LA DIAPÉDÈSE EST GÉNÉRALE
En étudiant les modifications de la circulation au début de ce travail, nous avons eu l'occasion de signaler le ralentissement de la circulation caudale, l'oblitération partielle des capillaires et la diapédèse. La destruction des fins capillaires sanguins, ou lymphatiques est difficile à observer. Elle n'est point nécessaire à la diapédèse; et, pourtant, l'altération des parois se produit forcément, puisque au bout d'un temps très court, le nombre des capillaires est très réduit. Nous avons pu voir, dans certains cas, des solutions de continuité en rapport avec la diapédèse des globules blancs et rouges. Mais l'histolyse est plus facile à observer sur les grands troncs. Loos a suivi la délamination de l'épithélium et la dissociation des tuniques de l'aorte caudale dans les derniers stades de la métamorphose : nous croyons inutile de revenir sur ce point qui n'offre rien de particulièrement intéressant.
La régression du système vasculaire, dans les traits essentiels, peut se résumer en quelques mots : oblitération graduelle des capillaires j dont quelques troncs seulement persistent, en rapport avec les vaisseaux principaux dans lesquels le sang reste en mouvement jusqu'à la fin de l'histolyse. C'est ainsi que les coupes successives, au bout d'un jour après la sortie des membres antérieurs, nous ont montré un vaste sinus sanguin terminal, duquel partent en avant deux ou trois gros troncs qui sont également de simples sinus puisque nous n'avons pu observer de paroi. Ces troncs se résolvent, en avant, dans un système vasculaire plus riche, parce que la régression est moins avancée qu'à l'extrémité. Ce système, de plus en plus simple à mesure qu'on va vers la périphérie, nous paraît présenter le schéma de la régression des vaisseaux.
Les données de Loos sur la dégénérescence des éléments étoiles peuvent se réduire à quelques mots. Les prolongements se rétractent; la cellule isolée devient d'abord fusiforme, puis ovalaire;
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finalement elle perd, au milieu de la masse totale, ses caractères spécifiques, comme les éléments des autres tissus, et devient méconnaissable; on voit, dans quelques-unes de ces cellules, le noyau condenser sa nucléine en masses irrégulières et dégénérer suivant le mode ordinaire.
Pour cette étude, nous pouvons prendre non seulement le lophioderme de la queue, mais un point quelconque du corps le tissu conjonctif dont la structure est partout identique, dégénérant en grande partie pour constituer les sacs lymphatiques sous-cutanés. La rétraction des prolongements s'observe facilement. Mais le point caractéristique est encore ici rémission de la chromatine sous forme de sphérules qui sont recueillies par les leucocytes (PI. IV, fig. 38). Quoique l'initiative du nucléole soit ici plus difficile à saisir, on peut voir, dans certains cas, à l'intérieur même du noyau, un filament virguliforme dense, partant d'un renflement d'apparence nucléolaire. Notre figure 38 montre nettement l'absorption des produits chromatiques par les leucocytes; elle montre surtout un point capital sur lequel nous reviendrons : la distinction très nette établie par la coloration et l'aspect général, entre les leucocytes et les éléments conjonctifs.
Dès le début de ces recherches, nous avions observé sur les coupes l'apparition, au contact du noyau, de sphérules plus ou moins volumineuses, réfringentes, et vivement colorées par les réactifs nucléaires. L'identité fondamentale des processus de dégénérescence musculaire observés par Waldeyer sur des queues de têtards séparées du tronc, avec la régression physiologique pendant la métamorphose, nous conduisit à des recherches de môme ordre sur le tissu conjonctif. Enlevons délicatement d'un coup de ciseaux un lambeau mince de lophioderme. Plaçons-le étalé dans une goutte de sérum et suivons pendant quelques heures les modifications qui vont se produire. Nous assistons à une rétraction des prolongements. Après un temps assez long, une heure et demie ou deux heures, nous voyons tout à coup apparaître latéralement, au contact du point réfringent qui marque la position du noyau, une vésicule qui se gonfle en même temps que la masse de