‹ Recherches anatomiques et clinques sur le glaucomeChapitre 26 sur 53 · SCLÉROTIQUE ET CORNÉE · texte numérisé non relu

SCLÉROTIQUE ET CORNÉE

attribué cette persistance du tonus à une augmentation du contenu oculaire, non à un défaut d'excrétion.

Dans tous les glaucomes et même dans l'hydrophtalmie, il y a donc une diminution considérable de la filtration de l'bumeur aqueuse hors de la chambre antérieure par rapport à ce qui existe à l'état normal. Comme cause de cette diminution de filtration on trouve la soudure de Knies. Ces données fournissent un appui essentiel à la théorie de rétention du glaucome; entre l'augmentation de tension et l'obstacle à la filtration il y a un rapport de cause à effet.

Mais, après ces conclusions de Leber et Bentzen, nous devons rappeler que ces lésions de rétention manquent dans les glaucomes énucléés lors de la première attaque (Birnbacher, Elschnig) et que, par conséquent, si elles ont dans l'évolution du glaucome une très grande importance, ce n'est cependant pas à elles qu'il faut attribuer l'explosion des phénomènes glaucomateux.

Elles constituent une complication précoce, grave et presque constante, mais non un point de départ.

Sclérotique et cornée.

Dans la plupart des glaucomes ayant duré un temps suffisamment long, on constate la présence de staphylomes partiels de la coque fibreuse oculaire. C'est ainsi qu'il en existait dans nos observations nos I, III, IV, VIII, c'est-à-dire dans 5 cas de glaucome absolu sur 8. Au contraire les nos II, VI et VII n'en montraient aucune trace. La durée de la période glaucomateuse ne peut pas être considérée comme l'unique facteur de la production du staphylome, puisque les observations VI et VII se rapportent à des glaucomes particulièrement anciens. Nous

ne pouvons non plus attribuer ces staphylomes à un défaut de résistance pathologique du tissu scierai, puisqu'on ne trouve aucun signe d'inilammation ancienne ou récente de la fibreuse à leur niveau. Le siège habituel de ces ectasies, que l'on rencontre de préférence sous le tendon d'insertion sclérale des muscles droits, c'est-à-dire là où, d'après le Pr Sappey, la sclérotique présente son minimum d'épaisseur, nous porte au contraire à les considérer comme de simples dilatations de cause mécanique, dans la production desquelles tout au moins les phénomènes mécaniques jouent le principal rôle. Il est fatal que les points faibles cèdent les premiers. Il est possible que des différences individuelles dans l'épaisseur de la sclérotique expliquent pourquoi certains yeux glaucomateux échappent à la formation d'ectasies sclérales.

Dans l'observation I, il n'y avait pas de staphylome scléral, mais bien un staphylome de la variété dite à tort intercalaire et siégeant en réalité dans la cornée ellemême. Ce qui le démontrait bien dans ce cas, c'est la présence de la portion marginale de la membrane de Descemet au niveau du bord scléral du staphylome.

Dans aucun de nos trois cas de glaucome hémorragique type, les observations IX, X, XI, il n'existait d'ectasies sclérales.

Lésions cornéennes.

La cornée des yeux énucléés pour cause de glaucome est rarement saine. Ce n'est que dans les observations VII, IX et XI qu'elle était entièrement normale, or nous avons beaucoup de raisons pour considérer le n° VII, dont l'observation clinique manque malheureusement,

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comme un glaucome chronique simple. Le n° IX est un glaucome hémorragique récent; si sa cornée en ellemême était saine, il existait une forte congestion avec infiltration cellulaire du limbe scierai, ce qui est, croyons-nous, le point de départ de beaucoup des altérations cornéennes du glaucome.

Dans tous nos autres faits il existait des lésions de la cornée, se rattachant toutes à un même type dont elles représentaient des degrés de développement très divers. Macroscopiquement elles se montraient sous deux formes principales : ou bien il s'agit de la diminution apparente du diamètre vertical de la cornée, aspect bien connu dans le glaucome, ou bien la cornée se montre opacifiée, principalement dans sa moitié inférieure, par des leucomes en général peu vasculaires et constituant ce qu'on appelle le pan nu s glau comateux.

Au point de vue de l'étendue des lésions, nos observations peuvent être sériées de la façon suivante :

Les nos I, II, III, IV, VIII montraient seulement un faible degré de prolifération des éléments du limbe scléral qui s'avançaient de 1 à 2 millimètres vers le centre de la cornée en s 'insinuant entre Fépithélium antérieur et la membrane de Bowman, simulant ainsi une sorte d'empiétement du limbe scléral sur la cornée transparente et réduisant d'autant l'étendue apparente de cette dernière. Dans la règle, c'est aux deux extrémités du méridien vertical que cet empiétement du limbe est le plus marqué ou même c'est là seulement qu'il se produit ; cependant, dans l'observation IV, il existait quelques vaisseaux sousépithéliaux néoformés partis des extrémités latérales de la cornée et s'avançant jusqu'à son centre.

Le n° X présentait des néoformations conjonctives sous-épithéliales tout à fait analogues, mais renfermant

en outre des amas épithéliaux inclus dans son épaisseur et provenant visiblement d'un bourgeonnement de l'épithélium décollé de la membrane de Bowman.

Enfin les nos V et VI présentaient des lésions analogues arrivées à un degré extrêmement remarquable.

Chez le n° V, dans les trois quarts inférieurs de la cornée la membrane de Bowman est séparée de l'épit hélium par une lame conjonctive de nouvelle formation, assez épaisse au niveau du limbe, s'amincissant vers le centre de la cornée, formée de lamelles superposées beaucoup plus minces que celles de la cornée et renfermant quelques capillaires. L'épithélium envoie quelques prolongements irréguliers dans le tissu néoformé sous-jacent.

Chez le n° VI, le plus ancien de tous nos cas, c'est dans toute la hauteur de la cornée que l'épithélium est séparé de la membrane de Bowman par une membrane conjonctive néoformée prolongeant le limbe scléral. La transparence de la moitié supérieure de la cornée n'est pas altérée par cette néomembrane, qui du reste présente en ce point son minimum d'épaisseur. Dans le tiers inférieur de la cornée, siège des opacités d'apparence calcaire, la néomembrane est pénétrée par un certain nombre de prolongements épithéliaux en forme de bourgeons. Quelques-uns se sont séparés de leur couche génératrice et forment des îlots isolés, d'apparence hyaline. Ce sont eux, sans doute, qui constituaient sur la cornée vivante les taches blanchâtres d'apparence calcaire.

Indépendamment de ces curieuses lésions dues à des néoformations conjonctives, on sait que l'épithélium des cornées glaucomateuses présente un aspect dépoli, plus marqué au centre delà membrane, et que Leberet Fuchs ont démontré être sous la dépendance d'un œdème interépithélial. Après énucléation, presque constamment cet

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