‹ Recherches anatomiques et physiologiques sur les hémiptèresChapitre 30 sur 65 · CHE 294 RECHERCHES · texte numérisé non relu

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traits génériques. Les testicules , au lieu d’être rouges , sont blancs ou semi diaphanes, et le plus souvent d’un aspect nacré. Les sept capsules séminifiques qui constituent chacun d'eux, sont allongées , contiguës, mais bien distinctes et disposées en un éventail élégant. Les conduits déférens sont filiformes et s’'insèrent brusquement au testicule, comme le pédoncule au calice d’une fleur. [ls s’'amincissent un peu en arrière avant de s’aboucher isolément de chaque côté de l’origine du canal éjaculateur. On ne retrouve pas ici cette grande vésicule séminale, unique , qui caractérise les Alydes. I y a, vers la terminaison de chaque conduit déférent, une vésicule ovalaire, sessile, diaphane, qui paraît boursouflée comme si elle était formée par l’agglomération et la soudure de plusieurs utricules arrondies. Le canal éjaculateur est assez court; il débute par une sorte de tête arrondie ou de bulbe, et s’amincit ensuite comme un fil pour pénétrer dans l’armure copulatrice.

Celle-ci est une pièce arrondie, noire, une sorte de capsule cornée, enchässée en grande partie dans le dernier anneau de l’abdomen , et articulée avec un demi-segment bordé de rouge, qui en recouvre une portion en-dessous. Ce demi-segment , qu’on pourrait croire, au premier coup d'œil, dépendant de la paroi ventrale de Pabdomen , est entraîné, par une compression expulsive, hors du corps, à la suite de la pièce copulatrice principale. La face inférieure de cette dernière est convexe, très lisse, glabre, luisante et sans aucune trace de division. Sa face supérieure, entièrement abritée dans l’état de repos, sous la dernière plaque dorsale de l'abdomen, est horizontale, déprimée, garnie d’un court duvet dans son contour, et on observe, vers son milieu, deux petites pièces cornées, noirätres , lancéolées, contiguës, mais distinctes par une rainure médiane, et dont les pointes sont dirigées en avant. Ces pièces,

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susceptibles d’un mouvement de bascule sur leur base, paraissent destinées à Jouer un rôle de préhension dans l'acte copulatif. C’est un peu en avant de leurs pointes que la compression expvulsive fait saillir la verge dans linsecte vivant.

Capsus tricolor. — Les Capses présentent dans la forme coinme dans la structurede leursorganes générateurs mâles des traits qui les distingaent parfaitément des genres précédens.

Le mâle se reconnaît à ce que l’extrémité de son abdomen est formée dans une assez grande étendue, tant en dessus qu’en-dessous, par une seule pièce conoïde très obtuse, appartenant à l’armure copulatrice, convexe endessous, et sans aucune trace de division.

Les testicules forment de chaque côté de la base de la cavité abdominale une glande 2ssez grosse, ovale, conoïde, qui rappelle celle de l4/;dus apterus. Cette glande, d’une teinte vert- jaunâtre plus ou moins foncée, est maintenue en place par de fines trachéoles , et offre extérieurement les traces linéaires de leur composition intime. Quand on cherche à constater celle-ci, on reconnaît que chacun des testicules est essentiellement constitué par un faisceau, non de sept, mais bien de huit capsulesséminifiques , allongées, cylindroïdes, unies entre elles par un tissu adipeux et trachéen, et susceptibles, sans beaucoup de difficultés, d’être isolées les unes des autres. Le conduit déférent, d’une finessé capillaire et un peu plus long que le testicule, est à peu près droit. Les vésicules séminales ont une forme très différente de celle des Hémiptères que nous venons d’examiner, et quiserapprochedecelledeces réservoirs du sperme dans les Coléoptères. Il y en a une paire pour chaque côté. Elles sont filiformes, cylindriques, flexueuses, souvent même contournées, dirigées en arrière de l'appareil, plus

ou moins contigués où adossées dans leurs flexuosités , blanches ou opaloïdes , remarquables par une texture d’une certaine raideur. Je n'ai pu constater leur mode de connexion avec les conduits déférens. Le canal éjaculateur, qu'il n'a été impossible de mettre en évidence, doit être excessivement court. L’armure copulatrice, dont J'ai déjà dit quelque chose en parlant des signes extérieurs qui caractérisent les males, est une espèce de cornet couoïde ou turbiné, grand, noir, brièvement velu, qui recèle la verge. À la partie supérieure de son extrémité, est une légère dépression arrondie, où l’on découvre quelques peütes aspérités et une pointe saillante , conoïde, un peu arquée, servant de crochet copulateur.

Miris carcelii. — Le mâle des Miris se reconnaît extérieurement, ainsi que celui des Capses, à la configuration du bout de l'abdomen, qui est d’une seule pièce obtuse , convexe en-dessous , et offrant en-dessus une légère dépression où se trouvent et l’anus et l'ouverture qui donne issue à l’organe copulateur.

Les testicules ont ici la même grandeur, la même forme conoïde que ceux du Capse. Ils sont revêtus d’une tunique adipeuse d’un vert émeraude, ct ressemblent au premier aspect à deux pelotons de graisse. Ce qui les distingue surtout de ceux de l’espèce précédente, c’est qu'ils ne sont composés que de sept capsules séminifiques allongées , au lieu de huit. Le conduit déférent est capillaire, mais infiniment plus court que le testicule. Les vésicules séminales sont de deux ordres; il yen a de chaque côté une paire fort analogue à celles des Capses, c’est-à-dire tubuleuses, verniformes , assez raides, arquées de manière queleurs bouts flottans regardent en arrière, et sont presque partout contigus. Indépendamment de ces vésicules , on en trouve une impaire , sous la forme d’une vessie Dance arrondie,

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assez grosse, placée au milieu de l'appareil, et au-dessous de laquelle s'engagent les conduits déférens. Je ne me sens pas suflisamment éclairé sur ce corps intermédiaire, qui pourrait bien être aussi le bulbe du canal éjaculateur.

