RAPPORTS DE LA FACE VENTRALE AVEC LES SACS AÉRIENS
La face ventrale du poumon et les orifices des sacs aériens que l’on y observe sont un des points les plus variables de la structure du poumon, tant par le nombre et par la position des orifices des sacs, que par l’étendue de chacun de ces derniers en rapport avec cette face pulmonaire.
J’ai représenté schématiquement dans les figures xIV à XVIIL la face ventrale des poumons de différents oiseaux qui peuvent être pris comme types. L’étendue de chaque sac en rapport avec la face ventrale du poumon est limitée sur cette dernière par des contours pleins et l’on voit à la première inspection combien cette étendue varie dans les différents cas. Le sac le plus cranial est le sac cervical, les autres le suivent régulièrement et sont en allant d'avant en arrière, le sac interclaviculaire, les sacs diaphragmatiques antérieur et postérieur, enfin le sac abdominal. Dans le territoire réservé à chaque sac sur la’face ventrale du poumon se voient ses orifices direct et récurrents tantôt bien séparés tantôt rapprochés les uns des autres.
D’après mes recherches, portant sur vingt-quatre espèces appartenant à sept ordres différents, on peut distinguer tout d’abord deux types principaux, suivant que le sac interclaviculaire naît sur la troisième entobronche par un tronc qui lui est
commun avec le sac diaphragmatique antérieur, ou bien qu’il prend son origine d’une manière indépendante, sur la première entobronche.
Type I. — Ce type est caractérisé par la communication du sac diaphragmatique antérieur et du sac interclaviculaire, communication qui résulte de la naissance du sac interclaviculaire sur la troisième entobronche par un canal commun avec le sac diaphragmatique antérieur. Cette disposition du sac interclaviculaire, qui s’observe dans le plus grand nombre des cas (dix-neuf espèces sur vingt-deux) est celle qui a été décrite précédemment chez le Poulet. La structure présentée par cet animal constitue un type moyen auquel il est facile de ramener les autres par le défaut ou l’absence d’un orifice ou par le dédoublement d’un autre orifice.
A Type moyen. — Ce type caractérisé par la présence de sept orifices a été observé dans des espèces appartenant à des groupes très différents : Gallus domesticus (L.), Perdix rubra (Brisson), Coturnix communis (Bonnaterre) Galliformes, Gallinula chloropus (L.) Gruiforme, Noctua minor (Briss.) Strix flammea (L.) Coraciiformes.
Chez le Poulet les orifices des sacs aériens sont au nombre de sept comme l’avait déjà montré CAMPANA (1875). Mais les données de cet auteur ont été, comme nous l’avons dit, absolument oubliées, car on ne décrit en général que cinq orifices. ROCHÉ admet comme typique le nombre cinq « bien que ce nombre cinq, dit-il, ne soit pas absolument constant et puisse être dépassé, un réservoir ayant quelquefois deux orifices pulmonaires » (1891, p. 25). Pour ma part, j'ai toujours trouvé six orifices chez les Oiseaux qui en ont le moins, et j’en ai constamment rencontré sept chez le Poulet, où ils sont disposés de la manière suivante : (fig. x1v et fig. 14 a).
1° un orifice cervical, orifice direct du sac cervical ©. c., inséré sur le rameau cranial de la première entobronche. Cet orifice est unique pour le territoire pulmonaire occupé par le sac cervical ;
20 deux orifices pour le sac interclaviculaire. L’orifice direct
est placé en dedans de la bronche extra-pulmonaire et répond à l’ouverture du canal interclaviculaire né sur la troisième entobronche. L’orifice récurrent X. 1. est placé sur le bord latéral, immédiatement en avant de la cloison qui sépare le sac interclaviculaire du sac diaphragmatique antérieur. C’est un orifice polybronchique simple, comme l’indique CAMPANA : il a été bien figuré par la plupart des auteurs ;
3° deux orifices pour le sac diaphragmatique antérieur. L’orifice direct O. d. a. qui naît sur la troisième entobronche, est placé en dedans de la bronche externe au voisinage de la veine pulmonaire. Cet orifice est toujours signalé par les auteurs. L’orifice récurrent . d. a. est placé sur le bord latéral, immédiatement en arrière de la cloison séparant le sac diaphragmatique antérieur du sac interclaviculaire et à peu de distance de l’orifice récurrent de ce dernier. Cet orifice est aussi polybronchique simple. Il n’a pas été aperçu par ROCHÉ (1891, p. 25) qui l’a sans doute confondu avec celui du sac interclaviculaire ;
49 l’orifice du sac diaphragmatique postérieur. Il est très développé et placé sur le bord latéral du poumon au voisinage de son extrémité caudale. Elliptique comme on l’a vu, il donne accès dans un grand nombre de bronches: l’une d’entre elles, plus volumineuse, est formée par le gros tronc latéral C. d. p. né sur la mésobronche et qui continue l’orifice direct de ce sac O. d. p. Les autres R. d. p. plus petits, l'entourent de toute part et appartiennent aux bronches récurrentes. Cet orifice, du type polybronchique, est polybronchique mixte, contrairement à ce que croyait CAMPANA, puisqu'il est en rapport évident avec une voie directe d’accès de l'air;
5° l’orifice du sac abdominal. Il est très développé et appartient au groupe des polybronchiques mixtes. Il reçoit la terminaison de la mésobronche comme canal direct ©. ab. et émet autour de lui un certain nombre de bronches récurrentes R. ab.
Les sacs aériens présentent d’autre part avec la face ventrale les rapports suivants (fig. XIV).
Toute la pente craniale n’est en rapport qu'avec deux sacs : le cervical et l’interclaviculaire. Le sac cervical répond à l’extrémité craniale du poumon et à la partie médiale de la pente
Cranial
O.c - E1 Médial Latéral B Ra.
Rds.