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miques différentes de la substance contenue dans les follicules à La période foetale; elle se colore en rose faible par le carmin et reste incolore avec les solutions faibles d’éosine qui colore au contraire fortement la colloïde adulte. Celle -ci subit donc, dans la cavité des grains, une maturation particulière, lorsque du moins les voies d’excrétion se déploient normalement au contact des follicules.
Tous les réactifs que nous avons employés, principalement ceux qui demandent l’emploi successif de plusieurs colorants avec décoloration partielle donnent aux disques de colloïde des teintes très variées, ou même ( Ehrlich's triacid lôsung) des colorations complètement différentes, violet foncé et jaune clair. Sur des coupes sériées, un même grain thyroïdien garde toujours la même coloration, ce qui montre que ces différences de teinte ou de couleur ne tiennent pas uniquement aux manipulations, en particulier à l’extraction par l’alcool acide ou tout autre décolorant, ni à des différences d’épaisseur de la coupe, mais bien réellement à des constitutions chimiques différentes.
Certains auteurs, Anderson, Hurthle, rattachent les variétés de teinte à l’activité glandulaire ; Langendorff, Schmid à des différences d’âge d’un follicule à un autre, lesquelles s’accompagneraient de modifications de la densité. Nous avons cependant trouvé chez la plupart de nos animaux de très petits follicules avec une coloration foncée et admettrions plutôt que la généralité des follicules grands et moyens contient une colloïde moins avide des colorants.
Nous ne parlerons pas des vacuoles ni de la soi-disant «sécréti on chromophobe ». La présence des vacuoles ne
peut même pas indiquer le degré de rétractilité de la masse centrale : nous pensons que dans le corps thyroïde elles n’ont pas une signification autre que les va- ' cuoles absolument semblables qu’on trouve dans les vaisceaux vides de globules sanguins, dans les pièces fixées par les liquides osmiqués.
3° Quant aux lymphatiques, on devait s’attendre à trouver dans leur degré de réplétion un critérium très net de l’activité glandulaire, puisqu’ils sont la seule voie d’issue connue jusqu’à présent, quel que soit le mode de pénétration de la colloïde dans leur cavité.
M. le professeur Renaut a montré que l’état plus ou moins dentelé des cellules endothéliales des lymphatiques est fonction de la réplétion de ces derniers au moment où ils furent surpris par l’injection fixatrice. Nous né trouvâmes jamais sous ce rapport de différence entre les glandes excitées et les glandes témoins; de même, au point de vue de la quantité de matière colloïde comprise dans les lymphatiques et de sa densité croissante à mesure qu’elle s’éloigne de son lieu d’origine (densité qui se traduit par une coloration plus foncée au niveau des canaux interlobulaires).
Il nous reste à parler de certains processus particuliers de sécrétion et d’excrétion qui semblent en rapport avec une allure plus rapide des phénomènes intimes de la thyroïde : la formation des cellules colloïdes, la fente de l’épithélium, sa rupture, le passage de la sécrétion entre les cellules.
Nos préparations par les méthodes ordinaires nous fournirent le pourcentage moyen de cellules colloïdes hautes ou basses, minces ou étalées, complètement homogènes
ou laissant encore entrevoir une structure protoplasmique masquée en partie par la matière colloïde 5 nous avons aussi trouvé, mais toujours avec une égale fréquence dans les deux glandes, les différents stades delà « fonte cellulaire » : cellules dégénérées, avec noyau invisible, basses, comme étirées, ou rupture de la paroi avec pénétration de globules rouges dans la cavité folliculaire et de débris cellulaires à l’entour du follicule ; de même que les lignes présentant la réaction de la substance colloïde et séparant deux cellules épithéliales voisines.
Nous ne pensons pas, cependant, que ces apparences qui semblent, avons-nous dit, indiquer un mode de sécré tionplus actif, moins intime et, par conséquent, plus facile à saisir qu’il ne l’est en réalité, soient l’expression du processus habituel.