Aradus avenius.— La forme et la composition des organes génitaux mâles de ce Géocorise diffèrent sensiblement de celles de ce même appareil dans les Hémiptères que nous venons d'examiner, et justifient ce que J'ai dit à l’article de la Phymate, sur la nécessité de constituer en famille quelques genres qui, avec celui-ci, forment un groupe naturel.

L’abdomen du male de notre 4radus se termine par un mamelon obtus, noir, assez gros, placé dans une échancrure du dernier segment dorsal, et flanqué à droite et à gauche par un très petit lobe saillant qui fait partie des pièces copulatrices.

Les capsules séminifiques , qui constituent le testicule, ne m'ont paru qu'au nombre de cinq seulement, réunies en un faisceau. Mais la dissection de ce petit insecte s’accompagne de tant de difficultés, que je ne saurais avancer une assertion positive sur ce point d'anatomie qui semble faire une exception spéciale. Ce testicule n’est point enveioppé par une tunique colorée, et les capsules dont il se compose sont oblongues, fusiformes, blanchâtres, assez semblables, pour leur disposition, au calice d’une fleur dont les divisions seraient un peu conniventes. Le conduit déférent est plus long que le testicule, droit, blanchätre. Il débute par une sorte de bulbe qui semble résulter de la soudure des capsules séminifiques; puis il s’'amincit, pour se renfler ensuite brusquement et pour recevoir, en cet endroit, une vésicule séminale filiforme, flexueuse, flottante, blanche, insérée à son côté externe. Les conduits déférens s'engagent au-dessous d’une dilatation intermé-

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diaire et ovalaire qui peut être considérée comme un bulbe très developpé du canal éjaculateur.

Cimex lectularius. -— Le caractère extérieur qui dans ce puant insecte distingue le mâle, est fourni par le dernier segment dorsal de l'abdomen, qui est plus saillant, plus détaché, plus velu que celui de la femelle.

Le testicule est un faisceau de sept capsules séminifiques bien distinctes, ovales-oblongues, diaphanes ou blanchàätres, contiguës , tantôt disposées sur un même plan flabelliforme, tantôt comme doublées sur elles-mêmes et représentant deux rangées. Cet organe est, pour ainsi dire, à nu; il n’est revêtu d'aucune tunique bien marquée. Le conduit déférent est d'abord grêle, capillaire ; il se renfle ensuite brusquement en un gros boyau allongé, conoïde, rempli d’un sperme plus blanc, plus compact. Avant leur insertion au canal éjaculateur, chacun de ces conduits recoit une vésicule séminale de forme ovoïde, oblongue, au bout antérieur de laquelle s'implante un arbuscule à rameaux divergens, capillaires et diaphanes , qui peut être considéré comme un autre ordre de réservoirs du sperme, à moins qu’on ne les regarde comme des vaisseaux chargés de quelque sécrétion spéciale. Le canal éjaculateur, fort diflicile à mettre en évidence, paraît très court, et débute par un bulbe ovalaire qui résulte de la confluence des deux conduits déférens.

Reduvius stridulus. — L'organisation deson appareil génital male se rapproche de celle dela Punaisedes lits, mais elle en diffère génériquement. Le testicule se compose de sept

capsules séminifiques blanchâtres, allongées, terminées en pointe, disposées en un fai$ceau élégant flabelliforme. Le conduit déférent est capillaire, de la longueur au moins du testicule. Je n'ai aperçu de chaque côté de l'appareil qu’une seule vésicule séminale filiforme, flexueuse, subalée.

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Je renvoie à l’article des organes générateurs de la femelle, ce qui concerne Îes signes extérieurs distinctifs des sexes.

Pelogonus marginatus.— L'appareil mâle de la génération va nous offrir, dans le Pélogone, une formeet une structure qui éloignent cet insecte des autres Géocorises, et justifient les réflexions que nous avons émises relativement à la nécessité de le colloquer dans une famille particulière avec l’Acanthiaetle Leptopus. Le dernier segment dorsal de l’abdomen du mäle se distingue de celui de la femelle en ce qu'il est formé de trois pièces à bouts très obtus, qui le font paraître faiblement trilobé. De ces pieces, les latérales dépassent un peu l'intermédiaire, et sont bordées d’un léger duvet. Cette dernière est bilabiée pour le passage de la verge.

L’organe que j'appelle testicules dans le Pélogone, pourrait tout aussi bien être regardé comme les vésicules séminales, et celles-ci, à leur tour, pourraient être prises pour les véritables testicules. J'avoue même qu'il serait difficile de produire des raisons solides pour justifier la préférence de la dénomination. {l me reste encore à moi-même des doutes, de l’incertitude sur ce point. Toutefois, guidé par mes nombreuses dissections d'insectes, je me suis déterminé à imposer le nom de testicule à cette partie de l’appareil génital qui, par sa composition, se rapprochait davantage de l'organe sécréteur du sperme, dans les autres Géocorises. Dans tous les cas, l'erreur, s’il y en a, ne saurait entrainer aucune conséquence physiologique sérieuse.

Les testicules , placés à la partie postérieure de la cavité abdominale, et suflisamment distans l’un de l’autre, ne consistent pas, comine ceux de la plupart des Hémiptères précédens, en une série flabelliforme de capsules spermifiques égales entre elles, mais en une sorte de frange pres-

que unilatérale, que les verres amplilians démontrent être composée de douze à quinze capsules séminifiques plus ou moins diaphanes et d’inégale longueur. Les unes, vers la base de lorgane, sont courtes, ovalaires ou arrondies; les autres, bien plus longues que les premières, qu’elles débordent, sont filiformes, flexueuses ou droites; le canal déférent est assez court. Les vésicules séminales , situées loin des testicules, tout-à-fait à la base de l'abdomen, se présentent , pour chaque côté, sous la forme de deux tubes diaphanes roulés en spirale, confluens en arrière en un conduit fin comme un cheveu , fort long, replié en quatre ou cinq grandes flexuosités assez constantes, presque contigués au testicule. Ce conduit se renfle avant de recevoir le canal déférent. Le conduit éjuculateur est un peu plus long que ce dernier, et cylindrique,

AMPHIBICORISES.

