Tome XLI, | IQ
gents et très bien limités, tandis que les globules contenus dans les cellules de la portion grise sont très diffluents. On voit, au milieu des cellules granuleuses de la portion supérieure, des taches sombres correspondant à des cellules semblables à celles que nous avons décrites dans l'utérus (fig. 63, :). Les cellules de ces deux régions sont toutes ciliées. Elles paraissent capables àe devenir libres, et prennent alors la forme sphérique. Les cellules de la portion grise (fig. 79, a) forment une couche très rugueuse, car elles sont inégalement saillantes sur la membrane qu’elles revêtent. Les feuillets de la vésicule glandulaire présentent, au centre, une fente lacunaire communiquant avec des espaces de même nature qui se trouvent entre la paroi conjonctive de l’organe et la membrane réfléchie qui constitue la En des feuillets glandulaires.
Ces lacunes basales se trouvent en rapport avec le sinus périrectal et les lacunes qui font communiquer les deux grandes régions de la cavité générale. On ne trouve jamais de sperme dans la vésicule glandulaire, même chez les animaux pris pendant l’accouplement. Le passage du sperme doit donc être très rapide. La structure de la partie rétrécie du canal efférent, le collier musculaire puissant qui l'entoure, l'absence constante de sperme dans la vésicule glandulaire, tout cela prouve qu’en temps ordinaire la partie rétrécie fonctionne comme un véritable sphincter infranchissable. Ce détroit n’est forcé qu’au moment de l’org'asme vénérien, par les contractions réflexes des fibres antagonistes logées dans les parois. Les spermatozoïdes, en pénétrant dans la vésicule glandulaire, se trouvent immédiàtement baignés par le liquide provenant de la sécrétion des cellules pariétales. Les mouvements des spermatozoïdes doivent être exagérés dans ce milieu; leur action propre, jointe à celle des cils vibratiles, doit les diriger rapidement vers le canal efférent. À partir de ce moment, les spermatozoïdes sont probablement expulsés très rapidement, car le canal déférent (fig. 1,1; fig. 65, e) dans lequel ils cheminent possède une musculature très forte, et son épithélium cylindrique est revêtu de cils longs et puissants.
La verge (fig. 1, »; fig. 65, j) a déjà été décrite par les anciens auteurs. Elle est insérée à droite, sur le plancher de la cavité respiratoire, dans laquelle on la trouve ordinairement repliée.
Lorsque, après la mort de l'animal, les plis sont effacés par la traction sur l'extrémité, elle peut atteindre, comme pendant le coït, une longueur de 18 à 20 millimètres. Cet organe, aplati et rétréci à sa base, est très fortement musculaire; il renferme de nombreuses fibres longitudinales et annulaires limitant un système très complexe de lacunes, au milieu desquelles se trouve le canal déférent, encore sinueux lorsque la verge est étirée. : Un plexus nerveux très complexe, et présentant de nombreux petits amas ganglionnaires aux points nodaux du réseau, occupe les parties centrales, et fournit à l’épithélium de l’organe, qui renferme de nombreuses cellules terminales nerveuses. Indépendamment des éléments musculaires, reconnaissables dans les coupes à leur noyau, à leur coloration et à leur taille, on trouve en grande abondance, dans ce tissu érectile, des filaments beaucoup plus grêles, ne se colorant pas par les réactifs, et rétractés en zig-zag. Ces filaments, que je n'hésite pas à considérer comme élastiques, paraissent être des prolongements émanés des cellules conjonctives.
La verge entière a une couleur brune. L’extrémité pointue, déjà décrite par Moquin-Tandon, est grise, coloration due à l’épaisseur plus grande de l’épithélium et à l’absence de pigment dans le tissu conjonctif sous-jacent. Cette portion «le la verge se colore vivement par les réactifs, et montre, dans les coupes, qu'elle est dépourvue de lacunes, et constituée par des fibres musculaires très nombreuses, les unes longitudinales, les autres annulaires, d’autres enfin rayonnantes. On peut voir, par le jeu de ces éléments, cette pointe se raidir, et exécuter, sous l’action de la volonté de l’animal, de légers mouvements, indépendants de ceux du reste de l’organe.
La forme de la verge indique très bien comment doit se faire le coït. La verge glisse entre les deux lèvres de l’organe feuilleté (l'utérus) qui l’embrassent, et l'extrémité pointue arrive probablement, après de nombreux tâtonnements, dans la gouttière de . la poche copulatrice où le sperme liquide et non entouré d’un spermatophore est déversé au moment de l’orgasme vénérien, qui n'arrive qu'après de longs efforts.
Résumé.
Je crois bon de terminer ce travail, par l'indication sommaire des principaux résultats qu'il renferme.
J'ai montré la structure cristalline du carbonate de chaux qui compose la coquille.
L’anatomie et l’histologie du tube digestif ont été faites mn façon très minutieuse; j'ai montré quelle était la structure du bulbe, décrit les relations de ses cartilages et de ses muscles, et indiqué leur mode de fonctionnement. J’ai fait l'anatomie de l'estomac, et montré qu’il est revêtu d’une cuticule percée de petits canaux. J’ai fait avec soin l’histologie de la glande dig'estive, et montré que toutes les parties du tube digestif avaient une réaction alcaline.
