Savans étrangers
à ce qu'ils soient contigns , mais Jamais entassés. [ls ont une couleur gris de perle, une forme ovalaire ou plutôt en court cylindre, dont le bout collé sur le support est tronqué, tandis que l’autre est arrondi en segment de sphère. Ce dernier, observé à la loupe, offre une ligne circulaire qui circonscrit une opercule en calotte. Celui-ci se détache lors de la naissance de la larve, et le limbe de l'ouverture est bordé de cils fort petits que le microscope met en évi- ‘dence, ét qui sont destinés à retenir le couvercle avant l’époque de la maturité de l’œuf.
. P. Smaragdula. — L'appareil vulvaire ne présente, comparativement à celui de la P. grise, que de légères différences purement spécifiques. Les pièces sont un peu moins développées : les postérieures et les latérales des intermédiaires ne forment point une saillie , et ne se terminent pas en une pointe.
Les ovaires ont aussi sept gaines ovigeres chacun; mais ces gaines , dans l’état de fécondation , m'ont paru quinqueloculaires, et les ovulaires se terminent par un bouton en forme d'olive. L'appareil sébifique est organisé comme celui de l’espèce précédente, mais avec quelques différences spécifiques que je vais signaler, et dont je produis les figures. Le réservoir est un peu plus court, plus gros, et son conduit excréteur est légèrement bulbeux à son origine. L'organe chargé plus spécialement de la sécrétion se présente sous l'apparence extérieure d’une sorte de caroncule irrégulièrement crénelée et presque sessile. Mais, par sa dissection, on trouve que cette partie incluse, qui a la forme d’un gland, est ici bien plus courte, tandis que la cupule, ou le bourrelet de sa base, est proportionnellement plus grosse que dans l'espèce précédente. Le conduit efférent de ce gland sécréteur ne n’a pas offert le godet ou la virole qui caractérise celui de cette dernière Pentatome.
SUR LES HEMIPTÈRES. 331 {Quant au tube sétacé qui forme l’axe du réservoir, il est le même à peu près que dans la P. grise.
P. baccarum. — Les seules différerices que j'aie observées dans l’examen comparatif de l'appareil génital femelle de ce Géocorise avec celui des précédens, sont des gaines ovigères bi ou triloculaires, et des œufs d’une forme ellipsoïdale, excisés et échancrés sur un côté. Ces œufs n’acquierent cette configuration que lorsqu'ils sont bien à terme; car, avant cette époque, tls paraissent simplement ovales dans la gaîne.
P. ornata. — Les lèvres de la vulve sont ici plus grandes et plus convexes; les autres pièces ne forment point de saillie dentiforme, et la plaque médiane est évidemment composée de deux articles. Les diverses espèces de Pentatomes que J'ai disséquées ont toutes sept gaines ovigères à chaque ovaire. La P. ornée fait seule une exception à cette règle : elle n’en a très positivement que six. Ces gaines ont du reste une conformation et une texture qui ne différent point de celles que je viens de décrire, ainsi qu’on peut s’en convaincre par l’inspection des figures. Le calice de l'ovaire est bien plus distinct que dans les Géocorises précédens. L’oviducte est dilaté et d’une forme ovalaire. Une double collerette frangée, presque confondue en une seule, le précède , et les vaisseaux tubuleux qui la constituent sont, les uns simples, les autres bi ou trifides. La glande sébifique, moins développée que celle de la P. grise, est d’ailleurs organisée sur le même plan. Les légères différences qu'elle présente sont suffisamment exprimées par les figures.
Les œufs de la P. ornée ont une forme et une structure tout-à-fait élégantes. Rangés en séries pressées et contiguës, ils représentent de courts cylindres tronqués, et ne ressemblent pas mal à de petits barillets placés de-
ho. :
bout. Ils varient pour la couleur : souvent ils sont d’un noir plombé, uniforme d’un côté, tandis que de l’autre ils présentent dans le milieu une large bande transversale blanche, au centre de laquelle il n’est pas rare de voir un gros point noir qui imite la bonde du baril. L’opercule n’est pas bombée comme celui de la P. grise; il est plane, noir, avec un cercle autour et un point au centre blanc. Le contour de la coque, où l’opercule est enchassée, est bordé de cils courts, régulièrement espacés comme dans la péristome de l’urne de certaines mousses.
P. aparines.— Les ovaires ont sept gaines ovigères, bi ou triloculaires; l’'ovulaire est en massue. Le réservoir de la glande sébifique est gros, sphéroïdal, et le conduit excréteur qui lui sert de pédicelle est grêle, capillaire. Le gland sécréteur est en forme de tête ovale-obtuse, et son axe intérieur, que la translucidité de ses parois permet d’apercevoir, est d’un Jaune safrané.
