‹ Recherches anatomiques et histologiques sur le Zonites algirus ... Observations sur quelques épidermes végétauxChapitre 16 sur 40 · ANN, SC, NAT.) OCTOBRE 1874. 1, 8. — ART: N · texte numérisé non relu

ANN, SC, NAT.) OCTOBRE 1874. 1, 8. — ART: N

fi. BE. SEC ARR.

cornée qui constitue la langue. Celle-er à 42 iillimètres de lonoueur environ et est divisée en deux parties, comme l'a remarqué Van Beneden; elle est en rapport par sa partie moyenne avec la cavité du cartilage lingual, et de là elle s’infléchit en avant et en arrière. La partie antérieure est libre dans la cavité buccale ; la partie postérieure, plus longue, n’est pas, ainsi que le dit Van Beneden, adhérente aux muscles ; elle est repliée longitudinalement sur elle-même et elle s'engage dans un fourreau membraneux dont l'extrémité postérieure forme comme une espèce de matrice où se développe la râpe linguale.

Cette portion de l'appareil lingual est désignée sous le nom de papille (À). Elle est placée entre les deux muscles latéraux qui font suite en arrière au cartilage lingual, et se termine par un petit tubercule arrondi qui fait saillie entre ces deux muscles dans la cavité générale. En avant, elle présente une extrémité en pointe, qu’on voit logée dans l'exeavation que forme la concavité du cartilage lingual et au-dessous de laquelle passe la langue, pour aller s'engager dans la gaîne membraneuse que lui fournit la papille. Cette extrémité antérieure S'unit aux muscles latéraux par deux prolongements qui se relient à leur tour avec la paroi postérieure de lœsophage, laquelle vient s'attacher à la langue vers son milieu, divisant ainsi en deux la cavité buccale.

La structure de cette papille est principalement musculaire ; elle est revêtue à l'extérieur de tissu conjonctif, et elle est formée ensuite d’une couche de fibres musculaires disposées circulairement ; elle présente dans son centre une partie plus opaque, constituée par un üssu assez rigide qui paraît être de nature conjonclive.

La râpe linguale, dont nous avons décrit la forme d’une manière générale, présente à sa surface de petites éminences qui ont été indiquées par M. Van Beneden. «Sur toute la surface de cette lame, dit-il, on remarque des crochets tres-fins qui servent à retenir et à broyer les aliments, par le point d'appui qu'elle offre à la dent supérieure. Ces crochets sont disposés d’une

(4) Voy. fig. 34 6.

RECHERCHES SUR LE ZONITES ALGIKUS. h7 manière très-régulière en formant des dessins qui semblent caractéristiques lorsqu'on les examine au microscope. Ce serait peut-être un moyen très-avantageux à employer pour la détermination des espèces denteuses (1). » — On voit par là que ce vaturalisie à émis l’idée que la disposition de l'armature linguale pouvait offrir un caractère utile pour la classification, et cette idée a été plus tard poursuivie par divers zoologistes, par MM. Lovén et Troschel principalement (2).

Les papilles qu'on trouve à la surface de la langue du Zonites algirus sont coniques, et très-régulièrement disposées suivant des lignes transversales qui donnent à cette surface un aspect strié. Ces lignes elles-mêmes forinent trois zones longitudinales, les rangées des zones latérales étant un peu obliques d’arrière en avant et de dedans en dehors par rapport à celles de la zone médiane auxquelles elles font suite, formant ainsi avec elles une ligne brisée ouverte en avant. Ces papilles, qu’on désigne souvent aussi sous le nom de dents, mesurent 0"",15 de hauteur et 0"",065 de largeur à la base (3). Suivant Moquin-Tandon, c’est dans cette espèce qu’elles seraient les plus fortes, et il leur attribue 0"",2 de saillie (4), mais nous n'en avons pas observé d'aussi grandes.

Chaque papille se compose d’une partie basilaire surmontée d’un appendice conique quien forme la pointe (5). Leur nombre est assez considérable : on en compte soixante-dix environ par rangée et il y a quatre-vingts rangées, ce qui porte leur nombre à cinq ceut soixante à peu près.

On trouve à la surface inférieure de la langue un épithélium composé de cellules cylindriques assez courtes (0"",02) pourvues de noyaux. La râpe linguale elle-même est formée, comme la mächoire supérieure, de la substance qu'on appelle chitine.

(1) Van Beneden, loc. cit,, p. 281.

(2) Lovén, Om tüngans bevapning hos Mollusker (Ofversigt of Vitenskaps-Akademiens Fürhandlingar, 1847, p. 175), — Troschel, Das Gebiss der Schnecken zur Begründung einer natürlichen Classification. Berlin, 1856,

(3) Voy. fig. 37 et 38.

(4) Moquin-Tandon, loc. cot., t. I, p. 41,

(5) Voy. fig, 38.

te) HE. SICARD.

Œsophage. — L'æsophage prend naissance à la partie supérieure de la masse buccale, au-dessus de la langue, à laquelle 1l s’unit comme nous l'avons indiqué (1). Se dirigeant de là en arrière, il passe dans l'anneau œsophagien, accoïñpagné par les canaux excréteurs des glandes salivaires dont nous nous occuperons plus tard. Après un trajet assez long de 4 centimètres environ, il arrive à l'estomac.

