‹ Recherches anatomiques et considérations physiologiques sur la circulation veineuse du pied et de la jambeChapitre 9 sur 12 · DES CONDITIONS QUI PRÉSIDENT A LA DIRECTION ET A · texte numérisé non relu

DES CONDITIONS QUI PRÉSIDENT A LA DIRECTION ET A

LA VITESSE DE l’ÉCOULEMENT.

§ I. — La direction de la marche du sang est déterminée par des dispositions purement physiques ou anatomiques; ce sont d’abord les valvules, puis le mode de connexion des branches anastomotiques avec les groupes veineux qu’elles relient entre eux.

Berard a donné du jeu des valvules la seule interprétation admissible, en montrant (ju’elles ne peuvent en rien s’opposer aux effets de la pesanteur. « Quant à l’influence des valvules pour neutraliser ou diminuer l’action de la

posanteur, tlilœl autour (1), un |)roibssGur do pliysiolo^io osora-l-il avouer (lu’apros vingt-quatre ans do niédi'tations sur ce sujet, il n’est pas encore parvenu à se l’aire une idée nette de ce que croit comprendre si bien un élève de première année ? Soit une colonne verticale de:| li(|uide non interrompue depuis le haut de la veine cavo: intérieure jusqu’cà la plante du pied, ce qui existerait s’ilii n’y avait aucune valvule dans les veines du membre intérieur, il faudra, je le confesse, une puissante impulsion! à terrjo pour faire remonter cette longue colonne vers le: cœur. Admettons maintenant que cette colonnesoit divisée en un certain nombre de sections horizontales pardes' diaphragmes mobiles ; la force nécessaire pour mettre ern mouvement ces sections superposées sera-t-elle le moins du monde diminuée par la présence de ces diaphragmes? La section inférieure de cette colonne ne devra-t-elle pas,,! pour être mise en mouvement, soulever la valvule char-] gée de la deuxième section, et celle-ci ne devra-t-elle pas soulever la valvule chargée de la troisième section ?* Le poids total à remonter ne restera-t-il pas le môme? »■ Cette argumentation étant plus que suffisante pour dé montrer que le seul rôle des valvules consiste à lutter! contre le reflux, je passe outre. M. Longet adopte^ d’ailleurs complètement cette manière devoir.

Quant aux véritables connexions des anastomoses des'j veines superficielles avec les veines profondes, je m’en suis assez occupé plus haut, pour qu’il me suffise de rappeler ici que, au pied, le sang est dirigé par elles des'l plans profonds vers les superficiels, tandis qu’à la jambe et à la cuisse il suit une marche inverse.

,)’ai hâte d’arriver à l’étude des causes capables d’ac-

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(1) HcrarcI, Traité de pkysiuluyie, t. IV, p. ti7.

célérer ou de ralentir la vitesse de 1 eeoulement : je n’insisterai que sur celles qui s’exercent plus spécialement et avec plus d’énergie au membre inférieur que dans les autres parties du corps.

La vis à tergo agit ici, comme partout, avec une énergie aussi grande, malgré la longueur du chemin que doit parcourir le sang, parce que la marche du sang artériel est très-favorisée par la pesanteur, et que la force impulsive du cœur se transmet jusqu’aux extrémités des artères, sans s’épuiser contre les résistances que ce liquide rencontre dans les vaisseaux à direction ascendante.

L’aspiration thoracique n’exerce qu’une influence trèsindirecte sur les veines du membre inférieur, en diminuant la tension dans la veine cave inférieure et en facilitant ainsi l’arrivée dans ce vaisseau de la colonne de liquide située au-dessous.

L’élasticité et la contractilité des veines jouent ici le même rôle qu’ailleurs; mais la structure spéciale de celles du membre inférieur amène à penser que ces deux propriétés agissent plus puissamment dans cette partie du corps.

Jusqu’ici donc rien de particulier à noter. Les forces précédentes sont seules mises en jeu, quand le corps est au repos, dans la position horizontale ; mais, dans la position verticale, comme une influence défavorable et plus puissante que la leur, celle de la pesanteur, vient s’opposer au cours du sang veineux, elles trouvent des auxiliaires dans deux nouvelles causes d’accélération, qui sont ; i° un phénomène physique, la pression du pied sur le sol, ou réciproquement; 2" un phénomène vital ou plutôt physiologique, la contraction musculaire.

§ 11. D(‘ la pression da pied sur le sol, envisnfjle comme < cause accélératrice de la vitesse du samj. Rôle des muscles ^ de cette région. — Ou se rappelle qu’au pied, les anasloiHOses sont disposées de telle sorte que le couraiit san- ^ guin s’y dirige des veines profondes vers les veines su- , perficielles, des veines plantaires vers les dorsales. Or, * lorsque le pied, supportant tout le poids du corps, se pose brusquement sur le sol, la compression des parties molles de la région plantaire n’est-elle pas capable de favoriser l’écoulement du sang par les voies anastomotiques et par les veines profondes, indépendamment de l’action propre des muscles situés dans ce point? Au premier abord, rien ne paraît plus simple; mais pour résoudre la question en toute connaissance de cause, il faut se livrer à un examen attentif de la disposition et du rôle de l’aponévrose plantaire. 11 faut se rappeler que très-dense et très-épaisse en arrière et dans son milieu, elle se partage antérieurement en languettes séparées par des intervalles assez larges, et que là, la graisse sous-cutanée est en continuité directe avec la graisse sous-apoiié- V rôti que.

