‹ Recherches anatomiques et expérimentales sur la métamorphose des amphibiensChapitre 8 sur 45 · II. - LA CIRCULATION · texte numérisé non relu

II. - LA CIRCULATION

1* Le rythme cardiaque. — Le rythme cardiaque chez nos larves donne lieu à une remarque générale importante : les mouvements du cœur sont synchrones des mouvements respiratoires. Ce fait a été signalé par Schneider (44) chez la Rana temporaria. Nous ajouterons que ce synchronisme est indépendant de la température. Dans nos recherches sur les modifications de la respiration sous l'influence de la chaleur ou du froid (note de la page 6), les deux

ordres de mouvements restaient concordants. L'aiguille qui, introduite dans le péricarde, nous donnait les battements du cœur, nous rendait même de grands services aux limites extrêmes, ses oscillations étant beaucoup plus faciles à saisir que les mouvements de la cavité branchiale.

Il était intéressant de rechercher ce que devient ce synchronisme au moment où apparaissent les boutonnières expiratrices accessoires en avant des pattes. Les graphiques des mouvements du cœur (page 8) qui accompagnent nos tracés respiratoires, ne présentent que de faibles oscillations, malgré la légèreté extrême de notre palpeur. Ils suffisent à faire ressortir la dissociation des deux rythmes. Quant aux variations du rythme circulatoire luimême, les résultats inscrits trouvent une confirmation dans des données fournies par une autre méthode. Cette méthode, nous venons précisément d'en faire mention. Une aiguille de platine ou d'argent d'une grande finesse était introduite dans le péricarde au contact du ventriculç. Chaque contraction se traduisait extérieurement par une forte déviation. En comptant ces déviations, nous nous sommes assuré : 1* que pendant la période larvaire, le nombre des battements du cœur était de 65, 68, 70, 72 à la minute (il ne faut pas perdre ^de vue qu'il s'agit d'une température déterminée), ce nombre ne tombant jamais au-dessous de 65 ; 2'' qu'à la sortie des pattes antérieures, on ne compte plus que 54, 50, 45, et même moins.

De ces numérations ressortent deux faits intéressants :

V Le synchronisme qui existe pendant la plus grande partie de la vie larvaire se trouve détruit.

2'' Le nombre des mouvements du cœur s'abaisse d'une façon absolue.

2"* Circulation capillaire dans la queue. — De ces deux faits, nous rapprocherons des observations qui ne nous sont point propres puisque, faites dans leurs points essentiels par Barfurth en 1887 (6), elles ont été données de nouveau par Loos (31) en 1889. Pendant la période de sortie des pattes, au moment où la queue va prendre cette teinte foncée particulière qui prélude à sa régression, l'examen

âa MÉTAMORPHOSE DES AMPHIBIENS ANOURES

microscopique du lophioderme sur Taniinal vivant révèle des solutions de continuité dans la circulation capillaire. Certains vaisseaux sont vides d'éléments figurés ; d'autres présentent des amoncellements de globules en stagnation, d'autres enfin restent normaux. Le même examen permet d'observer un ralentissement dans les capillaires qui s'oblitèrent, et d'assister au phénomène de de la diapédèse. Loos prétend que cette diapédèse porte particulièment sur les globubles rouges : c'est un point qui ne concorde pas avec nos remarques personnelles et sur lequel nous aurons à revenir.

Pour ce qui est de l'oblitération, le même auteur déclare ne pas trouver d'explication suffisante. Nous avons cru devoir dès maintenant rapprocher le ralentissement de la circulation centrale, de ces faits curieux que nous- pourrons rapporter au ralentissement consécutif de la circulation périphérique. Mais, pour tenter une explication, nous avons besoin de données d'un autre ordre et qui n'ont pas encore trouvé place dans notre exposé.

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