Nous allons trouver dans la configuration et la texture de l'appareil reproducteur male des Hémiptères Amphibicorises, plusieurs traits anatomiques bien prononcés qui viennent à l'appui de mon opinion sur le rétablissement de cette famille naturelle d'insectes.

Gerris paludum. — Indépendamment de la taille, qui est sensiblement moindre dans le male, le dernier des segmens ventraux stigmatifères de l'abdomen, celui qui , de chaque côté, se termine en pointe, présente au milieu une petite échancrure semi circulaire qui n'existe point dans la femelle. Entre les deux pointes en question, il y a dans le mâle trois pièces ou petits anneaux supplémentaires visibles en-dessous , et deux seulement dans la femelle. La seconde de ces pièces, enchatonnée dans ia première, est arrondie, un peu bombée, et fait partie de l'armure copulatrice. La dernière ou la terminale est fort petite. J'observe

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aussi que le tubercule roussâtre placé au centre de la région sternale du métathorax, est plus grand et comme formé par la réunion de deux saillies dans le male. Le G. canalium n'offre pas, dans le male, la petite échancrure semi circulaire dont je viens de parler.

Les testicules de cet insecte sont en quelque sorte à nu et libres dans la cavité abdominale, où ils sont retenus vers la base de celle-ci par quelques brides trachéennes , rares et fort déliées. Chacun d’eux consiste en une paire de capsules séminifiques oblongues, cylindroïdes, et contigues latéralement l’une à l’autre. Le conduit déférent naît, non de l'extrémité postérieure de ces capsules, comme c’est l'ordinaire, mais du milieu de leur longueur et du bord par lequel elles se touchent. Ce conduit est formé en cet endroit par la confluence de deux cols excessivement courts. Il est d’abord capillaire, puis il présente une dilatation oblongue, constante, d’un blanc opaloïde, redevient ensuite capillaire, se fléchit pour se renfler de nouveau et s'unir enfin avec son congénère pour la formation du canal éjaculaieur. Toutes mes investigations pour la découverte des vésicules séminales dans les deux espèces de Gerris soumises à mon scalpel, ont été sans résultat positif, Ces réservoirs , destinés au séjour et à élaboration de l'humeur prolifique, manquent absolument dans ces insectes , ainsi que dans la Vélie; en sorte que ce caractère négatif forme un des traits saillans de l’organisation viscérale des Amphibicorises. Au reste ; il est fort probable que les vésicules séminales sont représentées dans les Gerris par la double dilatation et les inflexions du conduit que j'ai appelé déférent. Il est facile de concevoir que ces dernières conditions peuvent remplir le but physiologique attribué aux vésicules séminales ordinaires. Dans cette supposition qui, je le répète, n’est pas dénuée de probabilité, il faudrait

réserver le nom de conduit déférent seulement à ce coi, d’une extrême briévete, qui sert à dégorger directement le sperme du testicule dans le conduit à double renflement. Le canal éjaculateur est assez court, presque diaphane. L’armure copulatrice est un étui corné, ovoïde, noir, luisant , assez gros, échancré en avant, pointu et légèrement velu en arrière. En le comprimant , on faitsaillir en-dessous de sa pointe postérieure unc espèce de fourreau charnu d’où sort un petit filet blanchätre qui est la verge.

Velia currens. - J'ai déjà signalé, dans la description de cet insecte, les différences extérieures qui caractérisent les sexes. Dans ie mâle les cuisses supérieures sont bien plus renflées, avec des dents et des dentelures en-dessous ; l'abdomen présente dans l’échaucrure qui le termine une pièce assez grosse, saillante, dépendante de l’armure copulatrice, et qui ne s’observe point dans la femelle.

Son appareil reproductif male a une grande analogie d'organisation avec celui des Gerris, mais il en diffère aussi par quelques traits qui ont de la valeur comme caractères génériques. Ses testicules , au lieu d’être composés de deux capsules séminifiques, comme dans le genre précédent , sont simplement formés chacun par un seul sachet oblong, cylindroide, blanchätre, obtus à son bout antérieur, terminé en arrière par un prolongement subuliforme, une scrte d’appendice vermiculaire. Ces organes sécréteurs de la semence reposent, presqu’à nu, sur le tissu adipeux splanchnique qui revêt la paroi ventrale de la cavité de l'abdomen. Le conduit déférent prend brusquement naissance , comme dans les Gerris, vers le milieu de la longueur du testicule. Il est fort long d’abord, de la ténuité d'un cheveu, puis dilaté en un renflement oblong qui simule le testicule lui-même; 1l redevient ensuite capillaire, se fléchit, et va s’insérer isolément de son congénère

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à l’origine du canal éjaculateur. Je ne rencontre pas plus de traces de vésicules séminales dans la Félie que dans les Gerris, et dans l’une comme dans l’autre , les renflemens et les inflexions du conduit déférent semblent en tenir lieu. Le conduit éjaculateur, plus long que dans le genre précédent, débute par un bulbe arrondi, s’amincit ensuite insensiblement en arrière, et après quelques légères flexuosités, s'engage dans l’armure copulatrice. Celle-ci est formée de deux pièces principales cornées, dont la postérieure, très courte, arrondie, velue et noirâtre, s’enchâsse dans lantérieure qui est plus grande et représente une portion de cylindre. La pièce postérieure forme, avec unesemblable placée au-dessous d'elle, un orifice bilabié qui , par la compression expulsive de l’armure, donne issue à un fourreau de consistance parcheminée qui renferme la verge.

HYDROCORISES.

