CORPS VITRÉ
globe par épaississement du diaphragme zonulo-cristallinien. Mais qu'entend-il exactement par là?
Corps vitré.
L'idée d'une augmentation de volume du vitré dans le glaucome est fort ancienne. On la trouve émise par Plattner en 4745, qui déjà connaissait la dureté de l'œil glaucomateux. Vers 1840 Mackenzie, qui a tant contribué à répandre la notion de l'exagération du tonus, admettait une accumulation d'humeur vitrée dissoute et croyait à une maladie de la membrane hyaloïde. De Grœfe admettait aussi comme conséquence de sa choroïdite séreuse une augmentation de volume du vitré. C'est là du reste une nécessité physique admise par tous : la chambre antérieure étant, dans le glaucome, aplatie par refoulement du cristallin en avant, il faut bien que les organes situés en arrière (vitré ou à la rigueur contenu de la chambre postérieure) aient augmenté de volume.
Knies ne signale aucune lésion particulière du vitré dans le glaucome. Cependant divers auteurs ont signalé son ramollissement fréquent.
Hœnsell (Arch. cFophtalm., 1890), sous le titre « l'altération du corps vitré dans le glaucome », expose le résultat des recherches qu'il a faites sur un globe atteint de glaucome absolu. 11 dit avoir retrouvé les mêmes lésions dans un grand nombre de cas semblables.
Sa description, malheureusement peu compréhensible, n'est éclairée par aucune figure. Cela est d'autant plus regrettable que l'auteur, compétent au point de vue de l'étude si difficile du corps vitré, a vu des lésions probablement intéressantes : « Après l'accroissement de la
substance hyaline dans les cellules qui forment les lamelles du corps vitré adulte, la substance granuleuse disparaît peu à peu des voies intracellulaires rétrécies ; elle est remplacée par un liquide qui a le même indice de réfraction que la substance hyaline, ce qui empêche d'observer cette dernière... Dans le processus glaucomateux les voies intracellulaires se trouvent complètement closes par la condensation de la substance hyaline des cellules, leur contenu est forcé de s'accumuler entre les lamelles et, ne trouvant pas d'issue, il y devient stagnant par suite de l'imperméabilité des lamelles ; la tension oculaire augmente ainsi. »
Cet état du vitré doit être considéré d'après Hœnsell comme une atrophie.
Rétine et nerf optique.
De Gra?fe, auquel n'avait pas échappé le fait que le glaucome se produit principalement chez des gens âgés à artères rigides, et qu'il est souvent associé à des altérations séniles du cerveau, eut l'idée de rechercher la eau se des lésions de l'œil dans une maladie de ses vaisseaux nourriciers. Il eut l'occasion d'examiner les veux d'un glaucomateux mort d'hémorragie cérébrale. Les vaisseaux de la base du crâne étaient fortement athéromateux. L'œil droit, depuis longtemps aveugle par glaucome, était nourri par une artère ophtalmique extrêmement athéromateuse et rétrécie. Les artères de sa rétine étaient tortueuses et sclérosées. Les vaisseaux choroïdiens étaient du reste également malades. L'œil gauche présentait seulement un commencement d'excavation de la papille (unelégère saillie, dit encore de Graefe à cette époque, 1 854) et avait souffert seulement de quelques phénomènes pro-