, considérer ces pertuis comme un produit purement accidentel. D’ailleurs, le travail que nous publions aujourd hui renferme des faits propres à éclairer cette question et à compléter notre démonstration.

( , nmcrlatio annlnmica inaugiirnlis do subliliori pulmomim structura. — Ai ius Adiiani,

rrajeeti ad Rhcrium, 1847, page 34.

(”) Idem. Page 41 et 43.

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