Naucoris aptera. — Les testicules de cet Hémiptère se font remarquer parmi les autres viscères abdominaux par une couleur Jaune foncé tranchante. Celle-ci est exclusivement propre à une tunique mucoso-adipeuse qui, dans la situation naturelle de l'organe, en masque et la configuration et la structure intime. Un faisceau trachéen assez considérable, qui s’épanouit à la face inférieure de ces glandes, fixe chacune d'elles à la base de la cavité abdominale. Quand on dépouille les testicules de leur enveloppe extérieure , on voit qu'ils se composent chacun de quatre capsules séminifiques blanchätres, allongées, bien distinctes les unes des autres, insérées isolément, par une sorte de col tubuleux, à l’origine du conduit déférent. Mais, indépendamment de ces quatre capsules qui forment le corps du testicule, on découvre,

à l’aide d’une dissection soigneuse, sur la convexité d’üne anse du conduit déférent, tout près de la naissance de celui-ci, trois autres capsules séminifiques ovalesoblongues, fort petites, en quelque sorte rudimentaires, et assez difficiles à mettre en évidence parce qu'elles sont aussi cachées sous la tunique Jaune. Ces petites capsules , qui sont de véritables vestiges, complètent. numériquement les sept dont se compose le testicule de lautre espèce de Vaucore dont je parlerai bientôt. On voit qu'ici, pour me servir de l’expression vieillie de Leibnitz, la nature ne fait pas de saut, la transition est graduelle, et peut-être trouvera-t-0n, dans quelque genre voisin des Naucores, des testicules exclusivement formés par quatre capsules séminifiques. Le conduit déférent est filiforme, flexueux, et enveloppé d’une gaîne jaune semblable à celle du testicule. Les vésicules séminales sont, contre l’ordinaire, en nombre impair, et agglomérées en un paquet très difficile à démêler. Il ÿ en a trois , savoir : une de chaque côté, et la troisième au centre. La vésicule latérale se fait remarquer par une dilatation considérable, utriculiforme, sphéroïdale , remplie d’un liquide spermatique diaphane. Cette utricule reçoit l'insertion du conduit déférent qui lui correspond , un peu avant sa confluence avec sa congénère, pour la formation du canal éjaculateur. Par son bout antérieur elle se continue en un long boyau filiforme, blanc, très replié, borgne, et flottant par un bout. Ce boyau pourrait être d'autant plus facilement pris pour une vésicule séminale particulière, que son insertion au renflement utriculaire se fait au centre de celui-ci et d’une manière brusque. La troisième vésicule séminale, ou l’impaire, est tubuleuse, filiforme, semblable au boyau de la précédente; elle s’insère à l’origine et à la face inférieure du canal éjaculateur. Ce dernier

présente à son début un renflement, un bulbe oblong, puis il devient grêle comme un fil.

L’armure copulatrice de cette Naucore est fort compliquée. Elle se compose de plusieurs pièces cornées mobiles, susceptibles de former la pince, et destinées à saisir, à accrocher les parties génitales externes de la femelle, pour l’accomplissement de l'acte reproductif : je vais essayer d’en donner la description. On observe d’abord à la face dorsale de larmure deux espèces de paneaux couchés à côlé l’un de l’autre et susceptibles de s'éloigner et de se rapprocher au gré de l’animal Ces paneaux , égaux entre eux et de texture cornée, sont traversés vers leur milieu par un petit trait blanchâtre, moins consistant, qui semble le diviser en deux articles et permettre un mouvement obscur. L'article terminal, ovale-tiangulaire, est garni à tout son bord interne et dans une grande partie de l’externe, de cils assez raides. Le basilaire est glabre. Lorsqu'on a enlevé ou écarté ces paneaux, on découvre deux crochets principaux, inégaux entre eux, croisés l’un sur l’autre dans l'état de repos, et articulés sur les angles antérieurs du dernier segment dorsal de l'abdomen. De ces deux crochets, l’un, unidenté au-dessous de son extrémité, est hérissé sur un de ses bords de cils ou de piquans dirigés en arrière; l’autre se termine par une lame en demi-fer de flèche obtus. C'est au-dessous et un peu en arrière de cette dernière que j'ai vu saillir par la compression un corps ovale-oblong , charnu , rétractile, qui m’a paru être ou le pénis ou le fourreau qui le renferme.

N. cimicoides. — Cette espèce, que quelques traits eutomologiques bien prononcés distinguent de la A. aptera, en diffère encore bien davantage quand on examine comparativement leurs organes mâles de la génération.

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Chacun de ses testicules se présente sous l’apparence d’un sachet ovalaire en raquette ou oblong, suivant son degré de turgescence séminale, n’offrant extérieurement aucune trace de division. Une tunique adipo-membraneuse blanchâtre ou d’une teinte verdâtre, forme l’enveloppe de sept capsules séminifiques dont le testicule est essentiellement composé, Ces capsules sont égales entre elles, allongées, diaphanes ou blanches, suivant le degré d'élaboration de l'humeur prolifique, diversement reployées ou contournées, et plus ou moins boursouflées. IL n’est pas rare qu'elles aient à leur base un renflement particulier, séparé du reste de la capsule par un léger étranglement, et plein d'un sperme plus blanc; mais ce trait est loin d’être constant. Le conduit déférent, bien plus long que celui de la N. aptera, puisqu'il égale trois fois la longueur de tout le corps de l'insecte, offre àsson origine une dilatation, un sinus où débouchent les capsules séminifiques. Après cette dilatation, il est fort délié et presque capillaire dans l'étendue de deux à trois lignes, puis il acquiert assez brusquement un calibre plus prononcé, et il se replie en nombreuses circonvolutious. Il est toutà-fait nu, et non enveloppé, comme celui de lespèce précédente, par une gaîne analogue à la tunique testiculaire. Diaphane dans sa partie antérieure, il est rempli dans le reste de son étendue par un spermie d’un blanc nacré. IL débouche, par une implantation brusque, à la partie inférieure et postérieure des vésicules séminales. Celles-ci ont beaucoup d’analogie avec celles de la AV. aptera, ainsi qu’on peut s'en convaincre en jetant un coup d'œil comparatif sur les figures qui accompagnent mon texte; mais je n'ai pu en découvrir qu'une seule paire, et elles correspondent aux latérales de l’espèce précédente. Il n’y en a point d’impaire. Elles se renflent en arrière en