En effet, par l’emploi du liquide osmio-picro-argentique, qui fixe le mieux possible les seuls éléments que l’on puisse observer, c’est-à-dire les seuls avec lesquels il ait été en contact direct, M. le professur Renaut avait été amené à ne pas confirmer l’hypothèse d’Hurthle (passage de la colloïde dans l’intervalle des cellules). Nous avons employé de nouveau cette méthode : outre les divers endothéliums vasculaires sanguins et lymphatiques, l’argent imprègne avec une netteté absolue, dans les follicules voisins des voies lymphatiques injectées, la partie basale de chaque cellule. L’imprégnation est en surface seulement et donne l’aspect d’un réseau à mailles égales et circonscrites par des traits rectilignes et de diamètre absolument uniforme pour chaque trait et pour l’ensemble d’un champ d’imprégnation. Jamais on 11e voit de ligne de séparation plus épaisse que les lignes voisines ; jamais non
plus, en dehors de certaines cellules dont la forme plus allongée est commandée par la forme du follicule, on ne rencontre de cellules petites entourées de mailles plus larges, telles que devraient être une partie des cellules colloïdes. En second lieu on a sous les jeux, et aune distance si faible l’une de l’autre qu’elles sont le plus souvent
Fig. 6. — Imprégnation des lymphatiques et de la base des cellules des follicules adjacents. Liquide osmio-picro-argentique. (Richert, oc. 3, obj. 6.)
nettement visibles à la même distance focale, les deux surfaces imprégnées : l’une à mailles larges essentiellement irrégulières, l’autre à mailles plus étroites et essentiellement régulières : ce sont les deux parois juxtaposées du follicule et du conduit lymphatique. Or, dans de telles conditions, on ne peut plus propices pour saisir la moindre rupture d’une des parois ou le léger écartement des ce}-
Iules qui le constituent, nous n’avons jamais rien observé d’analogue (fi g*. 6).
L’emploi de la méthode de Golgi fournit sur ce sujet des données qui concordent av^c celles de l’imprégnation argentique :
L’imprégnation des cellules manque ordinairement sur les préparations où les nerfs sont imprégnés en grand nombre ; il y a là une alternance que nous avons souvent constatée sur d’autres glandes, sans pouvoir en saisir la clef.
Cette imprégnation n’est plus seulement en surface : elle s’étend aussi, du moins dans un certain nombre de follicules, sur les faces latérales des cellules et quelquefois sur leur pôle libre ; on a ainsi tous les aspects décrits et si bien interprétés par Regaud avec l’emploi de la même méthode : aspect matelassé pour une imprégnation totale d’une paroi vue obliquement, aspect d’une ruche de guêpes pour l’imprégnation vue de face, plans côtés des cellules : dans tous ces cas, les lames rougeâtres, transparentes, dessinées par l’imprégnation, sont d’épaisseur égale et jamais on ne constate d’écartement entre les parois de deux cellules adjacentes. On cherche aussi en vain des cellules tranchant nettement sur les autres par leur minceur, ou des lacunes laissées par la rupture de la paroi folliculaire.
Dans certains points, occupant toujours les parties centrales du fragment immergé dans le liquide osmique, parties où la fixation moins rapide porte sur des éléments légèrement altérés , on peut au contraire observer des images qui pourraient être interprétées comme relevant soit de la présence de cellules colloïdes, soit de ruptures
par fente cellulaire ou d’écartement des deux cellules voisines par la migration de la colloïde : les traits d’imprégnation sont d’épaisseur inégale, les cellules ont des contours tlexueux, quelques- unes enfin se trouvent isolées de leurs voisines.
La conclusion de ce long chapitre, c’est que la thyroïde échappe à des excitations trop courtes de ses nerfs, ou du moins que, s’il y a, en réalité, une modification quelconque de son régime habituel, les phénomènes véritablement liés à la sécrétion restent trop intimes pour pouvoir être décelés par des procédés de l’analyse histologique ordinaire.