CRISTALLIN
eiliaire, et celui de l'iris. Le premier indemne de toute trace d'inflammation ou pour mieux dire de prolifération cellulaire, ayant des vaisseaux parfaitement perméables, souvent même dilatés d'une façon appréciable; le second, toujours altéré dans ses tissus, infiltré de petites cellules, s'atropliiant rapidement, ayant des vaisseaux, non pas spécialement et primitivement malades, mais, comme le reste de la membrane, rapidement atteints par des lésions atrophiques conduisant à l'oblitération. Une différence aussi marquée entre les lésions de deux parties histologiquement continues et analogues nous paraît démontrer que les lésions iriennes, loin d'être une extension de lésions ciliaires ou cboroïdiennes, sont au contraire purement locales et dues à l'écrasement du tissu irien contre la zone de filtration.
Cristallin.
La question du cristallin a pris une grande importance dans l'étude du glaucome, surtout depuis que Priestley- Smitb a admis une augmentation sénile du diamètre de la lentille, laquelle, combinée à un gonflement des procès ciliaires, amènerait les deux organes au contact, oblitérerait complètement l'espace périlenticulaire, y emprisonnerait ainsi les liquides intraoculaires derrière le cristallin. Les sécrétions continuant à se faire, mais ne trouvant plus leur issue périlenticulaire normale, refouleraient en avant le cristallin — et par son intermédiaire l'iris. Celui-ci viendrait alors s'appliquer à la cornée, d'où la soudure de Knies.
Contrairement aux idées de Priestiey-Smith nous n avons jamais pu constater ni une augmentation bien notable des dimensions transversales du cristallin, ni sur-
tout — et c'est là le point important — d'effacement de l'espace périlenticulaire. Toujours, au contraire, nous avons trouvé une distance de un à deux millimètres entre le bord du cristallin et la tête des procès ciliaires, c'est-àdire des conditions normales. Deux cas seulement sur nos onze observations faisaient exception à ces données générales, qui sont vraies pour les neuf autres. Dans l'observation VIII, celle où des hémorragies s'étaient produites après une iridectomie, le cristallin était fortement projeté en avant, subluxé en haut au niveau de la brèche irienne, à travers laquelle il venait toucher la cornée. Cependant l'espace périlenticulaire était conservé.
Dans l'observation VI, il existait une luxation en haut complète du cristallin ; la cristalloïde antérieure, reconnaissable à son épaisseur et à son épithélium, était tournée en arrière; le cristallin avait donc pivoté sur son axe transversal d'une demi-circonférence. En aucun point il ne touchait l'iris, ni les procès ciliaires. On ne trouvait rien dans l'histoire du malade qui rappelât cette luxation, on arrivait seulement à établir qu'elle n'était pas primitive ; le malade, examiné un an avant l'énueléation, avait son cristallin en place et son œil était déjà en état de glaucome absolu.
L'aspect glauque que présente pendant la vie le cristallin glaueomateux ne se constate plus quand on ouvre, pour l'examen à l'état frais, l'œil énucléé.Nous en concluons que l'augmentation de pression à laquelle est soumise la lentille est pour quelque chose dans cette modification de coloration.
Nous avons constamment trouvé les cristalloïdes normales de même que l'épi thélium cristallinien. Nous ferons cependant quelques réserves au su jet de ce dernier, que le mode d'examen adopté pour les yeux glaueomateux ne
CHOROÏDE. 4 35
nous a permis d'étudier que sur des coupes, c'est-à-dire par une méthode insuffisante pour un épithélium.
Quant à la substance cristallinienne proprement dite, elle présente principalement quelques altérations corticale aussi bien antérieures que postérieures.
Choroïde.
La choroïde, examinée à plat pour ses parties antérieures, en coupes perpendiculaires à la direction générale de ses vaisseaux pour les parties postérieures, s'est montrée à tous les points de vue sensiblement normale dans les observations II, III, V, VII, VIII et IX. Remarquons seulement que, dans l'observation VIII qui a trait à un glaucome hémorragique récent, le sang des veines choroïdiennes contenait un nombre anormal de leucocytes.
Dans les observations I, X et XI, sans qu'il y eût de lésions vasculaires de la choroïde, le tissu de celle-ci était légèrement tassé et ses fibrilles connectives, si hnes normalement, étaient un peu épaissies.
Dans l'observation IV, la choroïde présente quelques lésions disséminées : çà et là on trouve une veine à parois un peu sclérosées, en quelques points il existe de petits amas de cellules embryonnaires. Dans le segment inférieur de la membrane, un peu en avant de féquateur, existent trois petits foyers d'atrophie choroïdienne, de deux millimètres de diamètre environ.
La choroïde de l'observation VI, glaucome qui datait de douze ou quinze ans, présente une atrophie complète. Choroïde et rétine soudées ensemble forment une membrane unique dans laquelle la première n'est plus représentée que par sa lame vitreuse et quelques cellules pigmentaires appliquées à la sclérotique. Ce n'est que dans
quelques points très disséminés que les diverses couches de la choroïde sont encore reconnaissables ; encore la
Fig. 11. — La choroïde et la rétine dans un cas de glaucome (obs. YIIT . Cette figure, qui représente deux régions correspondantes de ces membranes et non deux régions artificiellement rapprochées, est destinée à montrer que la choroïde peut rester tout à fait normale alors que la rétine est déjà profondément altérée.
a. c, v. c, une artère et une veine choroïdiennes ; elles sont normales. — ch. c couclie chorio-capillaire, normale. — e, épithélium rétinien, dégénérescence vacuolaire. — 0. cônes et bâtonnets, à peu près normaux. — n. v., noyaux des cellules visuelles ; apparence normale. — c. 6., couche des cellules uni-et bipolaires ; elle est infiltrée d'hémorragies venant des couches sous-jacentes. — l\, uue veine rétinienne à parois épaissies. — a., une artère rétinienne, oblitérée en ce point, infiltrée d'hématies. — h, sang épanché hors des vaisseaux. — f, n., faisceaux nerveux dégénérés. — m, bases sclérosées dos fibres de Miiller.
chorio-capillaire est-elle, atrophiée.
même en ces points, déjà