‹ Recherches anatomiques et physiologiques sur l'innervation du corps thyro"ideChapitre 10 sur 11 · APPLICATIONS CLINIQUES · texte numérisé non relu

APPLICATIONS CLINIQUES

LA SYMPATHICOTOMIE DE M. JABOULAY DANS LE GOITRE EXOPHTALMIQUE

Des recherches physiologiques que nous venons d’exposer nous ne voulons tirer que des conclusions provisoires. Les faits décrits doivent être considérés comme acquis, mais nous nous proposons de les multiplier et de les approfondir par des études complémentaires. Néanmoins ils nous paraissent suffisants déjà pour servir d’appui aux idées de thérapeutique chirurgicale de notre maître M. Jaboulay, concernant le goitre exophtalmique.

On sait qu’il eut, le 'premier , l’idée de sectionner le sympathique cervical chez les basedowiens, afin de combattre, aussi directement que possible, des symptômes qui rappelaient de tous points ceux de l’excitation expérimentale de ce cordon nerveux. Les résultats de cette pratique ont été enregistrés dans les périodiques lyonnais : M. Jaboulay, 1° La régénération du goitre extirpé dans la maladie de Basedow et section du sympathique

cervical dans cette maladie (Lyon Méd., 1896, t. I, p. 389). — 2° Section du sympathique cervical dans l’exophtalmie (Lyon Méd., 1896, t. Il, p. 150). — 3 La section du sympathique cervical dans les goitres

et la maladie de Basedow (Lyon Méd., 7 fév. 1897).

4° A propos de la pathogénie du goitre exophtalmique et du mode d'action de la section du sympathique cervical (Lyon Méd., 14 mars 1897).— 5° Résultats éloignés du traitement du goitre exophtalmique par la section ou la résection du sympathique cervical (Lyon Méd., S août 1897). — 6° 27 juillet 1897, Communication à V Acad, de Méd. — 7° La méthode et les procédés de traitement du goitre exophtalmique par la section du sympathique cervical (Lyon Méd., 31 octobre 1897).

— 8° A propos du traitement du goitre exophtalmique (Bulletin Médical, 23 octobre 1897 ; et Soc. de médecine, m. d.) — 9° G. Gayet, Un procédé nouveau du traitement chirurgical du goitre exophtal mique : la section du sympathique cervical (Lyon Méd., 18 juillet 1896).

— 10° la thèse de Ahmed-Hussein, Lyon, 1896. — 11° Vignard, Bull. Mécl. ,21 février 1897.

Cette pratique, disons-nous, a été imitée dans la suite par MM. Reclus, J.-L. Faure et Jonnesco, qui lui ont donné un certain retentissement par leurs communications ou leurs publications L

1 P. Reclus, J.-L. Faure et Gérard-Marchand, Académie de médecine, 22 juin 1896. — Jonnesco, Arch. Prov. de chirurgie , janv., fév, et sept. 1897, Xe Congrès de chirurgie français, 1896, Presse Méd., 23 octobre 1897,

La tachycardie et l’exophtalmie, symptômes catalogués de l’excitation expérimentale du sympathique, se retrouvent chez les basedowiens et diminuent ou disparaissent chez eux, après la section du sympathique. Cette section était a 'priori un moyen de pallier à deux des quatre symptômes cardinaux du goitre exophtalmique. Or les observations de M. Jaboulay nous montrent que les deux symptômes restants, le goitre et le tremblement, cèdent comme les autres à cette nouvelle intervention chirurgicale. Nous devons, quant à présent, réserver le symptôme tremblement ; mais il nous paraît du plus grand intérêt de rapprocher cette diminution du corps thyroïde consécutive à la sympathicotomie, des expériences de pléthismographie relatées dans le chapitre précèdent : nos tracés montrent que l’excitation du sympathique au-dessous de son ganglion cervical inférieur produit une hypertrophie de la glande. Interrompre toute communication entre ce ganglion et la glande est donc le moyen le plus logique de faire cesser l’influence pathologiquement exagérée de celui-ci sur celle-là. Tout cela reste vrai quelles que soient les théories admises sur la pathogénie de la maladie de Basedow : que les excitations soient considérées comme la cause ou la conséquence d’une hypersécrétion thyroïdienne, et d’autant plus que vaso motricité et sécrétion sont, au point de vue nerveux, des phénomènes, non pas essentiellement, mais très souvent parallèles.

Dans son récent article de la Presse Médicale (23 octobre 1897), intitulé « Traitement chirurgical du goitre exophtalmique », M. Jonnesco met en doute que la diminution du goitre, après résection du sympathique, soit le fait d’une action vaso-motrice. Il s’appuie sur l’autorité

de Cl. Bernard et de Daslre et Morat. Les expériences cependant, auxquelles M. Morat a bien voulu nous associer sont plutôt en faveur, comme nous venons de le dire, de phénomènes vaso-moteurs : la question des nerfs excito-sécréteurs, devant actuellement, de par l’histologie, être réservée.

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