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couvre-objet (1). » Cette substance centrale est formée de fibrilles entrecroisées ; or les prolongements des cellules ganglionnaires, qui se subdivisent en une multitude de petits filaments, se dirigent vers elle et y pénètrent ;mais on ne peut les y poursuivre, à cause de la facilité avec laquelle ils se rompent. Là ces éléments fibrillaires se mêlent et s'entrecroisent, formant un lacis, duquel naissent les filets nerveux par l'union d’un certain nombre d’entre eux. Il est done probable que les fibrilles qui entrent dans la composition d’un filet nerveux proviennent de différents corpuseules ganglionnaires, dont les prolongements subdivisés se mélangent au sein de la substance centrale, pour constituer ensuite la fibre nerveuse par une association nouvelle. L'observation directe ne permet pas toutefois de vérifier ee mode d'origine des fibrilles constitutives d’un filet nerveux; mais il semble légitimement résulter des détails de structure que nous venons d'indiquer.
Cette structure des ganglions observée par Leydig dans Îles genres Linux, Arion et Helir, se retrouve également dans le Zonites algirus. Pour la mettre en évidence, on peut colorer par la teinture ammoniacale de carmin un petit fragment de substance nerveuse; on voit alors très-nettement les corpuscules sanglionnaires colorés en rouge à la périphérie, et la substance granuleuse restée incolore au centre (2).
Cet entrecroisement des éléments fibrillaires fournis par Îles wrolongements des celliles ganglionnaires est spécial aux centres nerveux cérébro-spinaux. La même structure ne se retrouve pas dans les ganglions sympathiques.
Le lobule que nous avons distingué dans les ganglions cérébroïdes sous le nom de /obule de la sensibilité spéciale est formé d'éléments histologiques, qui se différencient par leurs petites dimensions de ceux qu'on rencontre dans les autres parties des centres nerveux. Ici les cellules, à l’opposé de celles dont nous avons parlé, ont un très-petit voiume ; leur diamètre atteint
(1) Leydig, doc, cit., p. 48.
(2) Voy. fig. 25.
RECHERCHES SUR LE ZONITES ALGIRUS. 29 à peme 0"",01, tandis qu'ailleurs il mesure jusqu'a 0"",10 et même Ow",12, Elles sont incolores et à contours très-pâles. Leurs prolongements, très-ténus, ne sont pas faciles à apercevoir, à cause de la facilité avec laquelle ils se rompent. Ils servent à former les filets nerveux, ou à faire communiquer entre elles les cellules voisines ; nous en avons observé qui étaient ainsi reliées l’une à l’autre (1).
La structure particulière de ce lobule confirme donc la distinction que nous en avons faite plus haut, à l'exemple de M. de Lacaze-Duthiers, en nous basant sur l’origine que les trois nerfs de la sensibilité spéciale tirent de cette région.
Nerfs périphériques. — La substance nerveuse qui les constitue est formée de fibres d’une extrème ténuité : ces éléments fibrillaires sont difficiles à isoler ; cependant on peut les mettre en évidence par une dilacération attentive sur un fragment de nerf qui à macéré dans une solution faible d'acide chromique. On ne peut distinguer dans ces fibrilles la gaine médullaire qui caractérise les fibres nerveuses à double contour des Vertébrés ; aussi les considère-t-on en général comme correspondant aux fibres nerveuses pâles ou sympathiques de ces animaux ; toutefois elles paraissent contenir de la myéline. Dans ses £'tvdes sur l'histologie du système nerveux des Invertébrés, M. Faivre dit qu'il a vu apparaître dans diverses circonstances des vésicules de nature graisseuse dans les tubes nerveux de la Sangsue (2). Plus récemment, M. Jobert a reconnu l'existence de la myéline dans le nerf tentaculaire des Hélices.
« Il existe, dit-il, autour des fibrilles du nerf tentaculaire, de la myéline, difficile peut-être à observer, mais qu'il est possible cependant de mettre en évidence. Cette myéline a iles mêmes caractères que chez les Vertébrés. Des fragments du nerf tentaculaire dilacérés, que l’on fait macérer dans la solution de bichromate de potasse très-faible, à teinte de baume de Canada, et que l’on colore ensuite par le carmin aussi peu ammoniacal
(2) E. Faivre, Études sur l’histologue comparée du système nerveux chez quelques animaux inférieurs, p, 36. Paris, 1857.
ANN, SC, NAT., 497 OCTOBRE 1874, I, 7e = ART, N° 3,