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CHAPITRE VII

Les théories du glaucome.

On connaissait avant de Graefe (Mackenzie, Desmarres, Tavignot) l'augmentation de tension de l'œil glaucomateux, mais c'est de Grsefe (1855) qui fit de ce caractère la chose essentielle, le symptôme primordial tenant tous les autres sous sa dépendance. Aussi fut-il amené momentanément à séparer du glaucome, sous le nom cT-amaurose avec excavation, les types cliniques qui présentaient tous les signes du glaucome (excavation caractéristique de la papille, rétrécissement progressif du champ visuel, etc.), mais n'offraient pas d'augmenfation de tension bien appréciable au doigt. Enfin il crée les glaucomes secondaires pour y ranger les cas où une lésion primitive quelconque se complique plus tard d'augmentation chronique de la pression, d'excavation du nerf optique, etc.

On sait que c'est par une choroïdite séreuse qu'il expliquait l'augmentation de volume du vitré et la tension dans les glaucomes inflammatoires. Au sujet des amauroses avec excavation ses idées se modifièrent à la suite des travaux de Donders. Il vit du reste lui-même que quelques-uns de ces cas d'amaurose se transformaient en glaucomes inflammatoires. Il rangea alors cette affection dans le glaucome simple, qu'il n'expliquait pas par la choroïdite séreuse, mais plutôt par la théorie

de l'hypersécrétion de cause nerveuse de Donders.

Donders, en 1862, considéra Je glaucome simple comme type du glaucome. Se compliquant & ophtalmie il devient le glaucome inflammatoire, mais môme à l'état simple il présente toujours un certain degré d'augmentation de tension, qui reste toujours l'essence de la maladie, et dont il faut chercher la cause dans une exagération des sécrétions intraoculaires par irritation des nerfs sécrétoires.

Les théories de Donders donnèrent lieu à des recherches expérimentales (Wegner, Adamûck, von Hippel et Grûnhagen), que nous avons partiellement résumées au chapitre Physiologie de l'angle irien, et dont les résultats n'ont pas été concluants. Tout au plus ces auteurs ontils obtenu, dans leurs expériences sur le grand sympathique cervical, des modifications de la tension oculaire dont le déterminisme reste encore à établir. Ceci reste vrai même après les expériences plus récentes de Nicati, Spallita, Angelucci.

Cependant Jiiger (1858) ne considérait pas l'augmentation de la tension intraoculaire comme l'essence du glaucome, et cela parce qu'elle faisait défaut dans des cas qu'il ne pouvait se décidera séparer des autres glaucomes, c'est-à-dire les glaucomes simples, les amauroses avec excavation de Grsefe. Il regardait le refoulement de la papille beaucoup plutôt comme le résultat d'un trouble de nutrition diminuant la résistance des tissus, que comme la conséquence d'un effet mécanique de pression. En somme, pour lui, le glaucome consistait avant tout dans des troubles nutritifs déterminés par des lésions vasculaires.

On voit que, dès le début, deux théories très distinctes sont en présence ; l'une avec de Grsefe et Donders met tous les accidents glaucomateux sous la dépendance

de l'augmentation de la tension, c'est la théorie mécanique. Du reste pour le premier, l'hypertonie est causée par une lésion des tissus (choroïdite) ; pour le second, elle est due à une suractivité sécrétoire. L'autre théorie, mise en avant par Jager, ne considérant pas la tension comme chose essentielle, fait du glaucome un trouble trophique des tissus de l'œil lié à des lésions vasculaires.

La grande majorité des ophtalmologistes se sont orientés suivant de Graefe, à ce point que le mot de glaucome qui, pour les anciens cliniciens, indiquait seulement un aspect particulier à l'œil dénotant des troubles graves, a fini par désigner l'état de tout œil dont la tension est exagérée.

Nous ne voyons guère que Schnabel qui ait repris l'opinion de Jàger et défendu la théorie du glaucome considéré comme lésion de nutrition.

Ajoutons du reste que, ainsi que nous l'avons vu, de Grœfe n'était pas exclusif, puisqu'il avait découvert le premier la co-existence de lésions artérielles du cerveau et de l'œil avec le glaucome. Il y avait évidemment dans cette recherche des lésions vasculaires la marque d'idées très larges sur la nature du glaucome. C'étaient seulement les caractères généraux de l'œil glaucomateux que de Greefe cherchait à expliquer par l'hypertonie; il est évident qu'il cherchait dans une cause générale telle que l'artériosclérose les conditions de développement de la maladie.

Théories mécaniques.

Sans vouloir refaire l'histoire détaillée de ces théories, faisons remarquer que l'on peut les diviser en théories (ï hypersécrétion, et théories de rétention, les premières étant d'une façon générale les plus anciennes en date.

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