‹ Recherches anatomiques et histologiques sur le Zonites algirus ... Observations sur quelques épidermes végétauxChapitre 15 sur 40 · APPAREIL DIGESTIF · texte numérisé non relu

APPAREIL DIGESTIF

L'appareil digestif du Zowtes algirus présente le même mode général de conformation que celui du Colimaçon, si bien décrit par Cuvier dans son mémoire sur l'anatomie de ce Mollusque.

La bouche s'ouvre à l'extrémité antérieure du corps au-dessous de cette portion que Draparnaud à appelée #ufle. Cet orifice est entouré de lèvres épaisses, très-contractiles, et conduit dans une cavité buccale assez spacieuse, dont les parois sont

(1) Leydig, Traité d'histologie comparée, p. 316, et Zur Anatomie und Physiologie der Lungenschnecken : Das Ohr, p: 58.

(2) Voy: fig. 31.

(3) De Lacaze-Duthiers, oc, cit, p. 158.

li H. SICARD.

trés-musculeuses. C’est à cette partie arrondie et renflée qu'on donne le nom de bwlbe pharyngtien ou de masse buccale (À). À cette masse buccale s'attache, ainsi que nous l'avons vu, un muscle puissant, et qui, en se contractant, la ramène en dedans. « Alors, dit Cuvier, la partie la plus voisine de la peau la suit et forme un petit canal au devant d'elle ; quand elle se porte en avant, cette portion de la peau ressort et contribue seulement à dilater les lèvres (2). »

A propos des organes du tact, nous avons parlé des lobes labiaux qui sont placés latéralement au-dessous de l'orifice buccal et nous en avons fait connaître la structure; nous n’y reviendrons pas. Nous avons indiqué aussi les petits muscles qui s'insérent extérieurement sur la masse buccale ; c'est maintenant celle-ci que nous devons étudier en elle-même. Sa parot est essentiellement musculaire ; elle est recouverte en dehors de tissu conjonctif, et elle présente en dedans un épithélium. La couche musculaire se continue avec celle de la peau et offre avec elle une analogie complète. Le tissu conjencüf qui la revêt extérieurement se compose de cellules assez grandes qui renferment parfois des vésicules graisseuses ou du carbonate de chaux. L'épithélium qui tapisse la cavité buccale se continue avec l’épiderme, mais il en diffère à quelques égards. Les cellules qui le composent sont cylindriques comme celles de l'épiderme, mais plus développées. La cuticule surtout s’y montre plus épaisse et laisse voir la trace de sa division en couches séparées. Cet épithélium n'est pas vibratile, sauf peut-être en un point signalé par M. Semper et formé par «une saillie qui, partant du fond, s’étend assez en avant sur la paroi supérieure de la cavité buccale » (3).

Dans cetle cavité on trouve un appareil maxillaire composé de pièces de consistance cornée au nombre de deux. L'une d'elles est implantée dans la voûte et est assez improprement appelée #rdchoire; l'autre repose sur le plancher de la bouche et

(4) Cuvier, Loc. cit., p. 416.

(2) Voy. fig. 33 «.

(3) Carl Semper, Loc, cit., p, 354, ARTICLE N° d.

RECHERCHES SUR LE ZONITES ALGIRUS. 15 est désignée sous le nom de langue. La pièce supérieure ressemble beaucoup, suivant la remarque de Van Beneden, au bec des Céphalopodes, à cause de la saillie recourbée qu’elle présente en avant (1). Cette partie est colorée en brun. La langue, moins dure et moins résistante que la mâchoire, offre dans les Gastéropodes une disposition qui à été étudiée avec soin dans différentes espèces par Lebert (2), Huxley (3), Speyer (4), Claparède (5), Semper (6), etc., et qui est par conséquent bien connue aujourd'hui. Sur ce point, Van Beneden (7), dont le mémoire est antérieur aux travaux de ces zoologistes, se borne à dire : « La pièce inférieure est beaucoup moins solide que la pièce supérieure et se trouve repliée vers son milieu sur elle-même ; elle est divisée en deux parties : l’une, postérieure, est adhérente aux muscles; l’autre moitié est entièrement libre et mobile, et peut jouer dans la cavité de la bouche : c’est sans doute à cause de cela qu'elle a reçu le nom de langue. »

On voit qu'il n'est question dans ce passage que de la ràpe linguale et non de l’appareil Hingual dans son ensemble, dont la disposition ne fut étudiée que quelques années plus tard par Lebert. Cet appareil se compose d’une partie fondamentale cartilagineuse (8) ayant la forme d’un fer à cheval dont les branches sont dirigées en arrière et donnent attache chacune à un muscle puissant (9); c'est sur cette saillie que repose la lame

(4) Voy. fig. 85.

(2) Lebert, Beobachtungen über die Mundorgane einiger Gasteropoden (Muller's Archiv, 1846, p. 435).

(3) Huxley, Ox the Morphology of the Cephalous Mollusca (Philos. Trans., 1853, p. 58).

(4) Speyer, Zootomie der Paludia vivipara, Cassel, 1855.

(5) Claparède, Anatomie und Entwickelungsgeschichte der Neritina fluviatilis (Muller's Archiv, 1857, p. 144 et suiv.).

(6) Carl Semper, loc. cit., p. 354, et Zum feineren Baue der Molluskenzunge (Zeitschrift für wissenschaftliche Zoologie, 4858, t. IX, p. 271).

(7) Van Beneden, loc. cit., p. 281.

(8) La nature cartilagineuse de cette partie de l'appareil lingual a été contestée par M. Semper, qui la considère comme musculaire; mais l'étude attentive que nous en avons faite ne nous permet pas de nous ranger à cette manière de voir.

(9) Voy. fig. 34 &.

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