‹ Recherches anatomiques et clinques sur le glaucomeChapitre 44 sur 53 · EXAMEN MICROSCOPIQUE DE LA RÉCIDIVE ORBITAIRE · texte numérisé non relu

EXAMEN MICROSCOPIQUE DE LA RÉCIDIVE ORBITAIRE

Le nerf optique forme battant de cloche dans l'orbite, au milieu de masses gliomateuses. Les gaines sont dilatées, distendues, par le tissu gliomateux compact. Mais au centre des gaines le nerf optique est très diminué de volume, atrophié, bien qu'envahi lui aussi par les cellules du gliome.

a) Gliome de l'orbite. — 11 présente un réseau fibrillaire variable suivant les points et qui appartient très probablement au tissu conjonctif orbitaire. Les lobules graisseux sont intacts dans le tissu gliomateux. Les vaisseaux sont intacts, les petits nerfs parfaitement normaux.

b) Gaines. — Dure-mère assez bien conservée, dissociéeà sa face interne en lamelles par les cellules gliomateuses.

L'espace arachnoïdien (le tissu arachnoïdien) est complètement bourré de gliome, ses trabécules formant une sorte de stroma réticulaire à la tumeur.

Pie-mère. — Un. peu épaissie par la rétraction du nerf et infiltrée de cellules gliomateuses.

Tronc du nerf optique. — Le tissu nerveux est complètement atrophié, réduit à des travées étroites où l'on ne reconnaît plus que le réseau fibrillaire de la névroglie.

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Fig. 34. — Coupe transversale du nerf optique, de ses gaines et des masses gliomateuses qui l'entourent. Récidive de l'obs. II.

gr, tissu graisseux de l'orbite. — g. o., tissu gliomatcuv de l'orbite. — d, dure-mère, distendue par son contenu gliomateux. — t. tissu arachnoïdien distendu par les cellules de gliotne. — p. m., pie-mère, reconnaissable malgré son intiltration gliomateuse. — t. n., le tronc du nerf à la fois atrophié et envahi par le néoplasme.

Les travées conjonctives sont complètement transformées en tissu gliomateux qui a détruit les libres conjonctives, de sorte qu'il s'est produit une sorte d'inversion de volume entre les faisceaux nerveux et le tissu conjonctif, ce dernier formant de gros îlots arrondis sur les coupes,

le tissu nerveux, aplati, simulant un réseau interstitiel. Mais en quelques points où les faisceaux nerveux ont conservé suffisamment leur aspect malgré leur atrophie, on reconnaît indiscutablement que le réseau aplati est bien le tissu nerveux atrophié et réduit à sa charpente névroglique, et que les îlots volumineux sont les travées conjonctives hypertrophiées par la dégénérescence gliomateuse. Ici donc la propagation de la tumeur s'est faite par la voie conjonctive et non par la voie neuro-né vroglique.

Observation III.

Gliome exophyte. Guérison constatée au bout de 4 ans et demi.

Fernande D..., âg'ée de 30 mois. — 18 mois environ avant l'époque actuelle (31 mars 1893), les parents s'aperçoivent que l'enfant a dans l'œil droit une tache. Cette tache semblait être, dit la mère, non pas dessous, mais dans le fond de l'œil. De la grosseur d'une tête d'épingle au début, elle devint de plus en plus grande ; elle arriva à « couvrir tout le noir de l'œil »".

Quatre jours avant la présentation de la fillette à l'hôpital (31 mars 1893) les paupières enflent de sorte qu'elle ne peut plus ouvrir l'œil (attaque de glaucome).

Les paupières écartées avec le releveur de Desmarres montrent un globe d'aspect glaucomateux, à cornée mate, à pupille élargie, laissant voir vaguement une masse jaunâtre rétro-cristallinienne.

Le diagnostic de gliome s'imposait.

Les parents acceptèrent la chloroformisation immédiate, en permettant d'énucléer l'œil, si pendant le sommeil de l'enfant nous reconnaissions d'une façon certaine l'existence de la tumeur, ce qui pour nous ne faisait aucun doute.

L'énucléation fut faite (31 mars 1893) avec résection d'un centimètre de nerf optique. La coupe de ce dernier était macroscopiquement normale, sans atrophie ni dégénérescence néoplasique. La coque oculaire était partout normale.

La fillette nous a été conduite de nouveau 18 mois plus tard parfaitement guérie. Gomme elle n'est pas revenue depuis ce moment, il esta espérer que la guérison se maintient.

Nous pouvons ajouter aujourd'hui (décembre 1897) que cet espoir n'a pas été déçu. Fernande D... est venue tout récemment nous consulter pour une conjonctivite déterminée par le port de son œil artificiel. Elle ne présente aucune trace de récidive. Sa guérison date actuellement de plus de 4 ans et demi.

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