‹ Recherches anatomiques et physiologiques sur les hémiptèresChapitre 37 sur 65 · Savans étrangers · texte numérisé non relu

Savans étrangers

nes, on n’aperçoit ni dans le thorax ni dans l’abdomen, aucune trace de l'existence d’utricules pneumatiques. Toutes les trachées sont tubulaires ou élastiques, généralement remarquables par leur finesse et leur rareté. Les Réduves forment peut-être une exception, car Je crois avoir reconnu dans le métathorax du À. stridulus des boursouflures trachéennes.

Les stigmates abdominaux sont au nombre de six paires dans les diverses espèces du genre Coré, médiocrement petits, d’un gris plombé, et bienombiliqués dans le €. bordé; plus petits et d’une couleur analogue à celle des tégumens dans le C. ictérique; d'un gris roussâtre, et plus rapprochés du bord externe dans le C. folätre ; très éloignés de ce bord dans le C. paradoxal; pales , mais bien exanthématiques et occupant la portion dilatée de l’abdomen dans le C. carré ; également pales et punctiformes dans le C. Aërticorne ; de cette même nuance et du même diamètre, mais plus près du bord externe dans l’#lyde du géranium; presque contigus à ce bord dans 4. aptère.

Ces spiracules ont une petitesse microscopique, sont colloqués sur un léger exanthème, et sont rouges dans la Pyrrhocore ; en forme de points saillans et rougeûtres dans le Zygée de la jusquiame. On les chercherait vainement, même à l’aide des verres amplifians, à la région ventrale de l'abdomen dans le Z. équestre. Cette espèce semble commettre une infraction à la loi générale. Cependant les stigmates ne sont pas non plus situés aux segmens dorsaux. Il y a entre ces deux régions une lisière qui, dans le fait, n’est qu'un repli de la paroi ventrale, avec laquelle il est continu; et ce repli est séparé de la paroi dorsale par une strie ou ligne enfoncée. Ces stigmates, d’une petitesse qui les dérobe presqu’à la loupe, occupent le milieu des intersections de la lisière.

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Dans les nombreuses espèces des genres Capse et Miris , on compte à la région ventrale de l’abdomen sept segmens bien apparens, sans y comprendre celui ou ceux qui appartiennent à lappareil génital externe, et il y a sept paires de stigmates bien distinctes, par conséquent une de plus que dans les genres précédens. C’est un trait anatomique fort remarquable. Ces stigmates sont en forme de très petits points, placés dans une dépression et quelquefois cachés par l’imbrication des segmens.

La Phymate n'a que six paires de stigmates abdominaux. Îls sont tous six bien à découvert, blanchâtres, établis sur un exanthème assez marqué, à la partie interne, d’une empreinte linéaire qui sépare la portion dilatée de labdomen, de celle qui appartient essentiellement au ventre. Le même nombre de ces ostioles pneumatiques existe dans l’4rade, mais il faut la plus forte lentille du microscope pour les découvrir. Chacun d’eux est un pore rond , placé à une certaine distance du bord externe. Il ne faut point les confondre avec certains points saillans ou déprimés, assez symétriquement disposés à la région ventrale, et visibles à la loupe. Ceux des Réduves, au nombre de six paires, sont petits, saillans, blanchäâtres, tous à découvert, placés tout près et en dedans d’une rainure linéaire qui sépare une lisière marginale de la région ventrale. Dans les Vabis, les stigmates sont situés en dehors de la rainure dont je viens de parler, mais semblables du reste à ceux des Réduves.

AMPHIBICORISES.

Les stigmates abdominaux des Gerris et des Velia ont une petitesse microscopique, et sont fort difhiciles à constater, à cause du duvet lustré, soyeux et ras qui revêt les tégumens. [ls sont au nombre de six paires, placés iout près

du bord externe de la région ventrale, en dehors de quelques linéoles enfoncées. Leurs trachées sont toutes tubulaires ou élastiques , d’une ténuité plus que capillaire, et peu nombreuses. Ces deux dernières circonstances, qui prouvent que l'appareil respiratoire des Amphibicorises est beaucoup moins développé, moins étenda que celui des Géocorises, prouvent aussi qu'ils respirent moins que ces derniers, qu’ils jouissent par conséquent d’une vitalité moins active. Ces insectes rameurs ont effectivement un genre de vie assez paisible, assez monotone. Non-seulement on ne les voit pas souvent quitter la surface de l’eau ou sa rive, mais le théâtre de leur ambulation natatoire est fort restreint. Plusieurs d’entre eux sont aptères , et ceux qui sont pourvus d'ailes en font rarement usage pour s'envoler.

Cette rareté, cette ténuité des vaisseaux aérifères des Amphibicorises, constituent un trait organique dont la valeur doit être appréciée dans une classification anato-

mique.

HYDROCORISES.