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une grosse utricule ovoïde et sont filiformes par ailleurs. Le canal éjaculateur ressemble à celui de la NV. aptera ; il commence par un bulbe allongé et se termine par un tube filiforme qui pénètre dans l’armure copulatrice. Cette derniére, fort différente de l'espèce précédente, se compose, 1° de deux pièces latérales falciformes, obtuses, velues, coriacées , mobiles sur leur base ; 2° d’une plaque intermédiaire en forme de lozange, coriacée, velue, paraissant commune au dernier segment dorsal de l’abdomen et à l’'armure copulatrice; 3° enfin, d’une espèce de dard corné mobile, dont la pointe, dirigée en arrière, est en lancette acérée, et qui paraît être l’étui spécial de la verge.

Ranatra linearis. — Chacun de ses testicules se présente extérieurement sous la forme d’un corps oblong blanchâtre, aminci en avant, prolongé en arrière en une sorte de talon arrondi, enveloppé d’une tunique mucosoadipeuse non colorée qui en masque la texture intime. Cet organe est essentiellement composé de l’agglomération de cinq capsules séminifiques fort longues, filiformes, très repliées sur elles-mêmes, et renflées à leur origine en un bulbe ovalaire. Le conduit déférent est fort long; il est grêle comme un fil de soie pendant une certaine étendue, soit après sa naissance, soit avant sa terminaison ; mais il présente vers son milieu un renflement cylindroïde qui semble le résultat d’une agglomération. Du moins l’œil attentif distingue la, dans quelques conditions génératives favorables, des replis intestiniformes pour le déroulement desquels toute ma patience a échoué. Cette agglomération me paraît remplacer les vésicules séminales où constituer un épididyme, et mes présomptions sur ce point s'étaient avec avantage d’une disposilion presque analogue dans la Mèpe; disposition que

j'ai parfaitement mise en évidence. Le canal éjaculateur est aussi délié que le conduit déférent à son origine, mais moins long que lui. L’armure copulatrice est un étui membrano-corné, oblong, muni de chaque côté d’une pièce palpiforme, d’un seul article, recourbée en crochet à sa pointe et mobile sur son point d'insertion. La verge est capillaire, et quand on détermine forcément son exsertion, elle paraît enveloppée d’une sorte de fourreau d’un tissu mou.

Nepa cinerea. — I y a déjà plus d’un siècle et demi que Swammerdam a, le premier, décrit et figuré l’appäreil génital mäle de cet insecte, qui est l’un de ses Scorpions aquatiques ailés; et ses recherches, quoique incomplètes, témoignent hautement de l'exactitude de ce profond observateur.

Les testicules de la Nèpe se présentent de chaque côté de l'abdomen sous la forme de deux corps distincts, blanchâtres ou subdiaphanes, de configuration et de grandeur variables suivant leur état de turgescence séminale. Ils sont essentiellement constitués par l’agglomération de capsules spermifiques filiformes ; très longues, tantôt renfermées dans une enveloppe comme adipo-membraneuse, sorte de tunique vaginale ou, si l’on veut, de scrotum où rampent et que pénètrent des ramuscules trachéens fort déliés; tantôt presqu’à nn. Ce dernier état est celui où ces organes sont turgescens. Ainsi 1l y aurait en apparence, dans chaque individu, deux paires de testicules. Mais si l’on dégage ces capsules spermifiques des trachées et des lambeaux adipeux qui les maintiennent pelotounées, et si lon déroule soigneusement leurs circonvolutions, on se convainct qu'il y a deux capsules dans l’un de ces corps testiculaires et trois dans l’autre. Il n’est pas rare, surtout dans les individus où les testicules

sont très développés et à nu, que ces agglomérations présentent extérieurement la trace de leur composition intérieure. Ainsi l’une, qui est un peu plus petite, parait bilobée, et l’autre semble se partager en trois lobes. La figure qui accompagne mon texte représente les testicules de la Vèpe dans une condition remarquable de turgescence spermatique, et avec les lobes dont il vient d’être question. Chacune de ces capsules séminifiques a ane longueur qui égale au moins celle de tout le corps de l’insecte, et avant leur confluence pour former le conduit déférent , elles offrent, dans le cas de l'aptitude à la copulation, un renflement plus ou moins prononcé. C’est principalement dans les mois d’août et de septembre qu'on les observe ainsi. Ce sont ces renflemens, qui sont nuls ou effacés hors de la condition de pléthore le que Swammerdam appelle des corps glanduleux, et qu'il a grossièrement représen tés.

Le conduit déférent du testicule, lorsqu'on le dévide en entier , est grêle, filiforme, plus ins que tout le corps de linsecte; mais, dans son état hatiel , il présente bientôt après sa naissance un paquet oblong ou allongé, formé par l'entortillement, l'agglomération spirale des replis de ce conduit. C’est un véritable épididyme semblable à ceux que j'ai déjà signalés dans plusieurs Coléoptères , notamment dans les Carabiques , le Dytique, etc.

Il n’y a qu'une seule paire de vésicules séminales dans la Vèpe. Aussi grèêles, mais bien plus courtes que le conduit déférent, elles consistent, pour chaque côté, en un simple boyau, en partie engagé dans le paquet épididymique. Leur insertion aux conduits déférens a lieu à l’endroit où ceux-ci s'unissent pour la formation du canal éjaculateur. Celui-ci, que Swammerdam désigne sous la dénomination de racine ou corps nerveux de la verge, est

court, et de même diamètre que le conduit déférent.