. J'ai fait une description anatomique complète des diverses parties de l’appareil circulatoire. Les recherches histologiques que j'ai pu faire, m'ont conduit à nier l'existence d’un endothélium de revêtement sur les parois des lacunes, et à considérer les veines afférentes comme des lacunes rétrécies.
J'ai décrit le réseau veineux de la membrane palléale; montré par des coupes de sa région supérieure et par la comparaison avec des coupes de la même région chez la Bithynia tentaculata, que le Cyclostome, bien qu'incapable de vivre dans l’eau, possède une branchie rudimentaire en voie de disparition. J'ai fait l'analyse des gaz contenus dans la cavité respiratoire, ce qui m'a conduit à admettre qu’il se produisait, même chez l’animal renfermé dans sa coquille, des échanges gazeux avec le milieu ‘extérieur. |
Dans le corps de Bojanus, j'ai étudié les rapports des lames glandulaires et la disposition très compliquée des chambres secondaires. |
J'ai indiqué les rapports du corps de Bojanus avec le système circulatoire, montré que c'était surtout le sang des parties inférieures du corps, qui traversait cet organe. Ce sang doit contenir, en plus grande quantité que le sang des parties supérieures,
les substances destinées à être éliminées. J'ai montré que le système circulatoire du corps de Bojanus est formé de lacunes modifiées. J’ai indiqué la répartition dans le rein des cellules à concrétions vertes et des cellules granuleuses ciliées.
J'ai étudié d’une façon très précise le trajet et la structure du canal péricardo-bojanien; montré la nature glandulaire de la paroi du péricarde. J’ai montré l’absence de l'acide urique dans le rein, et mes observations sur ce point concordent avec celles de Barfurth. J'ai établi de plus, que, pas plus par le rein que par le péricarde, le sang ne pouvait s’écouler à l’extérieur.
J’ai constaté que les globules de la glande à concrétions étaient presque exclusivement composés d'acide urique. J’ai indiqué les processus histologiques du développement et de la résorption des concrétions. J’ai montré que la glande à concrétions, bien que ne présentant pas de canal excréteur, était remplie de ‘ bacilles. J’ai été conduit à admettre que la glande à concrétions était une sorte de réservoir, dans lequel s’accumulait l'acide urique, pour être ensuite repris par l'organisme et éliminé sous une autre forme par le rein. J'ai aussi été amené à penser qu'il y avait une véritable symbiose entre le Cyclostome et les bacilles, qui jouent probablement un rôle important, soit dans le dépôt, soit dans la résorption des concrétions.
Les glandes pédieuses, composées de deux organes distincts, ont été étndiées avec soin; l’un des deux surtout, la glande suprapédieuse, m'a fourni des résultats intéressants. Elle présente une curieuse disparité histologique de ses parois. On voit, sur les coupes de la paroi concave, un réseau de canalicules péri-cellulaires, s’ouvrant d’un côté dans la cavité générale, de l’autre côté dans le canal excréteur de la glande. La présence de ces canaux, établissant une communication entre le milieu sanguin de l’animal et l'extérieur, présente un intérêt considérable, tant au point de vue morphologique pur, qu’au point de vue de l'étude du mécanisme des sécrétions.
J’ai fait avec détail l'étude anatomique et histologique du système nerveux. Les résultats nombreux que j'ai obtenus sont d’une analyse difficile, et l’on doit se rapporter au chapitre consacré à ces recherches.
J'ai étudié les diverses formes de fibres musculaires qu’on rencontre chez le Cyclostome. J’ai décrit et figuré les plexus ner-
veux qui se trouvent dans la membrane musculaire du canal efférent. et les terminaisons nerveuses dans les fibres qui la constituent.
L'étude du tentacule m’a montré que l’épithélium recouvrant l'extrémité de cet organe possède une structure qui se rapproche beaucoup de celle que présente l’épithélium olfactif des Vertébrés. Cette ressemblance, ainsi que les expériences que j'ai faites, m'ont conduit à considérer l'extrémité du tentacule comme un organe d’olfaction.
J'ai fait sur le tégument, l’otocyste et l'œil, de nombreuses recherches histologiques, venantià l’appui de résultats récents obtenus par d’autres observateurs, ou me permettant de prendre parti sur plusieurs points controversés.
L'étude histologique de l'organe du manteau, ou organe de Spengel, m’a conduit à le considérer comme un organe d'ol-
faction particulier, appelé à connaître de la nature et de la
qualité des g'az qui pénètrent dans la cavité respiratoire.
J'ai fait une étude très minutieuse de l’œuf et de son développement. J'ai montré que les cellules folliculaires ne se formaient pas dans l’intérieur de l’œuf. L’oviducte et l'utérus ont aussi été complètement étudiés.
Les organes génitaux mâles ont été décrits avec soin d’un bout à l’autre. J’ai étudié surtout l’évolution des spermatozoïdes. Les observations ont été faites à toutes!les époques de l’année, et; malgré la petite taille des cellules, j'ai pu arriver à des résultats satisfaisants. Lés spermatocytes proviennent de la segmentation répétée des spermatogonies, débutant toujours par la division du noyau. Le spermatozoïde provient de la transformation des spermatocytes. Le noyau des spermatocytes produit, par sa trans’ formation, la tête du spermatozoïde, après élimination dans le protoplasma d’une partie de sa substance.
Mémoire terminé en septembre 1886.