‹ Recherches anatomiques et histologiques sur le Cyclostoma elegansChapitre 3 sur 29 · SIGNES · texte numérisé non relu

SIGNES

La Coquille.

Eu

Il est d'usage, au début de la monographie d'un mollusque, de commencer par l'étude de la coquille et de l’opercule, je me conforme à cette habitude.

L’opercule vient d’être étudié, avec soin, par M. Houssay (1), et je n'ai pas cru devoir reprendre ce travail.

Quant à la coquille, il ne reste rien à dire sur sa forme et ses nombreuses variations, que les conchyliologistes ont suffisamment décrites. Mais son étude micrographique est encore à faire, car elle n’a pas été étudiée par les coupes, à ma connaissance du moins, et bien que les résultats que ce procédé m'a fournis ressemblent beaucoup à ceux donnés par les autres mollusques, j'ai cru cependant devoir les faire conuaître.

M. le D' Fischer, supposant que peut-être la coquille présentait des pores à travers lesquels se faisaient les échanges gazeux pendant le repos hibernal, m'avait engagé à en rechercher l'existence. J’ai fait, dans ce but, l'expérience suivante : un tube de verre fut fixé, avec du mastic, dans la bouche de coquilles, les unes fraiches les autres sèches; j’introduisais alors du sulfate de peroxyde de fer par l’orifice du tube, qui fut relié à un appareil permettant d'exercer une pression définie. La coquille fut plongée dans un bain de cyanoferrure de potassium et y fut laissée vingt-quatre heures, pendant qu’elle subissait une pression interne d’une atmosphère; jamais dans ces conditions il ne s’est produit de bleu de Prusse à sa surface. De plus, j'ai exercé cette même pression sur des coquilles: contenant du bleu de Prusse, finement pulvérisé, en suspension dans l’eau et je n’ai jamais pu distinguer, dans les coupes de ces coquilles, de canalicules, soit vides, soit injectés de matière colorante.

(1) F. Houssay, Opercule et glandes du pied des gastéropodes, Arch. de

zool. expér. 2°, sér. t. II.

ER y ES

Sur une section suffisamment mince (fig. 4), on peutdistinguer trois couches : une externe, a, pigmentée, composée de plusieurs strates successives; une moyenne, Ÿ, dans laquelle on peut distinguer deux parties : l’une externe, nettement cristalline, et une interne, de couleur jaunâtre, dans laquelle on aperçoit souvent les mêmes stries, moins nettes et souvent masquées par la matière organique déposée en grande abondance et fortement colorée. Il y a enfin une dernière couche calcaire, c, composée d’un petit nombre de couches emboîtées, se recouvrant successivement, dans chacune d'elles, on peut voir un très grand nombre de stries, les unes parallèles, les autres normales à la surface de la coquille; c’est la couche de nacre, formée tardivement par les cellules épithéliales de la peau, et non par les glandules du bord du manteau, comme la couche moyenne. La couche de nacre est donc, sur une coquille qui vient de terminer son accroissement, beaucoup plus mince dans le dernier tour que dans les précédents. L'importance relative de la couche moyenne est bien moins variable. Dans chaque tour, la couche de nacre est beaucoup plus épaisse vers la région externe que vers la région interne; elle diminue jusqu’à devenir nulle, au niveau de la columelle, fortement épaissie aux dépens de la couche moyenne. La figure 3 montre une partie de ces détails, ainsi que l’emboîtement des couches plus visible dans le dernier tour. Il y a déjà dans cette région une mince couche d’émail très fragile, qui se détache facilement du reste de la coquille. On peut voir, en à, le renforcement des couches au niveau de la suture.

La couche moyenne et la couche interne restent brillantes pendant l'extinction quand on les observe à la lumière polarisée; on y distingue des teintes rouges et vertes. Ces phénomènes, ainsi que la présence des stries, indiquent.dans ces deux couches et surtout dans la première, l’état cristallin du carbonate de chaux qui les compose.

Page 1