L'armure copulatrice, plus grosse et plus courte que celle de la Ranatre, consiste extérieurement en une espèce de capsule ovalaire cornéo-membraneuse, commune à la verge et au rectum. Arrondie en avant, où de forts muscles la fixent aux segmens abdominaux, elle est légèrement convexe à sa face supérieure qui est duvetée, marquée d’une raie blanchätre, médiane, et terminée en arrière par un prolongement obtus. Vers le milieu de chacun de ses côtés se voit, sous la forme d’un appendice, une petite tige d’une seule pièce, brune, cornée, terminée par une pointe fortement courbée en hamecon. Ce crochet copulateur, habituellement collé contre l'enveloppe extérieure que je viens de décrire, y est inséré par une articulation qui lui permet quelques légers mouvemens d’écartement.

Mais, indépendamment de cette armure extérieure, il y à en dedans de celle-ci un étui allongé, essentiellement propre à la verge de linsecte; la partie antérieure ou basilaire de cet étui est formée par deux paneaux susceptibles de quelques mouvemens d'expansion. Il se termine en arrière par deux lames glabres , légèrement spatulées, conniventes à leur extrémité, de manière à former la pince ou le forceps. Au-dessous de cet étui est le fourreau spécial de la verge, roussâtre , tubuleux, corné, présentant près de son extrémité un renflement sphéroïdal, terminé par un bec court, percé d’un trou rond et béant pour le passage du pénis.

Corixa striata. -— Ses testicules, dans l’état de turgescence spermatique où Je les observai en mai 1828, étaient énormes, vu la grandeur de l’insecte, et remplissaient presque toute la capacité abdominale. [ls se présentaient sous la forme de deux faisceaux ovales, conoïdes, blancs, presqu'à nu, c’est-à-dire dépourvus de tunique adipo-

membraneuse, composés chacun de sept capsules séminiliques allongées, cylindrico-conoïdes , assez semblables à des gaines ovigères , infécondes, faciles à isoler et à étaler, à cause de la rareté des trachéoles et du tissu adipeux. Ces capsules, bordées chacune d’une fine trachée, se terminent par un petit filet capillaire, sorte de ligament suspenseur qui leur donne encore plus de ressemblance avec une gaine ovigère. Le conduit déférent, bulbeux à son origine , est ensuite filiforme et plus long que le testicule. Je n’ai point d'observations assez précises sur les vésicules séminales, le canal éjaculateur et Varmure copulatrice, pour entreprendre de les décrire. C'est une lacune que je me propose de remplir plus tard.

Notonecta glauca. -— Son appareil génital mâle a une organisation très différente de celle des Hydrocorises dont Je viens d'exposer l'anatomie; et il est nécessaire, pour s'en faire une idée exacte, de l'étudier aux diverses phases de la vie de l’insecte; car il subit une espèce de métamorphose à l’époque marquée par la nature, pour l’acte de la reproduction. Ainsi, au commencement du printemps, lorsque la /Votonecte n’a point encore ressenti l'aiguillon qui sollicite le rapprochement des sexes, le testicule, dont la vitalité générative est encore endormie, est fort difficile à reconnaître , à cause de sa petitesse. C’est alors un corps blanchätre, comme affaissé , d’une forme indéterminée, prolongé en arrière en un talon court et obtus, partagé en avant en deux filamens tubuleux tantôt simplement flexueux ou ployés, tantôt roulés en spirale, soit en dedans, soit en dehors. Ces filamens, d’une consistance un peu raide et comme élastique, sont d’un blanc nacré luisant ; ce qui en imposerait à des yeux peu attentifs, pour deux troncs trachéens. Dans le mois de juillet, époque de l’accouplement des Notonectes, l'organe spécial de la sécrétion

du sperme ne se présente plus avec laspect que je viens de décrire. Chacun d’eux consiste en deux gros cordons arrondis, saillans, turgescers, semi diaphanes, contournés en spirale, connivens en arrière pour la formation du conduit déférent. Lorsqu'on ouvre ou qu’on déchire avec circonspection cet organe , dans le but d’en constater la composition intérieure, on ne retrouve point ces capsules séminifiques, plus ou moins faciles à isoler, qui caractérisent les testicules des genres précédens. Ici la texture intime est bien autrement compliquée , et n’est point facile à mettre en évidence. Ce que Je vais dire sur ce point délicat d'anatomie, est le résultat de dissections faites au mois de mai 1825, sur des individus dont les testicules n'étaient point dans des conditions propres à l’acte copulatif. On reconnait alors, à la faveur des verres amplifians, que l’intérieur de ces organes est composé de conduits capillaires , fibrilliformes, longitudinaux , d’un aspect nacré, rayés, Striés ou rugueux en travers, et en nombre indéterminable. Ces conduits se continuent jusque dans les deux filamens tubuleux qui terminent en avant le testicule , et en suivent les flexuosités. Une bonne loupe suflit pour constater cette texture fibrillaire. Celle-ci est exclusivement propre au testicule, et cesse brusquement à la naissance du conduit déférent. J'ai cru remarquer que les conduits fibrilliformes se réduisaient à quatre, un peu avant cette naissance, et qu’alors ils perdaient leur aspect ridé. Quand on soumet à une forte lentille du microscope une des fibres constitutives dont je viens de parler, on y apercoit des espèces d’étranglemens ou de cloisons comme dans les filamens des conferves articulées. Cette texture compliquée et vraiment remarquable des testicules de la Notonecte, texture qui s’accommode à l'explication du but physiologique de cette glande, ne semble-t-elle point au-

ioriser à regarder cet insecte comme un peu supérieur à ses congéneres, pour le degré de son organisation ?