Cette Pentatome fait sa ponte, vers la fin de juin, sur les tiges du grateron. Ses œufs, ovales-arrondis, sont remarquables par le duvet court dont ils sont hérissés. Ils s’ouvrent par une opercule en calotte, et le tissu de la coque, examiné au microscope , paraît réticulé comme celui des feuilles de quelques mousses.
Coreus marginatus. -— La composition et la structure de l'appareil vulvaire des Corés, et en général des Géocorises, qui n'ont que quatre articles aux antennes, sont très diflérentes de celles de ce même appareil dans les genres précédens. J'ai déjà dit dans les généralités relatives à ces Hémiptères, que dans plusieurs le bout de l'abdomen des femelles présentait ou des dents, ou des lobes, tandis que celui des mâles est tronqué et entier. Cet appareil dans le C. marginatus est logé, enchässé dans une échancrure profonde du dernier segment ventral de l'abdomen, et l'on
voit dans un large sinus du segment dorsak correspondant, deux petits segmens supplémentaires qui n'existent point dans le mâle, qui par conséquent ne font point partie essentiellement constitutive de l'abdomen , et qui forment la table supérieure ou le couvercle de l'appareil qui nous occupe. Une disposition semblable s’observe dans les autres espèces que J'ai dit former avec le C. marginatus un groupe naturel. Les Corés femelles de cette division ont un oviscapte peu développé et non apparent extérieurement.
On ne compte que quatre écailles vulvaires dans le €. marginatus , au lieu de sept ou huit qui s’observent dans les Scutellères et les Pentatomes. Mais elles sont assez développées, et disposées par pièces rapprochées; les antérieures, qui constituent les panneaux ou les lèvres de la vulve, sont relevées en une carène commune qui correspond à la ligne médiane du corps, età moitié engagées sous le dernier segment ventral. Celui-ci est fendu longitudinalement dans son milieu, qui correspond directement à la vulve; mais la fente n’atteint pas tout-à-fait son bord antérieur ; elle s'arrête à une saillie transversale près de celui-ci. Cette fente, qui se rencontre aussi dans toutes les espèces du groupe dont Je viens de parler, sert lors du coït, mais surtout à l’époque de la ponte, à permettre la dilatation de la vulve. La portion des panneaux de cette dernière qui est habituellement à découvert, a l'aspect pointillé, chagriné des tégumens généraux; l’autre est lisse, imponctuée, glabre. Les deux écailles postérieures, contigués par leur bord interne qui forme la ligne médiane du corps, présentent en arrière une grande échancrure angulaire, commune à toutes deux, et qui correspond à l'anus. Leur bord externe présente vers sa base comme une petite pièce triangulaire qui s'avance parfois en une dent. Cette pièce , qui semble le vestige ou le représentant de celle qui dans les Géocorises
précédens flanque l'anus, n’est ici qu'un repli, une doublure latérale du premier petit segment supplémentaire dont je viens de parler. Mais ce qu'il y a de fort remar-
uable dans ce repli, c’est qu'il est stigmatifère ; en sorte que la femelle de cet insecte a une paire de stigmates de plus que le mâle.
Les ovaires du €. marginatus ne différent que bien peu de ceux des S'eutellères et des Pentatomes. Is se composent chacun d'un faisceau de sept gaînes ovigires courtes, biloculaires, blanchätres dans les premiers temps de la fécondation , prenant une teinte orangée par les progrès de la gestation. Les ovulaires sont en massue allongée. Le col de l'ovaire est bien plus long que dans les genres que nous venons d'examiner. Il renferme quelquefois trois ou quatre œufs à terme, placés à la file. L’oviducte est court, dilaté à droite et à gauche dès son origine.
La glande sébifique de ce Géocorise diffère beaucoup de celle des Pentatomes : je n’y ai reconnu que deux vaisseaux ou deux filets tubuleux, un pour chaque côté, peu développés, repliés sur eux-mêmes, d’un calibre à peu près semblable à celui des canaux hépatiques , offrant des rameaux courts, rares, inégaux , dont quelques-uns ne semblent que des bourgeons. Ces vaisseaux sont semi diaphanes, avec un axe linéaire blanc. Mes recherches sur ce point sont sans doute fort incomplètes , car je n'ai pu encore mettre en évidence le réservoir de cet appareil.
Les œufs sont remarquables par leur grandeur et leur configuration. Ils représentent un sphéroïde comprimé dans son contour, et tronqué d’un côté. Îls sont roussâtres, glabres, lisses, parfois irisés. A la loupe simple, ils paraissent pointillés où finement chagrinés; au microscope, la coque présente un tissu aréolaire.
C. chloroticus. — Même contexture de l'appareil vulvaire que dans l’espèce précédente , seulement le repli latéral du premier petit segment abdominal supplémentaire est ici plus développé et forme de chaque côté une
dent prononcée. Les ovaires sont organisés comme ceux du C. marginatus
€. quadratus. —- Appareil vulvaire et ovaires comme dans le Coré ci-dessus.