Quoique ces Hémiptères soient habitans de l’eau , ainsi que l'indique leur dénomination; quoique parmi eux il en soit de constamment aptères, qui par conséquent ne quittent point l'élément qui les a vus naître, cependant ils sont tous pourvus de stigmates et de trachées , ils respirent tous l'air en nature. Leurs conduits aérifères appartiennent uniquement à l’espèce des trachées tubulaires ou élastiques ; ils sont d’une finesse extrême et peu abondans; en sorte que l'on peut dire des Hydrocorises ce que j'ai déjà avancé à l’occasion des Amphibicorises, qu’ils respirent moins que les Géocorises, qu'ils ont une locomobilité moins énergique.

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Le stigmate thoracique des Vaucores est placé dans l'articulation linéaire du mésothorax avec le métathorax. Cette fente ne présente extérieurement rien qui ressemble à un de ces orifices respiratoires; mais en désarticulant les deux segmens du thorax qui la constituent, il m’a semblé reconnaitre l'existence d’une sorte desoupape membraneuse blanchätre, dont chaque moitié, ou panneau, serait fixée au bord qui lui correspond. Les stigmates abdominaux de cet insecte sont au nombre de six paires , irès petits, ronds, punetiformes, beaucoup moins marginaux que ceux dés Hémiptères que nous venons d’examiner.

Lorsqu’en 1821 ( Annales générales des Sc. Physiq. de Bruxelles ) , je signalai la structure singulière des stigmates de la Vèpe, et la disposition curieuse d’un système trachéen spécial, renfermé dans le thorax de cet insecte, je ne dissimulai ni mon embarras pour l'explication physiologique de la respiration dans ces animaux, ni le besoin vivement senti de renouveler mes echo entomotomiques sur ce point. J’ai donc soumis de nouveau au scalpel et au pinceau cet Hydrocorise, et je suis enfin parvenu à dissiper la plupart des incertitudes. Occupons-nous d’abord de faire connaître la forme, la position, la texture et la distribution générale de l'appareil respiratoire ; nous chercheronsensuite à Jeter quelque j Jour sur les attributions physiologiques des diverses parties qui le constituent.

C’est un fait incontestable que la Nèpe et la Ranatre n’offrent aucune trace de l'existence de stigmates thoraciques.

Quant aux stigmates abdominaux , ils diffèrent considérablement de ceux des autres insectes, et quoiqu'ils ne remplissent, ainsi que nous le dirons plus bas, aucune fonction dans l'acte respiratoire; quoiqu’ils soient, dans

la force du terme, faux, postiches ou vestigiaires, leur grandeur, leur structure, méritent de fixer toute notre attention. Comme ceux des autres Hémiptères, ils occupent la face inférieure ou ventrale de l'abdomen. A Particle des généralités, nous avons dit que le nombre des paires de stigmates de l'abdomen était ordinairement en rapport direct avec celui des segmens essentiellement constitutifs de la paroi ventrale. Les Népides font une exception à cette règle; elles n’ont que trois de ces stigmates de chaque côté du ventre, quoique celui-ci compte six segmens distincts. Nous n’y comprenons pas les stigmates du siphon respiratoire, qui, nous le verrons plus bas, est indépendant des segmens propres de l’abdomen. Le premier, le second et le sixième (ou dernier) des segmens ventraux n’offrent, ni en dehors ni en dedans, aucun vestige de l'existence des stigmates. Le troisième, le quatrième et le cinquième, sont les seuls, et leur grandeur les rend aussi apparens à l’extérieur qu'à l'intérieur. Ils sont situés vers le tiers antérieur de chacun des segmens stigmatifères sur un point qui est à égale distance du bord externe du ventre et d’un pli linéaire longitudinal placé en-decà de ce bord.

Les stigmates abdominaux de la Vèpe sont les plus grands de ceux que j'aie encore eu occasion d'observer dans les insectes, et malgré cette condition avantageuse pour l’anatomiste, ce sont ceux dont la structure m'a paru la plus difficile à bien déterminer. Ils ont une figure ovalaire un peu moins large en arrière qu’en avant, et leur bord interne , au lieu d'être convexe comme l’externe, est presque droit ou à peine échancré. Quoique nullement circonscrits, ils ne forment ni relief ni enfoncement notable, et sont, pour ainsi dire, de niveau avec les tégumens où ils siégent. Is n’offrent ni fente médiane, ni disposition valvulaire, ni cils, ni villosités. Ils sont essentiellement constitués par

un diaphragme de consistance cornée, entouré d’une marge ou bordure peu ou point saillante dont l’organisation est très distincte de celle du disque, qu’elle paraît enchatonner, et se rapproche un peu de celle des tégumens. Ce diaphragme stigmatique est partout d’une texture homogène, et, étudié à une forte loupe, il esten dehors d’un doré pâle, métallique, avec des points plus brillans. Ceux-ci, plus ou moins arrondis, mont paru tantôt creux, tantôt saillans, tantôt comme offrant une réticulation irréguliére, et je ne suis point encore parvenu à dissiper cette illusion d'optique. La plus forte lentille du microscope, dans les conditions les plus favorables, comme, par exemple, lorsque la lumière donne le plus de diaphanéité possible au diaphragme stigmatique, na représenté les points dont Je viens de varler, munis d’un contour demi transparent.

