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CHAPITRE III

Recherches sur l'anatomie pathologique du glaucome.

Nous nous sommes proposé, dans ce travail, de rechercher en quoi les connaissances actuelles sur l'anatomie pathologique du glaucome expliquent les phénomènes essentiels et caractéristiques de cette affection. Une telle étude a été entreprise bien des fois. Il n'est pas inutile cependant de la reprendre de temps à autre avec des données nouvelles et surtout avec des idées différentes.

Il y a fort longtemps que l'on possède des notions exactes sur les lésions du glaucome, et le nombre des travaux sur ce sujet s'accroît de jour en jour. Henri Millier en 1858 dans le IVe volume des A rchives de de Grœfe avait publié une description microscopique de deux yeux glaucomateux à laquelle on n'a en somme pas ajouté grand'chose. Il avait en effet signalé non seulement l'excavation, l'atrophie des couches nerveuses de la rétine, mais encore les lésions vasculaires de cette membrane et jusqu'à la soudure périphérique de l'iris, à laquelle il n'attribuait d'ailleurs aucun rôle pathogénique.

Depuis Mùller on a examiné microscopiquement un nombre considérable d'yeux glaucomateux ; peu de choses sans doute qui n'aient été dites et avec détail sur les lésions de chaque partie. On a tout trouvé en fait d'altérations, et cependant l'accord n'est pas entièrement fait

sur ce qu'il y a d'essentiel, de causal, de primitif, dans ces lésions, si tant est que la cause première du glaucome soit une lésion organique. Ce qui manque surtout, ce sont des examens suffisamment nombreux, et suffisamment complets au point de vue des idées actuelles, de glaucomes récents. Ce qui en outre nous fait encore relativement défaut, c'est l'ordre de succession, l'enchaînement, la chronologie des lésions. Là-dessus on n'a en général pas assez insisté; les uns ont admis comme primitif ce que d'autres ne peuvent considérer que comme secondaire, par exemple la soudure de Knies. Avant d'altribuer une valeur pathogénique à cette lésion il aurait fallu établir qu'elle existe avant toute autre. S'il y a une erreur sur ce premier point, toute la théorie s'en ressentira.

Nous ferons séparément l'étude des glaucomes primitifs, des hémorragiques et des consécutifs. Au sujet des premiers nous ne pouvons discuter immédiatement la question de savoir si l'augmentation du tonus est la cause de tout le mal dans le glaucome, ou bien si elle ne constitue que l'un des symptômes de l'affection. Mais nous devons nous adresser dans nos essais de pathogénie à des glaucomes complets, indiscutables, c'est-à-dire s'accompagnant de tonus.

Tous les cliniciens, sans doute, ont vu des cas d amanrose avec excavation présenter un jour des signes manifestes d'augmentation de la pression, c'est-à-dire devenir, pour tout le monde, de vrais glaucomes. De là à considérer toutes les excavations à type glaucomateux, que le globe soit ou non d'une dureté appréciable au toucher, comme déterminées par l'hypertension il n'y a qu'un pas. Ce serait cependant une mauvaise méthode que de réunir a priori les anciennes amauroses avec excavation de de Grœfe et les glaucomes avec tonus augmenté. Si légi-

Panas et Rochon-Du VIGNEAU [). o

time que puisse paraître à plusieurs cette assimilation, il faut la démontrer vraie avant de juxtaposer dans une même étude pathogénique les deux formes de la maladie.

Nous voulons donc nous occuper ici exclusivement des glaucomes primitifs reconnus tels par tous les auteurs, c'est-à-dire présentant une augmentation chronique de la tension intraoculaire. Quant à mettre ensemble tous les cas où le tonus est augmenté, à faire un bloc des glaucomes primitifs et des secondaires, c'est encore là une pétition de principe absolument inadmissible, une dangereuse faute de méthode, alors même qu'il serait démontré plus tard que certains glaucomes secondaires ont une parenté des plus étroites avec les primitifs. Il faut analyser d'abord avant d'essayer la synthèse.

Nous étudierons donc séparément les glaucomes primitifs, les hémorragiques et les consécutifs.

Mais il est nécessaire d'examiner tout d'abord à quels résultats a conduit l'étude des quelques cas de glaucomes récents ou arrêtés dans leur évolution que l'on a pu examiner au point de vue anatomo-pathologique.

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