ORGANE DE L'OUÏE
Il y a pas longtemps qu'on à reconnu l'existence du sens de l’ouïe dans les Gastéropodes. Dans son mémoire sur la Limace et le Colimaçon, Cuvier dit, en effet : « L’ouïe ne paraît point exister dans cette famille, on n’y en trouve ni les signes extérieurs n1 les organes (3). » — Il n'y à guère plus de trente ans que cesorganes ont été découverts. Signalés d'abord par Eydoux et Souleyet, qui avaient reconnu leurs fonctions (4), ils ont été depuis l'objet de travaux importants et nombreux parmi lesquels il faut citer le mémoire de Krohn publié en 1839, dans les Archives de Müller, et surtout celui de von Siebold, qui date de 1S4L et quiest inséré dans le même recueil. Plus tard, en 1856, M. Adolf Schmidt a traité spécialement ce sujet dans un travail sur l'organe auditif des Mollusques (5), et tout récemment M. de Lacaze-Duthiers à fait paraître une remarquable étude sur ce point d'anatomie dans les Archives de zoologie expérimentale, sous ce titre : Ofocystes, ou capsules auditives des Mollusques (Gastéropodes) (6). Mais, depuis que ces organes ont été reconnus, ainsi que leur nature et leur fonction, leur description a trouvé place dans toutes les monographies anatomiques qui ont été écrites sur les Gastéropodes, et il faudrait citer les noms et
(4) Ch. Lespés, Loc, cit., p. 33.
(2) Voy. fig. 27.
(3) Cuvier, Loc. cit., p. 36.
(4) L'Institut, 1838, p. 376.
(5) Ad. Schmidt, in Zeitschrift für die gesammen Naturwissenschaften, 1856, n° 11, p. 289.
(6) Tome I, p. 97.
RECHERCHES SUR LE ZONITÉS ALGIRUS. (gl les travaux de presque tous les malacologistes contemporains, si l'on voulait faire l'historique de cette question.
Aujourd'hui tous les anatonuistes s'accordent à regarder, comme organes de l'audition dans les Mollusques, deux petites vésicules pleines d'un liquide qui tient en suspension des corpuscules. calcaires, nommés otolifhes, agités de mouvements particuliers. Ces organes sont en communication avec le système nerveux central.
Jusqu'ici on avait cru que chez un grand nombre de Gastéropodes, parmi lesquels les Æe/ir, les vésicules auditives étaient en rapport avec les ganglions antérieurs de la masse sousœsophagienne, c'est-à-dire avec les ganglions pédieux, et en effet ces organes sont en contact avec ces ganglions sur lesquels ils reposent. L'apparence avait induit en erreur les plus habiles observateurs, lorsque M. de Lacaze-Duthiers, frappé de l’étrangeté de ce fait, a repris Pétude de cette question, et, par des préparations d’une extrême délicatesse, il est arrivé à constater que, si la position de la vésicule auditive était variable, le nerf auditif ne tirait pas moms toujours son origine du ganglion cérébroïde. Ce résultat est trés-important, en ce qu'il démontre la fixité des connexions de ces organes avec les centres nerveux.
M. de Lacaze-Duthiers à proposé le nom d’oocyste pour désigner la poche auditive, comme étant d’un emploi plus commode que les expressions multiples usitées jusque-là. Cette dénomination nouvelle mérite d’être adoptée.
L'éminent professeur de la Sorbonne reconnait plusieurs types dans la disposition des otocystes par rapport aux ganglions pédieux.
1° #ype : Otocystes éloignées des ganglions pédieux.
2° type : Otocystes voisines, mais séparées des ganglions pédieux.
3° type : Otocystes reposant sur le centre pédieux.
h° type : Otocystes en rapport direct et apparent avec le centre sus-æsophagien.
Au troisième type appartiennent le plus grand nombre des Gastéropodes, et en particulier les Zonites.