‹ Recherches anatomiques et histologiques sur le Zonites algirus ... Observations sur quelques épidermes végétauxChapitre 18 sur 40 · FOIE · texte numérisé non relu

FOIE

Le foie du Zonites algirus, comme celui de tous les animaux de ce groupe, est très-volumineux. Il constitue une masse lobuleuse, de couleur olivâtre, qui entoure l'estomac et l’intestin, et remplit, avec une parle des organes reprodueteurs, les tours supérieurs de la coquille. Aïnsi que l'a indiqué Van Beneden, «il est divisé en deux parties, dont l’une forme avec l'ovaire le tortillon, tandis que l’autre entoure les intestins en forme de lobules » (2). La première de ces parties comprend deux et la seconde trois lobules (3). Ces lobes sont unis aux replis que forme le tube digestif par du tissu cellulaire et par les nombreuses ramifications de l'artère hépatique. Les différents canaux biliaires se réunissent, pour chacune des deux portions du foie, en un canal commun qui s'ouvre à côté du pylore, de sorte qu'il y a en définitive deux canaux excréteurs distincts, s’ouvrant isolément dans le tube digestif (4), ce qui paraît avoir échappé à Van Beneden. Cette disposition. qu’on observe dansle Zonites algrus, s'éloigne donc de celle qu'on trouve dans le Colimaçon, où le foie ne présente pas ainsi une division complète en n. parties, munies chacune d’un canal excréteur particulier, mais dont les quatre lobes ont un canal excréteur commun. Elle offre au contraire de l'analogie avec celle qu'on rencontre dans la Limace, où il y a deux canaux excréteurs, dont l’un pour les trois lobes antérieurs, et l’autre pour les deux lobes postérieurs du foie (5).

(1) Carl Semper, Loc. cit., p. 366.

(2) Van Beneden, Loc. cit., p. 282.

(3) Voy. fig. 39 (4) Voy. fig. 39 e, c!.

(5) Cuvier, Loc. cit., p. 20.

Les travaux de Karsten (1), Meckel (2), Leidy (3), etc., ont fait connaître dans tous ses détails la structure du foie des Gastéropodes: nous n’y insisterons pas longuement.

Les utricules qui entrent dans la composition des lobules hépatiques sont formés par une membrane conjonctive limitant la cavité qui renferme les cellules de sécrétion.

Leydig a sigualé la présence d'éléments musculaires dans la structure du foie des Mollusques. « Il est intéressant de remarquer, dit-il, que des muscles peuvent être appliqués autour de la éunica propria. Yen ai vu, soit dans l'enveloppe péritonéale du foie, soit entre les follicules de la Paludine (4). » Nous les avons recherchés dans le Zonites, où nous avons pu constater également leur existence.

Les cellules hépatiques sont irrégulièrement polyédriques par pression réciproque ; une fois isolées, elles se montrent souvent sphériques (5). Elles sont de dimension variable, et atteignent jusqu'à 0"®,05 de diamètre, quand elles sont entièrement développées; les plus jeunes sont les plus petites et d’une grandeur moindre. Ces cellules contiennent des corpuscules de couleur jaune, en quantité plus ou moins grande ; certaines d'entre elles en sont dépourvues, et ne renferment qu'une substance liquide également Jaune.

Les canaux hépatiques sont formés de tissu de substance conjonctive, au milieu duquel j'ai observé la présence de fibres ténues qui m'ont paru de nature musculaire ; leur surface Interne est tapissée d’une couche d’épithélium, sur lequel je n'ai pu reconnaître des cils vibratiles.

(1) Karsten, Disquisitio microscopica et chimica hepatis et bilis Crustaceorum et Molluscorum (Nova Acta Acad. nal. curios., t. XXI, p. 295 et suiv.).

(2) H. Meckel, Mikrographie einiger Drusenapparate der niederen Thiere (Müller's Archiv für Anat. und Physiol., 1846, p. 1).

(3) Leidy, Researches on the comp. structure of the Liver (American Journal of the Medical Sciences, 1848).

(4) Leydig, loc. cit., p. 411.

(5) Voy. fig. 40.

5! NH. SICARD.

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