A2 A. SIC ARE
Une espèce de ce genre, le Zonites cellarius, a été étudiée par M. de Lacaze-Duthiers (1). Il a reconnu que le nerf acoustique, pour aller de l'otocyste au ganglion cérébroïde, gagne la parte externe de la masse sous-æsophagienne, en passant au-dessous du connectif qui unit le ganglion pédieux aux ganglions postérieurs de cette même masse. Le nerf contourne ce conneelif et remonte ensuite au ganglion sus-æsophagien entre les deux cordons latéraux.
Nous avons dû vérifier si cette disposition se retrouvait dans le Zorates algirus, et nous avons suivi pour cela les procédés de préparation indiqués par M. de Lacaze-Duthiers. Sur une masse ganglionnaire durcie par l'action de l'acide chromique, nous avons fait agir l’ammoniure de carmin, ensuite nous avons placé la préparation dans l'acide acétique et enfin dans la glycérine. Nous avons eu alors la satisfaction de reconnaitre le nerf acoustique placé ainsi que l'indique cet habile observateur.
Les otocystes sont placées contre la partie postérieure des ganglions pédieux, où elles se montrent comme des points blanes,
M. de Lacaze-Duthiers donne de lotocyste la définition suivañte : « Vésicule tapissée intérieurement par une couche de cellules nerveuses en continuité évidente avec le système nerveux central etremplie d'un liquide au milieu duquel flottent et tremblotent des particules calcaires agitées par des cils vibratiles (2). »
Les otocystes sont de forme arrondie ou ovalaire, nous en avons vu des unes et des autres; elles mesurent en moyenne 0"",25 de diamètre (3). On y trouve des otolithes en grand nombre. Ceux-ci sont ovoïdes, un peu comprimés latéralement (4). On y distingue souvent deux lignes qui s’entrecroisent perpendiculairement en passant par le centre, et qui divisent l'otolithe en quatre fragments sensiblement égaux qu’une légère pression sépare les uns des autres. Dans leur grand diamètre les
(4) De Lacaze-Duthiers, loc. cit, p, 151, et pl. 2, fig. 44 (2) Idem, Loc, cit., p. 105.
(3) Voy. fig. 31, (4) Fig. 32.
RECHERCHES SUR LE ZONITES ALGIRUS. 13 otolithes mesurent de 0"",015 à 0"",020. Siebold comparait ces petits corps à des cristallins, et l’on sait qu'ils sont formés de carbonate de chaux. Si, en effet, on fait agir sur la préparation un peu d'acide chlorhydrique, on voit se produire sousle microscope un dégagement de gaz et l'otolithe disparaître.
Nous ne dirons qu'un mot relativement à l'histologie de la poche auditive qui à été étudiée avec beaucoup de soin par Leydig (1) chez les Gastéropodes. Dans le Zonites algirus comme dans les autres Pulmonés, l’otocyste est circonscrite par une membrane de tissu conjonctif strié, en dedans de laquelle on remarque une mince couche limitante homogène (2). Cette membrane est revêtue d’un épithélium qui tapisse intérieurement la paroi de l'otocyste. Il est formé de cellules à noyau volumineux et dont la surface libre est garnie de cils vibratiles très-ténus et très-courts, qui communiquent aux otolithes les mouvements dont ils sont animés.
Il serait important, comme l'a fait observer M. de Lacaze- Dathiers, de résoudre les deux questions suivantes (3) : «Les cellules de la paroi interne de l’otocyste sont-elles nerveuses? et en second lieu, quelles sont leurs relations avec les fibres du nerf? » Nous n'avons pu, à notre grand regret, éclairer ce point délicat de structure histologique.