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III. - SYSTÈME NERVEUX

Nous rapprocherons également de Fhistolyse épithéliale la régression du tissu nerveux : et, ici, nous aurons peu de chose à ajouter aux données antérieures.

La moelle qui se continue jusqu'à l'extrémité de la queue sous la forme d'un simple tube épithélial, présente à l'extrémité des phénomènes qu'il est difficile de suivre dans les détails, parce qu'ils ont peu d'extension et portent sur des éléments petits. Le tube nerveux conserve, en effet, très longtemps son intégrité, appliqué sur la chorde dorsale dont il suit les replis.

L'altération à l'extrémité consiste dans la formation de larges aréoles contenant du pigment et des noyaux très pâles. On discute la question de savoir si le tube nerveux est ouvert ou fermé à l'extrémité, à l'état normal : quoi qu'il en soit, il est ouvert au moment de la métamorphose. Dès les débuts, nous avons pu observer des leucocytes dans son intérieur, et les mêmes éléments se rencontrent à l'extrémité ouverte du tube où ils absorbent les produits de destruction et, en particulier, le pigment. Ajoutons qu'à la fin de la régression, le tube médullaire offre des solutions de continuité, et que ses débris disparaissent dans une masse générale sur laquelle nous aurons à revenir à propos du tissu conjonctif.

Les cellules ganglionnaires^ à cause de leur volume considérable, sont plus faciles à étudier. Elles présentent les phénomènes de l'histolyse, non seulement dans les racines rachidiennes de la queue, mais encore en beaucoup de points du système nerveux. Pour bien faire ressortir ce point intéressant, nous pouvons prendre comme exemple certains éléments des ganglions du vague ou du trijumeau, qui, donnant naissance à des nerfs en rapport avec des parties dégénérées, sont eux-mêmes atteints par l'histolyse. Loos indique une condensation du protoplasma cellulaire ayant pour effet de rendre les éléments anguleux et de déve-

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lopper en eux des vacuoles avec des grains de pigment. Suivant lui, on trouve dans le noyau cinq ou six masses chromatiques entre lesquelles on peut à peine distinguer le nucléole primitif; en même temps le noyau, à contour très marqué, deviendrait clair et hyalin. Nous ajouterons à ces données que la membrane nucléaire s'efface finalement et que tout l'élément se colore en bloc d'une façon intense. En effet, la masse chromatique n'est pas toujours répartie régulièrement en massules comme l'indique le savant allemand. On la voit souvent se répandre d'une façon graduelle dans l'espace cellulaire, jusqu'à envahir finalement tout le protoplasma dans lequel apparaissent des grains de pigment. Le rôle du noyau, et même l'initiative du nucléole dans la formation de ce produit, ressortent, dans certains cas, avec une parfaite évidence. Notre figure 24 (PI. II) montre précisément de véritables boyaux chromatiques en rapport avec des renflements nucléolaires comme ceux que nous a présentés l'histolyse cutanée. — En rapport avec cette régression dans les cellules des ganglions, on peut voir dans les centres (encéphale, moelle allongée, moelle épinière), des zones entières d'éléments offrant la même dégénérescence pigmentaire. Nous verrons que ce fait n'a rien de surprenant, puisque, d'une extrémité à l'autre du corps, tous les tissus présentent des phénomènes d'histolyse.Les conditions qui déterminent la métamorphose exercent-elles tout d'abord leur action sur les centres? ou bien, cette action portant d'abord sur les tissus, l'altération des éléments ganglionnaires est-elle un fait consécutif? Le point est difficile à préciser : en tout cas, il est intéressant de constater que, dun bout à t autre ^ les centres nerveux sont partiellement atteints.

Il suit de là que l'histolyse de la fibre nerveuse pourrait être observée en tous les points de la larve. Sans compter l'appareil branchial, nous trouvons certains muscles de la tête, comme ceux des lèvres, et beaucoup de faisceaux du tronc, qui dégénèrent ; d'autre part, le tissu conjonctif sous-cutané disparait en grande partie pour faire place aux sacs lymphatiques, etc. Tous les filets nerveux qui vont à ces régions sont atteints ; mais, comme ils sont

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peu considérables et mêlés à des fibres intactes, il est préférable d'étudier cette dégénérescence sur les paires rachidiennes de la queue, d'autant plus que cette étude n'est pas sans difficulté.

La dissociation permet facilement de mettre en liberté des fragments d'aspect laiteux à la lumière directe, réfringents à la lumière transmise. On peut voir alors saillir, soit par l'extrémité rompue d'une fibre, soit latéralement à travers la paroi, des vésicules à. double contour plus ou moins épais, quelquefois des sphérules pleines qui se colorent d'une façon intense par le vert de méthyle. Ces vésicules ont souvent un aspect irrégulier et semblent se résoudre en balles plus petites. Loos a vu ces corps particuliers, mais il n'insiste pas sur les réactions qu'ils donnent : il les considère comme des fragments myéliniques, dont la sortie est déterminée par la rupture des fibres ; il n'y aurait là qu'un accident de dissociation. Que la sortie régulière de ces produits dans la dissociation soit souvent un accident, nous ne le contesterons pas. Mais nous avons vu, sur les coupes^ des sphérules ayant les mêmes réactions, s'amonceler en certains points le long des fibres, et même sourdre en une grosse masse à travers le névrilemme du faisceau (PI. II, fig. 2S).

Si l'on examine des fibres dissociées, on constate que le cylindre axe cesse rapidement d'être visible et semble disparaître de bonne heure. Puis, la gaine de myéline présente des solutions de continuité à mesure que la fibre, suivant le mouvement général de condensation, se plisse et présente des bosselures irrégulières. • Après la sortie des corps dont nous venons de parler, les gaines, qui semblent vides, persistent encore longtemps avant de disparaître (PI. II, fig. 26). Cette division de la myéline peut rappeler, jusqu'à un certain point, les faits observés par Courvoisier sur les fibres de grenouille séparées de leur centre trophique (Degeneration's Kugelchen). Mais remarquons que les produits en question, dans notre cas, n'ont pas les réactions de la myéline et que la myéline elle-même, chez ces larves, n'est pas semblable au point de vue chimique à celle de l'adulte, puisque l'acide osmique ne la norcit pas. L'identHé complète que présentent au point de vue des

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colorations, ces produits et ceux que nous avons décrits, nous porte à admettre ici encore {quoique nous n'ayons pu la constater), une combinaison de la myéline avec la chromatine des noyaux des fibres. Metschnikoff parle de globules blancs renfermant des firagmentsde fibres reconnaissables ; et, après lui, Barfurth prétend s'être assuré du même fait. La phagocytose nerveuse nous a totalement échappé ; jamais nous n'avons pu reconnaître dans un leucocyte des produits aussi directs et bien caractérisés de l'histolyse des faisceaux.

Nous avouerons également, comme tous ceux qui ont abordé ce sujet, n'avoir pu suivre l'histolyse des fines fibres nerveuses sans myéline, qui se répandent en abondance dans les tissus de la queue et particulièrement dans le lophioderme.

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