‹ Recherches anatomiques, embryologiques, histologiques et comparatives sur le poumon des OiseauxChapitre 10 sur 28 · DESCRIPTION DES GROS TRONCS BRONCHIQUES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES GROS TRONCS BRONCHIQUES

Les canaux aériens qui font suite au vestibule ne présentent point une structure différente selon leur parcours et sont essentiellement constitués de la même façon tout près de leur origine sur le vestibule ou sur la mésobronche et dans le reste de leur trajet. Au point de vue histologique, tous ces canaux mériteraient donc le même nom de « bronches ». Cependant comme ils n’ont pas tous la même grosseur et que certains d’entre eux servent de troncs à un plus grand nombre de canaux aériens que les autres il est bon de les distinguer par quelques noms particuliers comme l’ont fait différents auteurs.

SAPPEY (1847) avait divisé les bronches du poumon des Oiseaux en deux groupes :

1° Celles qui s'étendent sur la face ventrale ou diaphragmatique, « bronches diaphragmatiques » ;

2° celles qui s'étendent sur la face dorsale, sous les côtes, « bronches costales ».

HwüxLEY (1882) proposa le nom d’ « entobronches » pour les bronches diaphragmatiques et d’ « ectobronches » pour les costales. Plus commodes que les précédents à cause de leur unité, ces termes ne sont pas sans défauts, parce que les préfixes ento et eco n’ont pas une signification suffisamment précise et pourraient être confondus avec médial et latéral, ce qui serait une erreur au point de vue de la position relative des troncs qu’ils désignent. Nous les conserverons cependant pour leur brièveté et à cause de l’usage, en faisant bien remarquer cependant que le mot eciobronches désigne les bronches les plus extérieures par rapport à l’ensemble de l’animal, celles qui sont les plus voisines des téguments, tandis que le mot entobronches désigne les conduits aériens qui sont dirigés vers la profondeur de l’animal.

Cette explication était d'autant plus nécessaire qu’elle répond encore à une autre objection que l’on pourrait faire à ces termes, à savoir que le mot entobronches est susceptible de faire penser à des bronches internes par rapport au poumon et qui s’opposeraient ainsi aux bronches externes ; or le poumon des Oiseaux se distingue précisément de celui de tous les autres animaux en ce que ses gros troncs bronchiques deviennent très vite superficiels et ne se ramifient qu’arrivés à la surface même du poumon où on les aperçoit par transparence.

A cause de cette disposition, nous décrirons tout d’abord la manière dont les principaux troncs bronchiques s’étalent et se ramifient sur toutes les faces de l'organe, pour parler ensuite des rameaux qu’ils envoient dans sa profondeur.

Ectobronches et entobronches sont donc les principaux troncs originels des bronches qui courent à la surface des poumons, aussi bien que de celles qui s’enfoncent dans leur épaissoeur. Maïs si elles engendrent la plupart des bronches superficielles, elles ne les donnent cependant pas toutes et un certain nombre de celles-ci, par une exception unique, loin de tirer leur source de bronches plus centrales qu’elles, viennent au contraire de portions de voies aériennes tout à fait périphériques, extrapulmonaires, et en réalité des sacs aériens.

Ces dernières bronches que je crois être le premier à décrire dans l’appareil pulmonaire des Oiseaux en leur donnant leur véritable signification, méritent done le nom de bronches récurrentes et se caractérisent par le fait qu’elles sont plus larges à leur extrémité distale qu’à leur extrémité proximale. Mais elles se ramifient abondamment comme les autres bronches superficielles du type commun et s’anastomosent avec elles de manière à former un réseau de voies aériennes absolument continu. Ces bronches récurrentes occupent une surface assez grande dans la moitié postéro-latérale du poumon des Oiseaux. Nous les étudierons plus tard en indiquant le sac aérien auquel chaque groupe d’entre elles appartient.

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