Le conduit déférent du testicule de notre Hydrocorise estun cordon fort grêle, presque capillaire, d’une longueur qui surpasse quatre ou cinq fois celle de tout le corps de l'insecte, d’un aspect blanc satiné, d’abord simplement flexueux, puis roulé sur lui-même en anneaux spiroïdes , lâches, et s’accompagnant dans ces circonvolutions d’une vésicule séminale de même diamètre, et qui lui est adhérente. On compte quatre paires de vésicules séminales. De celles-ci, trois dirigées en avant ressemblent à des boyaux filiformes, flottans et fermés par un bout, semi translucides , irrégulièrement boursouflés, flexueux ou reployés , et deux fois plus longs que le corps de l’insecte. Elles vont s’insérer isolément à l’origine du canal éjaculateur. La quatrième paire, bien plus grêle, plus consistante que les précédentes et nullement boursouflée, est , comme Je l'ai dit plus haut, accolée à la moitié postérieure du conduit déférent, dont elle suit les boucles spiroïdes. Le canal éjaculateur, ou le tronc de tout l'appareil génital, est cylindroïde, un peu courbé, blanchätre, à peine de la longueur du tiers de l'abdomen, plus gros et surtout plus compact que les vésicuies séminales. Il débute par un bulbe ovalaire où s’insèrent ces dernières et les conduits déférens.

L’armure copulatrice de la Notonecte, une fois dégagée de quelques pièces ou appendices ahdominaux, ciliés et barbus, est un corps de texture cornée, brun - luisant , oblorg, cylindroïde , un peu arqué, garni d’un léger duvet à son extrémité postérieure. Celle-ci est obtuse et offre à sa face inférieure une espèce de panneau mobile. Une compression expulsive, exercée sur le corps de l’armure , fait saillir, entre le bout de celle-ci et le panneau dont je viens

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de parler, une partie molle trilobée qui m'a paru devoir être le fourreau de la verge. Vers le milieu de la convexité de l’'armure pend une pièce palpiforme, d’un seul article allongé, pubescent et pale, dont j'ignore l’usage.

CICADAIRES.

€icada orni. — La forme et la texture des organes génitaux mâles établissent , entre les Cicadaires et les familles précédentes, des différences aussi tranchantes que celles qui sont fournies par les caractères extérieurs ou entomologiques. Les testicules de la Cigale sont situés vers le milieu de la cavité abdominale, sous le paquet des viscères digestifs. Dans la condition favorable à la production du sperme, ils consistent en deux grappes arrondies (une pour chacun ) contigués, et presque confondues entre elles, composées chacune d’une centaine au moins de petites capsules séminifiques ovoïdes, blanchâtres, disposées par glomérules, qui s'abouchent à un axe tubuleux ramifié. Le conduit déférent naît du centre de l'organe. Il est grêle, filiforme, reployé sur lui-même, et deux fois aussi long que tout le corps de l’insecte. Il n’y a qu'une paire de vésicules séminales; elles sont tubuleuses, filiformes, aussi longues que le conduit déférent , et enlacées avec lui dans leurs circonvolutions. Elles recoivent ce dernier avant de devenir confluentes pour la formation du canal éjaculateur. Celui-ci, bulbeux à son origine, devient ensuite grêle comme un fil, et se fait remarquer par une texture ferme, comme élastique. L’armure copulatrice est un étui corné, ovalaire, composé de deux pièces principales, unies par une articulation ginglymoïdale ou en genou. La plus antérieure de ces pièces est oblongue, arrondie aux deux bouts, et creusée en-dessus pour recevoir le rectum et le canal éjaculateur. L'autre, plus dure et plus noire , placée

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au-dessous de la précédente , se termine par deux forts crochets arqués, dirigés en bas. La verge sort d’entre ces derniers. C’est un filet cylindrique, disposé à se contourner en spirale, marqué de stries annulaires, et dont l'extrémité offre le vestige d’un gland.

FU LGORELLES.

Îssus coleoptratus. — C’est la seule espèce de la famiile des Fulgorelles dont j'aie pu étudier appareil générateur. Le mâle se distingue extérieurement de la femelle, en ce que la région anale est recouverte par une plaque ovaleoblongue, au milieu de laquelle on apercoit une dépression particulière où se trouve une petite pièce en forme de soupape. Les testicules se font remarquer à l'instant par la couleur rouge de la tunique adipo-mermbraneuse qui les revêt, et qui rappelle celle des Pentatomes. Situés à ia base de la cavité abdominale , sous les viscères de la digestion, ils consistent extérieurement en deux glandes ovoides , assez grosses dans l’état de turgescence, fixées par de rares trachéoles et quelques filets nerveux imperceptibles. Si Pon cherche, en les dépouillant de leur enveloppe, à constater leur structure intime, on reconnait que chacun des testicules est essentiellement constitué par un groupe d’une vingtaine environ de capsules séminifiques allongées, pointues, semi diaphanes, qu'un scalpel adroit peut étaler en étoile comme une fleur. Ces capsules convergent en arrière, en un même point, pour la formation du conduit déférent. Celui-ci naît soudainement du bout postérieur du testicule, 1! est d'abord grêle comme un fil, puis il semble enfiler un peloton ovalaire, revêtu aussi d’une tunique rouge, et parcouru par une rainure longitudinale. Au premier apercu, on prendrait ce peloton pour un testicule supplémentaire, analogue à celui qui caractérise la Vau-

ho.

core apttre; mais le scalpel dissipe cette illusion, et l’on se convainct qu'il est formé intérieurement par une agglomération des replis du conduit déférent lui-même; enfin que c’est un véritable épididyme. C’est à la saillie d’un de ces replis qu'est due la rainure extérieure dont je viens de parler. Le conduit déférent redevient filiforme à sa sortie du peloton épididymique, et va s’insérer à la base et endessous de la vésicule séminale correspondante. Il n’y a qu'une paire de vésicules séminales , et dans leur situation naturelle, elles se cachent presque entièrement sous les testicules. Elles sont grêles comme un fil, diaphanes, fort longues, reployées en plusieurs circonvolutions, que leur fragilité et les trachéoles imperceptibles qui les enlacent, rendent fort difficiles à dérouler intégralement. Je me suis assuré que chacune d'elles a quatre fois la longueur de tout le corps de l’insecte. Leur bout flottant est arrondi, et par l'extrémité opposée elles sont à peine atténuées. Le canal éjaculateur n’a pas la sixième partie de la longueur d’une vésicule. Il est filiforme, mais avant de pénétrer dans l’armure copulatrice, il se renfle légèrement en un bulbe ovalaire.

