ENVELOPPE CUTANÉE
La peau du Zonites alqirus est grisâtre, et semée de tubercules plus foncés, peu saillants. Elle est recouverte d’une membrane épithéliale (épiderme) formée de cellules prismatiques ; ces cellules ont 0“",03 de longueur et 0"",008 de diamètre transversal à la base : ce sont là du reste les dimensions ordinaires de ces éléments. Le nucléus est ovale et volumineux. On reconnait sur la face libre de ces cellules une mince couche transparente, homogène, qui n’est autre chose que la cuticule (2).
Examiné à la face inférieure du pied, cet épithélium se présente avec la même forme et les mêmes dimensions ; mais il est muni de cils vibratiles qui ont 0°",005 de longueur. Ce fait
(4) Loc, cit, (2) Moy. fig. 4 ARTICLE N° 3.
parait général dans les Hélices et les autres Gastéropodes terrestres (1). Au-dessous de cette membrane épithéliale, on trouve une couche de tissu conjonctif, sous laquelle on remarque par place des amas de corpuscules pigmentaires qui forment les taches polygonales disposées en séries sur le corps de l’aninal. Dans cette couche conjonctive sous-épidermique se trouvent des glandes nombreuses qui lui ont valu là qualification de glandulaire.
Ces glandes cutanées sont de deux sortes. Meckel n'en avait reconnu qu'une seule espèce, et 1l les appelait improprement glandes calcaires, parce qu'il leur attribuait la sécrétion du carbonate de chaux; elles sont bien mieux désignées sous le nom de glandes muqueuses, car elles sécrètent le mucus qui baigne la surface du corps de tous les Gastéropodes. Ces glandes follieulaires simples ont la forme de petites outres, et atteignent dans leurs dimensions jusqu'à 0“",25 de long et 5"",15 de large. On voit dans l’intérieur de ces follicules de petites cellules à contenu granuleux d'un diamètre de 0"",04 environ (2).
La seconde espèce de glandes a été signalée pour la première fois par Gray, qui en a reconnu la présence dans le bord du manteau de certains Gastéropodes (3). Elles ont été depuis étudiées par Carl Semper, qui les nomme glandes pigmentaires (h) (Furbdrüse), parce qu'en effet elles sécrètent une substance pigmentaire, comme l'avait indiqué Gray. Beaucoup plus petites que les précédentes, car elles ne mesurent que 0"",05 dans leur diamètre transversal, elles sont colorées en jaune chez le Zonites algirus, et ont du reste la forme qui leur est générale chez tous les Gastéropodes, c’est-à-dire celle d’un cul-de-sac allongé (5). Ce sont des glandes monocellulaires, car dans leur contenu gra-
(1) Leydig, Traité d'histologie comparée, trad, par Lahilonne, p. 114, — Siebold et Stannius, loc. cit., t, I, p. 297.
(2) Voy. fig. 2 a.
(3) London Medical Gazette, 1837-1838, vol, 1, p. 830 ; cité par Siebold et Stannius, loc. cit., p. 299.
(4) Carl Semper, Beiträge zür Anatomie und Physiologie der Pulmonaten, in Zeitschrift für wissenschaftliche Zoologie, 1856, t, VIII, p. 344.
re HE. SEC AE.
nuleux on ne trouve pas de cellules, et sous l'action de l'acide acétique on voit apparaître un noyau assez gros, de couleur jaune et d'aspect granuleux. :
Sous-jacente à la couche conjonctive dont nous venons de parler, et que l’on peut séparer facilement par macération, on rencontre une trame forte et serrée de fibres musculaires entrecroisées, dont la présence explique la contractilité remarquable de la peau. Ce treillis musculaire forme la partie la plus importante du tégument externe.
« Les nerfs cutanés des Mollusques, dit Leydig (1), ne peuvent être suivis que chez les animaux transparentset non pourvus de pigment, comme, par exemple, les Hétéropodes. » Nous avons pu néanmoins les observer chez le Zonites ; 11 faut pour cela faire macérer un lambeau de peau dans de l'eau additionnée de quelques gouttes d'acide acétique. On peut alors, sur une coupe faite avec des ciseaux courbes, les distinguer au milieu des tissus transparents, surtout si l’on place la préparation dans de la glycérine. Ces fines ramifications nerveuses ont un diamètre qui varie de 0"",02 à 0vr,06 ; elles sont formées d’une enveloppe conjonctive parsemée de noyaux, et d’un contenu à l'aspect granuleux (2).
On sait que des dépôts calcaires existent dans le derme des Helix, des Limax et de plusieurs autres Mollusques ; 1l y en a également chezle Zonites algirus, où ce sel se présente sous forme de corpuscules arrondis, ou parfois de petits cristaux. La présence du pigment masque souvent sur les préparations ces dépôts de carbonate de chaux; mais si l’on fait agir alors de l'acide chlorhydrique, on verra se produire de l’effervescence et se former une bulle de gaz en un ou plusieurs points : ce phénomène ne peut être dû qu’à la présence de corpuscules de carbonate. On en trouve aussi dans le mucus qui humecte constamment la surface de la peau, et parfois ces corpuscules ont des formes cristallines très-nettes (3).
(1) Leydig, loc. cit., p. 110. (2) Moy. fis. 3.
(3) Vory. fig. 4.
Le mucus qui lubrifie la surface cutanée, et qui provient, avons-nous dit, des glandes muqueuses dermiques, est formé d’une matière fondamentale visqueuse et filante. On y remarque de nombreux corpuscules allongés en forme de bâtonnets, que Carl Semper a signalés le premier, et dont nous avons constaté l'existence dans le mucus du Zonites. La longueur de ces bâtonnets est de 0"",025 environ. Ces corpuscules ne peuvent être distingués que sur du mucus tout frais, car ils s’altérent et disparaissent rapidement sous l’action de l'air et de l'eau. Carl Semper les regarde comme des noyaux libres. «Bientôt, dit-il, je retrouvai ces formations dans les glandes muqueuses du derme, et Je pus constater que c'élaient de vrais noyaux. Il semble donc que la sécrétion du mueus entraîne en même temps des cellules glandulaires, dont on ne peut ensuite retrouver que les noyaux (1). » Nous ferons observer à ce propos que parfois on trouve aussi de petites cellules dans le mucus, qui renferme en outre des granulations et des corpuseules pigmentaires en quanüité plus ou moins grande, des globules d’une substance liquide très-réfrmgente et de couleur jaunâtre, et enfin quelques cellules épithéliales.