‹ Recherches anatomiques et histologiques sur le Zonites algirus ... Observations sur quelques épidermes végétauxChapitre 12 sur 40 · ORGANE DE LA VUE · texte numérisé non relu

ORGANE DE LA VUE

L’organe de la vue à été longtemps méconnu chez les Gastéropodes, mais décrit par Swammerdam (2), il a été depuis l'objet de recherches nombreuses, et Lespés, en France, en a fait une étude spéciale (3).

Chez le Zonites alygirus, les yeux, comme chez les Quadritentaculés en général, sont portés par les grands tentacules et ne sont pas exactement placés à leur extrémité, mais au-dessus et en dehors. Ils ont une forme sphérique, et ils ne sont pas aplatis en avant, ainsi qu'on l’a souvent dit à tort des Hélicines ; la cornée à seulement un rayon de courbure plus petit (4).

Le Zonites algirus ne figure pas parmi les nombreuses espèces dont l'œil a été étudié par Lespés. Le globe oculaire, à l'exception du segment cornéen, se montre coloré en noir. Le diamètre antéro-postérieur etle diamètre bilatéral sont sensiblement égaux et mesurent 0"",33 {1/3 de millim.). Cette forme sphérique de l’œil n’a été rencontrée par Lespés que quatre fois sur trentequatre espèces examinées, chez l’Arion empiricorum dont l'œil présente les mêmes dimensions que celui du Zonites algirus, et

(4) Carl Semper, loc. cit., p. 3866.

(2) Swammerdam, Biblia Naturæ, trad. in Collection anatomique, p. 59.

(3) Ch. Lespés, Recherches sur l'œil des Mollusques gastéropodes terrestres et fluviutiles de France, thèse pour le doctorat ès sciences naturelles, Toulouse, 48514.

(4) Voy. fig. 27 €,

28 Bi. SEC AR.

chez les Succinea Pffeiferi, Cyclosloma eleqans et Ancylus fluvratilis.

L'étude que nous avons faite de l’organisation de Poil dans le Z. algirus ous à moutré qu'elle est semblable, sauf quelques particularités, à celle qu’on lui connaît dans les Hélices ; nous nous contenterons donc d’une description rapide.

Dans l'œil du Zonites, comme dans celui de la plupart des autres Gastéropodes, on distingue une membrane conjonctive externe, mince, un peu plus épaisse en arrière, et formant comme une coque : C'est la sclérotique, dont l'existence a été pour la première fois reconnue par de Blainville (1).

Dans sa partie antérieure, on remarque la cornée, qui, ici, comme dans les Hélices, où Leydig l’a parfaitement observée, ne présente pas la même courbure que la sclérotique, dans laquelle elle est embrassée ; nous avons déjà dit, en effet, que le rayon de courbure de la cornée était plus petit (2).

Intérieurement à la selérotique se trouve une membrane ténue colorée en noir. Cette teinte n'est pas uniforme et continue, comme on à l’habitude de le dire : le pigment auquel elle est due y est disposé par places, laissant dans l'intervalle des vides ou des lacunes (3). Cette membrane est la choroïde. Entre elle et la sclérotique on distingue une couche incolore, cellulogranuleuse, dont l'existence à été déja constatée chez les Hélices par Keferstein et Leydig, et qui est regardée comme appartenant à la rétine. Nous avons représenté cette couche composée de petites cellules allongées qui mesurent 0"",01 (4). — Indépendamment de cette membrane rétinienne qu'il qualiie d'externe, Keferstem décrit une membrane rétinienne intérieure qui tapisserait la choroïde et lui formerait un revêtement gris; elle se composerait d'éléments arrondis finement granuleux et de petits corps sans structure en forme de bâtonnets (5). Nous ne sommes pas

(1) De Blainville, Anatomie comparée, 1822, p. 445.

(2) Fig: 27 c.

(3) Fig. 30.

(4) Fig: 29.

(5) Keferstein, Klassen und Ordnungen des Thierreichs : WEiCHTRIERE, 1864.

RÉCHERCHES SUR LE ZONITES ALGIRUS, 39

parvenu à constater la présence de cette réline interne (4).

La choroïde forme par son bord, au voisinage de la cornée, une sorte de pupille qui est ainsi entourée par un anneau qu'on peut appeler iridioïde.

Derrière la cornée on trouve le cristallin, qui est volumineux et très-sensiblement sphérique (2). Son diamètre est de 0"",25. Il est formé de couches concentriques qui se dissolvent sous l'influence de l'ammoniaque, mais il reste toujours un noyau insoluble, comme l’a indiqué Lespés.

Le corps vitré, déjà reconnu par Swammerdam, est gélatineux, composé d’une substance claire sans structure.

Dans son mémoire sur l’anatomie de l'Aelix algira, Van Beneden a pris le gros nerf tentaculaire pour le nerf optique, qui est placé à côté et qui est très-grêle. Celui-ci tire son origine, ainsi que nous l'avons vu, du lobule de la sensibilité spéciale. I naît tout à côté du nerf tentaculaire, mais il ne se confond pas avec lui en ce point, comme on l’a dit d’une manière trop générale, « Chez les Céphalés à tentacules oculifères, les deux nerfs sont toujours confondus inférieurement », a répété Moquin- Tandon après Lespés (3). Or, ces nerfs, accolés dans une petite portion de leur trajet chez certaines espèces, sont chez le Zones alyirus toujours distincts et séparés (4).

Le nerf décrit dans le tentacule des sinuosités plus ou moins

(1) A propos de cette observation de Keferstein, Leydig émet également un doute. «J'avoue, dit-il, ne pas être bien édifié sur cette rétine interne » {/oc, cil., p. 56). Puis, en parlant de la constitution des membranes de l'œil, il s'exprime ainsi: « J'ai reconnu au moyen des réactions que les éléments histologiques de la rétine extérieure et de la choroïde sont les mêmes cellules, qui seulement sont claires à l'extérieur et pigmentées à l’intérieur. Sur des yeux d'Helix hortensis qui avaient été conservés dans une faible solution de bichromate de potasse, la rétine extérieure et la choroïde se dissociaient en cellules cylindriques assez longues, dont l'extrémité tournée en dedans est très-pigmentée, tandis que l'extrémité qui regarde en dehors et où se trouve le noyau est dépourvue de pigment et se termine en plusieurs courtes fibrilles. » Pareille disposition ne nous à pas été présentée par l'œil du Zonites ulgirus, bien que nous ayons j employé les « réactions » indiquées par Leydig; les g'anulations pigmentaires de la choroïde nous ont toujours paru distinctes des éléments cellulaires placés eh arrière.

(2; Voy. fig. 28.

(3) Moquin-Tandon, /oc, cit., t. I, p. 144.

h0 Hi. SICAPRD.

prononcées, suivant Pétat de rétraction ou d'extension de ce tentacule, et 1l présente, immédiatement avant son entrée dans l'œil, une dilatation gangliforme qui à été indiquée par Lespés et comparée par lui à une sorte de ganglion optique (1). Ce renflement est piriforme et assez considérable dans l'espèce qui nous occupe (2).

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