CICADELLES

Aphrophora salicina. — Le mâle se reconnait à son abdomen, terminé par une pointe conoïde , un peu comprimée, velue, armée de chaque côté de sa base d’un très petit crochet corné. Chacun des testicules, organisé à peu près sur le même plan que celui de la Fulgorelle précédente, mais sans enveloppe adipo-membraneuse, est formé d’un faisceau assez lâche et presqu'à nu, d’une vingtaine environ de capsules séminifiques, bien distinctes, ovalesoblongues, semi diaphanes, obtuses et arrondies en avant, atténuées en arrière en un col délié par lequel elles convergent pour s'aboucher au conduit déférent. Ce dernier,

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d’une longueur vraiment démesurée, puisqu'il égale sept à huit fois celle de tout le corpsde l’insecte, est fort reployé sur lui-même, d’une ténuité partout capillaire, d’un blanc nacré , et d’une consistance un peu élastique lorsqu'il est bien rempli de sperme. Il y a deux paires de vésicules séminales , et elles sont longues, tubuleuses, filiformes , reployées sur elles-mêmes. L'une, l’interne, moins longue que l’autre, présente à son extrémité un renflement courbe en crosse, où s’insère brusquement le conduit déférent. Ce mode d'insertion, au bout flottant de la vésicule, et non, comme c’est l'ordinaire, à sa base, m'avait fait hésiter sur la dénomination qu’il fallait donner à ce boyau tubuleux. Je l'avais d'abord regardé comme la continuation du conduit déférent; mais sa position, sa ressemblance avec l’autre vésicule, et le changement soudain de diamètre au point de connexion, ont déterminé ma préférence. Au reste, ce trait anatomique est peut-être particulier au genre Æphrophore; car Je l'ai rencontré semblable en tout dans lAphrophora spumaria. V’autre vésicule séminale, ou l’externe , est plusieurs fois fléchie sur elle-même, blanche et sensiblement plus grosse dans sa moitié postérieure, plus grèle et diaphane dans lantérieure. Son bout flottant est renfléen une utricule sphéroïdale., Le canal éjaculateur est court, renflé en un grand bulbe cordiforme qui recoit, de chaque côté de sa partie antérieure, la tige commune aux vésicules séminales.

PSYLLIDES.

Psylla ficus. — L'organisation des viscères générateurs mâles de la Psylle justifie pleinement ceque J'ai déjaavancé relativement au rétablissement et au maintien de la famille des Psyllides. Le mäle se distingue extérieurement de la femelle par la configuratiou du bout de l’abdomen, qui

présente deux crochets bien détachés, noirâtres, durs, glabres; l’un supérieur, l’autre inférieur, susceptibles de s’écarter et de se rapprocher comme les branches d’une pince, par le jeu des segmens abdominaux sur lesquels ils sont articulés. On les distingue difficilement lorsque l’insecte les tient pressés l’un contre l’autre. Le crochet supérieur est plus long, à peine arqué, cylindroïde, et sa pointe aiguë est dirigée en arrière et un peu en bas. L’inférieur est obtus, à peu près droit, légèrement renflé en massue. C’est dans l'entr'ouverture des segmens qui supportent et meuvent ces crochets, que se trouvent et l'anus et l’orifice qui donne issue à la verge.

Dans presque tous les Hémiptères dont je viens d’exposer Panatomie des organes males de la génération , les capsules séminifiques du testicule, lorsqu'il y en a un nombre déterminé, sont impaires. Dans la Psylle,il en est autrement. Les testicules, situés vers le milieu de la cavitéabdominale, se composent chacun de quatre capsules séminifiques seulement. Ces capsules, Lout-à-fait à nu, c’est-à-dire dépourvues de tunique testiculaire, sont allongées, conoïdes, pointues , tantôt droites, tantôt fléchies ou contournées, réunies en un faisceau lâche, et remplies d’un sperme plus ou moins diaphane, ou comme moucheté. Le conduit déférent nait du point où les capsules séminifiques convergent par leur base. Il est d’une finesse, d’une pellucidité, qui échappent souvent à l’œil armé de la plus forte loupe. Il m'a été impossible de constater son mode d’insertion avec les vésicules séminales. Celles-ci, au nombre de deux seulement , se présentent sous la forme de vessies ovalaires, diaphanes, situées en' arrière de tout l'appareil, et susceptibles d’un plus ou moins grand développement, suivant l’état de turgescence séminale. Elles deviennent considérables, au moins dans quelques individus, à lé-

SUR LES HÉMIPTÈRES. 319 poque de l’accouplement. C’est dans cette condition que je les dessinai en octobre 1829.

Au-dessus et entre ces vésicules séminales, on trouve deux corps ovoïides, fort remarquables par leur couleur jaune-orangé, et sur la dénomination desquels je n’ose point me prononcer. Leur couleur, leur forme, leur position , leur texture apparente, me firent d’abord présumer que c’étaient les testicules; mais la découverte tardive de ceux-ci, parfaitement bien caractérisés, me jeta dans l'incertitude où Je me trouve encore. Ces corps, constans pour leur existence , et invariables pour leur forme, leur grandeur, leur couleur, sont contigus et peut-être adhérens par leur bord interne, qui répond à la ligne médiane du corps de l’insecte. L'espèce d'enduit ou de pigmentum jaune qui les recouvre , disparaît par une macération prolongée, et alors ils se présentent sous l'apparence utriculaire, de manière que Je suis plus porté à les regarder comme une seconde paire de vésicules séminales. ’

Nota. Je me vois obligé de répéter ici mes regrets de n’avoir pas été à même de disséquer des individus mäles de la Dorthésie. Ceût été pour moi une véritable bonne fortune que de porter le scalpel dans leur appareil de la génération ; mais ces insectes ont éludé jusqu'à ce jour toutes mes perquisitions réitérées. Je sens vivement l'importance de cette lacune.

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