RÉSUMÉ
Après la description qui vient d’être donnée des rapports des différents sacs avec le poumon, il est facile de reprendre l’étude de la face ventrale de cet organe envisagée dans son ensemble. Cette étude est d'autant plus nécessaire que les auteurs, même
les plus récents, ont très mal représenté les choses dans leurs descriptions et dans leurs figures. Ceux-là seuls se sont occupés de cette question qui ont traité de l’anatomie du diaphragme ornithique. Sans reprendre une à une leurs observations, il suffit de montrer l’erreur commise par deux des auteurs qui ont le plus exactement étudié la question pour faire voir combien notre travail conduit à une conception différente de celle admise jusqu'ici. BERTELLI (1905) aussi bien que SAPPEY (1847) représentent tous deux la face ventrale du poumon comme occupée par une lame horizontale formant une sorte de voûte à concavité ventrale qui divise la cavité thoracique, en une partie dorsale renfermant le poumon et une partie ventrale occupée par les sacs aériens et les viscères. À cette lame ils ont donné le nom de diaphragme : « diaphragme ornithique » (BERTELLI), « diaphragme pulmonaire » (SAPPEY). Si l’on compare la figure 1 Tav. LXXIX de BERTELLI qui se rapporte au Poulet et les figures 3, PI. 1 et fig.1, PI. 2, de SAPPEY qui concernent toutes deux le Canard, on voit que pour ces deux auteurs, le diaphragme horizontal tendu sur la face ventrale des poumons va depuis la première côte en avant jusqu’au bord caudal du poumon en formant une lame absolument continue. Or, il est clair que cette lame n’est point du tout une unité anatomique, qu’elle ne forme point un organe distinct, mais qu’elle résulte de la réunion de plusieurs lames différentes décrites séparément ci-dessus. Le diaphragme représenté par SAPPEY et par BERTELLI est un artefact anatomique résultant d’une dissection trop complète des sacs, et évidemment aussi de la tendance à retrouver dans l’appareil pulmonaire des Oiseaux, une membrane capable de jouer le rôle du diaphragme musculaire des Mammifères. La complication des parties en présence, la difficulté de représenter par le dessin les cavités des sacs et les accidents très nombreux de surfaces avoisinantes expliquent aisément la facilité de créer des lames en partie artificielles comme l’est le diaphragme total de ces auteurs; et si nous comparons la figure 3, PI. IV, de
SAPPEY qui représente les viscères en place etles sacs ouverts, avec sa figure 3, PI. T, qui représente le diaphragme, nous voyons clairement que toute la surface qui entoure les bronches, pour ne parler que de celle-là, a été fortement schématisée dans cette dernière figure, les saillies des troncs carotidiens et de la thyroïde ne sont plus représentées et les troncs vasculaires qui pénètrent dans le poumon sont évidemment eux-mêmes schématisés, enfin l’œsophage n’est point figuré. IL ne l’est pas davantage dans le dessin de BERTELL.
Il est clair que dans les figures de ces auteurs, la lame formée par l’accolement des parois caudales du sac interclaviculaire et craniale du sac diaphragmatique antérieur a été détruite sans laisser de traces, ce qui pourrait tenir du reste à ce que la préparation à été faite sur le frais où la rétractibilité des membranes fait aisément disparaître des lambeaux coupés à quelque distance de leur insertion. Il est clair aussi que toute la partie craniale du diaphragme décrit par SAPPEY et BERTELII, c’est-àdire toute la partie située en avant du hile du poumon, n’est point comme la partie caudale du même diaphragme, en rapport direct avec la surface pulmonaire ; elle en est séparée par toute la cavité du sac cervical de chaque côté, et cette prétendue partie craniale n’est autre chose que la paroi dorsale du sac interclaviculaire, unie à la paroi ventrale du sac cervical et formant la voûte du sac interclaviculaire. BERTELLI, comme SAPPEY, a absolument méconnu la direction de la pente craniale du poumon, et ne s’est point rendu compte de l'intervalle qui la sépare de cette voûte. Or, la pente craniale du poumon qui est souvent si courte que l’on ne peut lui attribuer une longueur dans le sens longitudinal, n’offre point comme la pente caudale de revêtement comparable à un diaphragme, elle est recouverte simplement par la paroi dorsale du sac cervical, dans laquelle rien ne peut être représenté comme un diaphragme véritable. En effet la forme légèrement convexe ventralement de la face ventrale du poumon, dans sa pente craniale, s'oppose complètement à ce que l’on puisse comparer
le feuillet dorsal du sac cervical qui la revêt, au diaphragme qui recouvre la pente caudale.
Pente craniale et pente caudale de la face ventrale du poumon ont donc toutes deux des rapports spéciaux et très différents pour l’une et pour l’autre. La pente caudale seule est en rapport avec le diaphragme ornithique qui, chez le Poulet, est formé exclusivement par la voûte du sac diaphragmatique antérieur, et d’ailleurs le rôle même de ce diaphragme est des plus douteux. Les principaux résultats exposés dans ce résumé ont déjà été publiés dans ma note du 29 juillet 1911 (A. JUILLET, 1911 d).