Lorsque les muscles sont à l’état de repos, elle suit fidèlement la courbure de la voûte plantaire, mais si le court fléchisseur des orteils vient à se contracter, il tend à rapprocher le calcanéum des orteils, et, par cela même, redresse la courbe décrite par l’aponévrose et écarte celle-ci des os du tarse; du moins c’est ce qu’indique la théorie. 11 est donc assez difficile de comprendre comment la compression du pied sur le sol pourrait accélérer la circulation dans les veines profondes et dans les voies anastomotiques. Cette déduction serait peu en rapport avec le rôle de protection que j’attribue, en général, aux

parties fibreuses en contact avec des vaisseaux. Aussi n’est-ce pas au milieu du pied que cette cause d’accélération peut s’exercer ; mais seulement à ses deux extrémités, en arrière, sur les veines calcanéennes, qui sont superficielles, et dont quelques branches rampent sous la peau du talon ; en avant, par l’intermédiaire de la graisse située à la partie antérieure du métatarse, et qui, comme un coussinet élastique, transmet à la graisse profonde et aux origines des veines musculaires la pression exercée par le sol. Alors, les anastomoses latérales étendues entre le plexus plantaire sous-aponévrotique et le réseau dorsal, la branche de communication qui va des veines plantaires internes aux pédieuses en traversant le premier espace interosseux, transmettent au sang que renferment ces dernières l’impulsion qui a été imprimée à leur contenu; en même temps, les veines plantaires profondes offrent h une partie du sang' ainsi chassé en arrière une voie d’autant plus largement ouverte, que l’aponévrose plantaire est tendue dans ce moment par la contraction du court fléchisseur des orteils. Pour éviter l’engorgement qui pourrait avoir lieu à l’anneau de l’adducteur du gros orteil, l’anastomose qui relie les veines plantaires à la saphène interne, que j’ai signalée comme constante, s’ouvre largement devant le courant sanguin qui s’y précipite ; il en résulte forcément une nouvelle impulsion pour la colonne liquide située audessus de la malléole interne.

Je ne voudrais pas exagérer l’importance de cette cause accélératrice spéciale qu’on ne retrouve dans aucun autre point du système circulatoire ; mais dans les limites où je la maintiens, je crois qu’il est difficile de la nier.

Elle n’est pas seule à agir pour pousser le sang du pied

vers la jamI)o; elle Iroiivc un puissani auxiliaire dans les muscles de la région plantaire. Eux aussi compriment les vaisseaux et lavorisent leur dégoi’gement dans les veines superficielles du pied et profondes de la jambe. Leur contraction se faisant très-peu de temps après (jue le pied a touché le sol, ne peut contrarier l’impulsion ijui en résulte; au contraire, elle ne fait que lui donner [dus d’énergie. A chaque pas les mêmes phénomènes se répètent avec une régularité qui permet de considérer le pied dans l’exercice de ces deux actions très-différentes dans leur nature, comme une sorte de cœur situé à l’extrémité inférieure du membre, aux confins des systèmes artériel et veineux.

§ III. Marche du sang dans la jambe. — Arrivé dans les veines superficielles, le sang se partage en trois courants: l’un continue son trajet dans les saphènes et leurs, branches communicantes ; le- second s’engage dans les ■ anastomoses que j’ai appelées directes, c’est-tà-dire qui relient sans intermédiaire le réseau sous-cutané aux tibiales et aux péronières; enfin le troisième pénètre dansles muscles par les anastomoses indirectes.

Il faut que la force d’impulsion communiquée par le pied au contenu des veines superficielles soit considérable ; car nous savons qu’à la jambe, il n’existe aucune anastomose allant des muscles aux parties superficielles, que dans toutes le courant sanguin est centripète ; et, comme il en est de même à la cuisse, il faut ([ue l’accélération de vitesse qui résulte de faction du pied, sufïise pour élever le sang jusqu’à l’embouchure de la saphène interne, bien entendu avec l’aide de la visa fergo et des causes générales, (ju’il ne faut pas perdre de vue.

Lîi facilité de l’écoulement par les anastomoses directes a pour condition indispensable c[ue la tension ne soit pas trop grande dans les veines profondes; dans ce cas, les valvules qui gardent leur embouchure se rabat- I raient forcément, et le courant n’aurait d’autre voie ouverte devant lui que les branches de dérivation qui enjambent pour ainsi dire l’obstacle.

.lusqu’ici tout est facile à expliquer dans la maiche du sang, mais la dilficulté commence dès qu’il s’agit d’interpréter l’influence de la contraction musculaire.

§ IV. De la contraction musculaire. — Elle s’exerce (le deux façons, sur des vaisseaux situés en dehors des muscles, et sur les veines qui traversent ces organes. A priori il est impossible d’admettre qu’une môme interprétation puisse s’appliquer à des conditions aussi différentes; aussi est-il indispensable d’envisager séparément ces deux cas.

Quand un muscle se contracte énergiquement, malgré le raccourcissement plus ou moins considérable qui s’y jiroduit, son volume reste exactement le môme : la théorie et l’expérimentation forcent à admettre que le diamètre transversal augmente d’une quantité proportionnelle au raccourcissement. Il en résulte qu’un vaisseau ^lacé à côté du muscle, parallèlement à son axe, et fixé dans sa position par une aponévrose de contention, qui l’empêche fie fuir, subira danstoute sa longueur et en môme temps une pression égale, l.e sang s’échappera par où il pourra, et comme les valvules s’opposent à son reflux, il s’écoulera par l’extrémité supérieure.

'felle est la théorie devenue elassi([ue; au fond, elle

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