Telle est la structure, au moins apparente, des faux stigmates abdominaux de la Vèpe, étudiés par leur face externe. Celle de leur face interne ou viscérale n'offre pas de différence appréciable, mais ils ne brillent pas de la couleur dorée qui se remarque au dehors. Une portion assez large, qui longe le bord externe de cette face, est abritée sous une lisière membrano-cornée, lisse et unie, qui en masque la texture. Cette lisière, bien visible au microscope, ne semble que le rudiment, le vestige d’un second diaphragme stigmatique. La première fois que je la découvris, je crus d’abord qu’elle n’était que le lambeau accidentel d’une membrane qu’on pouvait supposer appliquée sur toute la surface interne du stigmate; mais observation directe, plusieurs fois réitérée, a laissé dans mon esprit la conviction que cette lisière n’était point le résultat d’un déchirement; et son bord libre, loin d’offrir des dentelures ou des découpures, m’a constamment paru entier et uni.

Chacun de ces faux stigmates intérieurs recoit à son bord antérieur et un peu interne un tronc trachéen assez considérable dont nous indiquerons plus bas et le mode d'insertion et l’origine.

Le siphon qui termine en arrière l'abdomen des Népides, et la paire de stigmates placée à sa base, constituent le véritable, le seul appareil extérieur de la respiration dans ces insectes. Ce siphon respiratoire, et cette dénomination physiologique est exacte, n’est point dans la Nèpe un de ces traits qui dans plusieurs insectes sont l’attribut de l’un des sexes : il existe, avec les mêmes caractères , dans le mâle comme dans la femelle. L’analogie qu'il semblerait d’abord offrir avec l’oviscapte des Zchneumons et celui de quelques Orthoptères n’est qu'apparente et se dissipe à l'épreuve du moindre examen. Ce siphon, délié comme une soie de porc, droit et assez raide, a la couleur et la consistance cornée du reste du corps. Il égale en longueur l'abdomen de la Vépe. Il est formé par la contiguité, l’adossement de deux tiges sétacées, canaliculées ou creusées en gouttière sur la face par laquelle elles s'adaptent l’une à l’autre. Cette gouttière a ses deux bords garnis intérieurement de poils très fins.

La base du siphon respiratoire est logée entre le dernier segment dorsal de l'abdomen et une plaque ventrale correspondante légèrement concave. Elle est indépendante des segmens constitutifs de l'abdomen , et ne tient à celui-ci que par des muscles qui lui sont propres. Cette base intersegmentaire est formée par deux pièces semblables qui se continuent avec les tiges canaliculées. Ces pièces sont le siége des stigmates caudaux. Elles sont garnies de poils roussâtres , fins, longs, et plus ou moins couchés, abondans surtout à leur côté interne. En-dessous elles présentent une gouttière qui fait suite à celle de la tige

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canaliculée du siphon. Au point où celle-ci s'unit à la pièce intersegmentaire , il y a un léger coude dont le tissu plus flexible forme une demi-articulation qui favorise l’écartement , la déduction des deux tiges, lors de l’acte respiratoire.

Les stignrates caudaux où du siphon respiratoire ont une configuration et une texture qui les font différer beaucoup de ceux qui siégent à l'abdomen. Ce sont là les véritables stigmates des Népides, les seuls orifices extérieurs qui servent à leur respiration. Il n’y en a qu’une paire. Chacun d'eux est situé à l’origine de la gouttière pratiquée à la face inférieure de la pièce intersegmentaire du siphon. Ce stigmate est fort petit, rond , orbiculaire, entouré d’un limbe ou cerceau corné brunäâtre. Il est béant, c'est-à-dire constamment ouvert. Mais cette forme, cette structure, sont, dans l’état ordinaire, masquées par un duvet abondant, couché sur le stigmate, et qu’il faut soigneusement enlever ou raser avec un fin scalpel, pour les mettre en évidence.

Dans la description que nous venons de donner des stigmates faux et vrais de la ÆVèpe, nous croyons avoir suffisamment établi, par des preuves anatomiques, que les seuls d’entre eux qui donnent accès à l’air pour la respiration, sont ceux qui siégent à la base du siphon respiratoire. C’est donc à ces deux derniers orifices que commence l’appareil des vaisseaux destinés à faire circuler le fluide atmosphérique jusque dans les profondeurs des viscères et de tous les tissus. I nous reste donc à décrire cet appareil. Nous n’entrerons pas dans de minutieux détails sur les rameaux et ramuscules destinés à tel ou tel tissu. Une figure, que nous avons cherché à rendre exacte, y suppléera avantageusement. Disons d’abord qu’il y a une symétrie parfaite dans la distribution des vaisseaux aérifères , et que

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