‹ Recherches anatomiques et expérimentales sur la métamorphose des amphibiensChapitre 28 sur 45 · DATES · texte numérisé non relu

DATES

a jeun.

Doumes.

2 juin. 1886 . .

juin. 1886 . .

l*»' août ....

Totaux. . .

Totaux . . .

3 premiers jours.

3 premiers jours.

La première chose qui frappe, c'est que, nulle part, les chiffres ne sont assez différents pour imposer les conclusions. Des différences minimes comme celles de 6 à 8, de 33 à 39, peuvent relever de causes nombreuses, et particulièrement du degré de développement des larves, degré qu'il est impossible de saisir. Car, le tirage

au sort auquel s'est livré Barfurth ne nous parait pas le moins du monde assurer une égale répartition.

Mais chacune des deux propositions données plus haut soulève des objections directes.

Que signifie cette somme de métamorphoses faite au bout de trois jours?

Il est tout à fait inutile de remarquer qu'au lieu d'une prédominance, on a quelquefois égalité comme dans l'expérience n"* 6.

Il suffira de constater que si, dans les deux cas, au lieu de faire la somme en question après trois jours, on la fait au bout des deux premiers, le résultat est juste inverse.

La seconde proposition impose à l'esprit une autre question.

Pourquoi chaque opération finit-elle tel jour (13 juillet, 14 août) plutôt qu'un ou deux jours après? Dans l'expérience n* 3, sur 260 larves, nous n'en avons que 72 évoluées *. Dans l'expérience n* 6, sur 30, nous n'en avons que 14. Que sont devenues les autres? Avec les variations que l'on voit d'un jour à l'autre dans chaque série, il se peut qu'un jour en plus ou en moins annule la prédominance ou la renverse. Chacune des autres opérations susciterait des remarques du même genre. Ainsi, en comparant les expériences 13 et 14, on trouverait pour les trois premiers jours un résultat inverse. De même pour l'expérience relative à l'influence de la température.

Les soins multiples qu'a apportés Barfurth dans ces recherches sont faits pour inspirer confiance à ceux qui, dans un but quelconque, voudraient utiliser ses données. La variabilité même des chiffres consignés prouve qu'il n'a pas voulu échapper aux objections; en tout cas, cette variabilité est telle qu'il nous parait impossible de tirer une conclusion sérieuse relativement au sujet qui nous occupe.

Mais supposons que ces résultats soient significatifs et que, dans ses expériences, Barfurth n'ait fait qu'accélérer ce qu'il appelle un

i. Dans cette expérience, la somme totale donne une relation inverse de celle qui est avancée.

96 MÉTAMORPHOSE DES ÂMPHIBIENS ANOURES

« processus naturel ». Nous restons en face d'un fait aussi bizarre qu'inexpliqué : des animaux très voraces se livrant tout à coup et spontanément au jeûne.

Loos (31) vient de faire remarquer un fait que nous avions constaté nous-mème dès le début de ces recherches : à savoir que quand les larves ne mangent pas, c'est qu'elles ne peuvent plus manger. La chute du bec corné, l'évolution de l'appareil maxillaire définitif les mettent dans l'impossibilité de prendre de la nourriture. Quant au reste, les conclusions générales de Loos semblent absolument calquées sur celles du savant de Bonn. Comme lui, il considère, dans la queue, la dégénérescence d'im organe inutile; et, avec lui également, il fait intervenir la faim comme facteur essentiel dans la régression. Le jeûne des larves étant un jeûne forcé, peu importe qu'on lés nourrisse abondamment ou qu'on les prive d'aliment. C'est donc au jeûne forcé que Loos attribue l'histolyse de la queue. Mais, les conclusions des expériences de Barfurth étant renversées, que reste-t-il pour établir ce rôle de la faim? Il reste des faits comme les expériences de Leuckart sur le jeûne ; les phénomènes observés dans l'hibernation ou dans l'estivation.

Deux questions s'imposent : 1* Le cas des larves d'Anoures est-il comparable à ces derniers? 2* Si, parmi ces derniers, il s'en trouve de semblables, ne pourrait-on pas les faire relever de causes autres que la faim?

l"" La plupart des cas ne sont pas comparables au nôtre.

a. La régression des tissus dans l'hibernation ou dans le jeûne expérimental se produit-elle à la suite de phénomènes de diapédèse comme ceux que nous avons décrits ? Rencontre-t-on, au bout d'un temps si court, des parties totalement dégénérées et envahies par les leucocytes? Autant que l'étude bibliographique a pu nous éclairer sur ce point, rien n'est moins établi.

|3. L'ordre de destruction des tissus dans le jeûne, reproduit par Loos lui-même, nous permettrait de constater au moins une anomalie curieuse. Cet ordre serait le suivant : réserves graisseuses, musculature, glandes sexuelles, etc.; le tube digestif serait atteint en dernier lieu. Il y aurait beaucoup à dire sur ce point ;

nous ne parlerons que du corps adipeux développé au contact des glandes sexuelles. Non seulement cet organe ne disparaît pas pendant la métamorphose, mais il se présente, à la fin, avec un développement au moins égal au volume primitif.

2** S'il en est de comparables, ils peuvent relever de conditions physiologiques autres que le jeûne.

Le seul cas de cet ordre que nous puissions actuellement signaler est celui récemment étudié par Parker (39). On sait que le Protopterm anneclens, qui vit dans les lacs de l'Afrique australe, à Tarrivée de la sécheresse, s'enfonce dans la vase pour attendre, dans l'humidité relative d'une sorte de nid boueux, le retour des eaux. Pendant cette période, le savant anglais a constaté un rôle actif des leucocytes sur les masses musculaires latérales, et croit pouvoir conclure que le Protoptère vitaux dépens de ses tissus jouant le rôle de réserve. 11 faut remarquer que l'animal se trouve dans des conditions toutes spéciales, non seulement au point de vue de l'alimentation, mais aussi sous le rapport de la respiration : or, on verra que c'est précisément à des modifications de ce dernier ordre que nous rapportons les faits de diapédèse et de phagocytose. Pour établir l'influence du jeûne, il faudrait, pour le moins, examiner un Protoptère dans les conditions normales de respiration et de circulation, après l'avoir privé d'aliment pendant un certain laps de temps. C'est une expérience qu'il ne nous a pas été donné de faire. Mais nous pensons qu'elle conduirait à un résultat négatif, comme celles que nous avons tentées sur nos larves.

ValimentationvH exerce aucune influence sur la métamorphose des larves d Anoures.

Nous conservons, depuis dix-huit mois environ, des têtards à^Alytes^ soumis au jeûne, et isolés, avec des pattes postérieures déjà bien développées. Ces larves sont amaigries, et leurs pattes postérieures ont considérablement diminué de volume pendant l'hiver dernier; or, les autres larves, sœurs de celles-ci, avaient évolué en été 1889. Quelques-uns des sujets en expérience, mis à l'étuveet nourris, se sont métamorphosés en plein hiver. D'autres laiTes, écloses au printemps de cette année (1890), sont métamorphosées.

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