THÉORIES MÉCANIQUES
trouble nutritif de certains tissus de l'œil, par exemple de la papille et du nerf optique.
Nous ne voyons guère que Schnabel qui ait défendu les idées de Jâger sur la nature dystrophique du glaucome. Chose curieuse, dans l'une de ses premières publications sur le glaucome, de Graefe avait supposé que des altérations athéromateuses dans les différents domaines vasculaires de l'œil pouvaient déterminer les diverses formes du glaucome. L'amaurose glaucomateuse serait ainsi une conséquence des altérations de l'artère centrale de la rétine; la forme habituelle, le glaucome inflammatoire, serait causée par une lésion des vaisseaux ciliaires. C'est là eu somme l'idée reprise et développée par Schnabel. L'augmentation de tension est pour lui un symptôme des altérations glaucomateuses de l'iris, on ne la constate pas quand les altérations du nerf optique ou de la rétine existent encore seules. « Lorsque, dit-il, on considérait l'hypertonie comme la base du processus glaucomateux, on devait nécessairement méconnaître la rétinite glaucomateuse, quand elle existait seule. On considérait alors aussi le glaucome hémorragique comme consécutif à une rétinite hémorragique. Mais comment s'expliquaiton que la rétinite hémorragique pût déterminer l'augmentation de tension? Comment celle-ci survientelle quelquefois alors que les hémorragies, sa cause supposée, ne sont complètement résorbées ? Pourquoi tant de formes d'hémorragies rétiniennes sans glaucome ? C'est que les accidents glaucomateux proprement dits ne se produisent que lorsque la lésion vasculaire primitivement manifestée sur la rétine, a atteint les vaisseaux de l'iris. »
Quant à la cause des lésions vasculaires, Schnabel la voit dans une névrose des vaso-moteurs. Une fois cons-
tittiées, les lésions vasculaires agiraient d'une façon chronique, tandis que les spasmes artériels déterminés par la névrose vaso-motrice détermineraient les accidents aigus.
Le plus récent travail de Schnabel (1892) a trait à la démonstration de l'indépendance de la névrite glaucomateuse. Rappelons seulement qu'il s'appuie sur la constance des altérations névritiques quelle que soit la forme du glaucome, sur la constatation de signes fonctionnels de névrite dans des glaucomes au début, enfin sur les altérations de coloration de la papille qui peuvent précéder l'excavation.