Les parois de l’æsophage sont minces, membraneuses. Elles sont formées par une couche musculaire recouverte extérieurement de tissu conjonctif et intérieurement d’un épithélium cylindrique. D'après M. Semper, cet épithélium serait vibratile par places disposées suivant des saillies longitudinales qu'on observe dans l’œsophage, et dans les sillons qui séparent ces saillies il n’y aurait pas de cils vibratiles (2). Dans le Zones algirus nous n'avons reconnu en aucun point la présence de cils vibratiles. La couche musculaire est composée de fibres extérieures longitudinales et de fibres circulaires placées en dehors de celles-c1.

Estomac. — L'estomac se présente sous forme d’un sac allongé, accolé au foie (3); sa longueur est de 4 à 5 centimètres. I n'offre rien de remarquable dans sa disposition ; cependant, à l'inverse de ce qui existe chez les Hélices, il se distingue nettement de l’œsophage à son origine par une dilatation bien marquée, et le renflement qu'il forme est beaucoup plus considérable que chez celles-ci. Il se termine en un petit cul-de-sac qui existe aussi dans l'estomac des Hélices, là où commence l'intestin (4).

La structure histologique de l'estomac est la même que celle de l’œsophage. On observe à sa surface Interne des plis longitudinaux qui sont coupés par des rides transversales. L'épithélium qui recouvre cette surface est cylindrique et nous n°v avons pas observé de cils vibratiles. D'après M. Semper, cet épithélum

(1) Voy. fig. 33 6.

(2) Carl Semper, Beilräge zur Anat. und Physiol. der Pulmonaten, p. 360. (3) Voy. fig. 33e.

(4) Fig. 33 c.

RECHERCIHES SUR LE ZONITES ALGIRUS, 19

est vibratile chez l'Ae/ir, mais seulement par places dans la partie antérieure, tandis qu'il l’est partout dans la partie postérieure, au voisinage du pylore (4). Leydig dit qu'il est dépourvu de cils, de mème que l'intestin (2).

Intestin. — L'estomae s'ouvre par son orifice pylorique dans un intestin flexueux et cylindrique. Cet intestin présente deux renflements (3), puis, se repliant au niveau de la glande de l’albumine, il décrit une anse double ; après quor 1l longe le côté droit de la glande de Bojanus, et, se dirigeant en avant avec le canal excréteur de cette glande, il suit la paroi de la cavité pulmonaire pour venir se terminer par l'anus à côté de l'orifice respiratoire (4). L'intestin développé mesure 12 centimètres environ.

La composition histologique du tube intestinal est telle qu’on la connaît dans les Gastéropodes pulmonés en général. La couche musculaire, qui en est la partie essentielle, comprend deux ordres de fibres, les unes longitudinales, qui sont extérieures, les autres circulaires, qui sont intérieures. En dehors, on trouve une couche de substance conjonctive qui forme un revêtement séreux, et en dedans un épithélium composé de cellules cylindriques et munies de cils vibratiles, suivant M. Semper. Siebold nie la vibratilité de cet épithélium chez certains Gastéropodes, parmi lesquels les Helix (5). Carl Semper soutient au contraire que le mouvement vibratile existe chez tous les Pulmonés, sans exception (6). Leydig, dans son Æistoloqie comparée, tombe à cet égard dans une singulière contradiction. 11 dit, en effet, d’une part: «Dans l’AHelir hortensis l'épithélium œsophagien ne vibre que sur des bandes longitudinales déterminées; l'estomac et l'intestin paraissent être dépourvus de cils (7). » Or, sur la figure qu'il donne à la page suivante représentant une coupe à travers

(4) Carl Semper, Loc. cit., p. 361.

(2) Leydig, Traité d’histologie comparée, p. 376.

(3) Voy. fig. 33 f, f.

(4) Fig. 45 à.

(5) Siebold et Stannius, oc, cit., t, 1, p. 317, note 1. (6) Carl Semper, loc. cit., p. 363.

(7) Leydig, loc. cit., p. 376,

la paroi intestinale de ce même Hekx, les cils sont fort nettement dessinés et de plus mentionnés dans la légende. Chez le Zonites algirus, nous n'avons pu constater l'existence de ces cils vibratiles dont les mouvements détermineraient un courant dirigé de l'estomac vers l'anus. L'observation de ces cils vibratiles, si tant est qu'ils existent, serait en tout cas fort difficile, ear M. Semper, qui admet leur présence chez tous les Pulmonés sans exception, dit lui-même que « ce mouvement vibratile ne peut être distingué souvent que par ce fait que des corps flottant lentement sont tout à coup entraînés dans le tourbillon » (4). Or, en ce cas, l'erreur est facile, car une cause accidentelle peut produire souvent sur le porte-objet des courants qui entraînent les corpuseules flottant ou en suspension dans le liquide.

La position de l'anus est dans le Zonites, comme dans les Helix, à droite de l’orifice respiratoire.

Au tube digestif sont annexés des organes glandulaires dont nous devons maintenant nous occuper; ce sont les glandes salivaires et le foie.

Page 1