‹ Recherches anatomiques et physiologiques sur les hémiptèresChapitre 3 sur 65 · Savans étrangers · texte numérisé non relu

Savans étrangers

natre (1), et j'ai moi-même publié, il y a dix ans, l’anatomie détaillée de ces deux Hydrocorises (2). Ramdohr, dans son excellent Traité sur l'organe digestif des Insectes, a décrit celui de plusieurs Hémiptères ; mais il s'est exclusivement borné à ces organes {3). Ïl est bien ficheux que ce savant entomologiste n'ait pas étendu ses recherches aux autres appareils org ganiques. M. Marcel de Serres, dans quelques Mémoires où il s’est imprudemment complu à a généraliser, n'a émis que des notions fort vagues sur la splanchnologie de ces insectes (4). Enfin j'ai publié assez récemment les résultats de mes dissections sur les Cigales (5). Tels sont les antécédens de l’ouvrage que je présente aujourd'hui; tel est, je crois, l’état actuel de la Science sur l'anatomie des Hémiptères.

La marche que je suivrai dans l’exposition de mes recherches entomotomiques sur les Hémiptères, différera peu de celle que je me suis déjà tracée dans mon travail relatif aux Coléoptéres. Ainsi Je vais examiner successivement, d’abord les appareils organiques qui président aux use tions principales , puis quelques organes spéciaux. Je consacrerai donc un premier chapitre à l'appareil digestif, en y adjoignant le #issu adipeux splanchnique ;

Un second à l’appareil génital ;

Un troisième à l'appareil respiratoire ;

Un quatrième à l'appareil sensitif;

(1) Des Scorpions aquatiques aïlés (Collect. acad. , tome V, page 146).

(2) Voyez ci-dessus la note 2.

(3) Abhand lung uber die Verdauungs sverkzenge der insecten (1811).— Je dois à l'extrême Ni geance de mon ami le docteur Jourdain, aujourd’hui Médecin en chef de l'hôpital militaire de Phalsbourg, la traduction de cet ouvrage.

(4) Observations sur les usages des diverses parties du Tube intestinal des insectes; — Sur les usages du 'aisseau dorsal. (Annales du Muséum d'Histoire natureile de Paris, 1813.)

(5) Voyez ci-dessus la note 2.

SUR LES HÉMLPTÈRES. 139

Un cinquième à l'organe odortfique.

Un sixième à ce qu’on appelle vaisseau dorsal.

Mais avant d'aborder la description de ces appareils organiques , Je vais, ainsi que Je me le suis proposé plus haut, commencer la revue de la classification actuelle des Hémiptères , en me permettant quelques observations critiques , et Je la continuerai au fur et à mesure que l’exposition successive des viscères nous mettra à même d’en dérouler le tableau.

Je me suis déja expliqué sur la place respective que doivent occuper les Hémiptères dans le cadre général des insectes. M. Latreille les partage, d’après la structure de leurs ailes , en deux grandes sections , les Æétéroptères et les ÆHomoptères. Cette division, parfaitement naturelle sous le rapport de la construction extérieure, de la physionomie et du génre de vie de ces insectes, Bet aussi légitimée par l’organisation viscérale.

SECTION PREMIÈRE. HÉTÉROPTÉRES.

Leur bec naît du front, et les étuis ou hémélytres , le plus souvent membraneux à lextrémité, sont demicoriaces dans le reste de leur étendue. D’après la considération de leur genre de vie, et celui-ci n’est qu’une conséquence de l’organisation , M. Latreille les divise en deux familles seulement, celle des Géocorises et celle des Æydrocorises.

Le désir de simplifier, par des réductions, la classification des animaux, entraîne souvent à violer les rapports naturels, en cumulant dans une même enceinte des genres fort étonnés de leur rencontre. M. Latreille me paraît avoir encouru ce reproche dans la formation de la famille des Géocorises , telle qu'il l'a établie dans son der-

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nier ouvrage (1); il était bien plas rapproché des vrais principes d’une généalogie naturelle des Hémiptères dans son Genera, publié plus de vingt ans auparavant (a). Sans m’engager ici dans des discussions qui seraient hors de mon sujet, je pense que les familles établies dans les Hétéroptères par mon respectable et savant ami, doivent être converties eu tribus, lesquelles se subdiviseraient en groupes naturels qui fonderaient à juste titre des familles. Je n’entreprendrai point cette réforme, qui, je le répète, n’est pas de ma compétence actuelle , et je suivrai le cadre déjà adopté. Toutefois je crois qu'une troisième famille (ou tribu, suivant moi) doit être comprise dans la section des Hétéroptères, et trouver sa place naturelle entre celles qui existent déjà. Cette nouveile famille, dont j'indiquerai plus bas les caractères , s'appellera , en adoptant pour sa dénomination les mêmes bases que pour les autres, les Amphibicorises.

FAMILLE PREMIÈRE. GÉOCORISES.

Les Géocorises ou Punaises terrestres comprennent des Hémiptères que Linnæus avait placés dans son genre Cimex, et qui, entre autres caractères, sont remarquables par l'odeur plus ou moins forte et tenace qu'ils exhalent. Des traits nombreux, fournis soit par la configuration extérieure, soit par la diversité du genre de vie, soit enfin par l’organisation viscérale, autorisent à établir dans cette tribu plusieurs groupes génériques naturels qui peuvent constituer des familles.

(1) Le Règne animal, etc. Nouv. édit., 1829, tom. V. (2) Genera Crustac. et Ins. ; 1807, tome III.

SUR LES HEMIPTÈRES. I

GENRE IL. SCUTELLERA, SCUTELLÈRE.

EsPècE 1. SCUT. NIGRO-LINEATA, Latr., Gen. Cr. et Ins., T. II,

+ ei

p+ 113. — Panz., Faun., fasc. 1, fig. 2.

La Ponaise sramoise. Geoffr., ins. Par., tom. [, p. 468. Rubra thorace lineis sex , scutello quatuor nigris ; abdomine maculis marginalibus punctisque per sex lineas ordinatis , nigris. Latr., 1. c.

Hab. in umbelliferis. Long. 4 lin.

Parüe coriacée des hémélytres rouge, et la membraneuse noire. Ailes enfumées , avec la nervure marginale rouge. Région dorsale de l'abdomen très noire.

Obs. Il est douteux que cette espèce , bien figurée par Panzer, soit la même que celle de Linnæus et de Fabricius, qui, d'après ces auteurs, aurait trois raies seulement à l’écusson , et le fond de l'abdomen jaune.

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