‹ Recherches anatomiques et expérimentales sur la métamorphose des amphibiensChapitre 22 sur 45 · VI. - LES BRANCHIES. LE CARTILAGE. LE FOIE · texte numérisé non relu

VI. - LES BRANCHIES. LE CARTILAGE. LE FOIE

L'HISTOLYSE EST GÉNÉRALE.

Ce qui frappe immédiatement quand on aborde cette étude de l'histolyse, c'est que les savants qui s'en sont occupés n'ont considéré que la queue, comme si le reste du corps était absolument étranger à la transformation subie par la larve.

L'étude des divers tissus (épithélial, nerveux, musculaire et conjonctif) nous a déjà fourni l'occasion de montrer, pour chacun d'eux, que les modifications qu'ils subissent se rencontrent sur tous les points de l'organisme. Il nous reste à examiner quelques exemples, plus typiques encore, puisqu'ils sont empruntés à des

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tissus OU à des organes qui n'ont pjas de représentants dans la queuQ.

Nous dirons peu de chose sur la régression des branchies. L'his-r tolyse de Fépithélium nous a peimis déjà un examen partiel. Le3 muscles branchiaux dégénèrent suivant le mode général précédemment décrit. Nous avons assisté à la* régression des éléments ganglionnaires d'où partent les filets nerveux destinés à chaque arc branchial. Le tissu conjonctif et la phagocytose appellent seulement deux remarques :

1** Le tissu conjonctif des houppes devient très aréole; et Ton observe une abondance de leucocytes contenant les produits figurés de rhîstolyse que nous connaissons et dont la genèse s'est présentée avec une netteté toute spéxîiale dans l'épithélium de cette région (PI. II, fig. 18).

2"* Il y a lieu de répéter ici ce que nous disions à propos des solutions de continuité dans la peau de la région caudale : à savoir que le rôle bienfaisant des leucocytes ne va pas jusqu'à épargner toute perte à l'organisme. Des fragments branchiaux, des produits chromatiques, des phagocytes et des hématies soAt entraînés en assez grande abondance par les orifices expiratèurs. Ce fait qui, sur les coupes, pourrait être attribué à un accident de préparation, apparaît comme nécessaire, si l'on tient compte de l'état des houppes branchiales qui abandonnent une quantité d'éléments à l'état de liberté dans le courant respirAtoire, et si l'on se rappelle cette saillie des branchies par les boutonnières expiratrices, dont nous avons parlé chez VAlyte,

Les cartilages branchiaux nous présentent des faits de dégénérescence dans un nouveau tissu. La substance fondamentale du cartilage offre peu d'intérêt. Elle se dissout graduellement sans donner lieu à des produits figurés. C'est ainsi que l'on voit la péri- ' phérie du cartilage s'échancrer et se délaminer en quelque sorte, en même temps que les capsules se confondent à l'intérieur de la masse par suite de la même altération. Le noyau seul nous permet d'assister encore à la genèse de corps figurés. Us ont le même aspect arrondi et réfringent, les mêmes réactions qu'ils nous ont offertes partout. Si leur mode de formation n'apparaît pas très net,

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il est visible à la simple inspection d'une coupe (PI. lY, fig.43 et 44) qu'ils résultent de la destruction du noyau. Les mêmes produits ne se rencontrent pas seulement là où le cartilage subit une destruction complète; d'autres cartilages nous ont montré les mêmes faits que les arcs branchiaux et avec une netteté au moins égale : nous citerons, comme un exemple typique, le cartilage du parasphénoïde dont la portion postérieure offrait dans chaque capsule deux ou trois sphérules chromatiques vivement réfringentes.

Sans revenir sur la destinée de ces produits, nous aborderons un autre organe où ils abondent d'une façon extraordinaire et où leur accumulation nous a jeté dans une grande perplexité. Nos figures 45 et 46 (PI. V) montrent : Tune, le foie normal de la larve, l'autre, le foie dans la pleine métamorphose. Dans ce dernier, chaque cellule hépatique est remplie de petites sphères à réactions nucléaires. Ces produits ont-ils leur origine dans le foie?

Nous sommes porté à répondre affirmativement, quoique nous n'ayons pu saisir d'une façon nette le mode de formation précédemment décrit.

Notre opinion s'appuie sur les raisons suivantes :

1*» La rareté de ces corps dans les vaisseaux afférents du foie ;

2"" Leur accumulation extraordinaire dans la veine sushépatique. Mieux que toute description, la figure 46 (PI. V) rend compte du fait ;

3"^ La pâleur extrême des noyaux qui ne présentent presque plus de chromatine.

Le foie produirait donc en abondance cette substance curieuse que nous avons trouvée partout, et la rejetterait dans les veines efférentes. Cette observation nous a conduit à un examen chimique duquel il résulte : que les corps en question sont insolubles dans l'eau, l'alcool et l'éther; qu'ils brunissent par l'iodure de potassium ioduré comme la matière glycogène ; mais, qu'à l'inverse du glycogène, ils sont insolubles dans l'eau bouillante.

Les réactions de cette substance rappelleraient en somme celles de la matière amyloïde.

Au fond, il n'y aurait pas lieu de s'étonner que le foie présentât, à ces stades, des modifications identiques à celles des autres tissus.

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Mais cet organe est loin de subir une régression pendant la métamorphose. Il augmente de poids d une façon marquée. Les chiffres suivants montrent l'importance de cette augmentation : ils représentent les variations du foie chez la larve d'Alyies :

1* A la sortie des pattes : 0^,0435;

2** Deux jours après la sortie : 0^,0555 ;

3" Queue réduite à 2 cent. 1/2 : 0^0835;

4** Fin métamorphose : 0«,H75.

Sachant, d'une part que Claude Bernard n'a pas trouvé de glycogène dans le foie des larves d'Amphibiens, d'autre part que, suivant l'hypothèse de Wiirtz, l'activité des cellules hépatiques pourrait tenir au ralentissement de la circulation dans les capillaires du système porte, nous pouvions nous demander si l'exagération de cette condition physiologique ne déterminerait pas une exagération et même une modification dans le fonctionnement des cellules pendant la métamorphose.

Les produits chromatiques que nous voyons s'accumuler sur les i parois de la cavité générale et des vaisseaux, pour donner du pigment, peuvent aussi donner naissance, en se transformant, à des matières solubles qui échappent à l'observation.

On voit que ce point particulièrement intéressant de l'activité du foie au moment qui nous occupe soulève les plus grosses difficultés. Nous aurons à y revenir à la fin de cette étude.

Pour nous en tenir au côté purement morphologique, nous dirons que les produits caractéristiques de l'histolyse se retrouvent partout, puisque nous les voyons même dans des tissus qui ne sont pas représentés dans la queue, et dans des organes qui en apparence restent intacts.

En un mot, Vhistolyse^ avec une constance remarquable dans ses caractères fondamentaux, est générale pendant cette période comme la diapédèse est générale.

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